‹ Description de la Terre-SainteChapitre 30 sur 39 · SS · texte numérisé non relu

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qui cependant passent au N. et au S. à une distance peu considérable ; aussi peut-être a-t-elle servi d'asile à maints proscrits (ce qui expliquerait sa réputation équivoque Jean 4^); et dans les temps modernes les chrétiens paraissent y vivre plus en sûreté que dans aucune autre partie de la Syrie. Le nom de Nazareth signifie couronne ou rameau vert, et a trait soit a Tamphithéàtre de montagnes qui entoure la vallée, soit aù rejeton du tronc dlsaî ( Es* xi , i ) *, par un léger chau^^ement il désigne le my?ris ( Act. xur, 5 C'est dans cette contrée isolée et cachée, dans cette ville paisible, au milieu d^une nature variée et pittoresque , que le Sauveur du monde, charpentier comme Joseph, attendit pendant 3o ans riieure de son Pcrc , et il y vécut lellement ignoré, que le pieux Nathanaêl qui demeurait à a lieues de Nazareth , à Cana, n'avait jamais entendu parler de lui. La . ville compte aujourd'hui de 3 à 5ooo habitans, dont y 3 de chrétiens. Une église qui est avec celle du St Sépulcre la plus belle de la Syrie, renferme une grotte ou, suivant la tradition, Fange apparut à ALuie, et une autre qu'on prétend avoir été la cuisine dans la demeure de la Ste Vierge. Â peu de distance de la ville dans une vallée^ est la ioutaine de Marie, la

seule de tous les enviroas qui ne tarisse jamais, et où maintenant comme jadis, les femmes de Nazareth vont puiser de feau avec une cruche sur la téte. Du côté méridional de la ville se voient dans le rocher un certain nombre de grottes très-ancieuDes qui ont servi d'habita-^ tion, et plus bas plusieurs sources* — Napo*

Icon, après la bataille du Thabor, passa quelques heures et dina à Nazareth, qui est le Keu le plus septentrional jusqu' auquel il ait pénétré en Syrie.

La tradition porte que le père et la mère de Marie, Joachim et Anne, demeuraient il Sè* phoris ou Diocésarée, Cette ville, relevée et fortifiée par Uérode , devint le boulevard de la Ga« lilée et sa capitale; elle fut détruite par les Romains à cause des fréquentes rebellions de ses habitans, et elle n*est plus qu'un village avec des mines d'une belle église et de fortifica-* tions* Elle est située dans la plaine de Zabulon.

Jean commença à prêcher la repen tance dans le désert de Juâa où la parole de Dieu lui avait été adressée. Il parcourut ensuite toute la contrée du Jewrdain et il y annonça le baptême de la rcpentance pour la rémission des péchés ( Luc m , 2. 3 )• Jésus y fut baptisé et

— &jl6 —

IcSt-Esprit y descendit sur lui. — De la le Seigneur fui conduit par TEsprit dans le désert de Jéricho^ ou après [\o jours de jeune il Taïaquit dans la tentation Satan par ia. parole de Dîea ( V. p. 46 )* ~ Il retourna ensuite an Jourdain près de Jean, qui lui rendit témoignage comme à l'agneau de Dieu , et ce fut là que ses premiers disciples apprirent k le oonnaître (Jean i). — Jean se tenait à Tun à^sBeihr abaray c'est*à«*dire, des lieux ou maisons oa • Ton passait le fleuve (Jean i, 28), probable-ment à celui du défilé du Ghor supérieur, près d*Aenon et de Salim : ce gué est encore maintenant très-fréquenlé par les voyageurs qui se rendent de Jéricho ou de Galaad en Galilée.

- Peu de temps après, le Seigneur manifesta pour la première fois sa (gloire à Cana ( Jean n)« Cana est à si lieoes de Nazareth vers le N. £. , et à une égale distance de Séphoris vers le S* Ë* Le village actuel , Kefer Kenna , est assis sur une penle douce, dans une petite vallée qui débouche sur la haute-plaine de Zabulon \ il compte 3oo faabitans , est entouré de plants* lions d'oliviers et de vergers, et possède une source abondante ou a été sûrement puisée Teau que Jésus*Cfarist changea en vin. Un voyageur moderne a trouvé parmi les ruines de ce

lieu de grandes cruches eu pierre. Le chemin de Nazareth à Cana cooduit eolre des oolKnes couvertes de buissons.

De Cana le Seîgpeur descendit avec les siens vêts les rives du lac de Génézareth k Caper^ naiim (Jean ii, J2). Il n'y resta que peu de jours, et monta pour la féle de Pàque à Jérusalem ^ cil il s'entretint avec Nicodème de la nouvelle naissance ( Jean m ). Puis il demeura quelque temps encore dans la Judée, où ses disciples baptisaient. Cependant Jean conti* nuait de baptiser à jEnon , dans une contrée abondante en eaux , près de Salim où Ton voyait alors un palais en ruines qui passait poux* celui de Melchisédek, roi de Saiem. Salim était probablemeat dans le Gbor supérieur , à FO.

du Jourdain» — Le Seigneur se rendit de la Judée, directement vers le N. par la Samarie, en Galilée (Jean iv). Près de Sichar, Tancienne Sichem, il parla, au puits de Jacob, avec la samaritaine ; un grand nombre d'habitans de cette ville crurent en lui , et il y demeura deux jours* Arrivé à Ckma en Galilée, il y guérit le fils d'un employé royal, qui habitait Caper-*

Ce lut principalement en Galilée qu'agit et

eoseigna Jésas-Christ. LorsquUl annonça dans

la synagogue de Nazareth Tannée favorable du Seigneur (Luc ly , i6-3i), les habitans de sa ville narale 1 emmenèrent au haut de la montagne sur laquelle leur ville était bàlie» pour le précipiter. D'après une tradition qui est évidemment fausse, cette montagn'e serait un rocher, situé au délK>ucbé, sur la plaine de Jesr rccl, de la gorge qui conduit de cette plaine dans la vallée de jNazareth. — Le Seîgoeur quitta sa ville natale et descendit avec sa mère àCaperiiaùm, où il fixa sa demeure 5 de ce moment , tous les lieux situés près du lac de Génézareth acquièrent un grand intérêt.

Capernaûm , ou le beau "village, est situé

à l'extrémité N. O. du lac et à une lieue de

remboucliure du Jourdain. La plaine basse qui s'étend vers le S. sur une longueur de deux lieues wet une largeur d'une lieue, est d'une ravissante beauté; elle est la partie la plus fertile de tout ce magnifique bassin , et portait le nom de Gennèsar , de jardins de la ri^

chesse; aujourd i^ui encore sa fécondité est passée en proverbe parmi tous les habitans du pays voisin. Joseph parle d'une source nommée Capernaûm^ célèbre par son extraordinaire abondance I et la plaine est arrosée par plu*

sieurs ruisseaux. Capernaùm , riche des pro* doits du sol j rétait en outre par la pèche et par le commerce; elle était sur la grande roule qui unit Damas et la Phénicie « et dans un défilé entre le lac et les montagnes; aussi les Romains en avaient-ils fait une ville de douanes, et ib 7 avaient une garnison (Matt. ix, 9-1 1 ; Luc. v^ 27-30). Jésus-Christ échangea donc la ville isolée de Nazareth et ses montagnes arides , contre la plus belle contrée de la Terre- Sainte et une ville de commerce et de passage ^ Capemaiîni devint sa ville, son principal séjour ^ et il demeura chez la belle-mère de Pierre (Matt. IV, i3; IX, I ; viii^ i4)* Il reste de cette florissante cité plusieurs mines nommées Tel

Hum,

De Capemaum en se dirigeant vers le S< le

long de la çâte , on arrivait à Bethsaïde de Ga* Ulée, à la maison de la pêclie onde la chasse» Ce boarg fat la patrie des apôtres André et Pierre, qui étaient pêcheurs. Ou en ifjnore la portion. On a trouvé, mais à une assez grande distance du- lac, quoique encore dans la plaine basse , un village nommé Baitsida (Jean 1 , 44 9 Matt«33, !»i-'24)«

La plaine finit vers le S. à Magdala, qi^ est 5itué à l'angle occidental du iac^ dans T endroit

de sa plus grande largeur ^ Marie Madetaine

devait soa nom. à cette, bourgade où elle était née (Luc viii, 3). Le misérable village de

Medjel renferme des ruines dont Tarchîtecture indique une très-baute antiquité^ il est placé près de remboiichore d'une petite rivière qui ue tarit jamais , et au pied de rochers escarpés qui sont le bord du plateau et dans lesquels oo remarque des grottes.

La cote se dirige de Magdala à Capemauia vers le N. £• , de Ma^ala k la sortie du Jour* dain vers le S. £. Cette moitié méridiouale du rivage est très-étroite ^ car les montagnes se tiennent à une petite distance du lac; le<^min suit la côte. Cest là qu^était Tibériade, la résidence d'Hérodel, son fondateur, la. capitale de la Galilée avant Diocésarée : la contrée environnante qu'entourent da hautes montai gnes , est très^luiude et très-fertile, mais malsaine et fiévreuse ; il y existe plusieurs sources thermales. Jésus-Christ n'eat jaouds ratrédans cette ville, dans la demeure du renard (Luc xni, 3a), du meurtrier de Jean-Bapliate. I^a population en était presque tout entiike grecque et païenne. Tiberiade est, avec Sapbct , Jérusalem ^et Hébron ^ Tune des cfuatre villea saintes, où suivant les traditions du Talmud le

Messie doit séjouroer el régner , et elle a été jpendant long-temps une des principales iim«-

versilés juives. Tabarié compte aujourd'hui 4ooo habitans dont de juifs, et possède des ruines très-considérables (Jean vi, l'i).

De Magdala en tirant à l'O. et en s'éloignanl ^ du lac ) le chemin conduit à one plaine élevée ^ sur laquelle on trouve, dans le Vûii>inage du village actuel de Hittia, une colline', de forme allongée , qui se relève en pointe à ses deux extrémités \ d'où son nom de cornes de Hînin^ les Chrétiens Tappdlent la montagne des Béa* iitudes y parce que notre Se i faneur doit y avoir prononcé son sermon sur la montagne. £lle présente une vue d*une grande beauté sur le lac de Génézarelh, sur THermon couvert de neiges , et sur la ville de Saphet, qui est située

sur le sommet d'une des montai; m es de Nephthali (Mattb. v, i4)* Mais d'après une tradi* lion plus ancienne ainsi que d'après le- texte même des Ecritures (Luc vu, i), la montagne des Béatitudes est près de Capemaûm , à un jet de pierre du lac de Génézareth, à trois lieues à TE. de Saphet } une source abondante sort de sa base.

La rive orientale n'offre aujourd'hui qu un seul village 9 et de tout temps elle a été moiiif

peuplée et moins cultivée que la rive opposée : ses montagnes basaltiques indiquent une autre nature que celle de la Galilée; ses pâturages annoncent le caractère général du hautpays oriental et le voisinage du grand Désert. On Y connaît cependant quelques ruines parmi lesquelles on croit retrouver celles de ChorU"

zin (Malt. XI, 21-24). ^ remboncliure des torrens sont de grandes forets de roseaux, dans les« quelles se tiennent des troupeaux de sangliei^.

Au N« £• est une petite plaine fertile , qui touche au lac et au Jourdain et qui est couverte d'aloës. A sou Lord septentrional , sur la hauteur^ est un petit village qui occupe remplacement de BethsaSdc Juliade. De ce lieu au pont de Jacob on traverse un pays de collines basaltiques, mélancolique et très-sauvage. Beihr saïde était un village que le tétrarque Philippe transforma eu une ville (Lucix, 10^ Marc vm, stâ).

Le lac de Gënézareth a été comparé au lac deLocarno (partie supérieure du lac Majeur), que caractérise une majesté sauvage jointe aux beautés d'une nature douce et riante* Des soldats romains de Tarmée de Titus qui avaient long- temps scjourné en Galilée, ayant été envoyés à Avenche, donnèrent à la contrée voi-

sine le nom de Palestine -, ils retrouvaient sans doute te lac de Génézareth et les montagnes sombres et désertes de la rive orientale , dans le lac de iScuchaiel qui a les mêmes dimensions, et dans les Montagnes-Noires du Jura ou il n'existait alors que peu d'habitations.

• Le plus bel ornement du lac est THermoD , qui donne à toute la contrée un caractère de grandeur et de majesté; cette montagne est d'une beauté frappante, le soir, lorsque sa cime blanche brille seule encore aux rayons du soleil qui se couche. Les montagnes orientales attirent les regards par leurs rochers élevés et arides; les eaux sont d un Lieu foncé; et vers le S* la vue.s'étend entre les montagnes du Ghoï* sur une plaine que rien ne limite. Le lac est aujourd'hui dc>ert, et les montagnes ne sont couvertes que d'arbrisseaux \ le paysage a quelque chose de triste. Mais il n'en était pas ainsi au temps de Jésus-Christ , lorsque les bords offraient une foule de villes et de villages, dout les noms se sont en partie perdus , et que la surface était sillonnée dans tous les sens, soit par les bateaux des pécheurs , soit par ceux qui transportaient d'une rive à Tautre les habitans etles voyageurs. Les pécheurs étaient au nombre de 1200 et possédaient de 2jo à 260 bateaux.

Poursuivi en Judée par ses ennemis, Jésus- Christ se relirait sur les bords O. de ce lac auprès de ses disciples \ et lorsqu'il n'était pas eu arrêté dans les états d'Hérode, il traversait le lac et trouvait un asile dans les contrées soumises à la domination de Philippe , qui était un prince d'un caractère doux, bon et juste. Il choisit plusieurs de ses disciples parmi les pécheon* des villages riverains. Pressé par la foule qui se jetait sur lui pour Tentendre , ii monta souvent sur une barque, qu'il éloignait un peu da rivage et de laquelle il enseignait le peuple* Il parcourut en tout sens la surface du lac ,

soit qu'il allât porter aux lieux environnans la lumière et la vie, soit qu'il se retirât dans des endroits solitaires pour prier sur les montagnes. Les ouragans qui sortent subitement des gorges voisines, mirent plus d'une fois en danger le bateau qui le portait ; mais il se fit connaître à ses disciples comme ayant autorite sur les vents et la mer. Une nuit qu^ils retournaient sans lui vers la rive occidentale , il vint à eux à la quatrième veille marchant sur les Sots , et Pierre descendit de la nacelle pour aller h sa rencontre, mais il douta et enfonça. Jésus dor* ' mait pendant la tempête qui le surprit lors de sa traversée vers Gadara , et ses disciples fa*»

rent obligés de le réveiller. — Gadara était située dans la contrée au S. E. du lac, au-delà de THiéromax , sur uDe hauteur. Elle était la capitale de la Pérée; ville forte, elle dominait la vallée du Jourdain. Le village d'Omkeis est au milieu du cimetière de cette ville , dont les ruines, d'origine romaine, sont très»considérables. Du sommet de la colline qui domine toute la contrée, on a une vue très-étendue sur le Ghor et les hautes^plaines. A TE. de la ville

ijonl un {jrand nombre de cavernes funéraires, taillées dans les rochers calcaires , dont plu* sieurs servent aujourd'hui d'habitations *, c'est là peut-être que se retiraieut les démoniaques guéris par Jésus sur les bords du lac (Matt.

vin, 23-34).

Jésus^Christ se ratira plusieurs fois dans des

lieux écartés et chercha des contrées où il n élait pas connu. C'est ainsi qu'un jour il traversa le lac de Génézareth , et se rendit dans la contrée oii était située Jiethsaïde JuUade CMatth. xt9j i3-ai ; Marc vi, 3i*44; ^9 17; Jean VI, i-i4)« Mais, en débarquant, le Seigneur trouva déjà une grande multitude rassemblée sur les prairies solitaires , et il y rassasia cinq mille hommes.

- flSO —

' Lorsque pour la seconde fois il voulut s'éloigner de la foule qui le suivait partout, il se dirigea au O. , au-delà do haut-pays Galiléen , vers les froutièrcs des villes paieoues de Tyr et de Sidon ; mais là même il ne put rester inconnu ; la femme Cananéenne obtint les miettes de pain de la table du Sauveur (Matth. XV, a 1-28; Marc VII, ii^-ii).

Une troisième fois, il se retira dans la paisible eontrée des ^urces du Jourdain , au pied des montagnes alpestres de TAntiliban , au milieu d^une nature remarquable par sa beauté. Près de Tendroil oii le fleuve sort de terre sous un'rocher de THermon , était Panéade , que le tétrarque Philippe venait de rebâtir et d'embellir, et quHl avait appelée Césarée du nom de Tempereur romain : {Césarée de Philippe, pour la distinguer de Césarëe sur la Méditerranée.) Là le Sei{];neur, que la Cananéenne avait rcjoui dans Sidon par la sincérité de sa foi , eut une joie pareille en entendant Pierre lui n^ndre ce que la chair et le sang ne lui auraient pas révélé : « Tu es le Christ, le fils du Died^ vivant » (Matih. XVI, iS-ig; Marc viii, 27-^9; Luc IX, i8-2o). La transfiguration eut lieu jours après ; la tradition en place le théâtre 8«Wr le Thabor, mais le texte saint indique plutôt un

— as7 ~

haute montagne hors de la Galilée et voisine de Césarée, une des sommités du groupe de rHermoQ.

Lors de son second voyage à Jérusalem , le Seigneur passa par la Galilée et ressuscita le fils de la veuve de Naïn. NaXn (belle , agréable ) était une ville située au pied S. de IHermon , dans la partie la plus mon tueuse de la plaine de Jesréel , et dans une contrée d'un riant aspect^ le village actuel est habité par des Turcs , des Juifs et des Chrétiens ( Luc vu, 11-17). Delà Jésus descendit dans la vallée du Jourdain , prit la route ordinaire qui conduit en Pérée et monta de Jéricho à Jérusalem y où il guérit le paralytique de Bethesda (Jean v).

Le Sauveur se rendît pour la trolsicme fois à Jérusalem lors de la féte des tabernacles, en passant probablement aussi par la Pérée ; mais il partit après les autres voyageurs et comme en secret. Dans la capitale il rendit témoignage

de sa personne et de sa mission (Jean vu-ix).

Dans son quatrième voyage il doit avoir suivi le même chemin par la Pérée , parce que les Samaritains chez lesquels il avait Tintendon de s'arrêter, ne voulurent pas le recevoir (Luc IX , 591-56). Ce fut sans doute alors qu'il passa à Béthanie, oii il parla à Marthe de la seule

chose nécessaire (Lucx, 38-4^). Cétait la féle

de la dédicace -, le Seigneur guérit a Jérusalem raveogle-né et parla du boa berger (Jean ix.

x). Il retouroa au-delà du Jourdain vers le lieu où Jean avait baptisé (Jean 3» 4^)^ il y apprit que Lazare était malade et revint à Béthanie pour le faire sortir du tombeau dans lequel il était depuis quatre jours (Jean xi). Comme ce miracle avait aifermi la résolution des Pharisiens et du Sanhédrin de faire mourir le Sauveur, il se retira dans le désen qui est près de Jéricho et de Bethauen dans la ville d*Ephrem (Jean xi, 54-5;). — Béilianie est siiuée à*/» heure de Jérusalem , au pied Ë* de la monta-gnedes Oliviers. Son nom (le lieu des dattes) indique la fertilité de son territoire. Cétait là que demeurait probablement Jésus** Christ, lorsque les fêtes saiotes rappelaient à Jérusalem (Matt. XXI , 17) ; là vivait Lazare , l'ami de

Jésus et de ses disciples, avec INIartlie et Marie, ses sœurs ( Jean xi , 5^ 1 1). Ëéthanie n est plus qu'un chétif village oii tout n*est que raines et décombres^ les maisons 011 vivent quelques familles arabes , en sont si misérables que nous ne voudrions pas y loger nos bestiaux.

On montre des débris de la maison de Lazare, et son tombeau dans une grotte profonde*

De Béthanie en allant à Jérusalem on traverse la montagDe des Oliviers, du haut de laquelle on a la vue d*une grande partie de la Terre - . Sainte: environ loo pas avant d'atteindre la créle , entre le sommet moyen et le sommet méridional , est remplacement de Bethphagé ^ ■ dont il ne Teste aucune trace. Ce village devait son nom (Ueu des figues mal mûres ^ è sa position entre deux montagnes^ qui le privaient des rayons du soleil et qui empêchaient ainsi les figues d'y mûrir, — Eplircm , ou le lieu fertile, fructueux y était situé à trois ou quatre lieues de Jérusalem , près d'un désert et des montagnes d'Ephraim.

D'Ephrem Jésus-Christ doit s'être dirigé au N. E. vers la vallée du Jourdain ; car à la troisième féte de Pâque il arriva à Jéricho avec la multitude qui avait suivi la route de la Pérée. La nouvelle ville de Jéricho , que Hiel avait rebâtie, était plus près de la montagne que Tanciemie. La contrée environnante était d'autant plus belle et plus agréable, qu'elle était un oasis dans le désert qui l'entoiirait. Le sol , trèsfertile de sa nature , était arrosé par une source abondante, qu'Elisée avait purifiée, et qui verse ses eaux dans le Jourdain après un cours de trois lieues^ et la plaine sur une largeur d'une

iîeue et sur trois V* lieues de longueur, sem** blait un vaste jardin riche en arbres de tout genre. La ville devait son nom qui sigoiiie odo' riférant, aux^rbresetaux fleurs qui l'enveloppaient de leurs parfums ^ et elle était aussi nommée la ville des Palmes^ de ses nombreux palmiers d*espèce$ différentes, dont les fruits servaient à préparer un miel excellent. On y cultivait alors dans un jardin particulier le banmier qui était une de ses principales richesses, mais qui ne se trouve maiotenant que dans une partie de TArabie. Le Zaccon ou le Myrobolan des anciens (eleagnus angustitolius L.}?

espèce d^olivier sauvage ^ avec les fruits duquel on fait le baume de Galaad , crfAî au contraire encore da^i^ les plaines désolées de Jéricbo. La source d'Elisée est entourée de figuiers et d'autres beaux arbres qui y croissent sans culture, et Teau en est toujours excellente ; mais le sol fertile reste inculte. Près des montagnes sont les ruines de la ville qui florinsait au temps de notre Seigneur; et dans remplacement de rancienne Jériclio se trouve, au milieu de buissons., un village de brigands arabes, qui cultivent quelque peu de Dourba (espèce de millet), de maïs, de riz et d'oignons. Le Seigneur voulut loger, à Jéricho, chez Zachée»

le chef riche et pieux des péagers ( Luc xix),

et il y guérit les aveugles. Il inonta ensuite sur le plateau, pass4 à Beihphagé, où par sou ordre ses disciple^ allèrent chercher l'ànon que personne ji'avait monté^ et le roi de Jérusalem, roi débonnaire , doux et humble de cœur , fit son entrée triomphale dans la ville sainte à travers le mont des Oliviers et la vallée du Gédron. Séparé de Jérusalem par rétroite vallée dans laquelle coule ce torrent , le Mont des OUîders se dirige du au et est surmonté de trois sommets dont le septentrional est le plus élevée Les Dombreuses plantations d oliviers qui ont donné le nom à cette montagne , n'existent plus • le coté oriental est complète- • ment nud \ sur le coté occidental les arbres sont rares; on y trouve cependant encore des ceps, des figuiers, des amandiers et des datjtiers. Sur le penchant occidental du sommet moyen était le jardin de Getlisémané (le pressoir à olives ), oii le âauveur lutta pour nous avec la mort.

(Matt. XXVI, 36*565 Marc, xiv, Ss-Sa; Luc xxii, 39-53-, Jeanxvni, 1-12)5 un mur élevé désigne et entoure ce liea> ou sont huit oliviers d^une extrême vétusté. L^ascension a eu lieu , selon toutes les probabilités , sur le penchant oriental , non loin de Béthanie. La cime méri-

dlonale est célèbre par Papostasie de Salomon qui y éleva des autels aux idoles de ses femmes ( I Rois XI , 7 ; s Rois xxiii, i3 ) ; elle fut appelée pour cette raison Maschhlihy c'cst-a-dire montagne de la perdition ou du scandale*

Di) sommet de cette montagne, dootTéléi^^ tien est une fois plus considérable que celle de Morija et de Sion , on à nne vue aussi remarqoa-

blc par sa beauté que par son étendue , cl il ncst certainement sur la terre aucun endroit qui réunisse un tel spectacle {i d'aussi ^nds souvenirs. A rO. la profonde vallée de Josaphat disparaît aux regards , et Jérusalem se montre dans toute sa maf;nificenôe 5 posée sur un plan qui est incliné vers r£. , elle présente au spectateur ses édifices , ses places , ses rues , ses collines , ses vallées ; le Gihon la domine au N. O. , et ron aperçoit par-dessus les autres montagnes occidentales les contrées voisines de la Méditerranée. Mais les regards se reportent sans se lasser vers la mosquée qui occupe la place du temple , on en voit tous les édifices , les places qui Fentourent, les murailles extérieures; elle est en face de vous , de Fautre côté de Tétroît vallon. Le temple hébreu, bâti en marbre par Hérode , avec ses parvis*, ses portiques, ses co«lonaadcs, ses nombreux sacrificateurs et la foule

immense qui s'y pressait aux jours de fêtes , offrait sans doute ua spectacle plus frappaotear oofre que la mosquée ; il occupait d'ailleurs un espace beaucoup plus coasidérable^ carSalo* ïïmnr^ pour agrandir -la surÊice de Morija , avait œnstniit an* dessus du Cédron , en blocs énormes, un mur dont la hauteur eu quelques endroits était de ^5o pieds. Un jour que Jésua* Christ sortait du temple et prenait le chemin de Béchanie , ses disciples en admiraient la beauté et rindesdnctibie solidité ^ mais il leur annonça Xfa^iX n'en resterait pas pierre sur pierre , et s^asseyant sur la montagne il leur parla des derniers temps (Matt. xxtv, t-3). Peu de jours auparavant, il était partideBethpbagé, entouré d*ane multitude de gens qui étendaient dans le «diemin leuiâ vétemens et des brauches d ar* bres : lorsqu'il Ait arrivé an sommet de la mon* tagne et qu'il approcha de la descente , les disciples , transportés de joie, s'écrièrent : « Béni Mît le Roi qui vient au nom du Seigneur;» mai^ hii, contemplait, en continuant sa marche, Jérusalem si florissante , que ses ennemis al* laient détruire , et pleura sur elle ( Luc xix, 37-44)' -—Vers le N. vous voyez tout le pays que traverse la route de Jérusalem à Nabbuse, les montagnes d'Ephraim ^ une ligne sombre,

luais très-visible , indique la plaiae de Jesréel, au-delà de laquelle on aperçoit encore les montagoes de la Haute-Galilée ^ et par ud temps fa- Torable, avant la pluie, l'HermondeTAntilibaB se dessine dans l'azur. La vue du N. E. au S. O. est de beaucoup la plus belle. On embrasse d' un coup-d'œil tout le désen de la Quarantaine, dont 1^ moutagaes déchirées , aux rochers , arides, aux sommets anguleux, s'abaissent par degrés vers la vallée du Jourdain et la mer Morte : au printemps la plaine de Jéricho étend au pied de ces hauteura» blanchâtres , à oôlé de leurs gorges obscures , ses •vertes prairies , et Ton peut suivre alors tous les contours du Jourdain 5 qui en été est caché dans sa petite vallée. Au-delà dans un lointain bleuâtre est la plaine de Moab ; et du N. au S.,- aussi loin que

la vue peul atteindre , s ctend uuc rangée uuiterme et non interrompue de montagnes ari* des* Les montagnes qui bordent è TE. la mer ' Morte, ressemblent par leur grandeur et leur situation aux rives du lac de Genève vis-à-vis de Vevey et de Lausanne ; et Ton distingue le iNébo , au sommet duquel Moïse mourut en contemplant la Terre-Promise ( Deut xxxiv)«.

Moïse a donc aussi vu la montagne de laquelle le prophète qu il avait annoncé , a quitté la

terre pour retourner au ciel. Au S. ou suit de Fœil rétroite goi^ da Cédron jusqu'à son em»

boochure dans la mer Morte qui semble être à une très-petite distance, et Ton voit les mour tagnes de Bethléem » le signal de Thékoa , la plaine d'Hébron, et des groupes de montagnes nues et blanchâtres , dont les dos , les crêtes et les sommets ressemblent aux vagues d'une mer bouleversée par la tempête^

Mais 011 sont les lieux témoins de la passion du Sauveur ? Le palais du souverain sacrificaleur, Gabbatha, Golgotha, le sépulcre vide du Sauveur? Des premiers siècles du Christianisme jusqu'à nos jours, des milliers de pèlerins ont fait le voyage de Jérusalem -, on les a conduits de station en station : on leur a montré chaque localité à laquelle Thistoire sacrée a donné quelque importance. De magnifiques églises ont été bâties dans tout le pays aux plus importans des Keux qu^on supposait être des lieux saints *, les sectes s'en sont disputé la possession , et Ton montre aujourd'hui avec une

minutieuse précision les endroits où Jésus- Christ a prononcé telle parole , a fait tel miracle. Mais si Ton vient à réfléchir aux fléaux de tous genres qui ont passé sur ce pays, si

Ton compare à la tradîlioa les indicatîops de la

Bible et des anciens auteurs , si Von considère Tespritet la conduite du gouvernemeot de oe pays , et des chrétiens qui y demeurent, si Ton cxamioe de près ce que sont les pèlerinages, la plupart de ces données deviennent suspectes et l'on est tenté de se dire : Dieu a voulu que les lieux saints fussent couverts d'un voile et que les tentatives pour les reconnaitrè et les dé-* terminer restassent iuiruclueuses, a£ia quils ne fussent souillés ni par le cuite charnel de chrétiens fiers de leur propre justice, ni par les artifices , les oppressions et les profanations sans nombre dont les chrétiens aussi bien que les Turcs se rendent coupables depuis long* temps dans la ville sainte* Pour ne citer qu'un exemple ^ si la fameuse église du St-Sépulcre visitée par tant de pèlerins , et d#ns laquelle toutes les communions grecques et catholiques ont leur chapelle , était effectivement bàtic dans Tendroit où fut le tombeau de Jésus , la ville de Jérusalem aurait élé bien petite autre* fois; car cette église est presque au centre de la portion de Tancienne Jérusalem qu'on appelât là ville basse, tandis que le Sauveur a été crucifié et enseveli Uor^^de la ville (Matth.xx vu, ii-33 ; Jean xix, 27-sio; Hébr. xiu , i i-x3, et

Lév. xviy 275 IV, n. 12 )j cette circonstance n*est donc pas sans importance pour le fidèle. La place d'exécution ëlait probablement dans la vallée de Benhinnom au S. de la ville ^ et le cimetière* n^en était pas éloigné : cette opinion e&t confirmée par la grande quantité de tombeaux taillés dans le roc qui entourent Jérusalem au S. et à TE. et ou maintenant encore les Juifs qui Iiabitent cette ville ainsi que des mem* bres d'autres religions se font ensevelir.

Joseph qui ensevelit le corps de Jésus dans un sépulcre taillé dans le roc , était d^Ârimathée. JL rimaillée est ou Rama, la patrie de Samuel, nommée Aramatbajim (i Sam. i, i), ou d'après le témoignage de St- Jérôme, Ram le, $ijir la route de Jatia à Jérusalem, que les Arabes au huitième siècle auraient agrandie et non fondœ. (Matth. XXV u, 57. etc.)

Jésus après sa résurrection apparaît à deux de ses disciples sur le chemin d'EmmauSy bourg à trois lieues de Jérusalem. Compae Ëmmaùs signifie bain, il existait plusieurs lieux de ce nom dans la Palestine. Celui-ci doit avoir été situé au N. O. de Jérusalem (Luc xxxv, i3- 35. ) Sur la route de Jafla à la ville sainte , au pied des montagnes , est un autre Emmaiis,

nommé plus tard NicopoUs, et aojotnrd^hui

Amoas ; les ruines ea sont fort belles.

Jésus, après s'être présenté deux fois au milieu de ses apdtres à Jérusalem (Luc. xxiv, 3f)- 47; Jeau XX, 19-29), apparaît à huit de ses disciples qui péchaient sur le lac de Généza^ rclh (Jean xxi), et. plus tard a ses apotrcs et à 5oo autres disciples, sur une montagne de Galilée (Ma tt xxviii, 16-20; I Cor. XV, 6). Il fut enlevé au ciel de la montagne des Oliviers à peu de distance de Béthanie (Luc. zxiv, 49" 53, Act. 1,

Nous dirons encore un mot du lieu , non mentionné dans la Bible, oii Jean Baptiste fut mis en prison et décapiié. C'est la forteresse de MacliérorUe , bâtie avec magnificence par Uérode^ et située à une grande hauteur sur le penchant de la montagne de INëbo , dont les parois de rochers descendent dans la mer Morte. Des ravins escarpés entourent celle forteresse au S. et au N. La vallée septentrionale qui est étroite et profonde , ^t qui débouche vers ce lac, contient des sources chaudes, et Ton y voit parfois s'élever du sol des vapeurs empoi* sonnées.

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