HOTEL D'AVAUX
(Rue Saint* Aroye.)
CjET ancien hôtel a été bâti par Le Muet pour M. de MesmeSy comte id*Âvaux. Il a été vendu depuis à M. de Beauvilliers, duc de Saint-Âignan. L'hôtel était CORDU assez indistinctement sous ces différents noms, mais on lit sur la porte : Hôtel de SaintrÂignan. M. de Bernage, prévôt. des marchands, Ta liabité pendant plusieurs années. C'est aujourd'hui le chef-lieu de la mairie du septième arrondissement municipal.
Là porte d^entrëe sur la rue est en plate-bande ornée d'un large chambranle, d'une corniche et d'un-' fronton, et renfoncée dans une arcade; une niche carrée renferme le tout.
La cour est un carré long ^ elle est décorée sur les quatre faces d'un ordre de pilastres corinthiens élevé sur un simple socle. Il embrasse le rez-de-chaussée et le premier étage, et est couronné d'une balustrade. La porte d'entrée et la cour sont d'un grand effet; l'architecture en est pure et correcte, et ses belles proportions lui donnent un caractère noble et imposant.
Le corps-de-logift du fond, entre la cour et le jar-
aoO DESCRIPTION
din, est simple en profondeur, le vestibule est décoré d'une ordonnance de pilastres ioniques et de huit niches sans figures.
Le grand escalier à gauche est tout en pierre ainsi que la rampe qui est en balustres carrés. Il est terminé par une coupole au bas de laquelle est une espèce de tribune ou galerie avec balustrade. La face sur le jardin présente plusieurs petits avant-corps que la distribution et la forme irrégulière du terrain ont peut-être nécessités. Toutes les croisées, même celles des mansardes, sont ornées de chambranles et de frontotis. Cette décoration et»t très simple et n'a pas un aussi beau caractère que celle de la cour ; mais alors, dans lés hàbiutions particuUères, on affectait de porter la richesse sur les parties qui étaient le plus exposées aux regards du public.
Il y avait autrefois dans cet hôtel quelques bons tableaux dont aucun n'est resté. L'établissement des différentes administrations qui l'oécopent aujourd'hui y a occasioné des changements considérables. On a construit sur les faces mêmes de la cour et du jardin deis ateUers et autres petits corps de bâtiments, sans respect pour l'architecture de cet édifice. Les plus belles pièces ont été coupées par des plaDchers et par des cloisons, et l'on y fait actuellement plusieurs autres constructions de cette espèce.
Le jardin a de la grandeur; il est orné de gazons et de plantations nouvelles d'un genre pittoresque.
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ttOTEL THÉLtJSSON,
. (Rue de Provence.):
Lorsqu'un parcourt le côté septentrional de Paris^ il est impossible de ne pas remarquer cette maison , l'une des plus riches et des plus agréables que i'oii puisse citer. Chacun applaudit aujourd'hui au goût de Tarchitecte qui la bâtit| il y a environ trente ansp et pourtant on peut se rappeler les clameurs du vulgaire à l'époque de sa construction. Si jamais un édifice présenta au-dehors un aspect enchanteur, o'est assurément la façade de cette maison , vue au travers de Tare qui forme un cadre mâle et ferme à son élégante architecture. Placée à l'extrémité d'une l>elle rue qu'elle termine par sa décoration pittoresque et théâtrale^ elle embellit encore le brillant quartier de la rue de Provence, et l'architecte qui Ta fait cono struire lui doit une grande partie de sa réputation.
Cette maison a été bâtie pour madame Thélusson^ en i*j9of sur les dessins de Le Doux. Un parallélogramme de, 44 toisçs de longueur , entre la rue de Provence et la rue des Victoires, sur a4 toises et demie de largeur entre deux murs mitoyens, compose l'ensemble de ce grand hôtel, qui se trouve situé au si. à6
^Oa DESCRttTlON
milieu d'un jardin. Son entrée principale est sur la rue de Provence, par une grande arcade de 5 toises d'ouverture, et dont la masse ^ de lo toises de longueur Mt s de iiautetit-, lest orûiée de refends, de bossages, et couronnée d'un entablement dorique.
Cette belle arcade a un double avantage. Du dehors elle laisse voir la décoration intéressante de la façade du bâtiment et de l'intérieur du salon, par-dessus le jardin, toute la longueur de la rue Cérutty, jusqu'au fcoUlevài't ) 'èe )plm idte procure une entrée facile aux Vôittrre* tjeii, passant d'abord sur ^eùx chaussées éta- Miès atùc detrx côtés dé la partie basse du joitdm , ettôÉite ^us fc bkimeirt même, se i^ndent à couvert tiîï pied d\ln grand escalier, et de là dam mie (jurande cottr destinée aux remises et aux écuries 3 céttte cour a tme sortie suf la rue des Victoires.
Le èorps "âe bâtiment, qui ne forme qu'une feeùic lîiasse, ^tk ttfilicu de laquelte eét une coOr, renferme un gfâ'nd nonlbte de pfeces, soit pour la représentetioti , soit pour te logement, et toutes les dépendances dt^e^ige un^ iliaisôn anssi cotisidérable. Le pretnier ëtage seul offine, à la suite d^un large et magnifique escalier, deux vastes antichatnbries , deux beaux sa-' lonà, une salle de coWcett, une bibliothèque, une ga* lerie,twïe grande «aile à manger, plusieurstAatobnesy des cabinets de travail, une sfallè de bâin^, etc.
On ne trouve pas ici cette distributton ordinaire des gt-andes masses telles qu'tm la voit dans les babi^ tations où la cour précède te bâtiment ensuite duquel est le jardlti : la profondeur du terrain ne te piermet-
DE PARIS. ^q3l
tait p^ y mais ou y Toit, ccwniQ da^QS taut^ I^^ pro-^ ductioDS de Le Doux^ des idées lif^^ie^^ea,^ 9^V^V^9 et UJ3 gaut pi^or^sq^e et çlégmn^ U â^ i^lé aoja b^tijpeo^ pçur lui çojwdi^vçr d^ pura sur toi|te?,le«.f9C^, et ne former qu ud^ ¥^vik coi^*. U s^ pqrcé Tesç^Ue^, les a^ûch^DAhipes ^t lef pièces pe^ i^ippr^ax^^ vers (ç fond, pour ramet^er Va|)|>arteipeut prU^^ip^l c|i) c6i,4 de l'entrée où se trouye une tr^^ b^H^ v^e o^^ç^géç avec beaucoup d'art.
On sort des appartements sur une terrasse ornée de statues y d'orangers et de fleurs. Deux rampes d'escalier en pierre descendent au jardin. Une masse de rochers présente l'entrée d'une grotte pratiquée audessous du salon et supporte les huit colonùes corin* thiennes dont l'avant-corps du milieu est décoré.
Le surplus du terrain autour du bâtiment est planté d'arbres et d'arbustes dont les masses sont divisées par des sentiers sinueux et en pente douce. Ils conduisent des différentes parties du jardin h la porte de sortie sur la rue des Victoires.
Cette heureuse distribution, dans l'ensemble comme dans les détails, s'accorde parfaitement avec la décoration extérieure qui est aussi agréable que régulière.
Les pièces principales sont décorées avec beaucoup de richesse et de goût. Les ordonnances d'architecture, les plafonds ornés de peintures, les arabesques, les glaces, tout y concourt à en faire une habitation délicieuse, dont la description exigerait un trop long détail pour les bornes de cet ouvrage. Les plafonds du salon de compagnie , de celui de musique , de la
•îo4 DESCRIPTION
salle à manger y et de la chambre à coucher , ont été peints par M. Gallet.
S*il était d*u8age en France de montrer son logis par ostentation, cet hàtel serait digne de toute la curiosité des étrangers. Depuis que madame Thélusson a cessé d'habiter ce petit palais , il a été occupé par différentes personnes : M. l'ambassadeur de Rus« siie en fait aujourd'hui 3a demeure.