‹ Description de Paris et de ses édifices, Volume 1Chapitre 5 sur 72 · PONT LOUIS XVI · texte numérisé non relu

PONT LOUIS XVI

Les faubourgs S.->Oermaiii etS.-»Ht>iior<| qui 8ê mûu^ blèrent, sous le règ^e de Louif XV, d^une prodif^iUM ^antit^ d^bôtelfi et demaisoni n^gâifiques, ne com-^ muniquaient encore entre eux^ en 1786, que par un bac établi vis-è-vis let Iirralided, et par le Pont Boyal, lorsque Louis XVi ordonna la construction dti pont eDi, jHerre qui Ue aujourd'hui ces deux fau» bourgs du jc6té de la place Louis XV*

Dèsrattnée snivAute, 1 787, siËir lès 3o millions d'un emprunt destine anx embeUisseinents de Paris , un million aoo mille francs furent affoctés ao:it frais des premières constructions de C0 pont^ dont le total du devis s'élevait à s millions ftoo tnillo francs. Ce mo-i nument) commencé aussitôt/ fut terminé danâ Fes^ pace de trois années. ;On Tappela d'abord le Poni jCouis Xyi^ pareequ^il fut construit sous ce prince. Depuis 17^3 jusqu'à ce jour, il a porté successivement tous les noms qui furent donnés à là plsoe Louis XV . ' Le pont Louis XVI est composé de dnq ai^dhes^ qui diminuent progressivement de grandeur; Tarcbe du milieu a g6 pieds d^oûv^rtûre; les deux qui lui sont collatérales^ %j pieds, et les deux qui toucbsnt aux culées^ 78 pieds«^

aS DESCBIPTION

Les vodtes sont faites en portion d^arc de cercle^ décrits avec des rayons , qui ont , pour les deiix arches près des culées , 129 pieds 9 pouces, la corde , 78pieds (longueur pareille à rouverture de ràrche), et la flèche 6 pieds ; pour les deux qui suivent 119 pied& 8 pouces 4 lignes, la flèche 8 pieds a pouces 3 lignes^ et pour celle du milieu 129 pieds 8 pouces 6 lignes^ la flèche, 9 pieds a poace& 6 lignes. Leiu*» naissances sont touces éiaUies de niveau à 18 pieds au-dessus de^ plus basses eaux , et pàrtesit du dessus d'un corps carré de 3 pouces placé sur les impostes»

Les piles qui s'élèvent en ligne droite D^ont que 9 pieds d'épaisseur^ et présentent à Tavant-bec conmie à Tarrière-hec des colonnes tronquées, engagées d'un quart de leur diamètre dans le corps des piles. EUea sont surmontées d'un chapiteau^ au-dessus est un court ;archkrave sur lequel règne la corniche dontr tout le pont est couronné.

Les parapets^ formas par des balustres, en tout senw blables à ceux de la place Louis XV, sont interrôm-^ pus au-dessus des piles et des culées par des socles carrés destinés à recevoir des statues*

On retrouve au pont Louis XVI ce caractère d'élégance ;et de légèreté que Perrônet a su donnera près* que tous ses ponts;, ceux de Mantes, de Melun, de Sainte-Maxence, où il a cherché à rendre les piles très légères et les arches les plus étendues et les pVus surbaissées possible, sont des modèles admirables.

Plusieurs ingénieurs de mérite avaient déjà tenté, mais sans succès, de repoduire chez nousdes ponts suc

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ce sy^éme^ Perronet fot le premier qui sut se rendre compte de la forée des pierres suivant leur qualité respective y et donner à ses culées une force suffisante pour résister à l'effrayante poussée de ces arcs surbàis^ ses. Une multitude d'expérience qu'il fit à ce sûjet^ ainsi que tous les détails de conjstruction des ponta qu'il construisit 9 ont été consignés dans son œuvre^ et servent aujourd'hui dé guide dans l'exécution' de semblables travaux. v

Il est incoùteetable qu'un pont ne peut être solido et durable lorsqu'on y multiplié , sans nécessité ^ le nombre:ou^ le volume des piles, parceque dans les temps d'inoâdation elles présentent un obstacle au courant du fleuve qui peut causer leur ruine» léserait cependant dangereux que la masse de ces piles ne fut pas assez forte pour opposer une résistance suffisante au poids dont elles sont continuellement pressées, et à l'accroissement dé pesanteur que la vitesse des eaux^ leur coAgellation ou leur crue subite apporté contre elles. .

La substitution des arcs surbaissés aux arcs en plein cintre est légalement une innovation heureuse, puis«« que l'eau acquérant ainsi, même dans les fortes crues, un passage toujours égal et aisé, opère alors ^ sur la masse totale du pont, une pression beaucoup moins grande» Néanmoins l'étendue des arches et leur courbure surbaissée, lorsqu'elles passant de certaines proportions^, présentent d'autres difficultés. Elles exigent un degré de densité dans les matériaux qti'il est difficile de rQDiQQAtrér dans be^ucoti]^, de pays ^ et une science el

3o DESCRIPTION

une prërision dans rexécution dont pen d*ouTmr§ sont (»pablés. Si la construction des fondations ou des culées cède à reffort de Timmense pression do ce poids suspendu au-dessus, si le mauvais choix de la pierre eu rend quelques parties attaquables à la geiëe^ enfin si quelques parties KDoins dures Tiennent a céder y il est difficile alors de porter remède à ce maly dont Taccélëration croit tellement que le seeoura devient presque impossible et Tonvrage est détruit* Dans le srystéme des anciens , dont le Pont-Neuf est une belle imitation , Tœil est moiiui étonné^ mais plaa satisfeit, et les réparationa que le temps doit rendre nécessaires sont bien plu^ faciles; la reprise d'une arche n'exige pas qu'on étaye toutes les autret aveo des dUlficultés presque égales à celles de la construc^ tion primitive*

Aujourd'hui que nous avons vu> par Texen^e des ponts modernes déjà cités, jusqu'où la hardiesse de$ constructeurs peut pousser l'accord d'une théorie et d'une pratique, fondée sur de savantt calcula, con« firmes par l'expérience , peut-être reconnattrons-neux qu'il est plus avantageux de construire dea archet d'une médiocre étendue et assez surélevées pour di^ minuer ta pesanteur de leurs voussoirs, sans offrir i laéanmoins une pente inaccessible aux voitures.

Ce n'est point par bétonnante largeur des archea que les Romains ont cherché à faire distinguer leurs ponts, puisque l'ouverture de ces arches n'excède point 20 à a$ mètres. Leur forme, toujours très simple^ a constamment été, soit ua demi*cercle en«

tiety soit ilàe portioii d'arc très étendue et Tenant s a{>puyer sur les piles ou sur la cnlée, dans lesquelles rimagination prolonge la courbure. Ces afrches sont supportées par des piles solides au moins du cin^ quièoièy souTont du quart de leur ouverture ^ et quelquefois plus. Un appareil y composé de forts blocs de la pieih:^ la [dus dure^ ou de marbre, leur assurent une solidité à Tépreuve de la lime du temps et de là fureur des eaux. Enfin une décoration màle^ puisée dans la nature du sujet, ajoute à ces constn»:tion8 une beauté de forme que les modernes ont trop sou** vent négligé.

Jusqu'alors dans la composition de Tensemble de nos ponts et dans le choix des membres d'architecture et des ornements de pure décoration que nous y avons admis , nous nous sommes écartés de ce caractère de fermeté et de beauté dont les anciens nous ont donné l'exemple, et nous sommes forcés de convenir que cette partie de l'art est moins, chez nous, le fruit de connaissances profondes que le résultat d'une rou*tiiie irréfléchie. Sous ce double rapport, le pont de Neuilly, par sa simplicité, nous semble préférable au pont Louis XYI, auquel on a peut-être prodigué trop de magnificence. Il convient de dire cependant, en faveur de ce dernier, que, lorsque sa décoration sera complétée par les quatre trophées et les douze statues colossales qui doivent être placés sur les piédestaux réservés à cet effet, il offrira un ensemble admirable ^ autant par sa beauté et sa richesse, que par la perfec* tion et la hardiesse de son exécution*

3i DESGRIPtlON

' Les statues pédestres qui doivent le dëcorer «eront en marbre et auront environ la pieds de proportion. Elles s'exécutent, en ce moment ; plusieurs même sont déjà terminées» Nous allons les nommer ainsi que les artiste» auxquels elles ont été confiées : Bayard, par M. Moutoni; Dugay Trouin, par M. Dupasquier; Turenne, par M. Gois fils ; Tourville, par M. Marin; Suger, par M. Stouf ; Duguesclin, par M. Bridan fils; Gondé, par M. David; le cardinal de Richelieu, par M. Ramey; Sully, par M. Espercieux; Ck>lbert, par M. Milhomme; Duquesne^ par M. Roguier; Suffren^ par M. Le Sueur.

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