‹ Description de Paris et de ses édifices, Volume 1Chapitre 51 sur 72 · BIBLIOTHÈQUES · texte numérisé non relu

BIBLIOTHÈQUES

Depuis long-temps on s'étonne que la Bibliothèque du Roi n'occupe pas un édifice convenable *, les précieuses collections qui la composent sont placées fort 4rétroit dans plusieurs bâtiments j dont la plus grande partie formait avant i^ai l'hôtel de la Banque; et plus anciennement Thôtel Mazarin. Nous indiquons aux curieux, les peintures de Bomanelli et autres aï*-' tistes qui ornent les plafonds des salles et de la galerie,. oit sont renfermés les manuscrits. Au milieu dé la cour est la Diane en bronze ; de Hoùdon. Eh rer

montant jusqu^à Charles V, premier fondatenr de cette Bibliothèque, on trouve qu'elle a souvent changé de local : les édifices employés à cette destination ont été, suivant un ordre rétrograde , un h&tel de la rue Vivienne, en face de Tarcade Golbert; une maisoa de la rue de la Harpe; le couvent desGordéliers; le collège de Glermont; les châteaux de Fontainebleau, de Blois, et primitivement la tour de la Librairie au Louvre. Pêut*étre sera-t-elle de nouveau reportée dans ce même palais, devenu depuis deux cents an» le sanctuaire des sciences et des arts.

De toutes les bibliothèques, celle de Sainte-Genevie9e est la plus régulièrement disposée; elle occupe tes parties supérieures du bâtiment conventuel, et forme une croix grecque, au centre de laquelle s'élève un dôme percé de huit croisées. Bestout le père , qui a peint cette coupole en 1780, y a représenté saint Augustin transporté dans les cieux. Entre les armoires on voit quantité de bustes d'hommes célèbres, et cette décoration produit le meilleur effet. Les livred de Tarchevéque de Reims, Le Tellier, légués par lui à la Bibliothèque de Sainte-Geneviève, en ont fait d'abord le premier fond : d'autres collections parti** culières ont ensuite augnienté ce dépôt, qui possède aujourd'hui de grandes richesses littéraires»

La Bibliothèque Mazarine renferme les livrei imprimés qui avaient appartenu au cardinal Mazarin, ipais non les njanuscrits, qu'on jugea convenable de réunir à ta Bibliothèque du Roi. Les livres qui ont échappé à l'incendie de la. Bibliothèque de Saint*

. DE PARIS. l^S

Germain des Prés font maintenant partie de la Mazarine, dans laquelle on compte près de cent mille Tolumes.

Les grandes collections du marquis de Paulmy et du duc de La Yallière forment le principal fond de la Bibliothèque de Monsieur^ placée dans les bâti« ments de rArsenal.

"La Bibliothèque de la Faille ^ transportée de lliôtel de Lamoignon dans une maison de la rue Saint- Antoine , renferme tous lés grands corps d'ouvrages qui peuvent être habituellement consultés^ mais elle n'a rien de rare et de curieux^

Lés écoles de Droit, de Médecine, des Mines, des Ponts et Chaussées, et généralement toutes les grandes institutions, possèdent des -bibliothèques, dont rentrée est facilement permise à ceux qui font des recherches.

Tout ce qui tient à l'étude dé l'histoire naturelle se trouve réuni au Jardin du Roi; mais la nombreuse collection de livres qu'on y voit est le moindre des trésors que renferme ce magnifique établissement *, de nombreux échantillons des diverses prodi;ctions de la nature y forment des suites rangées avec ordre dans plusieurs salles et galeries, et des plantes de tous les climats y végètent dans un vaste jardin ou dans des serres de toutes les températures. Tant; de richesses ont été accumulées avec une persévérance incroyable par plusieurs savants, à la tête desquels on place le médecin Jean de La Brosse, qui obtint de Louis XIII, en i635, rétablissement d'un jardin royal des plan«

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tes. Le cabinet d^histoire naturelle dot ses priticipâttuf^ accroissements à Buffon^ qui, pendant son inteni'^ dance, fit construire un bâtiment pour le renfelmen' ï)e nos jours, il a fallu agrandir cet édifice, et ces additions ont été faites avec intelligence par MM. Le-*' grand et Molinos. .L'ensemble se compose de deux étages de galeries , où parmi les productions de la' nature on voit avec plaisir deux ouvragés de Fart : une Vénus-Uranie, très beau morceau de M. Dupaty^' et une statue de Buffon, faite en 1.7847 par Pajou. Le jardin renferme plusieurs fabriques à ^lifférents usages, amphithéâtres, serres, ménagerie; mais de tous ces bâtiments, la plupart construits à la légère, nous ne remarquerons qu'une. belle orangerie,. par MM. Xiegrand et Molinos, et l'amphithéâtre ;où'^. font les cours d'histoire naturelle. Ce dernier édifice est un pavillon isolé, dont les masses ont beaucoup^ de jeu ; c'est Buffon qui l'a fait élever sur les dessins r de Verniquet: Torangerie présente une longue file d*arcades portées sur des colonnes, et l'effet ^néral • en est satisfaisant.

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