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Deux ^andes Statues^ du même. CSoustou, Mars et Minerve, sont aux côtés de la' porte ^ et contre les angles des pavillons on a placé fort convenablement les quatre esclaves de bronze que Desjardins avait Éait pour la place des Victoires. Cette façade, quoique assez richement décorée, n'a pourtant de beauté i^éelle que par son étendqe. Pour bien juger du mérite de Libéral Bruant, il faut entrer dans la cour royale^ qui est une dés belles productions de Tarchitecture ^ eUe est entourée, au rez-de-chaussée et au premier étage, de portiques ouvertsèn arcades et formant des avant-corps au . milieu des quatre faces et dans les angles.. L*âvant-corps du fond, qui conduit à TégUse,
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iB9t dëcoréde deux ordres de colonnes, ionique et co» rintbien, Tun sur l'autre, et couronné d'un fronton. Toute cette ordonnance est enrichie d'une grande quantité de sculpture, principalement dans la partie supérieure, où Ton voit, au-dessus des avant-corps angulaires, de beaux groupes de chevaux, et, au droit de chaque arcade , de riches trophées , dans lesquels on a fort adroitement pratiqué des lucarnes» L'un de ces trophées présente une singularité anecdotique : le sculpteur y a. placé une tête de loup, qui semble regarder dans la cour^ on en a fait un rébus , d'assez mauvais goût, en mémoire de M^ de Louvois. Le portique du fond de la cour est beaucoup plus large que les autres ; il sert de vestibule à l'église et aux deux principaux escaliers.
Un porche intérieur, une nef, deux bas-côtés^ au «r dessus desquels régnent des tribunes, un sanctuaice en hémicycle, telle est la disposition de cette première église , dont la décoration est fort simple. Elle consiste en un grand ordre de pilastres corinthiens qui supportent une voûte en plein cintre décorée d'arcs doubleaux sculptés et percée de grandes croisées, qui, avec deux autres rangs de croisées , répandent beaucoup de jour dans l'intérieur. Entre les pilastres, dix-huit arca(}es communiquent avec les nefs latérales , et un pareil nombre d'arcades per-^ cées au-dessus de celles du rez-de-chaussée forme les tribunes dont nous avons parlé ; l'autel n'est que provisoire : il sera sans doute refait comme il était anciennement ^ c'est*à-dire appliqué à celui du dôme 2. 9
qui lui servait de retable. On voit contre un pilier lef monument, asseK mesquin, élevé au comte de Guibert, mort, gouverneur des Invalides /le 8 décembre 1786. Cette église intérieure, qui nous parait aujourd'hui d'une si grande simplicité , était naguère décorée de trophées nombreux : nous y avons vu Tépée de Frédéric, et mille drapeaux en tapissaient les voûtes. Tout ""a disparu; mais Toeil seul regrette une décoration aussi pompeuse; le cœur comprend que ces lieux seront toujours habités par des hôtes accoutumés à la victoire*
Vers le milieu des portiques latéraux de la cour royale, de grands vestibules distribuent, en face aux cuisines, à droite et à gauche à de vastes réfectoires éclairés sur des cours de service au nombre de quatre, lesquelles avec les bâtiments en aile composent le système général de distribution de THôteL Au-delà de ces divers corps-de-logis , et parallèlement à l'égHse, les beaux portiques prolongés en simples corridors, desservent l'infirmerie, la boulangerie, et d'autres parties importantes. Au moyen de cette ingénieuse disposition, Tarchitecte a su donner une grande élévation aux deux étages de la cour principale, tandis que ces mêmes étages, subdivisés en deux, se trouvent proportionnés aux cours moins étendues par lesquelles ils sont éclairés. Les logements des soldats et des officiers sont pratiqués dans ces différents étages; mais le grand corps*de-logis, qui regarde la rivière , est spécialement affecté aux principaux officiers de la tiiaison : l'aile- gauche est occupée par le
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gouverneur et 'par Tétat-inajor; la droite ^ par lef médecins et chirurgiens en chef. Dana le pavillon du milieu ) au-dessus du vestibule, est une bibliothèque ^ qui sert aussi de salle de conseil. Cette bibliothèque n*a rien de remarquable assurément ; mais il est bon de dire que ce n est point un établissement nouv6«m> £omme on affectait de le répandre.. Il y en avait une dès les premiers temps de la fondation de THôtel ; elle était confiée aux missionnaires de Saint-Lasarei qui desservaient l'église et qui avaient leur communauté dans les bâtiments de Touest. Ces prêtres sont main» tenant remplacés par plusieurs ecclésiastiques , dont le chef a le titre de curé, et en exerce les fonctions.
Sous les combles des bâtiments qui sont à droite, on a arrangé une quantité considérable de mo» dèles, fort bien exécutés, qui représentent très en détail les principales fortifications de France. Cette collection précieuse n'est point de nature a ôtre <>xpo* sée indifféremment à la curiosité du public. Il faut^ pour la voir une permission expresse <lu ministre de la guerre, et elle ne s'accorde encore que pendant un très petit nombre de jours dans l'année.
Tout est fort simple dans cet immense intérieur^ si Yoa en excepte les quatre réfectoires, ornés de peintures cuneusea. On y voit^ aux extrémités, de {grands tableaux de Parrocel le père, représentant des traits de la vie de Louis XIV, et sur les murailles, Martin , élève de Van der Meulen , a exécuté, à l'huile, des tableaux de batailles, des vues de sièges, des plans de places fortes, relatifs aussi à l'histoire du fonda-
teur. Cette décoration est on ne petit plus conrenable ; nous regrettons seulement qu'elle ne s'étende pas à d'autres parties de l'édifice, où elle ferait un merveilleux effet. Pourquoi ne peindrait-on pas à fresque les fonds des doubles portiques de la cour? Ce serait une occasion de réparer la faute qu'on a faite en perçant dans ces murs des ouvertures inutiles. On pourrait bouchei* ces ouvertures , ou les encadrer dans les compartknents de la composition : de grands tableaux de l'histoire militaire de la fVance enrichiraient singulièrement ces beaux portiques sans nuire à l'effet de leur architecture.
Le dôme a été décrit dans fa première partie ; non» n'en dirons donc rien ici. La possibilité que nous avons eu de donner séparément la description de ce magnifique hors-d'œuvre , en est peut-être la critique la plus naturelle. Mais^ quelque inuàle que puisse paraître cette seconde église^ elle n'en sera pas moins pour la postérité un admirable monument de la piété de Louis XIV^ et des talents de Jules Hardouin Mansard. Elle termine ^ du côté du midi, l'ensemble du plan des Invalides ; mais il est à présumer que l'effet en serait plus imposant, si l'on avait exécuté les colonnades et les pavillons qui entraient dans le projet géné^ rai de cette église célèbre, et qui devaient lui donner des accompagnements de la plus grande richesse.
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