HÔTEL ROYAL DES INVALIDES
Ci^ESj Philippe- Auguste 9 prince vraiment grande qur le premier conçat le projet ^'assurer une -retraite honorable aux soldats invalides ; c'est Louis XIV qui «xécuta ce noble et généreux dessin.. Non- que dans tous les temps les rois de France n'aient constii^mmQnt pourvu aux besoins dé leurs fidèles compagnons d'ar*» •mes 9 mais jusqu'alors diverses circonstances n'avaient pas permis de former un établissement aussi magnifique, n n^y eut point d'armée permanente sous les premiers rois : les guerriers qui avalent fait avec eux la conquête. des Gayles reçurent des terres.à; titre de bénéfice y et dévinrent les maîtres de ceux qu'itf avaient vaincus. Depuis^ lorsque les besoins de Yf^fu^t J'exigeaie^nty les grands vassaux de. la couronne rasr semblaient .des soldats, les conduisaient an combat, et les ramenaient, à. la paix, daKis;leui^s foyers, où chacun reprenait ses occupations habituelles. Ceux que leurs blessures: avaient rendu incapables de travailler étaient placés dans les monastèi^e^, et y participaient à la vie commune, sous le nom d'pblats ou religieux lais. Quoique cet état de. choses ne fât pas sans quelquesinconvé ni cnt s , il^pcésentaix de si grands avantages, qu'il dura long-temps après queja milice française ; mieux organisée^ fût devenue tout-à-fait
0a OESGBIPTION
dépendante de rautoritë royale. Mais alors les gnerres 8*étant de plus en plus prolongées , les soldats s'accour tumèrent à la yie licencieuse des camps, et il devint presque impraticable de leur faire contracter les tranquilles habitudes du clottre. François P' vit ce qu'il fallait faire : les embarras de son règne ne lui permirent pas d'exécuter son vaste projet. II en fut de même de ses successeurs , jusqu'à Henri IV. A peine .ce prince fut-il possesseur de son royaume, qu'il l'occupa des moyens de procurer aux Invalides une situation moins précaire, en affectant à leur usage une grande maison du faubourg Saint-Marceau, appellée la Charité chrétienne, dont néanmcûns ils ne prirent possession qu'en i6o3, bien que le premier édit soit da mois d'octobre 1597. Pour obvier à ces. dépenses^ Henri eut le premier l'idée d'exiger des bénéficiers lés places d'oblat en argent. Louis XIII iit sur ces fonds des pensions aux officiers et aux soldats; mais les uns et les autres, après avoir trafiqué des bienfaits de l'État, se trouvèrent de rechef à la charge dû. trésor, et ces abus déterminèrent un établissement fixe. On choisît le château de Bicêtre pour le chef-lieu d'un ordre, sous le titre de Commanderie de Saint-Louis, dans lequel devaient être admis tous ceux qui auraient vieilli au service. On commença à travailler aux bâtiments vers i634 5 on y mit beaucoup d'ardeur, et cependant ce grand appareil tomba dans l'oubli, jusqu'à ce qu'enfin, le 4 décembre 1668, Louis XIV rendit le premier arrêt pour l'exécution du projet qu'il avait d'assurer une retraite aux inva-
lides. Par un au^e arrêt, de i670,les fonds des oblats furent affectés, la moitié à l'entretien des soldut* dans THôtel, et Tautre moitié à des pensions pour les officiers. Mais, cela ne suffisant pas, le roi assigna d autres fonds, et Ton plaça provisoirement les offi* ciers et les soldats dans une maison de la rue da Cherche-Midi, en attendant qu^on eut achevé le somptueux Hâtel que nous allons décrire.
Si ron arrivée THotel des Invalidespar la rîvegauch» de la Seine^ on est surpris d'abord de Fa^f^ect imposant de cet édifice. Une immense esplanade, accompa-* gnée de longues allées d'arbres, précède une ava^t^^ cour fermée d'une grille et entourée de fossés , au-delà de laquelle s'élève une façade de plus de loo toises, couronnée d'un dôme éclatant d'or. L'étonnement s'accroit lorsqu'on a parcouru ces cours, ces bâtiments, ces églises, ces promenoirs, qui tous ensemble occupent une surface de près de 19,000 toisa. On se demanda alors si c'est là un hospice. CWi est un sans doute; mais c*est plus encore qu'un simple fao^ice. Ea créant cette fondation royale, Louis 3QV voulut que les guerriers qui avaient habite les camps avec lui fussent reçus dans un asile digne de la magnifinence de leur prince^ Tout concourut àseconder de si noblea intentions ; malgré les wibarras d^ime guerre dispen* dieu^e, Louvois trouva les ressomroes oéceaNÛres pour teruMner ce grand édifice en huit panées, ei Libéral Bruant,, qui fut dbargé de l'exéculer, an fit, par soa génie, un des plus baaus: moimmeiti d'un rj^gna û fécond en pni^dîgit.
La façade principale préseiue un avant-corps , deiisi parties lisses, et deux pavillons; elle est percée de trois, rangs de croisées au-dessus du rez-de-chaussée, dont les ouvertures sont en arcades. L'avant^corps du milieu est décoré de pilastres ioniques qui reçoivent ttn grand archivolte orné de trophées , sous lequel est nti bas-relief représentant Louis XIY à cheval, acconiT pagné de. la Justice et de la Prudence» Guillaume- Goustou en était Tauteur; mais la figura du roi, dé^ truite, il y a plusieurs années, vient d'être refaite avec beaucoup de talent par M. GartelUer. On a aussi restitué, cette belle inscription qui indique avec tant de précision tout l'historique du monument :
LVDOVlCyS . MAGItVS
SnÊfriBVS . RECALI . MVNIFIGEirTlA.
m . PERFBTYVM . PBOVIDENS