MARCHÉ SAINT-MARTIN
Li'ANCikî* Marché, canstruit en 1768, sut tin terrain d^pendaÀt de Sâint-Màrtin-dés-Champéy étant devenu beàucouj) trop petit pour satisfaire aujt besoins de riminensé populiatioû du quartier, il fut arrêté, en 181 1, qu'un nouveau Marché serait construit dans Vehclos dé bet ànûlën prieuré. Le x5 août de cette même àbûée la prétnière pierre en fut posée, mais d'après un projet bien différent de bëlui que le même architecte , M. Peyre neveu , a exécuté depuis.
Dans ce premier projet on conservait les beaux murs de l'enclos qui avaient été construits en même temps que ceux de l'enceinte de Philippe- Auguste ; ces murs, de sii piedâ d'épaisseur, étaient Coùime ceux duTérâpIe, flanquée dé tôurs et Couronnés de créneaux. On adossait h cette muraille dés portiques construits en pierre de taille, SôU's lesquels se serait tenu le Marché. Au-dessus, on élevait de vààtes galeries, qui auraiéht été de plain-pied avec le premier étage du grand bâtiment, occupé aujourd'hui par le Conservatoire des arts et métiers. Dans ces galeries, qui, développées, eussent présenté une éteàd(ie'ég£(lë h celle de là galerie du Muséum, devaient àVDir lieu, tous les trois ans, des expositions publiqbés âés produits de l'industrie nationale^ éc,
5a DESCRIPTION
pendant Tintervalle d'une exposition à Fautre y on se proposait d'employer ce local à y former des élèves destinés à devenir chefs d'ateliers dans toutes sortes de manufactures.
Ce projet avait quelque chose de séduisant : notre Conservatoire des arts et métiers est un établissement unique en Europe , et l'idée d'y rattacher une exposition de nos produits manufacturiers était d'autant plus heureuse que nous ne possédons aucun monument , si ce n'est le l^ouvre, qui soit assez vaste pour remplir convenablement ce double programme. Mais des considérations, qu'il est inutile de rapporter ici^ ayant fait renoncer à un tel édifice , la première pierre qui en avait été posée fut retirée, et l'on en plaça une nouvelle pour le Marché que nous voyons exécuté. '
Ainsi que nous l'avons dît, ce nouveau Marché est .établi dans l'enceinte du jardin de Saint-Martin, dont Jes murs ont été détruits. Une grille, qui se rattache aux deux ailes avancées du bâtiment où est le Conservatoire, le sépare du Marché : elle laisse en avant une large rue qui aboutira bientôt de la rue Neuve-Saint- Martin à la rue Transnonain en traversant celle du Vertbois et l'ancien marché, dans lequjel on construira pour lors des boucheries comme au marché Saint- Germain. ,
Le nouveau Marché Saint-Martin présente un parallélogramme de 1 00 mètres de face sur 60 de profondeur, et se compose de deux vastes portiques ayant chacun neuf travées sur la longueur et trois sur
kl largeur. Chaque travée est ouverte par trois arcades, dont une sert d'entrée, et deux, qui ne descendent pas jusqua^erre, sont ferociées par des persiennes. Celle de Tentrée étant aussi fermée par une grille » lorsque l'heure de la vente est passée personne ne peut plus s'introduire dans le Marché. Cette distribution de. l'intérieur est marquée par seize piliers qui supportent la charpente sur laquelle repose la couver^ ture. La travée du milieu, plus élevée que celles des .côtés et des extrémités, favorise l'introduction de la .lumière et ^ circulation de l'air dans l'intérieur.
Ce Marché peut contenir au moins trois cent vingtquatre places. En juillet 1816, époque où il a été ouvert au public, l'ancien Marché dont nous avons parlé et celui qui se tenait près la porte Saint-Martin . ont été supprimés.
Deux petits bâtiments, d'une décoration analogue à celle des grandes halles, ont été construits du côté de la rue de la Croix: l'un sert de corps-de-garde; dans l'autre sont établis les bureaux de l'inspecteur de police.
La fontaine jaillissante, élevée au milieu de ce Marché, en complète l'ensemble d'une manière magnifique. Trois enfants en bronze, de cinq pieds de proportion , représentent les génies de la chasse, de la pêche, et de l'agriculture; ils sont groupés autour d'un faisceau de roseaux et autres plantes marécageuses, qui supporte une vasque en enivre. Un jet d'eau s'élève du centre de cette vasque , y retombe aussitôt, et prend la forme d'une belle nappe circu-
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laire qui, en recouvrant les figures des génies, se répand dans le vaste bassin au centré duquel ils iûnt placés. La scupiture de ce groupe a été modelé avec beaucoup de goût par M. Gois fils, statuaire distingué. Cette fontaine étant alimentée par le canal de rOurcq, dont les eaux ne sont peis encore potables, on a établi, du côté du Conservatoire des arts et métiers, deux autres petites fontaines qui reçoivent les eaux de Bellèville.
Si la décoration du Marché Saint-Martin parait un peu trop recherchée, si cette multiplicité de petites arcades, dont toutes ses façades sont percées, présente un luxe peu d'accord avec Tobjet du monument, on ne doit pas toùt^è^fait en accuser le talent de l'architecte. Ces défauts sont plus apparents que réels : construit sur une plus grande échelle j cet édifice offrirait à tous les yeux un vrai mérite , qqé le vulgaire Sait rarement reconnaître, mais qui n'échappe point à un observateur attentif. Il est seulement fêcheux pour M. Peyre, qu'il ait été chargé le premier d'élever un de ces édifices dont le genre était absolument neuf à Paris, et pour les proportions desquels on n'avait point encore de données comparatives.
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