‹ Description de Paris et de ses édifices, Volume 1Chapitre 4 sur 72 · PLACE LOUIS XV · texte numérisé non relu

PLACE LOUIS XV

Ci ET TE place y cpnâidér^ sout lé .rapport de TarcluN lecture monumentale,, et compiùrée à celles dont iioud avons déjà parlé y^stpeut»étlre Burins une pbce.pro^ prement dite, qi}'itn vaste jênqplaQeilient, qui répare d'un sens le jardin des l'ttilecieë.de la promenade deè Champs-Elysées y. et dé Vautre «ens le faubourg Sainte Honoré du faubourg Saint^Gertnàin« Lorsqu'il a été question (tome l'^j page stiS*) de Teilsemble des abords du château des Tuileries^ ik>us. avons vanté la disposition générale de dette plaée^ il noot reste ici à en donner Tfaiitorique et la descriptièn.

Dès Tannée 1 748 , )a ville de Paris ayant décidé de faire élever une statue équestre à Louis XV, et Tes* planade edtourée de fessés qiiif séparait alors les Champs-Elysées du jardin des rTuileries, Fui ayant paru un lieu convenable pour l'édification de ce monument , elle chargea Gabriel, architecte du;Roi, de lui faire des dès^as pour rendre, cet emplacement digne de recevoir la statue du monarque. Ce projet fut soumis à l'agrément du Roi, qui permit son exécution par des lettrés patentes du ,2.1 juillet 1757, et fit don du terrain. Cependant, dès le 22 avril 1754, la première pierre du monument à Louis XV avait été posée.

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ainsi que le prouvent les médailles trouvée3 le i4 juillet 1800, lorsqu'on posa les fondations d'une colonne départementale^ dont nous parlerons, à la place qu'il avait occupée (i).

Commencée en 1763, la place Louis XV ne fut achevée qu'en 177a. Elle a laS toises de long sur 87 de large entre les constructions intérieures , et forme 4in octogone, dont les pans-coupés, de aa toises de long, sont terminés à leurs extrémités par des guérites ou gros socles ornés de frontons , et aurmontés d'un acrotère destiné à recevoir des statues qui n'ont point été exécutées. Deux de ces pans-coupés, du côté des Gfaamps-Élysées, sont ouverts diagônalement par deux routes ; du même côté sont aussi quatre pavillons, dé- <;orés de bossages à l'usage des fontainiers, gardes et portiers des Gfaamps-Élysées et du Cours de la Bèine. Toute cette enceinte est formée de fossés de la toises de large sur i4 pieds de profondeur, solidement mutés, ornés de refends, et couronnés d'une balustrade de pierre. Ces fossés communiquent entre eux par des ponts de pierre avec archivolte , et le long des balustrades règne un trottoir élevé de quelques marches.

: C'est au centre de cette vaste place que fut élevée là statue de Louis XV. Elle avait i4 pieds de propor--

(1) Les objets trouvés daos les anciennes fondations étaient une médaille d^or et six d'argent, à la date dé 1754) plus une plaque de cuivre, sur laquelle étaient gravés les noms du prév6t-desmarehaiids et des autres officiers du corps de vi!le.

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don, et fut fondue d'un seul jet, en l'jGo^ sur le modèle exécuté par E. Bouchardon. Le monarque y était représenté à cheval, en costume romain et couronné de lauriers. Cette figure ne manquait pas d'élégance, mais on y trouvait peu de style, et sur-tout de ce caractère héroïque qui fait le principal mérite de« monuments de ce genre. Bouchardon, qui avait travaillé douze ans à cette statue, qu'il regardait comme son chef-d'œuvre , n'eut pas la satisfaction de la voir en place. Il mourut en 176 1, et sa statue ne fut exposée qu'en l 'jG'i, Aux quatre angles du piédestal étaient placées quatre figures en bronze, par Pigale^ repré-; sentant la Force, la Paix, la Prudence, et la Justice^^ Du côté du jardin des Tuileries et des Champs^Ély-' sées, des tables de marbre, chargées d'inscriptions ^ ornaient les faces du piédestal. Sur les deux autres faces étaient deux bas-reliefs de 9 pieds et demi de long sur 5 pieds de hautj l'un représentait le Soi dans un quadrige , couronné par la Victoire et cout duit parla Renommée;, l'autre, le même prince assis sur un trophée et donnant la paix à ses peuples. Sut: le socle étaient placés deux grands trophées, égstle-, ment jetés en bronze. Une magnifique balustrade de marbre blanc entourait ce monument.

Sur le côté de la place qui fait face à la rivière ^ sont construits deux grands corps de bâtiment, cha-> cun de 48 toises de face, séparés par une rue de i5^ toises de largeur, appelée rue Royale, et terminés par la rue Saint-Florentin et celle des Champs-Elysées. Leurs façades sont richement décorées, d'une ordoa-

nance d*arcliitecture corinthienne de onze entrecolonnements formant galerie en avant du mur de face , aux extrémités de laquelle sont deux pavillons saillants couronnés de frontons et d'une balustrade : cet ordre est élevé sur un soubassement de onze arcades formant également, aurez-de-chaussée, une galerie qui se prolonge derrière les pavillons. Ces pavillons sont ornés de niches, médaillons, de consoles, et de trophées d'armes. Les tympans des frontons sont sculptés en bas* relief; le soubassement est enrichi de tables de refend. Crabriel, architecte du Roi, avait donné les dessins de cet édifice, qui fut exécuté sous la conduite particulière de Potain, également architecte du Roi.

Gomme nous l'avons dit, l'objet principal de ces deux monuments avait été de terminer ce coté de la place par une ardritecture pittoresque et somptueuse. Oti'voit évidemment, dans la disposition des colonnades qui en occupent la partie supérieure, que l'architecte a eu Tintentitm de rivaliser avec celles que Perrault a élevws à l'entrée du Louvre. Mais tous les eonnaisseuri conviennent que l'avantage est resté à ce dernier. En Toulant éviter ce qu'on a quelquefois appelé un défaut dans l'ouvrage de Perrault, c'est-àdire l'accouplement des colonnes, M, Gabriel a fait voir qu^ily adans l'architecture un beau relatif, indépei^dant de toutes règles, que ce qui est défaut selon celles-ci , peut produire des beautés supérieures à ce genre de mérite, qui ne résulte qUe de l'absence des défauts. Au reste, l'exemple des colonnades de Gabriel serait peut-être mal choisi pour décider la ques-

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tion de raccouplement, dans tune-compositioti du

' genre de celles dont il s'agit^ et où'Ies colonnes intses^ ;si Ton peut dii:e^ en spectacle , et destinées à être vues d'un, point fise^ne produisent pas le. mauvais effet

.. qui résulte de la gémiiiation des supports , lorsque leurs points. de vue sont très^variables. M. Gabriel aurait peut-être, réussi à faire condamner Perrault^ Vil eût donné à' ses ordonnances plus de gravité , moins de maigreur aux colonnes , moins de .largeur aux entrecolonnementS) plus de caractère aux profik «t aux objets de décoration ^ et s'il eût fait choix d'un plus brareux soubassement.. Du reste , cette arobitec^ -rture.a de Téclaty de la magnificence^, et offre, le. riche

.. point de vue qu'on s'était proposé.

• Le corps de bâtiment le plus près des Tuileries était employé au garde'-meuble de la couronne, et renfermait une immense quantité d'objets précieux. Il est maintenant occupé par le ministre de la marine et des colonies.

. Après la destruction de la statué de Louis XV, en .1792 , on plaça sur les nfines du piédestal une figure assise, qui, sous le rapport de l'art, ne manquait pas tle mérite. Elle fut anéantie dès (^ue cessa Teffervescence révolutionnaire qui l'avait fait naître. Depuis la déplorable journée du 21 janvier 1793 jusque vers 1600 la place Louis XV fut appelée de la RéifoUktion,

^t ensuite de /a Coracor^^ En i8i4f âUe a repris son

^premier nom.

Le i4 juillet 1800, à la place delà statue, fut posée la première pierre d'une colonne nationale à la gloire

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des armées françaises , en éxecution d'un arrêté du aie mars de la même année qui ordonnait que la première pierre d*un semblable monument serait posée, le même jour et au même instant, dans chaque département. Mais, afin de mieux juçer de l'efiét que produirait ce monument^ on eut le bon esprit d*en conatruire^ sur remplacement même qu'il deroit occuper, le modela en charpente, recouverte en toile et en t»rton., de 167 pieds d'élévation) cet essai suffit pour faire renoncer à rexécution* Pourquoi , lorsqu'il est question de bâtir des édifices qui doivent faire époque dans Tbistoiré de l'Art, n'imiteroit«on pas un pareil exemple? Que de temps on gagnerait, que de changements dispendieux <m éviterait! Tous les don* tes seraient levés, toutes les incertitudes et toutes les contrariétés prévenues, et l'artiste aurait au moins eet avantage inappréciable de recueillir l'c^inion. pu« blique et de pouvoir sur^tout se juger lui->môme avant de léguer un grand ouvrage à la postérité*

Les médailles, les monnaies, les planches gravées^ qui ont été déposées dans lés fondations de cette co* lonne^ n'ont pas été enlevées avec le modèle; il n'est pas douteux que> lorsqu'on mettra à exécution l'or» donnanoe du Boî du 10 janvier £8t6, qui ordonne la réédification de la statue équestre de Louis XV, oh supprimera ces faux témoignages de Tetistence d'un monument qui a^a point eu son exécution. ^

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