‹ Description de quelques peintures antiques qui existent au cabinet du Royal Musee Bourbon de Portici; du chanoine André de IorioChapitre 6 sur 20 · CCCCIX. : v · texte numérisé non relu

CCCCIX. : v

Vénus , Pallas et Juuon.

Herculanum ij44 (*)•

On ne saurait décrire d’une manière plu»

ingénieuse et plus élégante , le sujet que nou» offre cette peinture, dont les Académiciens Erculanesi nous ont fait la description, avec une irrésolution aussi savante que modeste. Voici comme ils s’expriment : « Junon et Minerve » considérant la difficulté de l’entreprise dont » s’était chargé le jeune héros , d’aller faire dans » la Colchide, la conquête de la toison d’or , » résolurent de lui fournir les moyen» d’en » assurer le succès.

y> Junon proposa donc à PallaS d’engager » Vénus de solliciter l’Amour pour rendre » Médée amoureuse de Jason. Cette mesure lui >> parut la plus victorieuse pour sauver ce héros » des périls de l’entreprise. Pallas approuvant » ce conseil , elles convinrent d’aller ensemble » trouver la mère de 1 Amour } mais dans le

(a) Vol. II , pag. G7.

» même temps , s'excusant sur son peu d’expé- » rience dans les intrigues amoureuses , Pal las » fit sentir à Juuon qu’elle seule devait parler » à Vénus et la persuader.

» Ici commence l’entrevue.

» Junon explique d’abord le motif de leur » visite.

», Vénus t après leur avoir manifeste ses » plaintes sur la désobéissance de son fils , » leur promet enfin de s’employer pour le » jeune héros. Cela dit, Junon et Minerve se » retirent. »

Voyons maintenant si les idées du poète Apollonius Rodio ( dont se sont servi les Académiciens ) ont été suivies fidèlement par le peintre.

»■ La femme demi- nue, tenant dans ses mains scs cheveux en désordre, est Vénus qui, pour honorer ses illustres compagnes, les place sur des sièges plus élevés que celui où on la voit assise elle-même, et les pieds reposant sur des banquettes.

La Déesse assise vis-à-vis , et modestement vêtue, est Minerve qui paraît rougir de se trouver employée dans une intrigue amoureuse.

Celle qu’on voit debout C6t Junon. On la reconnaît à son air de matrone , à sa taille et

à son vêtement: comme elle doit parler avec beaucoup d’adresse et d’éloquence , elle est représentée debout ; et l’on peut dire encore que le peintre a rendu, d’une manière partir culicre, l’action décrite par le poète qui, après cette conversation , lait lever Junon avant Minerve.

CDXX1I et CDXXIII.

Funambules.

Pompei (a).

Les douze Funambules qu’on voit ici représentés, tenant en main des instrumens bachiques, sont exécutés avec toute la grâce , toute la franchise et toute la hardiesse imaginables.

Un d’entr’eux danse les mains jointes , pour prouver l’excellence de son adresse et de sa supériorité à danser seul sur la corde , sans contre-poids dans les mains.

Ces Funambules représentent des faunéfc à longues queues. On ne saurait trop admirer la

(a) Vol. III , pag. >57 à i65.

diversité des couleurs dont ils parsemaient leurs corps. Les anciens étaient dans l'usage de colorier leurs membres d’azur et de plusieurs autres teintes différentes, comme cela se voit encore parmi nous chez le bas peuple qui , dans le temps de carnaval , se peint le visage , les bras et les jambes.

CDLXV.

Trône de Mars et de Vénus.

Herculanum 3/ Août (»)■■

Le casque que l’on voit sur le coussin du trône, indique assez que c’est celui de Mars. Le bouclier et les autres attributs qu’on y remarque, prouvent encore que tous ces emblèmes appartiennent au Dieu de la guerre.

La Colombe qui se pose légèrement sur le coussin du trône, indique que l’artiste a voulureprésenter celui de Vénus.

Le feston , qui semble de myrthe , soutenu par

(-) Vol. I, i>ng. lii.

un génie, et le sceptre que l’on voit dans les mains de l’autre, sont des symlxdes qui conviennent à cette Déesse.

CDLXVI à CDLXX.

Les Amusements cTEnfants.

Pompeï 7 Septembre (a).

Plusieurs de ces tableaux représentent des groupes d’enfants. L’heureux succès avec lequel le peintre a su les exécuter , soit qu’il ait voulu dépeindre les exercices auxquels les enfants se livraient par éducation , soit qu’il ait cherché à représenter le Génie qui préside aux occupations auxquelles on les voit appliqués; tout contribue à démontrer le fécond et capricieux talent de l’artiste. L’on voit qu’à cette époque les jeux qui faisaient la récréation des enfants, étaient les mêmes que ceux dont ils font encore usage dans presque tous les pays.

(a) Vol. III, png.

DXLIV et DL.

Génies Bachiques.

Pompëi 1749 (»)•

Le naturel et la simplicité avec laquelle sont représentés plusieurs enfants dans diverses positions , forment le mérite de ces peintures. Quant à l’interprétation des symboles qu’ils ont en mains, il est difficile de reconnaître s’ils sont allégoriques h quelques cérémonies de Bacchus, ou à quelques banquets.

DLXV.

Endymion.

Hcrculanum ( 1 j).

Quel talent, quelle simplicité n’admire-t-on pas dans celte composition ! On n’a qu’à se rap-

(a) Vol. III , P»g. 167. Ce tableau, ainsi que celui désigné sou* le u.° CDLXVI , fut extrait des fouilles de Pompeï dans la mime chambre et *n même temps que ceux des danseurs de corde et des danseuses.

(b) Vol. III, pag. i 3 .

peler Je la fable, pour reconnaître l’astre lunaire dans la femme qui , guidée par l’amour , s’approche avec surprise du jeune garçon qui sommeille. La position du jeune Endymion démontre le gé^nie de l’artiste qui a su réunir l’expression à l’esprit de la fable.

DLXXXIV.

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