‹ Description de Paris et de ses édifices, Volume 1Chapitre 57 sur 72 · HOTEL DE CARNAVALET · texte numérisé non relu

HOTEL DE CARNAVALET

(Rue Gultcii:e Sainte-Catherine.)

Li^HôTEL de Carnavalet est un des plus curieux monuments du seizième siècle , mais l'on n'en parle plus guère, parcequ'il â aujourd'hui peu d'importance, et que le quartier où it est situé n'est plus recherché. Cet édifice n*est' considéré que comme une maison particulière : il a pourtant conservé son nom et une partie de son ancienne réputation -y mais il doit cet avantage aux sculptures dont Jean Goujoo l'a décoré, beaucoup plus qu'à la beauté de son architecture , quoiqu'il ait été bâti par trois artistes célèbres; il fut commencé par BuUant, achevé par Ducerceau , et restauré par François Mansard.

L'hôtel de Carnavalet a encore un droit à notre souvenir : il a été la demeure de madame de Sévigné et de la comtesse de Grignan, sa fille.

Le bâtiment sur la rue est élevé d'un seul étage au-dessus du rez-de-chaussée. Il a cinq croisées de face, et présente, aux extrémités, deux pavillons en avant-corps couronnés de frontons. Le rez-dc'-chaussée, orné de refends vermiculés, fait le soubassement d'un ordre de pilastres ioniques accouplés, qui décore le premier, étage. La porte est en plate-bande dans 2. aS

IQ^ DESCRIPTION

une nicbe cintrée et surmontée d'une corniche en forme de fronton. On voit sous le cintre un écussou entouré d'ornements ; sur la def de Tare une petite figiire, et aux deux côtés de la porte un lion et ua léopard. Au-dessus de la corniche du soubassement ^ sur deux trumeaux du premier étage y sont représentées deux figures allégoriques y la Force et la Vigilance. Ces sculptures représentées en bas-relièf sont dues au ciseau de Jean Goujon j c'est dire que ce sont deux chefs-d^œuvre y et François Mansard les a con-^ servées soigneusement dans, la restauration qu'il- a faite de la façade de cet hôtel.

Au pourtour de la cour, sur les trumeaux de»

faces du premier étage , on voit encore douze grande» figures en bas-relief; celles du fond, représentant les quatre Saisons, se font remarquer par la beauté du dessin et par la grâce d'exécution qui distinguent tous les ouvrages de ce eélèbre artiste. Les huit autres sont inférieures et ne sont pas reconnues pour être de la même main.

DE PARIS. ig5

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