SACRISTIE DE S. PIERRE
Il était réservé au grand génie de Pie VI de donner à la Basilique Vaticane une Sacristie qui lui manquait ? et que les Pontifes ses Prédécesseurs avaient projettée ? sans qu’aucun l’eut jamais exécutée . Pie VI la fît commencer en 1776 , sur les dessins de Charles Marchioni , et achever en 1784 : elle communique avec l’Eglise au moyen de deux corridors supportés par des arcades y de sorte que rien ne masque la belle architecture extérieure de la Basilique . V édifice est divisé en deux corps l’un sert pour la sacristie y et l’autre est destiné à loger les Chanoines .'Cette dernière partie a six étages et six ordres de croisées : elle est composée de 32 appartenons bien divisés y et a une cour suffisante .
A P extérieur , la sacristie a deux ordres d’ Architecture ; l’ inférieur est en pilastres Doriques et le supérieur en Ioniques . Une grande étoile de bronze y surmontée d’ une croix y termine la lanterne de la coupole qui s’élève dans le milieu , et domine tout l’édifice .
En entrant dans la sacristie par le côté de la Basilique 3 on trouve un vestibule rond , orné de quatre colonnes et de pilastres dyun superbe granit oriental . En face de l’entrée est' la statue en marbre , presque colossale , de S. André , exécutée en 1 570 , aux frais de François Bandino PiccolominK de Sienne^ pour le tabernacle qui renfermait la tête de ce S.Apôtre dans l’ancienne Basilique . De là on passe à une élégante galerie qui finit à la sacristie des Bénéficiers 9 et dans le milieu, introduit à une seconde galerie qui communique à une troisième parallèle à la première . Cette troisième galerie donne entrée dans la Sacristie des Chanoines , et à gauche 5 dans la chapelle du^Chceur . Ces trois galeries 9 qui unissent les trois sacristies à la Basilique , sont toutes ornées de mémoires en inscriptions , et de bustes qui décoraient l’ancienne Sacristie , si on excepte les inscriptions des Frères Arvali , qui furent trouvées en creusant les fond emens dur nouvel édifice. Les deux galeries parallèles sont décorées de pilastres d’ordre Composite , de marbre africain ; mais la transversale a des colonnes du même ordre , Vis-à-vis de la porte de la sacristie commune est un escalier à deux rampes y tout' revêtu de beaux marbres 3 et par 011 L’on descend sur la place latérale de la Basilique .. La statue assise de Pie VI exécutée par Augustin Penna , Romain , jest placée au haut de l’escalier .
JLsL Sacristie commune , a 48 pieds de diamè* ire , 80 de haut, et au dessus une petite lanterne de 1 6 pieds d’élévation . Le plan en est octogone. Les angles sont ornés des pilastres pliés
et cannelés , avec des chapiteaux composites, en marbre blanc : tout le fond est revêtu de jaspe de Sicile , les 'huit colonnes veinées de pris antique,et qui supportent des architraves unies, proviennent de la Villa Ad tienne . Les quatre colonnes , qui ornent la chapelle du Cruciix , sont modernes. A la droite de la Sacristie commune est celle des Chanoines , consistant en une salle haute de 33 pieds , longue de 58 t demi , et large de 27 et demi: elle est décorée d’armoires de bois du Brésil : à côté est une chapelle avec *in autel orné de deux colonnes d’albâtre ., et d’un tableau du -Fattore, élève de Raphaël , représentant la Vierge avec l’Enfant jésus , S.Anne avec S.Pierre et S.Paul . On prétend que la Vierge vis-à-vis est de Jules Romain , mais les dessus des portes sont -d’Antoine Cavallucci .'L’autre salle adjacente, d’égale hauteur , longue de 30 pieds , et large de 24 , sert de chambre capitulaire ; elle est embellie de sièges , d’une statue de S. Pierre , de trois tableaux peints sur bois par le'Giotto , et qui servirent de volets et d’ornement à l’ancienne Confession , de deux-grands tableaux du Ghezzi représentant des faits.de S. Clément Pape et Martyr , et enfin de deux dessins soignés de la Chaire de S.Pierre, conservée, comme nous l’avons déjà explique , dans la chaire en métal qui est au dessus du grand autd de l’Eglise . On y observe aussi d’autres peintures de bons maîtres.
La Sacristie commune a, dans la partie à gauche , une autre salle égale à la Sacristie des Chanoines , et qui forme celle des Bénéficié! s ; elle a des armoires semblables , une semblable
chapelle * ét un tableau du Muziano au dessus de l’autel 5 représentant Notre Seigneur qui confie les clefs à S. Pierre . Vis-à-vis est l’Image de la Vierge de la Fièvre , qui donna anciennement le nonvau temple rond servant autrefois de Sacristie . Les dessus des portes sont aussi de Cavallucci . La distance entre la fenêtre de la chapelle des Chanoines et la fenêtre de celle-ci , est de î8o pieds . De la Sacristie des Bénéficiers on entre dans celle des Clercs-Bénéficiers ; elle est égale à la chambre capitulaire, et pareillement ornée de bonnes peintures et de diverses images des Vierges qui ont été couronnées par le Chapitre . Cette dernière pièce est aussi garnie d’armoires de bois de noyer, disposées pour conserver les vêtemens des Clercs et d’autres desservans de la Basilique. C’est là que l’on conserve aussi, dans une grande armoire, de même bois, toute l’argenterie. De cette pièce on passe^à une autre chambre qui sert de garde robe , ou l’on garde , dans des armoires en bois de nojer , entre autres objets d’uné grande rareté,le Dalmatique, dit de S. Léon III, qni servait au couronnement des Empereurs .
Au îez de chaussée de la Sacristie sont des archives remarquables par les Mémoires qu’elles contiennent , et par quelques manuscrits très raies , au nombre desquels est le très célèbre manuscrit des œuvres de S. Hilaire de l’an 510, et la v:e de S. George , ornée de peintures en miniature par le Giotto .
Revenant à l’Église , pour achever le tour des Chapelles, la première qu’on trouve est la Clémentine , construite par Clément VIII , et
-dont la coupole , égale en dimension aux trois autres , a des mosaïques exécutées sur les originaux du Pomarancio . Au dessus de l’autel sous lequel repose le corps de S. Grégoire , on observe un tableau en mosaïque où ce S. Pontife 3 voulant convainc re les incrédules, fait une incision dans orn des linges qu’on mettait ordinairement sur le tombeau de S. Pierre : les assis tans paraissent stupéfaits d’en voir sortir du sang . L’original est un ouvrage estimé , d’André Sacchï 5 que l’ on conserve aujourd’huy dans l’appartement Borgia au Vatican .
On admire , sur l’autel suivant , la Transfiguration de Raphaël , exécutée en mosaïque , et qui y a été placée en 1658 . L’original , également déposé dans le susdit appartement , est considéré comme le premier tableau du monde : il était autrefois dans l’Eglise de S. Pierre in Montorio .
Au dessous de l’arc vis-à-vis , à droite , est le tombeau de Léon XI , travail d’un grand prix de l’Algardi , qui a représenté , dans les statues , la Force , l’Abondance , et dans le bas-relief , ce Pontife lorsque , n’étant encore que Cardinal, il fut envoyé , par Clément VIII, en qualité de Légat a latere , à Henri IV , Roi de France , afin d’en recevoir la ratification des conditions convenues pour être absous des censures .
En face de ce tombeau est celui d’innocent XI , ouvrage sorfi du ciseau d’ Etienne Monot , français , qui y a représenté dans les statues la Religion , la Justice , et dans le basrelief , la délivrance de Vienne, des Turcs, que
ce Pontife obtint en 1582 , par ses prières, par des subsides en argent , et par d’ autres soins de prévoyance .
Entrant ici de nouveau dans la partie que fit ajouter Paul V , on trouve la Chapelle dite du Chœur , dans laquelle officie Journellement le Chapitre , qui se compose de 3a Chanoines, de 36 Bénéficiers , de 26 Clers-Bënéficiers et d’un Cardinal qui a le titre à’Archiprêtre , et d’un Prélat pour Vicaire * Le tableau en mosaïque au dessus ce l'autel , sous lequel repose le Corps de S. jean Chrïstome , a été copié d’un original de Pierre Blanchi , maintenant à la Chartreuse , et représentant la Conception avec le Saint susdit , S. François et S. Antoine . Cette chapelle a un souterrain accessible , décemment orné, et dans lequel on conserve les cendres de Clément XI , qui avait été Vi aire et Chanome de la Basilique . La Coupole ovale qui précède la chapelle égale à celle qui est vis-à-vis, est décorée de mosaïques tirées ces originaux de Charles Maratte , et dans le bas , de ceux de Nicolas Ricciolîni , et de Marc- Antoine Franceschini .
En se rendant à la chapelle suivante , on trouve à gauche , le tombeau d’innocent VIII , de la famille Cibo , de Gênes , travail tout en bronze , d’Antoine Pollajuoli . Dans le tombeau vis-à-vis -, Pon conserve provisoirement le corps de Pie VI ; ce local étant destiné à recevoir en dépôt les restes du dernier Papequsqu’à :e qu’on lui élève un monument ailleurs ; et Oans le cas contraire , on le place dans les souterrains du Vatican ; Dans la chapelle suivante
«n voit une mosaïque oïi l’on a figuré la Présentation de la Vierge au Temple , et dont Toriginal du Romaneili est à la Chartreuse . La coupole qui est au devant , a des mosaïques d’après les originaux de Charles Maratte .
Avant d’aniver à la dernière Chapelle o& sont les Fonts baptismaux , on observe à d roire le tombeau de Marie Clémentine Scbieski , Reine d’Angleterre , sculpture de Pierre Bracci : il est placé au dessus, de la porte d’où l’on monte à la grande coupole • Dans l’entrecolonnement, en face , est le tombeau de Jacques III, époux de la Reine Marie Clémentine , et de ses enfans Edouard Stuart , et Henri, Cardinal, Duc d’Yorck, les derniers de cette famille, qui ont ici ce monument en commun : il a été exécuté par le Marquis Canova .
La chapelle du baptistère a sa coupole ornée de mosaïques prises des originaux du Trevisanî et du Ricciolini , et les trois tableaux -, également en mosaïque , qui sont autour des fonts y ont été faits, celui du milieu,d’après les dessins de Charles Maratte , celui qui est à doite , d’après ceux du Passer!, et bautre à gauche, d’après ceux du Procaccini . Les Fonts baptismaux, exécutés sur le dessin du Chev. Charles Fontana , sont formés d’une grande conque de porph}rre , posée sur un stéréobate : elle servait autrefois de couvercle à l’urne d’Othon II , mort à Rome en "pSg , enterré dans le portique, et transporté en 1 6 io dans les souterrains de l’Eglise . Les omemens des Fonts , qui sont en bronze doré ? rendent cette chapelle assez riche .
Tom. I.
Au fond de la grand nef, au dessus de l’en*tablement , on voit deux horloges l’une réglée à la française , et l’autre à l’Italienne, exécutées , comme celles de l’extérieur , sous le Pontificat de Pie VI ? sur le dessin de Joseph Valadier .
Enfin on ne doit pas omettre de parler des trois grandes fonctions que le Saint Père remplit dans cette Basilique les jours de Noël , de Pâques , et de S. Pierre , le 29 Juin , au grand *autel de la Confession . C’est encore un des plus beaux spectacles à voir dans l’Eglise , afin d’y reconnaître combien les plus augustes cérémonies y sont majestueuses .
Les décorations extraordinaires qu’on voit dan9 cette Eglise, à l’occasion des béatifications et surtout des Canonisations des nouveaux Saints , sont aussi dignes de considération . Les divers talens et les différera génies des Architectes ont quelquefois donné beaucoup de splendeur à son intéùeur par des ornemens tels qu’il serait à désirer que quelques uns y fussent fixés , et que plusieurs autres n’y attirassent pas même les regards un seul instant •
Il e st dans un autre genre , une chose d’un effet surprenant , et comme on dit , unique au monde , dans le vuide immense de cette Eglise . C’est l’exposition d’une croix de laiton , suspendue au milieu de la grande nef , au devant de la confession . Cette croix a 22 pieds et demi de haut sur 13 de large : elle est illuminée par 3 14 lampions â deux mèches , dans les soirées du Jeudi et du Vendredi Saints : de Cette illufninatioiî résulte un effet singulier
3’ombre et de lumière dans toute l’Eglise , qui est vraiment pittoresque • L’idée de cette masse de lumière n’est pas nouvelle dans ce temple : on lit dans Anastase qu’ Adrien I fit ériger un fanal au devant du presbytère , ea forme de croix , avec 1 570 chandelles qu’on allumait les jours de Noël , de Pâques , de S, Pierre et S. Paul, et à la création du nouveau Souverain Pontife .
Après avoir fait le tout* de l’Eglise , nous descendrons dans les souterrains , ou grattes vaticanes , qui sont aussi décrites par de doctes A uteurs.parce qu’elles sont remplies de monumens précieux pour les arts, et plus précieux encore pour l’Histoire sacrée .
On descend sous la statue de Ste. Véronique par un petit escalier dans l’Eglise inférieure de S. Pierre , dont le pavé est celui de la Basilique de Constantin ; il est à onze pieds plus bas que le nouvel escalier fait par Clément VIII . Les peintures tant des chapelles que des corridors de ces grottes, furent exécutées sous Paul V et Urbain VIII, et restaurées par ordre de Benoit XIV* On y compte onze autels dont les quatre placés sous les grands piliers de la coupole , ont été dessinés par le Bernin ; ils ont de beaux tableaux en mosaïques d’ après les originaux d’André Sacchi , représentant chacun un fait du Saint dont la statue est au dessus ; c’est à dire Ste. Véronique qui rencontre le Rédempteur ; Ste. Hélène qui trouve la croix ; S.Longin au moment où on lui tranche la tête , et S. André qui adore la croix, instrument de son jnartyre . LaChapelle, placée au dessous du.
maître autel , en forme de croix grecque , fut ornée , par Clément VIII , de 24 bas-reliefs , partie en bronze et partie en stucs dorés , et de beaux marbres . Elle est dédiée aux Apôtres S. Pierre et S. Paul dont les images sont peintes dans le tableau au dessus de l’autel . Cet autel 3 étant placé sur le tombeau de S. Pierre , inspire la plus grande vénération . Vis-avis la même chapelle , on voit le sarcophage en marbre de Juriius Bassus, mort en 359 , l’an où il était Préfet de Rome : on y a sculpté différentes histoires' de Vancîen et du nouveau testament , On y remarque aussi plusieurs statues en marbre exécutées à différentes époques ,de s mosaïques antiques d’un goût grec et chrétien, des basreliefs en marbre , des tombeaux de Saints , de Papes , d’ Empereurs , de Cardinaux 3 d’Evêques de Grands Maîtres de l’Ordre de S. jean de Jérusalem , et plusieurs inscriptions très intéressantes , que les clercs instruits de cette Basilique , sauront bien indiquer aux curieux et aux dévots .
Les femmes ne peuvent descendre dans ces souterrains , que le jour de la seconde fête de la Pentecôte , jour ou l’entrée est défendue aux hommes ; mais dans d’autres tems , elles peuvent y entrer avec une permission spéciale •
Remonté dans la Basilique , 1’ observateur peut jetter un coup d’œil sur les statues colossales placées dans les niches de la grande nef, et de la nef transversale, et qui représentent les Saints fondateurs des Ordres Religieux : Ouvrages de divers sculpteurs ; quelques uns sont d’un certain mérite .
Une partie des colonnes de granit , et particulièrement celles de porphyre , furent enlevées du Septizone de Sévère > démoli sous Sixte V. Celles qui sont mélangées de rouge furent déterrées sous le Pontificat d’innocent X dans le voisinage de Cotanello 5 par Jean François Ghctti . Maintenant il faut monter à la partie supérieure de l’Eglise .
C’est une chose digne d’être vue, et pour y aller , il faut entrer par la porte qui est au dessous du tombeau de la Reine d’Angleterre . On monte un escalier si doux , que les bêtes de somme chargées peuvent le monter . Il y a huit escaliers semblables , mais celui-ci est le seul commun . En le montant on trouve plusieurs petites portes par lesquelles on fait le tour de toute l’Eglise dans l’épaisseur des murs5 et particulièrement de l’entablement d’où il est beau d’observer l’intérieur de l’Eglise .
La voûte de la grande nef 5 qui s’est notablement crevée par travers en s’asséyant 5 est couverte d’une toiture soutenue par des piliers qui posent sur la voûte même . Le grand plaia qui domine tout au tour 5 est pavé de briques posées de champ . De ce plain 5 on voit s’élever la grande coupole avec une majesté sans égale : elle commence par un socle en talus sur lequel est nn soubassement circulaire couronné d’une magnifique corniche . De là s’élève le corps ou tambour qui est ornée de 3 2 colonnes accouplées d’ordre corinthien sur lesquelles on a placé des statues dans le modèle original. Les colonnes furent posées pour ornement et pour éperoti . Cet ordre a au dessus un attique bien
décoré , qui est d*une belle proportion, et sur kquel est assise la grande Coupole ornée de trois rangs de fenêtres qui produisent un assez bon effet . La lanterne, qui pose immédiatement sur la coupole sans colarin , est de bonne forme, décorée de trente deux colonnes joniques doublées 5 appuyées sur leurs piédestaux ; et au dessus est un autre attique d’une assez belle proportion • La proportion de la pyramide qui couronne la lanterne, est également très exacte, Enfin la boule en bronze , au sommet de la pyramide qui soutient la croix , termine fort Lien l’ediftce . Cette coupole est d’une proportion admirable , et il n’est pas possible d’en faire une autre avec une courbe plus belle , Du plainau dessus de l’Eglise on monte dans le soubassement du Tambour par un escalier de 28 marches ; dernièrement il a été réparé pour garantir l’intérieur de l’eau de pluye. De cet escalier , on monte à un autre à limaçon de 190 dé-* grés qui conduit jusques sur l’entablement de l’Ordre , d*oti par un troisième escalier de 48 marches , construit entre les voûtes courbes , on parvient aux premières fenêtres de la coupole . De ces fenêtres Jusqu’à la lanterne on compte encore 58 dégrés placés sur le dos de la voûte intérieure de la coupole . De l’interstice des voûtes jusqu’au plan sur lequel pose la lanterne , on trouve un escalier de 22 marches ; et de ce plain , il en est un autre de 5 6 jusqu’à la voûte de la lanterne, d’où l’on monte à la boule par une échelle de fer de 34 échelons. Cette boule qui est en bronze , et qui a 24 pieds de circonférence , peut contenir 16 per-
sonnes assises . La Oroix en fer 3 an dessus de la boule , a io pieds 8 pouces de haut . On peut y monter en dehors par une échelle également en fer à échelons .
Les deux petites coupoles * qui n’ont d’autrè objet que celui d’accompagner la grande ; furent construites par Vignole : elles sont de forme octogone, décorées de colonnes et de pilastres Corinthiens . Du plain au sommet elles ont une élévation de 136 pieds; et relativement à l’ensemble , elles sont bien en proportion avec la grande. Vers le milieu de i’an 1786 on plaça les cloches dans celle qui est à gauche vers le midi d’où il fallut les ôter immédiatement * parce qu’on les entendait à peine sonner de la place , tandis qu’elles retentissaient trog dans l’Eglise «
On entre par deux portes dans la partie intérieure de la grande coupole , et i’on va sur les deux entablemens qui ont 414 pieds de tour, et 7 de saillie . De là on jouit de la belle p rspective de la partie intérieure de l’Eglise * et même de la coupole ; et si d’un côté l’on parle à voix bassé en se tournant vers la muraille* une personne , qui est du côté opposé * entend fort distinctement . Si du sommet de la grande courbe où pose la lanterne * on observe par une des fenêtres de l’intérieur * on apperçoit l’extrême profondeur de l’Eglise • On a gravé à l’entrée du premier entablement , afin que chacun pût les connaître * les mesures de hauteur et de largeur de la coupole * en pieds * et en palmes romains ,
On observe en montant 1* escalier courbe placé entre les deux coupoles 3 quelques clefs en fer t deux furent placées lors de la première construction 5 une troisième le fut quelque tems après . Puis ons’apperçut que l’une de ces clefs était rompue ; on la raccomoda en 1 747 lorsqu’ en 1 743 , 1744 et ]748,on en ajouta six autres ♦sous le Pontificat de Benoit XIV 3 ( d’après les *avis 3 plusieurs fois réunis * des plus grands Mathématieie ns d’alors 3 tels que Boscovich 5 Foleni 3 Le Seur , Jacquier ) pour arrêter la poussée de la coupole dont la partie intérieure du premier étage 3 présente plusieurs crévasses là où. sont les colonnes accouplées • Il y a des personnes qui sont d’opinion que ces nouvelles clefs nuisent à la coupole intérieure, sans être d’aucun avantage à la coupole extérieure 3 •011 est le mal . On trouve dans le grand ouvrage du Marquis Poleni sur la manière de réparer ce mal d’après les conseils de ses amis et autres* qu’un Chef maçon en a peut être connu la vraie cause 3 c’est â dire que le poids de la coupole extérieure pose sur un mur de travertin qui ne cède point , tandis que la muraille intérieure, qui est de matériaux susceptibles de constriction5 a cédé en séchant . Poleni rapporte que le poids du fer des nouveaux cercles s’élève à 148,407 livres .
La coupole , la façade de l’Eglise et les portiques sont illuminés les mêmes jours où l’on tire le feu d’artifice , appellé la Girandole , et forment un autre coup d’œil unique et merveilleux : le moment le plus intéressant est celui où * à une heure de nuit sonnante , 1474 flam-
beaux sont allumés avec une rapidité extrême , c’est à dire 683 aux voûtes par 251 hommes 3 et 79 1 entre la coupole , la façade et les portiques , par 365 hommes , sans comprendre les 4400 fanaux qu’on a allumés auparavant , et qui forment comme une gracieuse broderie en lumière .
Pour obvier aux trop fréquens coups de foudre qui ont frappé divers points hauts et bai de l’édifice , Sa Sainteté Pie VII y a fait établir plusieurs conducteurs électriques sous l’administration de Monsignor Gilj , Directeur de l’Observatoire Vatican, et depuis ? l’édifice n’a souffert aucun dommage .