‹ Description de Paris et de ses édifices, Volume 1Chapitre 2 sur 72 · PLAGE ROYALE · texte numérisé non relu

PLAGE ROYALE

La place Royale a été bâtie sur une partie da terraia oocppë par le icél^re palais des Tournelles, construit 800S Charles Y.

Henri II étant mort, en i SSg, des suites de la blessure que lui fit Je comte de Montgommery dans un tournoi qui eut lieu au pakis des Tournelles, Catherine de Médiois, après ce funeste accident , ne voulut plus habiter ce palais , et le parlement eut même ordre , en i565 et i569, dq le faire démolir et de le vendre •n réservant plusieurs places et rues sur son emplacer ment. Mais on procéda si lentement à Texécution de cet ordre, que cette démolition n'était pas achevée lorsque Henri IV parvint h la couronne. Ce fut dans ce qui restait alors du palais desToumelles que ce monarque établit la première manufacture d'étoffes de soie dW et d'argent qu'il y ait eu à Paris. Les entrepreneurs àe ces. manufactures 6*y trouvant trop resserrés, firent Aevep en i6o5 un grand bâtiment, en face du Marché aux chevaux qui se tenait alors dans une partie du parc des Tournelles. L'effet et la disposition de ce bâ-' ttment plurent à Henri IV, et lui donnèrent l'idée de construire en ce lieu une place publique formée de bâtiments symétriques. L'un des quatre côtés, celui qui.

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est parallèle à la rue S.-Antoine, fut bâû à ses dépens, et vendu ensuhe à des particuliers. On donna Fem^ placement des trois autres côtés pour un écu d*or de cens y à la charge par les preneurs d'y faire construire des pavillons semblables à ceux que le roi avait fait édifier, et il fut alors arrêté que cette place se nommerait la Place Royale. Son enceinte fut terminée en 1612 9 et, le 5 avril de cette même année^ la.reipe: Marie de Médicis y donna le spectacle d'un magni* fique carrousel à Toccasion de la double alliance contractée entre la France et TEspagne.

Cette place, depuis 1792, a porté plusieurs noms; celui de Place des Vosges^ qu'elle garda long-temps^ lui fu|; donné le i4 septembre 1800, en vertu d'un décret du 8 mars de cette même année, qui ordon-, nait que le département qui acquitterait le premier la majeure partie de ses contributions, donnerait soa nom à Tune des plus grandes places de Paris. En i8i4 elle a repris son premier nom de Place Royale»

La Place Royale offre un carré parfait de 7 a toises de face , elle est régulière et d'une grande simjrficité». Tous les pavillons qui la composent sont bâtis de. pierre et de brique, et couverts séparément dW comble à quatre pentes ; à leur pied règne une galerie ouverte par des arcades, dont la voûte surbaissée est paiement en pierre et en brique. Du côté de la place^> cette galerie est décorée d'un ordre de pilastres sans entablement ni corniche. Au-dessus de cet ordre, s'élèvent deux rangs d'étages non compris les logements, pratiqués dans les combles. Entre tous ces cprps-de-

logis se remar^pent deax paTÎHons beaucoup plus élevés que les autres. Celui de k rue Royale s*appe^ ]ak le pavillon du Roi, celui en face de la chaussée des Minimes ; le pavillon de la Reine. Ils sont tous deux décorés de pilastres doriques, couronnés d'un enlablefïient cofnposé , au-dessus duquel s^élève également lïeux étâçes surmontés d'un grand comble qui domine sur tous les autres eombles de la place.

Il y a |wès d'un siècle que Oermain Brice a observé 'que Vm des points dé We de la place était bouché par la constmctîon d'un esicfatier fait apirès coup sous le pavillon de la rue Royale , et pottr le faible intérêt d'un particulier. Quoique le système d'administraftion pour tes embellissements de Paris soit aujo*Qird'h«H bien différent, cet escalier subsiste toujours.

La statue équestre de Louis XIH s'élevait autrefois au centre de la place Royale. €e monument, détruit en 1 792 , comme tous ceux de ice genre qui décoraient la capitale, mérite d'être regretté, non pour la figure du monarque, par Briard fils, dontletravailétait assec médiocre; mais à cause du cheval, exécnté et fondu en bronze par Daniel Ricciarelli, dit Daniel de Volterre, dont on vantail la finesse, le mouvement ^ et la légèreté. Ce fut le cardinal de Richelieu qui, en 1689, fit transporter ce cheval en France. IL avait été fait pour une statue équestre de Henri II, commaodée par Catherine de Médicis, et que la mort de Daniel de Volterre, arrivée en i566, ne permit pas d'achever.

Ce fut en i685 , sous le règne de Louis XIV, que la place Royale a été resserrée par une grille de fer qui 2. a

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forme une double enceinte, et laisse une large rue qui en fait Je tour. Elle coûta 35^000 francs , qui furent payés par les .propriétaires des trente-cinq maisons qui composaient cette place (i).

Ces maisons étaient alors regardées comme les plus grandes et les plus belles habitations de la ville. On y distinguait les hôtels de Richelieu , de Guéméné, de Rohan, et celui du baron de Breteuil, où l'on voyait un beau plafond peint par Le Brun. Il s'en faut de beaucoup que ce quartier soit aujourd'hui aussi brillant. La plupart de ses habitations sont abandonnées, et servent même d'asile à la médiocrité.

La place Royale a été embellie, depuis quelques années 9 par la plantation de deux rangs d'arbres. Au milieu, est un vaste bassin, au centre duquel s*élève une forte gerbe, semblable à celle du jardin du palais Royal, et alimentée de même par les eaux du canal de rOurcq. On se propose d'y réédifier la statue équestre de Louis XIII, au centre d'un très gfand bassin , qui sera commun à quatre fontaines disposées au pourtour. Une semblable décoration, exécutée avec art, est susceptible de produire un grand effet.

(i) On n'en compte plus aujourd'hui que trente-quatre. Celui percé en arcades qui débouchaient sur la rue du Pas-de-la-MuIe vient d'être détruit, et forme une entrée à ciel ouvert, comme à a rue de l'Ëcharpe. Les deux auti^es entrées de la place sont sous les deux pavillops plus élevés.

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