‹ Description de Rome (volume 3)Chapitre 46 sur 106 · PORTE PIE · texte numérisé non relu

PORTE PIE

Lorsqu’en i j6i,Pie IV voulut aligner cette rue 5 il ouvrit 3 dans cet endroit , la porte qu’on voit présentement , et qui a été faite sur les dessins de Michel-Ange» Elle prit le nom de ce Pontife . Alors on ferma la perte Numentane3 construite du tems d’Aurélien ; elle portait ce nom 3 pareeque c’était par là qu’on sortait pour aller à Numentum . On la voit à droite ea sortant 3 et assez près de la porte actuelle.

Quelques modernes ont donné à la Porte Pie,par une erreur bien manifeste, le nom de Viminale ; car cette dernière porte fut dans les murs de Servius 3 et non dans ceux d5 Aurélien : elle n’était point sur le mont Quirinal , mais sur l’autre mont voisin qui est le Viminal .

On voit à droite 9 hors de la Porte Pie 9 la Villa Patriz} ? et à la distance d’environ deux milles sur la gauche 3 on rencontre

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L’EGLISE DE Ste. AGNÈS HORS DES MURS.

Au dessus du sol même des Catacombes, où l’on trouva le Corps de Ste. Agnès * Constantin le Grand , accédant aux prières de Ste. Constance, fit édifier cette Eglise 9 qui fut restaurée par les Papes S. Libère et Innocent I. On y descend par un escalier de 48 marches en marbre , et dont les murs latéraux présentent plusieurs inscriptions qui y sont enchàsséesj et qui ont été recueillies dans les Catacombes . La nef est soutenue par 1 6 colonnes corinthiennes dont deux sont cannelées d’ une manière remarquable pelles ont-dans chaque cannelure ? une petite cimase de deux côtés , qui fait le tour ; de sorte qu’ on a cru y compter jusqu’à cent quarante cannelures • Il y en a quatre autres de Porta Santa que sont assez belles. Au dessus de ces colonnes , il en existe un pareil nombre , mais elles sont plus petites,et forment deux portiques sur les nefs latérales ; ce qui rend l’Eglîsé assez semblable aux anciennes basiliques des Payens . Le corps de la Sainte et celui de Ste. Emérentiane , reposent sous le maître autel , construit en marbre précieux , et couvert d9 un baldaquin soutenu par quatre colonnes du plus beau porphyre : il est orné de la statue de la Sainte , formée d’un torse antique , d’albâtre oriental qui ressemble à une agate ; mais les mains et les pieds sont de bronze doré , et faits par Nicolas Cordieri suivant les uns / et par Franciosini sui-

vant d’autres 5 mais certainement par ordre de Paul V.

On voit dans la Chapelle de la Ste. Vierge a un candélabre antique, et au dessus de l’autel, une tête du Sauveur qu’on dit avoir été exécutée par Michel-Ange . Près de cette Eglise est

L’EGLISE DE Ste. CONSTANCE .

Quelques uns ont cru que cette Eglise était anciennement un temple de Bacchus,parce que les mosaïques qu’on y observe , représentent des vendanges ; mais comme on ne trouve point qu’il soit fait mention d’ un temple de Bacchus sur la voie Numentane ; et comme aussi la construction de cet édifice ne convient point à l’époque de la formation des temples profanes , il est plus sûr de croire que c’est le baptistère construit par Constantin le Grand , pour les deux princesses Constances sœur et fille du même Empereur,baptisées ici et ensevelies dans une urne de porphyre qui a été transportée au Vatican par ordre de Pie VI. ( voyez tom. I. page 1 25. )

Cette Eglise consiste en une rotonde dont le diamètre intérieur,d’un mur à l’autre, est de 69 pieds . La partie du milieu est couverte d’une coupole 5 et entourée d’ une nef divisée par 24 colonnes accouplées de granit, soutenant la coupole et la voûte de la nef , qui est ornée de mosaïques représentant des enfans , des pampres de vigne , des raisins et autres objets relatifs aux vendanges . On conserve sous l’au-

tel , qui œ st au milieu , les Corps de Ste. Constance , des S tes. Attique et Artémie avec d’autres sain tes reliques .

Cet édifice conserve encore , dans l’intérieur , sa construction antique • mais à 1’ extérieur, il manque du portique qui l’entourait, et qui était composé de quarante colonnes d’ordre corinthien. Lucius Faunus en a vu une encore existante . Dans les dernières fouilles qu’on a faites au devant de l’ entrée , on a trouvé plusieurs sépultures de Chrétiens ; d’où il résulte qu’au lieu de l’hyppodrôme qu’ on suppose ici , il n’y avait qu’une enceinte pour ces mêmes sépultures , et que ce n’est point Alexandre IV qui le premier, en 1526, convertit cet édifice en Eglise .

On croît qu’ un peu plus loin était la Villa de Phiion , affranchi de Néron, où cet Empereur fut contraint de se tuer de sa propre main.

A environ un mille de distance, on. trouve le pont Nomentanus , ainsi appeilé de la voie Numentanci,et par corruption Lamentation construit sur l’Aniène ou le Teverone : il fut aussi détruit par Totila , et ensuite reconstruit , ainsi que le Pont Salarias , par Narsès .

* En avançant d’environ 300 pas , on voit , à droite et à gauche du chemin , le restes de deux tombeaux : celui qui est à gauche , fut, suivant l’ opinion vulgaire , le tombeau de Ménénius Agrippa ; il sert aujourd’huy d’étable pour les bœufs ; celui qui est à droite est entièrement détruit . A la gauche de ce sépuicre,à près de trois milles hors de la Ville,et au delà du Teverone ,se trouve le Mont^ppel-

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lé Sacrë^zxcz qu’il fut consacré à Jupiter lorsque le peuple , qui s’était séparé des Patriciens, créa ses Tribuns . C’est sur ce mont sacré qu’il se retira pour la première fois , P an de Rome 260, d’apiès les conseils de Sicinius ; il y resta tranquillement pendant quelques jours 5 sans rien entreprendre contre les Patriciens , car il n’avait apporté que des vi* vres : il n’y fut point attaqué 5 et il n’y forma aucun projet de vengeance . Enfin il céda à l’ ingénieux apologue de Ménénius Agrippa qu’il aimait , rentra dans la ville , mais après avoir été libéré de ses dettes , et quand on lui eut accordé des Tribuns .

Les Romains se retirèrent de nouveau sur ce mont l’an 305 , pour le même motif, et avec la même tranquillité , imitant la conduite de leurs pères . "NLodestiam Patrum suorum nïhil violando imita ti . Il semble que cette fois leurs plaintes étaient plus graves , et les désordres et les projets des Patriciens plus odieux . Cette émeute fut la suite de l’attentat du Décemvir Appius sur Virginie . Aussi les femmes et les enfans suivirent leurs pères et leurs maris . A qui pouvait-on les laisser dans une ville où il n’existait plus de respect 9 ni pour la vie , ni pour la pudeur ? Les conditions furent cette îois que le peuple aurait 9 pour sa sûreté , des Tribuns inviolables avec un pouvoir plus étendu .

Cette partie des environs de Rome n’ est décorée d’aucun monument remarquable . Le pont même , dont on a parlé , n’ad’ intéressant que sa solidité $• mais les événemens mé-

morables qui ont eu lieu vers ce point 3 font qu’on le visite avec quelque plaisir .

Ce mont sacre est couvert d’ herbages et de buissons: outre ce qu’il offre d’intérêt relativement a l'histoire 3 il mérite d’ être vu pour sa situation agréable 3 et la beauté de ses perspectives qui s’étendent fort au loin . En revenant à la Ville ? on arrive à la

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