‹ Description des antiques du musée royalChapitre 4 sur 92 · TU) NOTICE · texte numérisé non relu

TU) NOTICE

<l'or, esLimé pour son brillant et sa dureté. Pour empêcher le bronze de s'altérer , et pour lui donner une belle couleur, on le frottait avec du marc d'oliA e ( amurca ) ou avec <Ju bitume.

Ivoire. On l'employa en grande quantité, et tres-anciennement, en statues, ou seul , ou en l'iinis=!ant avec l'or. Il parait , d'après les auteurs , qu'on avait trouvé le moyen de l'amollir et de le mouler; en s iant dans la longueur d'un coté, et en développant des cylindres creux d'ivoire , on pouvait alors en obtenir des plaques assez grandes et assez épaisses pour être employées même à des statues colossales, doiit le noyau était en bois. On préservait ces statues de l'humidité au moyen d'huile, soit intérieurement, soit à l'extérieur. On trouve aussi qu'on employa la dent d'hippopotame , au lieu d'ivoire sans doute , pour de petites statues. Les os , entr'autres ceux de chameau , servaient au même usage. Le palladium passait pour être fait avec les os de Pélops.

Cire. Elle dut être employée , ainsi que \e plâtre, pour les modèles et les moules. On en faisait aussi des .••'taïues ou des fignres ; et c'était en cire qu'on moulait chez les Romains, les bustes des ancêtres {cerae)^ qu'on revêtait de leurs habits et de leurs ornemens dans les jours de cérémonie.

Poix. On cite une statue d'Hercule faite en poix par Dédale.

Ambre jaune ou siiccin , nomme aussi etectrum^ on en consacra une statue à Auguste. Encens çX aromates. On en lit une statue de Sylla, qu'on brûla à ses funérailles. Empédocle, pythago'.icien et vainqueur olympique , distribua au peuple un bœuf fait de myrrlie. Il est même question dans les auteurs anciens de grandes figures faites en pâte àe farine , en foin et en laine. On sait que ces espèces de poupées servaient dans les sortilèges. Celles qu'on appelait neuropastes et oscilles , se remuaient par le moyen de fils comme nos marionnettes ; on les mettait aussi en mouvement avec du vif argent.

NLarhres ou pierres dont il est question dans les auteurs anciens.

On comprenait sous la même dénomination de Marmor , Marbre, dont rétimologie grecque indique l'éclat et le brillant, toutes les pierres, plus ou moins dures, susceptibles de recevoir un beau poli , et projires ou à la sculpture ou à la décoration de l'architect;ure , telles que le marbre, l'albâtre, le ])orphyre, les granits et d'autres pierres qui, cependant, sont de natures très-différentes. Comme il n'est pas de notre ressort d'en détailler tous les caractères minéralogiques, nous

NOTICE. fx

nous bornerons à indiquer ce qui peut aider les amateurs à distinguer à la simple inspection le genre de ces pierres.

Le Porphyre , dont le nom indique que les premières de ces pierres à qui on le donna étaientd'un fond pourpre ou rouge amaran+lie foncé , est très-dur, ne se laisse pas rayer par le fer , n'est pas attaqué par l'acide nitrique (eau forte) lait feu au briquet et est semé de petites taches claires, anguleuses, dans une pâte ou ciment ordinairement d'une couleur foncée uniforme , et qui, leur servant de fond, décide celle du porphyre.

Le Granit , aussi dur que le porphyre et résistant aux acides, est composé de grains plus ou moins grands, à contours irréguliers , souvent arrondis, de natures diffé'rentes , agglomérés l'un contre l'autre sans intermédiaire, et dont une: partie offre un aspect cristallin ^ lamelleux ou chatoyant, que n'ont pas les taches du porphyre.

Le Marbre fait efxervescence avec les acides , est rayé ])ar le fer, fait rarement feu avec le briquet; sa con texture est moins serrée que celle du porphyre et du granit, sans mélange de pierres d'une autre nature ; il n'est translucide qu'en feuilles très -minces , et se distingue souvent par la variété de ses nuances et leur irrégularité.

L' Albâtre a souvent assez de rapport avec le marbre, pour qu'on puisse les confondre; cependant le véritable albâtre oriental ou albâtre calcaire de quelque pays qu'il soit, est plus dur que le marbre blanc , le raye, est translucide , même en grande masse; sa cassure est cristalline. 11 offre, soit blanc ou coloré, des rubans, des festons, des tourbillons, plus suivis et plus réguliers que ceux du marbre. — \^ albâtre gypseux , tel fjue celui de Volterra , est très-tendre , d'un blanc laiieux, transparent , ne fait pas effervescence avec l'acide nitrique ;• sa cassure est grenue. — Les brèches sont composées de fragmens de marbres ou de pierres dures , anguleux , plus ou moins grands', liées par un ciment qui forme des veines. — Les brocatelles sont des brèches dont les tachf s ressemblent aux étoffes nommées autrefois brocards^ elles renferment souvent des coquilles. — \^es poudirigues diffèrent des brèches en ce qie leurs fragmens, soit en marbre, soit en pierres dures , sont arrondis 5 ce sont souvent des cailloux ou silex de diverses espèces réunis par un ciment de même nature. — Les lumachelles sont formées par un amas de coqv.illes. — Les marbres coqnilliers , tels que les brocatelles , ne les offrent qu'éparses. — Les marbres madréporiques renferment des débris de madrépores.

i NOTICE.

— Les marhres clpolins sont d'un blanc sale rayé de veines et d'ondulations de talc verdàtre : ces bandes dépendent beaucoup de la manière dont les marbres sont sciés ou débités j on les appelle sciés en passe lorsqu'ils le sont dans le sens de ces banfles , et en contre passe lorsque c'est perpendiculaireirteut ou obliquement à ces ondulations.

La manière peu précise dont les auteurs anciens décrivent les marbres et les pierres, ne permet que rarement de les reconnaître parmi ceux que nous offrent les monumens ; pour plus de facilité nous les rangerons d'après les couleurs cju'on semble avoir indiquées, tout en reconnaissant que cette méthode est STijette à bien des méprises.

Marbres blancs cités par les auteurs anciens.

Marbre, blanc d'ivoire , sans doute très-compacte. —Du "Bosphore, blanc grisâtre. — Conchyte àe Mégare , près du promontoire Ampliialê , blanc, tendre et mêlé de coquilles; il paraît qu'on en faisait des statues. — Coralitique , il se trouvait peut-être en Phrygie , auprès du fleuve Cbra//w,y; blanc d'ivoire mat 5 les morceaux qu'on en exploitait n'excédaient pas deux coudées ( environ trois pieds ) J il paraît qu'on l'a nommé aussi Sanuarius Lapis , pierre du Sangare , fleuve de Plirygie. — Ty Ephèse , très - blanc. (Voyez Pyxodore , p. 372). — Du m.ont Hymette , près d'Athènes, d'un blanc grisâtre; il était célèbre du temps de Xénophon ; l'orateur L. Crassus fut le premier romain qui, l'an de Rome 662 (92 ans av. J. C. ), orna sa maison du mont Palatin de six colonnes de ce marbre , hautes de douze pieds \ ce qui le fit surnommer la Vénus Palatine par M. Brutus. — De Lesbos , d'un blaur jaunâtre; il y en avait aussi de noir. — De Luni^ blanc tirant sur le bleu , d'un grain très-fin : les carrières en furent découvertes près de Carrare , vers le temps de Jules- César , et firent tort à celles de Paros et du mont Pentélès. — De Mylassay en Carie, d'un très-beau blanc. — Onyx ou Onychiti Sf trouvé en Cappadoce du temps de Marc Antoine, paraît avoir été une espèce d'albâtre oriental , et avait du rapport avec le Phengite. — De Paros , l'une des îles Cyclades , anarbre blanc le plus célèbre chez les anciens ; Hérodote en parle, et il paraît que c'est le lygdinos d'Anacréon; on le nommait lychnite parce qu'on en exploitait les carrières à la lueur de la lampe {lychnos) ; c'est peut-être aussi la pierre ^« Marpesse célébrée par Virgile. — Pentélique , tiré du

NOTICE. x[

mont Pentélès, près d^Atliènes (voy. Byzès , p. 573 ), blanc, très-estimé : Pline n'en parle pas. Il paraît que le marbre du mont PJiellius en Attique était du- même genre. '—> Phengitc y trouvé en Cappadoce sous Néron j il paraît que c'était un albâtre blanc, veiné de jaune, presque aussi transparent que la pierre spéculaire. D'après un passage de Suétone dans la vie de Néron, il semble qu'en appliquant le pliengite sur les murailles on en faisait des espèces de miroirs ou de glaces. On fit aA'ec cette pierre des temples où la lumière pénétrait à travers les murailles. — Poros , ainsi nommé à cause de sa légèreté et de sa. porosité } il ressemblait au Paros. Le temple de Delphes et celui de Jupiter à Olympie étaient de ce marbre : le Paros et le Poros sont les seuls marbres grecs dont parla Hérodote. — Synnadique , de Syiuias ou de Docimium ei»' Phrygie ; on le nommait aussi marbre de Phrygie ou de Mygidonie 5 le blanc ressemblait à l'albâtre ou à l'alabastrite , il était très-estimé ; il y en avait aussi de blanc et pourpre 5 c'est peut-être la brèche violette. — De Thasos , blanc. — De Tyr ou du Liban , très-blanc.

Makbres jaunes, alabastrite ^ une ville d'Egypte, entre Antinopolis et Cynopolis, avait reçu son nom de la grande quantité de ce marbre qu'on y ti-ouvait. Il était blanc jaunâtre veiné, et tirant sur la couleur du miel. Il fut d'abord , selon Pline, nommé onyx^ c'est notre albâtre calcaire oriental. Oik en faisait des statues , des colonnes , des vases pour les parfums. On trouve souvent dans les tombeaux, des vases de cette belle matière ; mais il y a aussi de très-petita vases à- parfums en véritables onyx ou en sardoine. — De Corinthe, jaune. — De Jérusalem. On trouva près de cette ville , du temps de Justi- 3iien , un marbre qu'on dit être couleur de feu , sans doute jaune rouge éclatant. — De Macédoine . Il paraît que c'est notre jaune antique. — De Mélos ou à^Acythos, jaune. -—De Numidie. Il était d'un rouge vif et jaune. On voit que , xlu temps de Sénèque et de Pline , on cherchait à imiter ce marbre par des incrustations ou en peignant d'autres marbres. — . Schistes y marbre jaune d'Espagne, et qui, probablement comme les schistes, se divisait facilement en feuilles.

Marbres noirs. T^Alahanda et de Milet en Carie, noir,, tirant sur le pourpre.. — De Lucullus , très-beau noir, apporté à Rome par L. Lucullus. Scaurus orna l'atrium de sa maison de 36o colonnes de ce marbre hautes de 38 pieds.— De Lydie. On nom.mait marbre ou pierre de Lydie la pierre de touche j

xlj NOTICE.

elle était, aussi appeli'e Basanites , d'un mot grec qui signiHc éprouver', cette pierre n'est pas un marbre, mais un basalte.

OBsiDxrNîfK, piei're ou verre volcanique d'un noir brirn, translucide, très-dure. On l'employa en statues sous Auguste j on s'en servait aussi pour imiter Les pierres précieuses, et pour travaillei; les moins dures.

Makbkes rouges. On ne reconnaît pas bien le rouge antique parmi les descriptions de marbres données par les auteurs anciens. — > Un marbre de Lydie élait rouge et blanc.

Makcres verts. — . Vf* Auguste , vert onué et par taches j ])eut-ê!.re le vert de mer ou d'Egypte. —De Carystc , tiré dit mont OcLa, près de cette ville d'OEubée. Il était vert ou mélangé de cette couleur 5 c'était peut-être le cipoliji vert. Mamiura fat le premier romain qui , du temps de J. César y lit venir des colonnes de ce marbre. — — Emeraudes. Il paraît que les éme! audes ou smaragdes , dont les anciens faisaient des statues et dés colonnes, n'étaient que du spath fluor vert, de même que du spath fluor jaune a passé pour de la topaze 5 il se peut aussi que se fût du -verre coloré. On sait que les -Anciens étaient très-habiles dans l'art de faire le verre , et qu'ils ï'empl: yaient même en grandes masses, telles cjue les colonnes doiit Scaurijs orna son théâtre. — Du Taygète , montagne de Laconie ; on l'appelait aussi marbre de Lacédénione ^ il était vert 5 d'après ceque disent les auteurs , il a plus de rapport avec le vert poreau cju'aA ec le vert antique , cVtait peut-être \é prasinmn^ ce marbre était exploité du temps de Strabon. — De Ténare en Laconie; d'aprCs le même auteur , il avait été employé plus tard que celui du Taygète; il paraît qu'il était vert foncé, presque noir. — De Tibère, découvert sous cet Empereur; il était vert, veiné de raies délii'es et très-mêlées; il ressemblait au marbre d'Auguste. Le marbre de tkessalonique semble avoir été vert, et c'est vraisenibMblement notre vert antique» Mabbbes de diverses couleurs. — Du mont Jltrax , sur le Pi née , en Thesyalle; il paraît qu'il y en avait de plusieurs couleurs, entr'autres de blanc et noir ; du vert couleur de ])olreau ; il fut employé dans l'église de Sainte-Sophie. — . Celtique , noir veiné de blanc. — De Chius. Théophraste est le pren.ier auteur qui en parle; il était noir, nuancé de plusieurs couleurs. Une autre espèce semble avoir eu du rapport avec le marbre de Caryste. —De Jassos , île de Carie , veiné de rouce et Vie blanc, tirant sur le jaune; on le i.ommait aus^i "marbre de Carie.'— De Prcco/ièse, l'une des îles Sporad<s , dans la mer de Marmara , qui a dû son nom à la grande quantité

NOTICE. ^u)

He marbres (Marmara) que renferment ses îles. Ce marbre était aussi nommé marbre de Cyziqne , parce qu'on l'y avait beaucoup employé 5 beau blanc, veiné de noir , devait être dans le genre du grand antique^ il était très -estimé. Le palais de Mausole, à Halicarjiasse , bâti en briques , était revêtu avec ce marbre. — De Rhodes , semé de taches d'or ou de pyrites; c'était peut-êire une espèce de portor.

Marbres sans indications de couleurs. — W Albano -—^àn mont Cybèle en Phrygie. — WEgine. — De Gabies. — D'/Zeraclée en Carie — ^CHiéropolis ; c'était peut-être un porphyre ou un granit , ainsi que la pierre de Memphis. — De Milet. •—Des Molosses en Èpire , veiné de différentes covileurs. — De iScy/o* de même. — De Syracuse j on le tirait des latomies,<jui étaient des carrières avant que Denys en eût fait des prisons. Il paraît que ce marbre ou cette pierre renfermait des empreintes de poissons.— de Tauromcniuni en Sicile, de plusieurs couleurs. — De Tlbur ou Tivoli.— De Tragurium ou Salone en D;ilmatie.

Basaltes , Granits , Porphyres j etc.

Basalte. D'après cjuelques auteurs le nom de cette pierre devrait être barzaltes , d'un mot hébreu qui signifie yèr^ dont elle a la couleur et la dureté. Selon Pline , on le tirait ■de l'Arabie et de l'Ethiopie; Pausanias dit qu'on faisait en basalte les statues du Nil , parce cjue ce fleuve venait de l'Ethiopie ; il y avait avissi un porphyre que les anciens ont pu prendre pour du basalte. — Leucostictos on Leptopsephos , porphyre où le blanc dominait ; on le tirait de l'Arabie ou de la Thébaïde. — Ophite ou serpentin j on donnait le premier nom chez les anciens aux porphyres verts , à cause de leur couleur et de leurs taches , qui ont du rapport avec la peau de quelques serpens (ophis). — . L' ophite èî! Eléphantine se nommait tephria ^ parce que sa couleur était cendrée ( tephra^ <;end:e); il y en avait de presque noire , d'autre semée de taches blanclies ; on n'en faisait que de petites colonnes ; il se trouve beaucoTip d'ophites dans le pavé de Rome et à Ostie. ■—^ Psaron , porphyre de Lycie, ainsi nommé, parce que ses taches ressemblaient à celles de l'étourneau ( psar ). — Syéjiite j porphyre rose, nommé pyrrhopoecile y à cause de sa couleur {pyr , feu , poikilos , varié ) j on le nommait aussi psarGnio7i..~m Porphyre de Thèbes } il était noir, à taches ijaunes.

xiv NOTICE.

Pierres antiques que l'on trouve dans les ruines des monumens.

On. appelle antiques les pierres dont les carrières sont épuisées ou ])erdues , et que l'on ne trouve plus que dans les monumens des anciens. Parmi ce grand nombre de marbres et d'autres pierres, il y en a très-peu que l'on puisse rapporter d'une manière positive aux descriptions données parles auteurs anciens. La plupart de ces pierres ne se rencontrant que dan» les monumens d'Italie , on est souvent obligé de leur laisser leurs noms italiens 5 les marchands de marbres antiques ont beaucoup augmenté cette nomenclature , en vendant comme pierres de différentes espèces , des échantillons qui ne sont que des variétés qu'offre souvent le même bloc de marbre. Les édifices d'Italie les plus riches en marbres et en autres pierres antiques , sont les églises et les palais de Rome , la cathédrale de Pise 5 Saint-Marc et quelques églises de Venise ; la cathédrale de Ravenne ; celle de Florence , ainsi que les églises de iSanta-Croce et de Saint - Laurent , dans la même ville 5 le palais de Caserte , le Musée royal de Naples et la Favorite , sont ornés d'une grande variété de marbres antiques tirés des fouilles dePompéi, d'Herculanum et de Capri. Notre Musée royal renferme aussi un grand nombre de colonnes de marbres antiques les plus rares et les plus beaux.

Makbb.es. Africain f pourpre, blanc et noir. —Africain fleuri f blanc, pourpre et jaune , chiné. — Bleu turquin antique , de gris d'ardoise, à grains fins et biiiJans. — « Bleu antique , à bandes blanches et bleu ardoise ondulées. — Le petit Bleu antique est à grains très -fins et à bandes plus étroites. — < Brocatelle dorée , taches jaunes , veinées de rouge , et semées de coquilles blanches.-— Ca«e//<ï, jaune, approchant de cette couleur.— De Carrare ^ ses carrières furent exploitées vers le temps de Jules César , et on y a trouvé des restes de bas-reliefs antiqvies ébauchés 5 son marbre blanc statuaire est d'un blanc tirant un peu sur le bleu, d'un grain fin et serré, ressemblant à de beau sucre 5 mais il s'y trouve souvent des cristaux qui repoussent le ciseau , des taches et des bandes grisâtres ou verdâtres 5 on le nomme alors Cipolinaccio ; celui qui est d'un grain plus gros , plus dur , ayant l'aspect du sel , est appelé Saligno, Le Carrare ne prend pas un si beau poli que le Paros. C'est de ce marbre que se font aujourd'hui la plupart des statues , quoiqu'il y ait ch Italie et en Franc©

ÎÇOTICE. XT

«les marbres blancs qui approchent de la beauté du Carrare , et <jui pourraient être employés à la sculpture. Outre le marbre blanc , il y en a à Carrare de plusieurs couleurs et qui occupent les parties supérieures des carrières; celles du Polvaccio presque épuisées et de Seravezza sont les plus célèbres.

Marbre Cervelas, fond rouge , blanc et \ert, à veines blanches très - fines et enlacées. — — Cipolin , blanc sale, strié de larges bandes, onduleuses, d'un vert plus ou moins foncé, dû. à du talc ; il s** altère facilement à l'air; c'est, à ce qu'il paraît , le marbre de Caryste des anciens; le cipolin statuaire , tel que le pentélique , a des veines étroites , très-légèrement teintées de verdàtre.~C(/7o/azzo, strié de blanc et de violet.—— Coto~ nello , blanc et rouge vif de minium. — Fleuri ( marbre) , blanc et rouge, à taches tortueuses. — Marbre grec ou grcchetto , d'un beau blauc , d'un grain très-serré , plus dur que les autres marbres blancs; le marbre cora//^/yKe était peut-être de la même qualité que le grechetto. — Marbre du mont Hymette ,\)\r.xvc grisâtre, strié, très-dur. —Gr/^a/z/Zi^Ke {bigio)y d'un beau gris de perle bleuâtre ; il paraît qu'il y en avait à Lesbos. — Jaune antique , d'un beau jaune , d'une couleur égale , avec quelques légères veines violettes ; il y en a de clair; celui qu'on nomme de carnation tire sur le rose. Le jaune antique est un des marbres les plus rares ; on croit -qu'il venait de Macédoine ou de Numidie ; il offre plusieurs -\ariétés. — . Jaune hrecJié , d'une couleur claire , tacheté de jaune foncé. — Jaune paille {pagliocco) très-clair. — t/a «ne anellé , cercles jaunes et noirs. — Jaune et noir , à plua grandes taches. —"Jaune , à filets blancs ( rezziato). —'Jaune à veines rouges , semé de blanc , espèce de brocatelle. — Marbre de Luni', ce beau marbre statuaire , dont nous avons déjà parlé , est d'un blanc laiteux , d'un grain très-fin, d'une pâte plus compacte que celle du Carrare ordinaire ; il prend le plus beau poli. — Koir antique, du plus beau noir , sans mélange; c'était probablement le marbre de LucuUus ; il paraît qu'on en trouve encore à Bergame, à Carrare , à Prato en Toscane et près de Spa. Les Italiens le nomment souvent paragone , quoique le paragone ou pierre de touche véritable soit un basalte. — — Pûlomhino , d'un blanc de lait, pâte très-fine, ressemblant à du. lait caillé ou à de l'ivoire , sans transparence ; c'est peut-êtrele coralitique des anciens.— ^ Paragone , voy. noir antique.— *\ Paros , d'un blanc laiteux , quelquefois grisâtre , opaque ; son tissu est par grains plus ou moins gros , ce qui ea étaJ^it i&UJk.

xvj NOTICE.

ou trois variétés 5 sa cassure est très - brillante ; il prend Un très-beau polij sa contexture le rend plus difHclle et moins moelleux à travailler que le beau Carrare. -^Paco;zflzzo^ blanc à taches et à veines violettes 5 c'est peut-être le synnadique desaneiens. — Pecorello , taches rouges et blanches , mêlées de cercles blancs. ■—Pe«fe7/^«e, d'un blanc jaunâtre, à grains serrés , ayant souvent des stries ou couches verdàtres qui le font se déliter à l'air 5 les anciens l'ont beaucoup employé. — jPictra Santa est d'un jaune blanchâtre et rosée, à très-petitesveines blanches, grain très-compacte. — Porte Sainte , marbre brèche , ainsi nommé parce qu'il a servi aune porte de Saint- Pierre à Rome. — Le Porte Sainte fleuri est blanc ou gris, bleuâtre, à taches pourprées et chinées. — Le Porte Sainte non fleuri e '3 1 rouge clair et blanc. — Porto venere on porter antique, noir, veiné de jaune; les couleurs doivent être trèsnettes. — PuricJiiello et Venturino , rouge et blanc— iioK^<? antique; pour être beau , il doit être d'un rouge foncé , sang de bœuf, uni, sans veines blanches ou noires; le grain en est très-fin , très-serré , prend im beavi poli. On aperçoit dans sa pâte des points blanrs d'une extrême petitesse ; lorsqu'ils sont plus gros , et comme du sable, ils nui=;ent au rouge antique, et le rendent plus difficile à travailler ; ce marbre , qui n'est pas très-dur, use les outils comme une pierre à aiguiser ; les anciens s'en servaient aussi à cet usage ; il est très-rare en grands morceaux ; il paraît qu'on le tirait d'Egyple. — Ronge annel/é f rouge tacheté de blanc. — Rouge antique brèche , rouge foncé à taches claires. — Sette hasi, blanc veiné de rouge et mêlé eîe plusie^irs autres couleurs. — Marbre statuaire antique des Italiens , ressemble au Paros , mais il est translucide , et a qiielqne rapport avec le phengite des anciens. — ■ Serpentelo , scrpetielo et serparello , blanc , à petites raies rouges tortiieuses. — Vert poreau antique , d'un vert foncé, nuancé de petiies veines vert clair et noir; il a un aspect soyeux et chatoyant ; c'est pont-être le prasinum de^ anciens.

Eiiic.HEs. ly Afrique, fond noir à taches , violet foncé ou rouge vif, et blanches, veinée; de noir ; trùs-belle et très-rare.— Brèche d'Aîcp y fond vert jaunâtre, à tacJies violettes, vertes, blanches, jaunes, nièlées de rouge , veinées de blanc ternej très-rare. — Brèche jaune antique ou brèche dcrée ,io\\^ rouge , taches jasne clair et foncé, veinée de ronce et de blanc. — « Fleur de pécher ou persechino , très-belle brèche, à grandes tachés blanches, rouges et rosés} il y en a aussi à petites ta-

NOTICE. xvi)

■clies. — Grand antique, noir et blanc très -purs, à grandes taches très-decoupt'es et avec des lignes en zigzags; extrêmement rare. — Le petit avtiave a des taches moins grandes, et le noir tire sur le gris. — OE'ldepaon, brèche roupe , blanche et jaune. — Œil df perdrix , ndir et rouge, tacheté de Manc. — BrècJie rose antique, fond rouge cLdr , à petites laches rose> et noires, d'autres Manches 5 trè -rare. — Semé santo ou brèche \ierge , à très-jielils fi apnifiis aiiguleux , rouges , chocolat, bruns, bleuâtres , bla.nc^ et jaunâtres; elle est extrêmement rare; on eu trouve dpp liis morceaux à Porapéi. — Scme santo de set t'' basi , formée de fragmens de s' pi couleurs. — UArlecliino ou trac'.gnina , ressemble à ces brèches , mais les couleurs en sont plus s mibres. — Kcrt antique] ce marbre est une vraie brèche , d'un beau vert f>ncé, avec des taches d'un vert plus < lair , d'un blanc pur et d'un beau noir; il £iut que les couleurs soient bien tranchées; si le vrrt tire sur le gris, cette brèche est moins belle : quelquefois le bord des tache^. blanche^ est teinté de vert. Cette superbe brèche venait de la Lac nie et de TJiessalonique. Plusieurs colon. les du Musée royal d'assez fortes diniensions,sontde cemarbi'eet de la plus grande beauté. l^A Polzeverra ou veitde Suze , sans être aussi belle, ressemble au vert antique ; il y a de ce dernier marbre dont les couleurs sont tellement fondues, qu'il ne re semble plus aune brèche \ il est moins esiinié.— Verde pagliocco ou vert paille , est à tathes verditres et jaunes. — Vert sanguin antique , gris verdàtre à taches blaiiches, rouges et ricires. — Brèche violette ] il y en a de plusieurs espèce ; 1" à fond violet foncé et à grandes tacher lilas et bla ches On voit r.ne belle table ■de celte superbe brèche dans la .«-aile d'Apollon ; 2» mêmes couleurs à petites taches; 3' à taches roses, très-rare; la fleur ■de pécher est peut-être une br-che vioL-lte.

Brèches siliceuses. Brèche univ'crselle ou d'Egypte, mélange de cailloux, de porphyre et de granit de touies les ■couleurs, surtout vert, jaune et rougi ât;e; cette belle brèche est d'une grande rareté. — Pietra fruticutosay poudingue à cailloux ronds , jaunes et rouges, senu s de deiitrites noires.

LuMACHELLEs. D'uii bruu gris, veiné de bianc transparent 5 une autre à veines roses ; — Castracane , brun foncé , rose , et à petites coquilles circulaires d'un jaune ^if^ très-rare;— • Lvmachelle d'un beau jaune , à petites coquilîes noires trèsserrées. — Drap mortuaire y t.-ès-belie brèche d'un ncir pur, semé irrégulièrement de coquilles blanches d'un poiice et plus de longueur , très-rare.

sviij NOTICE.

ArBATRE ORIENTAI,, blanc transparent, rayé de bandes laiteuses et ondulées 5— blanc laiteux sans transparence 5 — brun, veiné, ondulé, demi-transparent, nommé en IXdXïe pietra perru china f et allahastro tartarucato , ou couleur d'écaillé.—" Albâtre Jleuri , blanc et brun rouge , rubanné , festonné. — » Albâtre cotognino , ou jaune couleur de coing cuit.

Basaltes. — Très-noir , à petites tacbes noires brillantes.— Noir avec de grands cristaux blancs, en forme de grenats, ressemble à une lave du mont Albano. — Noir à bandes granitiques rouges. — Gris noir mêlé de petits cristaux de grenats et de petites taches noires. — Gris noirâtre, à petites écailles et ■veines blanches. — Noir fleuri, marbré de blanc , onde irrégulièi'enient. — Gris noir à petits points blancs , nommé occidental y parce qu'il est plus tendre que ceux appelés orientaux. — — Vert d'un «rain très-serré. — Basalte pouilleux . vert , à l^etits cristaux blancs 5 très-rare.

Granits orientaux. — Rose 5 à petites taches roses , blanches et noires ; il paraît que c'est la syénite des anciens ou peutêtre Xqux pyrrhopoecile y et leur marbre théhaïque. — ■ Rouge ; à taches rouges ou roses, blanches ou noires, plus ou moins^ grandes 5 c'est le granit de la colonne de Pompée. — Gris à taches noires blanches transparentes , d'autres laiteuses et opaques. -— Gris à petites taches noires. — A taches noires et rayons blancs. — Noir et blanc , fond blanc transparent arec peu de taches blanches opaques; c'est peut-être le psaronion. des anciens. — A taches noires longues et en rayons. —Vert, fond blanc transparent coloré de vert , grandes taches noires oblongues. — Granitelle ou granit à petits grains; il paraît que beaucoup de ces granits qui passent pour orientaux, étaient tirés de l'île d'Elbe , dont les carrières ont été exploitées trèsanciennement.

Porphyres. — A fond rouge semé de taches noires et blanches petites et oblongues , c'est peut-être le leptopsephe des anciens. — De la Thébaïde, fond rouge, à taches jaunes.— Yy'Alabanda, rouge brun foncé couleur de foie, taclies verdâtres oblongues. — A fond brun noirâtre, taches verdâtres. — • Vert, fond verdâtre mêlé de blanc et de noir. -— Fond vert foncé , taches oblongues , vert clair. — Vert foncé , taches blanches. — Fond vert foncé à taches noires. — Fond vert clair à petites taches blanches , détachées , mêlées de noir. — Fond vert

clair jaunâtre à taches noires Porphyre vert proprement dit ,

ù. fond vert foncé noirâtre } quelquefois asse* clair, à taches blan-

NOTICE. six

«lies, oLlongues, irrécuUirres. Les anciens nommaient ophites une partie de ces porphyres à fond vert ou noir. — • Noir, fond noir à taches blanches. -— Noir, serpentino nero anticOf fond noir, grandes taches noires oblongiies. ■ — Vert très-foncé, de la nature du ja«:pe , taches blanches oblongues plus grandes que celles du porphyre noir, et })his petites que celles du serpentin noir. — Fond vert foncé de nature du jaspe, à tacites blanches rondes ou lon;2iies. — . Fond ^ert très-ioncé à grandes taches blanches irrégulières. — Vert fleuri , vert foncé, à petites taches blanches irrcgulières , entreiacées en manière de vers. ^—Porphyre bréché^ ce porphyre très- rare en réunit presque toutes les ispèces, éparscs dans un fond rouge brun, — Serpentin ouopliite, fond vert, à petites taches jaunes ou jaunâtres en carré long et en croix ; il y en a dont le fond est brun noir et les taches blanches. Le pave du Mus.e royal, surtout ceux des nouvelles salles , offrent un grand nombre des différentes espèces de porphyre.

Pour terminer ce que nous avons à dire sur Ic^ pierres, nous ajouterons quelques-uns des marbres modernes, et en partie français , que l'on voit au Mus. e royal. , ou qui sont le plus employés à Paris. — Bleu turquin , gris clair bleuâtre , à zones blanches ou d'un gris foncé \ ce juarbre vient de Gènes. — Brèche d'Alepy ou plutcNt d'Alet, près d'Aix en Provence, jaune, brun, rouge et taches grises. — Brèche de Memphis , exploitée en Provence ^ d'un rouge violet , à pe4ts fragmens, gris ou blancs. — Brocatelle d' Espagne ^ à taches d'un beau jaune, bien tranché, entourées de rouge et de violet, veiné de blanc , et qui renferme quelques coquilles. • — Campan ; ce beau marbre vient de la vallée de Campan , dans les Pyn'nées. — Le Campan Isabelle est à fond rosé, avec cjueîques bandes rouges, couvert de veines certes à réseaux, très-mèlées, et de quelques-unes blanches ; — le rouge a le fond de ceite couleur assez claire, veiné de rouge foncé et de blanc. — Le Campan ■vert, fond clair , veines en réseau , d'un vert foncé , cjuelques veines blanches c^ui coupent les autres. — Le Campaii , proprement dit, réunit ces trois variétés par bandes tre«;-grandes: ces marbres s'altèrent facilement à l'air. — Marbre de Dinan , noir , sert à faire des pavés. — Les Marbres de Flandre , tels t\ue\t Sainte- Aîine , gris et blanc, madréporique; — he Malplaquet, fouetté de rouge pâle vineux et de gris ondulé , sont «.eux qu'on emploie le plus à Paris. — Granit des Vosges , mêlé de rose, de gris jet de noir, ressemble au granit rose d'Egvpte,

XX KOTICE.

— Le vert est à grains vert foncé , blanc verdàlre et noir, fort hea.u. -— Griotte ; ce beau marbre -vient au Languedoc; le fond est rouge foncé , niélt- de spirales nclres et blanches dues à des coquilles. — La plus belle , qui se nomme griotte d'Italie f quoiqu'elle n'en Tienne pas, est d'un ronge de sang égal et sans veines 5 il y a des parties qui ressemblent au rouge antique , mais qui n'olfrent point les petits points blancs de ce marbre. — Une autre grfotte csl veinée de vert. — Marbre de Languedoc ou de Sainte-Baume , d'un rouge de feu , rave de blanc et de gris, madréporique, à bandes rv'gulières et contournées; les colonnes de l'arc du Carrousel sont de ce marbre.

— ]Soir. Il en vient de très-beau de Spa et de Bergame. — — Portor , noir veiné de jaune et d'un peu de blanc ; on en tire de très-beau de Carrare et de Salnt-Ma2:iniin , près de Toulon.

— Séraucolin. y qu'on tire des Pyrénées ; marbre brèche , à bandes droites et à grands fragmens , gris bleuâtre , rosés , rouge foncé et jaunâtres ; le même bloc de ce beau marbre offre souA'ent de grandes Variétés. •— Ycrt d'' Egypte , ciui vient de la côte de Gênes ; est à fond vert , veiné de vert plus sombre et de blanc. — Vert de mer , est de la même espèce , mais avec des taches d'un rouge sombre ; dans la Polzcveray il y a plus de blanc , et les veiiies vertes sont plus fines et plus mêlées. Ces trois marbres sont très-beaux.

Pesanteur spécifique en pied cube des principaux granits , porphyres , marbres et albâtres , tirée de Vcuvrage de M. Brard.

livres.

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