‹ Description de Rome (volume 2)Chapitre 84 sur 129 · CIRQUE DE CARACALLA · texte numérisé non relu

CIRQUE DE CARACALLA

Ce Cirque est suffisamment conservé pour que l’on puisse se lormer une idée de ces sortes d’édifices , et pour connaître sa forme et les parties dont il était composé. On l’a appelle Cirque de Caracalla a cause de queloue ressemblance qu’il a avec celui que l’on voit sur les médaillés de cet Empereur , et parce que la forme dans laquelle il est construit , semtle appartenir à cette époque .

Ce Cirque consistait en un espace carré-long de 1,492 pieds sur 238 de large : il était cii2 culaire à l’une des extrémités, et presque droit de l’autre : il était entouré sur trois côtés par un portique qui avait t4 pieds de large , formé de deux murs de 4 pieds d’épaisseur chacun y et couvert d’une voûte rampante en forme d’un quart de cercle . Cette voûte soutenait dix rangs de gradins qui faisaient le tour du cirque, et qui pouvaient contenir 30,000 spectateurs . On entrait dans ce portique par plusieurs portes ouvertes dans ie mur extérieur, où étaient aussi plusieurs fciiè-

très De ce portique , on montait aux gradins’, ou sièges ,par autant d’escaliers qu’il y avait de portes . Ces escaliers étaient ingénieusement formés dans le mur antérieur sur lequel appuyait la balustrade . On doit faire observer que la voûte , dans sa plus forte épaisseur, était construite de vases d’argillé, vuides qui la rendaient plus légère . Les portiques et les murailles extérieures étaient interrompus vers la partie sémicirculaire , oit le terrein formait , à l’extérieur une hauteur , de sorte que de ce même endroit , au lieu de monter , on descendait sur les gradins , quoiqu’ils fussent tous au même niveau .

Douze Carceres , ou barrières , et une po^ te dans le milieu , fermaient le quatrième côté du Cirque ; chacune de ces barrières formait un vuide carré d’environ i J pieds , séparé par des murs de 3 pieds 3 pouces de grosseur . Elles étaient entièrement ouvertes à la partie postérieure du Cirque , et fermées sur le devant par une grille , lorsque le rhar attendait , dans le vuide , le moment du départ pour la course . La porte du milieu était à l’usage de ceux qui servaient les barrières . Ce côté finissait par deux tours placées à ses extrémités ; et de ces mêmes tours , il prenait le nom d’Oppidum • 11 n’y avait point de siîges pour le public dzasVOppidum parce qu’il était réservé aux magistrats , et à tous ceux qui pouvaient avoir des rapports avec la direction des jeux et avec les factions ou ligues des cochers .

Deux portes latérales, ouvertes ï droite et à gauche près des tours, ayant chacune i8 pieds 6 pouces de large , terminaient les côtés du cirque ; li pompe entrait par la porte à droite, et sortait par celle qui était a gauche . Une autre porte, plus grande que toutes les autres, était dans le milieu du demi-cercle ; c’ était par cette ouverture que sortait le char victorieux . Les peintures , les marbres qui la décoraient , démontrent qu*'elle était la porte triomphale ; elle correspondait à la vois latine • Il y avait en ligne directe avec les seconds Metœ^ ou buts , une cinquième porte plus petite , ouverte dans le côté droit, sous les gradins . Elle servait pour sortir du Cirque les cadavres de ceux qui y étaient tués , et pour cette raison elle s’appellait Lihitina^ et sanda-^ pilaria^ dç la bière qu’on nommait Sandapila .

Un soubassement qu’ on appellait Spina , placé à 5128 pieds de distance de VOppidum , finissait à 172 pieds de la porte triomphale ; cette spina n’était point dans le milieu ; mais elle laissait a droite un espace plus grand de 33 pieds 5 que de l’autre côté , pour fournir aux chars une entrée plus spacieuse dans cet endroit qu’on appellait h linea d’oh il était permis aux chars de commencer à agir afin de se mettre en possession des premiers termes placés à la fin de h Spina vers la partie sémidrculaire .

iLes deux extrémités de ce soubassement ou spina étaient ornées de trois colonnes coniques qu’on appellait metœ ou buts ; les premières étaient vers la porte triomphale , là

oîi les cochers commcnraîent le premier tour ; les secondes ou dernières étaient vers i^oppi^ dum là oh finissaient les courses , et celui qui y arrivait le premier , après le cinquième ou le septième tour , était reconnu et déclaré vainqueur . Les gradins latéraux à droite avaîenf vis-à-vis les premiers buts, un pulvinarium^ espèce délogé magnifique ; et les gradins à gauche en avaient un en face des seconds , encore plus magnifique ; on voit, derrière celui-ci, les restes d’autres édifices contigus . ^

Deux colonne^'jliées par une cornichcjetaîent élevées à chacune des extrémités du soubassement ou Spina . On plaçait , sur deux de ces colonnes,sept dauphins, et sur les deux autres, sept boules, en forme de gros œufs dorés : ces objets servaient à indiquer le nombre de tours parcourus, qu’une personne, montée sui une échelle à main, était chargée de compter,en ôtant un des susdits objets à chaque tour que terminait le char « Les dauphins faisaient allusion a Neptune , Créateur du cheval, et les œufs , à Castor premier instituteur des courses .

L’Obélisque, qui décore aujourd’huy la place Navone , avait été érigé au milieu de ce soubassement , comme symbole du soleil auquel chaque Cirque était dédié. Les cliques privés d’Obélisque avaient à leur place , un petit Temple avec l’effigie du soleil sur le fronton , et peut-être on vit l’ un et l’autre sur quelques uns .

On prétend qu’entre les termes , metœ , et le soubassement , il y avait, sous terre, un petit sanctuaire où l’on disait que le Dieu Cqjuus Tom. III.

était caché, et l’on ne peut douter qif il n’ ait existé dans le Grand Cirque^ C/Vczi^ M.ajcîmus* Peut-être y conservait-on le trépied , et tout Ce qui était nécessaire aux sacrifices qui précédaient les courses ?

L JS cochers se divisaient en quatre factions par la couleur de leurs ornemens 5 c’est à dire par le verd , le bleu de ciel , le rouge et le blanc 5 d’oîi les factions prirent les dénomîna- ' tiens de Prûsina 5 Veneta , Russata et yi/- Bata i chacune avait ses partisans . Suétone dit que 1’ Empereur Caligula était si passioné pour la faction Prasina ^ qu’il demeurait , et dinait souvent dans son hôtellerie . Prasinae factioni ita addictus et deditus 5 ut cœ~ navet in stabulo assiduè 5 et maneret .

H y a sur les cirques , et particulièrement sur celui-ci,un bel ouvrage posthume du Conseiller Jean Louis Bianconi , imprimé à Rome en 17^9 5 pourrait toutefois reprendre

quelques assertions , d’après les récentes excavations faites sur place .

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