DES ÉDIFICES PARTICULIERS
iLij dëcrivant les églises , les palais et les monuments d'utilité.publique^ dans les trois premières parties de cet ouvrage, nous avons eu occasion de distinguer le^ époques auxquelles Tarchitecture a changé de style dans la construction de ces différents édifices. Ce changement n'est pas moins sensible dans ceux que nous allons examiner sous la dénomination d'hôtels ou de, maisons particulières.
Jusqu'à la fin du règne de Louis XIY, le genre grave et sévère de l'architecture , dont les Philibert de Lorme, les Bullant , les Ducerceau nous ont laissé des .modèles, a été généralement conservé par les Debrosse et les Mansard.
Sous le règne de Louis XV, le goût de l'architecture a dégénéré dans la décoration de la plupart des édifices particuliers bâtis par les architectes de ce temps. Mais la distribution intérieure , cette partie si essentielle des maisons d'habitation, a fait des pro- 2. a4
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grès qui se sont encore accrus sous le règne suivant.
D^habiles architectes , tels que MM. Brongniart, Ledoux, Bellanger, Cellerier, Heurtier, Lemoyne, Peyre, Damême, et autres , la plupart encore existants, ont élevé, dans les quartiers nouveaux, un nombre considérable de maisons ou hôtels, dont la <;omposition présente à-la-fois une décoration d*un goût neuf et varié, une distribution agréable et commode par la foime des pièces et par la facilité des communications adroitement ménagées.
Nous regrettons cependant de ne plus voir entrer dans la décoration des édifices privés ces chefs-d'œuvre de peinture et de sculpture qui ornaient d'une manière si convenable l'habitation du riche : ces or-^ nements ne sont remplacés aujourd'hui que par des parures frivoles et légères, soumises à l'empire de la mode, et aussi peu durables qu'elle.
Nous pourrions ajouter à ces observations un reproche beaucoup plus grave sur la construction de quelques uns de ces nouveaux hôtels dont la solidité et la durée ont été sacrifiées, soit à la jouissance d'un boudoir ou d'un dégagement, soit à la symétrie d'une décoration plus régulière, pour lesquelles on n'a pas craint d'introduii*e et de laisser subsister des porte-à-faux et autres vices de construction.
Nous avons dit que dans le dernier siècle l'art de la distribution s'est considérablement perfectionné; il s'est même tellement étendu , qu'on pourrait distinguer aujourd'hui trois Sortes de distributions, dont chacune est une branche de l'art, et constitue le ta-
lent particulier de certains architectes qui en ont fait leur étude spéciale.
L'espèce de distribution que nous plaçons au premier rang y parcequ^elle est la plus essentielle, et qu'elle s'est perfectionnée la première, est celle qui a pour objet l'arrangement^ Tordre successif des principales pièces qui composent les appartements de représentation , le choix de leur exposition et les lignes d'enfilades qui semblent les agraqdir et dont elle» s'embellissent; les couloirs, les escaliers de dégagement, et les pièces accessoires qui procurent à ceux qui les habitent une infinité de jouissances dont Tusage a fait autant de besoins.
Cette sorte de distribution est généralement portée dans les maisons les plus considérables comme dans lés plus simples, à un degré de supériorité et de recherche qui semble ne plus permettre d'accroissement.
La seconde espèce de distribution dont les architectes modernes se sont occupés, particulièrement dansies maisons d'une certaine importance, est celle des massés des bâtiments ; elle a pour objet l'effet pittoresque et séduisant de Tensemble , à Textérieur dés édifices; là combinaison des corps saillants ou rentrants , les formes circulaires ingénieusement mêlées aux lignes droites ; les péristyles, les terrasses^ les perrons , les différences de sol entre les appartements , les cours et les jardins ; enfin , l'art de mena-» ger, sans sortir des salons, des points de vue intéressants par la situation de ces pièces , et par la disposition des croisées, des cheminées et des glaces.
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La troisième espèce de distribution dont l'objet se lie naturellement au plan de cet ouvrage est celle des jardins.
En louant la beauté des parcs et des jardins plantés par Le Nôtre y et dont les plans, largement tracés, conservent toujours ce caractère de noblesse qu'on est forcé d'admirer , nous dirons néanmoins que si les jardins de Versailles et des Tuileries sont ce qu'il y a de plus parfait pour des promenades publiques ou pour accompagner le palais d'un souverain, les jardins modernes , quoique moins vastes et moins réguliers, sont dessinés d'une manière plus convenable et plus analogue aux besoins et aux goûts d'un particulier j quels que soient sa fortune et son rang.
Ces jardins, d'un aspect pittoresque et d'un genre nouveau, semblent offrir dans un même espace plus d'étendue, plus de variété, de fraîcheur et de solitude que les carrés d'un parterre, bordés de platebandes, et séparées par des allées droites et symétriques. L'inégalité du terrain, loin d'être un obstacle qu'il faut aplanir, devient au contraire une source de moyens heureux pour faciliter le jeu et la conduite des eaux, et varier les plans et les points de vue.
Janéù^ *r^.*
Plan et Japa^ de ÏHotel de Saolxifle .