HOTEL LAMBERT
(Ile Saint-Louis.)
* J^'iLE Saint-Louis, que bous Toyons aujourd'hui (-^ régulièrement bâtie et bordée de quais magnifiques , ' s'appelait originairement rile-aux-Vacbes : on lui avait donné ce nom pour la distinguer de Tlle-Notre- Dame dont elle formait une dépendance.
Henri IV avait eu le projet d'y faire eonstruire des maisons, mais ce projet n'eut son exécution que sous Louis XDL Le^ sieurs Marie, Leregratier et PouUetier, dont deux ont donné leurs noms à deux rues de ce quartier, s'engagèrent, en i6i4> à joindre les deux iles- par un pont et à y bâtir des maisons et des quais. Mais, leurs travaux n'allant pas assez vite au gré dés particuliers qui faisaient les fonds de l'entreprise, ceux-ci obtinrent d'être subrogés aux droits despre^miers entrepreneurs, d'achever aux mêmes conditions les ouvrages commencés, et de mettre fin aux con^ structions daçs l'espace de trois ans; ce qui fut exécuté. Ainsi toutes les maisons de llle ont été bâties à-peu-près à ta même époque, vers le milieu du dixseptième, siècle. :
Parmi tous ce», éibfices., qui se ressemblent assez
îg6 DESCRIPTION
généralement , quelques hôtels méritent d'être cités , m^isVhàtéi Lambert, étant cétui qui renfertué le plus d'objets curieux sous le rapport des arts, sera le seul dont nous donnerons ici le dessin et la description.
Il est situé à l'extrémité orientale de la rue Saint- Louis, qui partage Vile dans toute sa longueur.
L'entrée de l'hôtel sur la rue porte un ^rand caractère. La coUr, un peu petite, est entourée de bâtiments et décorée d'un ordre dorique. Le bâtiment du fond a de plus un second ordre ionique.
Un grand escalier à deux rampes se voit de la cour entre les coloniiies qui formeiK le vestibule ^ il est d'une belle forme et dans le style du temps , mais il a de la magnificence^ et sa disposition pittoresque est singutièremeat remarquable. Le bâtiment en aite, à droite de la; cour^ a son autre face sur une espèce de jardin , ou plutôt sur une terrasse de plain pied au premier étage. Elle ^ontie sur le qiiai d'Anjou, et procure à ce bâtiment et à un autre en retour ujae vue charmante qui s'étend sur la Seine et sur les ports qui sont à l'autre rive, sur llle Louvicrs, l'ancien Arsenal , le quai et le pont du Jarditi du Roi, et beaucoup plus loin encore.
Les deux faces de bâtiment sur cette terrasse sont décorées d'un grand ordre de pilastres ioniques, couronné d'un petit atcique sur lequel sont posés des vase» -de pierre.
L'h6tel. Lambert , bâti par Loni» Le Veau , premier architecte du Roi, a été décoré à l'intérieur par plusieurs peintres célèbres. Dans tine desiprenfiéres saille»
DE PJ^RIS. Ï97
4}n Yok de grands tableaux , entre autres un de.Jac* ques Bassaa, représentant renlèvement des SabineS^ Le cabinet ensuite est orné de paysages peints sur les panneaux des lambris par Patel et d'Hermans. Cinq autres tableaux représentent Thistoire d'Énée par ' BomaDelli ; le sujet du plafonâ est la naissance de TAmour 5 il est de la main de Le Suent. Au deuxième jétage on vok une autre galerie ricfaemem décorée* La porte d'entrée est accompagnée de deux colonnes dorées. Le plafond, peint par Lç Brun, ^représentô les travaux d'Hercule, et est enrichi d'un grand nom^ bre d'ornemeuts. Sur les trumeaux, entre les croisées « sont des paysages peints par différents maîtres^ des bas-reliefs, des bronzes^ et des dorures, fort bien exécutés. .
On passe .ensuite dans une autre grande pièce dont toutes. les peintures sont.de Le Suenr ; û a représenté, dans le plafond, Phaéton priant son père de le laisser conduire son char; il. y avait peint £|»ssi les Muses .en cinq tableaux^ dont l'un représente Melpômène «vee Érato et Polymnie, et l'autre, Çlio, Tbalie, et Ettterpe; Cranie, Galliope, et Therpsicore, font' le sujet des trois autres tableaux, qui sont de forme ovale. Ces peimtire», exéctitéét sur )iois, ont été enlevées atec beaaeoup d'adresse et reportée» sur toil^ ; ell^s sont actuellement au Musée BoyaL Tous les tableaux d'un cabinet où le même artiste avait représenté l'his^ toire de l'Amour ont été également remi« sur toile ; on lés voit au musée de Versailles ; ils décoraient une pièce du re^de-chaussée, appelée le Cabinet de l'A-^
198 DESCRITTroU
moor ! Le Sueur avait peint au plafond cinq snjetv^ de rhistoire de ce dieu : sa naissance ; Vénus qui le présente à Jupiter ; T Amour qui>^ pour éviter la colère de sa mère , se réfugie entre les bras de Cérès ; T Amour assis sur un nuage et recevant les hommages^ des Dieux ; le même ordminant à Mercui^ d^annoncer son pouvoir à Tunivers. Deux autres tableaux ; Tun, au-dessus de la cheminée,. représentait T Amour qui, après avoir désarmé Jupiter, descend pour embraser le monde; l'autre, au-dessus de la porte, avait pour sujet Tenlèvement de Ganymède.
Dans la salle des bains, au deuxième étage , Le Sueur a représenté, dans les angles du plafond, les divine tés de là mer et des eaux, accompagnées d'enfants qui jouent avec des branches de corail. On y voit quatre bas -reliefs feints de sculpture, savoir : le triomphe de Neptune, celui d'Amphitrile , la fable d'Actéon , et celle de Galisto.
D'après ce qu'on vient de lire des beautés de la nar ture et de l'art qui rendent cette habitation si agréable, pourrait-on se persuader qu'elle soit maintenant vacante et délaissée dans un état voisin de la dégradation? L'hôtel Fénélon et l'hôtel Bretonvilliers, qui sont dans le même quartier, jouissent des mêmes avantages et sont dans le même état ; cependant aucune habitation de la Chaussée-d'Antin ou des boulevarts Italiens n'est. peut-être comparable. à l'un de ces trois hôtels.
Tcm^U n 46
Elévation cLr l'&otel Davaiut, cote <Le la Cour .
£lrratiaxiL Ae XHoteL Dovwxx, côté ^ax 3tct^àaa. .
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Xaru&n, Jèrêoi?
Plan aé l'Hôtel DavaTix,»xie S^j4y^myGoOgIe