‹ Description des antiques du musée royalChapitre 5 sur 92 · VESTIBULE · texte numérisé non relu

VESTIBULE

JjE médaillon en bas-relief, exécuté sur la voûte de l'arcade qui ouvre l'entrée du Musée royal , est un ouvrage de M. Chaudet , et représente le Génie des Arts.

Le sujetdu plafond , peint à l'huile parM. Berthélemy, . fait allusion à l'origine de la Sculpture, on y voit l'homme formé par Prométhée et animé par Minerve.

Les quatre médaillons exécutés en bas-relief sur les pendentifs, ont pour sujet les quatre écoles de l'art Statuaire. La France montrant le Milon du Pujet, l'Italie le Moïse de Michel- Ange, ont été exécutés par M. Lorta : l'Egypte indiquant la statue colossale de Memnon , et la Grèce l'Apollon Pythien, sont des ouvrages de M. Lange.

Deux colonnes de marbre de Carys te , le cipoliin Tert des modernes , sont placées aux deux côtés de la porte, et ont pour amortissement deux petites statues de Cybèle assise, dont le tympanum et les lions sont les attributs.

1 PROVINCE VAINCUE, buste colossal^ marbre grec. Haut. o,?5o m. — i pieds 7 pouces 5 lignes. (1) L'air triste et le désordre de la chevelure font retrouver dans ce buste le caiactère que les Romains donnaient aux images des provinces conquises. Villa Borgkèse.

(i) La mesure des statues est prise à partir du dessus de la plinthe j celle des bustes à partir du dessus da piédouche,

2 GORDIEN PIE , en habit de guerrier^ demi-figure^ marbre de Luni.

Haut. 0,769 m. — 2 p. 4 p. 5 I, Ce n'est pas un fragment de statue ^ comme pourraient Je faire supposer les bras qu^)n ne voit pas ordinairement dans les bustes antiques. Le marbre est fouillé par derrière , ainsi qu'on le pratiquait dans ce genre d'ouyrages , pour les rendre moins lourds.

Ce monument a été trouvé dans les ruines de Gabies ville très-ancienne du Latium , à quatre lieues de Rome. Il aété publié dans l'ouvrage italien intitulé , Monumentî Gabini, n» 14 (O- 0 AUTEL en marbre grec , consacré à Isis par Astragalus f œditimus ou gardien de son temple. Sur l'un des côtés la déesse est représentée avec de longues tresses de cheveux et ses attributs , le sistre , un vase , la fleur du lotus. Le costume n'a rien d'égyptien et ressemble à celui des prêtresses isiaques des peintures de Pompéi. Le côté opposé de l'autel montre Astragalus offrant une colombe sur l'autel d'Isis. Dans un bas-relief^ des tombeaux de Pompéi, un enfant offre aussi un oiseau sur un autel.

Les vaies isiaques que l'on voit da»s les peintures antiques ont toujours , ou la forme d'une goutte d'eau , ou celle du sein d'une femmej ce qui devait avoir rapport au titre de Mère de la Nature, qu'on donnait à Isis. Il sera question du sistre et du lotus dans la description des statues cg} ptiennes.

Haut. 0,868 m. — 2 p. 8 p. 1 1. ; larg. o,453 — i p. 4 ?• 9 1-

(i) Cet excellent ouvrage est de M. E. Q. Visconti, et forme le troisième volume de l'ouvrage in-S" intitulé: ScuUiire ciel palazzo délia Filla Borghese detta pinciana, qui offre la description de la belle collection de la Villa Borghese. Les conseils de M. Visconti ont été très-utiles à l'auteur des deux premiers volumes. Nous indiquerons cet ouvrage de cette manière, fil. Borg., S.... iV°.... (Slan^a ou Salle IV°....J et Mon. Gab.

4-BACCHUS ET ARIADNE, bas-rclief; marhrc grec. Haut. 0,859 m. — 2 p. 7 p. g 1.^ larg- 2,i5o m. — 6 p. 7 p. 51. BaccKus et son épouse^ couronnés de pampres et de bandelettes et tenant des thyrses dans leurs mains , sont portés sur deux chars attelés de centaures couronnés de •tranches de pin. Le bout du timon a pour ornement une tète de lion. Ariadne est Têtue de la néhride y petit manteau de peau de cerf ou de faon que l'on "voit souvent aux bacchantes. La pardalis était plus grande et faite de peau de panthère. On doit remarquer au bas des reins du corps humain du centaure de gauche , une touffe de poils ainsi que Ton en donne quelquefois aux faunes 5 de même que ceux-ci et que les satyres , les centaures ont les oreilles pointues , et elles tiennent de celles du cheval. Ces centaures sont attelés avec des jougs. Parmi les figures accessoires exécutées avec un trafail exquis, on distingue le petit faune monté sur la croupe d'un centaure qui lui verse à boire d'une corne ou ihytoji dans un cantha/e , va^e peu profond à deux anses , consacré à Bacchus , et dont la forme ressemble à celle du beau vase d'onix de la Bibliothèque royale , connu sous le nom de vase de Ptolémée. Vil. Borg. (pour le rhyton voyez le n" 3q).

Le médaillon du milieu renferme les bustes de deux Piomains dont les cendres reposaient dans ce tombeau. La coiffure de la femme est dans le costume du troisième siècle de l'ère chrétienne. La plupart des sarcophages étaient faits en fabrique j c'était plutôt dé la sculpture de commerce que des ouvrages soignés- il y «p avait cependant d'exécutés par des mains habiles. On peut observer dans ce bas-relief la symétrie qu'on croyait convenir à la sculpture monumentale j de chaque côlc du médaillon , il v a le même nombrp de (igures, et dans des poses à-peu-piès semblables. Cette observation peut se vérifi'er sur plusieurs sarcophages. La composition de ce bas-relief est fort jolie. Les peintures d'Herculanum oflren't <les scènee entre un satyre et ime chèvre qui comhattent , pareilles à celle-ci. Ici les deux antagouistes se disputent

4 OescriPtiow

la possession cl*un pedum , ou hàton pastoral recoûtbé. Le vleti* Silène fait l'office' Ae gymnaste ou professeur de gymnasticJUe ; il paraît les animer et les menacer d'une verge, ainsi que cela se prati quait dans les palestres. Les deux enfans portent des palmes comme les a^onothètes ou juges des jeux 5 la ciste et les serpens mystiques , la syringe ou flûte de Pan ou de Marsyas à sept tuyaux, ont rapport au culte de Bacchns. La partie inférieure du bas-relief est traitée arec plus d'esprit que le haut.

La lyre que tient le centaure est d'une forme très-ancienne; Mercure la fit d'une écaille de tortue qu'il surmonta de cornes d'Antclope, ce qui la fit nommer chelyi (chéloné tortue.) Celte lyre se nommait aussi cithara : on la jouait ordinairement avec les doigts. Ici cependant le centaure la touche avecle plectrum, instrument recourbé de bois ou d'ivoire. Le harhitos était une grande l^re qu'on voit ordinairement entre les mains d'Apollon et des Muses, et qu'on touchait avec le plectrum. Le bas, large et creux , se nommait r)iagaJe,et servait à renfler le son. Il v avait desl^res, qui, comme le ptfçfii, n'avaient que deux ou trois cordes; d'autres en avaient jusqu'à vingt et davantage. Une des bacchantes fait résonner les cymbales. Cet instrument , inventé , disait-on par Cybèle , était d'aiiain , en forme de coupe, ii-peu-près comme nos cymbales; ily en avait qu'on tenait avec des manches j d'autres étaient garnies d'anneaux ou de courroies. Les peintures antiques en offrent souvent. D'autres cymbales telles que le tynipaniwi , ressemblaient, en petit , à nos timbales par leur forme et la peau qui les couvrait. Un des génies de la suite de Bacchus joue de la diaule on double flûte; elles étaient égales ou inégales, selon qu'elles étaient montées sur le même ton ou sur des tons différens.

5 DOMITIEN , huste colossal^ marbre pentéliquc. Haut. 0,866 m. — 2 p. 8 p.

L'Empereur en cuirasse est couronné de laurier. Les porti-aits de Domitien sont très-rares, le sénat ayant proscrit sa mémoire et fait abattre ses statues.

Ce buste , qui appartenait autrefois à la collection Alhani , a été acquis par ordre du Roi. Voy. NLonumejis du Musée, t. 3, pi. 28 (1).

(i) Tout ce que le Musëe royal possède de la collection du car-

^ ALEXANDRE SÉVÈRE , buste colossal^ marbre de

Luni.

Haot^ 0,802 m» — 3 p. 7 p. 6 1.

On reconnaît dans ce buste quelques traits de la

«Jinal Albani , a été acheté par ordre Hu Roi. Pour éviter la répétition de cette phrase , ces morceanx seront indiqués par Vi\. Alh. L^ouvrage înlitulé Monumens antiques du Musée , a ét« dessiné et gravé avec soin an trait , en quatre volumes in-4°, pas M. Thomas Piroli, sous la direction de M. ViscontL Les explications sont de M. Schweigliaeuscr jusqu'à la plauche l\o. Les autres sont de M. Louis Petit-Radcl, de l'Académie des Inscriptions et Belles-lettres. Cet ouvrage savant et intére&sant a été publié par MM. Piranesi.

Le Musée Fkakç^is, grand in-foHo, qui contient les tableaux et les antiques les plus remarquables du Musée, et que nous aurons souvent occasion de citer, a été cominencé en 1791 par M. Pierre Laurent, graAeur du Roi. Ce magnifique ouvrage, continué depuis par lui, fui publié eu quatre-vingts livraisons, par MM. Robillard- Péronvilleet Laurent^ en 1806 on leur décerna une médaille d'or. Les explications des antiques sont de M, Croze-Magnan et de feu M. "Visconli. Les planches et les pages du texte du Musée Français n'étant pas numérotées, on ne peut citer que les volumes.

Le Musée Royal fait suite au Musée Français^ il aura quarante livraisons. M. Henri Laurent, en entreprenant cet ouvrage, a suivi le plan de son père avec le même luxe de gravure et de typogiaphie^ Les explications des antiques jusques y compris la dix-septième planche , sont de M. Visconti ; les suivantes sont de son successeur aa Musée royal. Nous indiquerons les dessinateurs et les graveurs qui oat concouru à élever ces beaux Monumens à la gioire des arts en Fr.-^nce. Le Musée des antiques a aussi été dessiné et gravé, grand in-folio, par M. Bouillon, avec beaucoup de talent. Le texte est de M. de Saint-Vicior. Cette collection sera

indiquée par Mu3ce Bou Il faut joindre à ces grands ouvrages

le Musée publié eu dix volumes in-Zj" long , par M. FUhol, etr exécuté avec beaucoup de soins par les dessinateurs et les graveurs hs plus distingués j et les Annales du Mnsée publiées au trait, pai. M. Landou, cbnservaleur des tableaux de Musée vcnal.

physionomie du fds de rvlammée. Il porte la couronne civique tissue de feuilJes de chêne. La draperie qui couvre sa cuirasse , et qui s'appelait paludamentum , est d'un style excellent. Palais Br.ascJii à Rome, Mon. du NLusée , t. 3, pi. 72.

Le paludamentuin était un manteau militaire , et principalement celui des Empereurs et des Généraux romains. Il a beaucoup d'analogie avec la chlainyâe des Grecs j et dans les auteurs on les nomme souvent l'un pour l'autre. Il n'était pas permis , même aux triomphateurs , de le porter dans Rome. Ce manteau s'attachait sur l'épaule droite avec une agraffe onjftbulc. Souvent elles étaient ornées de pierres gravées 5 et l'on en accordait en or comme récompense militaire : quelquefois le paindamenlum. était noné comme on le voit à la statue équestre de Mnrc-Aurèlc, Ce jiianteau clait ordinairement blanc ou pourpre. Lorsqu'il était d'une autre couleur et d'une laine gi ossière , ce n'était plus qu'un saguin que portaient les soldats ,. ou un sagulum s'il était moins ample. Il ressemblait ainsi à la lacerne. Celle-ci cependant ét.iit d'une étoffe plus forte pour résister à la pluie. On finit par en faire de tissus plus légers, et on s'en servit à la ville; et même, malgré les édits d'Augn<;te et d'Adrien, la lacerne remplaça la toge. On sait qu'Alexandre Sévère en portait une de peurpre. Le vêtement épais qu'il porte ici peut être une lacerne. Le bin'us était im petit paludamentum ou une lacerne d'une couleur roussàtre , tissue de iaine avec sa couleur naturelle. Il paraît que les manteaux à longs poils et à {ranv^es , Jhnbria , prenaient le nom générique de gausdpe, et qu'ils étaient faits d'une laine très-belle ou iie gossipium , qu'on croit être la même chose que le bossus et que notre coton, dont le nom se retrouve chez les anciens dans le mot othonia, prononcé avec nne aspiration j les gausâpes étaient ordinairement d'une étoffe très-fine.

On a confondu souvent la trabée avec la toge ; mais il paraît positif qu'elle en difiérait essentiellement, et qu'elle ressemblait au paludamentum et à la chlamyde. C'était aussi un vêtement militaire, et qui s'attachait avec une fibule. On montait à cheval avec la trabée , ce qui n'avait pas lieu avec la toge. Quoique la trabée fût le vêtement propre aux Chevaliers romains , elle servait aussi aux Dieux, aux Rois, aux Empereurs, aux Augures et aux Consuls. Ce qui la distinguait principalement dn paludamentum.

DES ANTIQUES. n

c\'talt ]a manière dont la pourpre était combinée avec le blanc; ainsi celte distinction est perdue dans la sculpture. La traitée des Dieux toute de pourpre marine tirée du murex, était d'un amaranthe plus ou moins foncée j elle était mêlée d'un peu de blanc dans celle des Rois; et la pourpre des Augures, mêlée d« blanc, était de pourpre végétale ou cocc«^, et tirait sur l'écavlate. Vcy. le n° n I .

7 PRISONNIER BARBARE, statue; porphyre.

Haut. 2,3gg m. — 7 p. /{ p. 7 1.

On voit , par le costume de cette figure colossale , qu'elle représente un Prince barbare qui avait orné le triomphe de quelque Empereur romain du troisième siècle 5 car le style de l'art la place à cette époque. Les têtes et les mains de marbre blanc , sont des restaurations exécutées dans le dix-septième siècle. J^7/. Borg.

La tunique à manches courtes que porte ce persOhnage barbare , était un des \étemens les plus usités dans les villes romaines; il se nommait co/o^ji/mi. Mais celle de ce prisonnier a cela de particulier, qu'elle est ouverte par- devant depuis le haut jusqu'à la ceinture , et qu'elle est garnie de boulons; ce qui n'était pas dans le costume romain ni dans le grec. La ceinture de ce personnage est aussi nouée d'une manière qu'on ne voit pas dans les figures romaines ou grecques. Les chausses longues et larges , serrées par le bas , anaxirides ou braccce . étaient propres aux barbares. Chez les Grecs il n'y avait que les athlètes qui portassent une espèce d'écharpe , zoma , qui descendait jusqu'au milieu des cuisses; les premiers Romains ne se servaient pas de celte espèce de vêtement; pendant long-temps on ne le voyait que sur le théâtre; on le nommait suhligaculum. On porta ensuite des chausses qui tombaient au-dessous du genou, et les chausses longues ne furent en usage que du temps des Empereurs. La chaussure de ce barbare peut être ce qu'on nommait a/«^a /axi'ûr, chaussure large ou qui ne prend pas juste la forme du pied- A travers les bandelettes qui se croisent sur le coude-pied, on croit voir que le pied est enveloppé de linge, comme le pratiquent encore certains peuples descendons des races Sarmates«

O DESCRIPTroN

O BASr RELIEF , en marbre de Parcs, qui ornaît le tombeau de P. Boitenus Hermès , fabricant de lits (c/z% nopêgos) ; on y a représenté plusieurs outils de menuiserie , entre autres un compas , une équerre , et une espèce de bâche.

Haut. 0,579 ^' — " P" 9 P* 5 '• 5 '^rg. 0,279 m, — 10 p. 4 1.

Q LUCIUS VERUS , huste colossal j marbre de Paras, Haut. 0,896 m. — 2 p. 9 p. 2 I.

La tête de l'Empereur est couverte d'un des pans de la toge (1), et couronnée d'épis de blé, suivant le costume des Frères Arvales dans les rites des sacrifices. On donnait ce nom à une corporation sacerdotale dont on attribuait l'institution à Romulus , et dont les douze membres étaient choisis parmi les premiers personnages de l'état. L'abbé Marini a écrit \iu ouvrage d'une grande érudition sur ce sujet. Ce buste vient du château d'Ecouen. Mon. du Musée , t. 3, pi. 55,

1 0 ANTONIN PIE , buste colossal ; marbre de Paros. Haut. o,852 m. — 2 p. 7 p. 6 l.

Cet Empereur est dans le même costume que son fils par adoption : le buste est moderne. (Voy. le n^ç), château d'Ecouen. Mon. du Musée ^ t. 3 , pi. 5o.

1 1 PRISONNIER BARBARE, statue; porphyre. Haut. 2,5c)9 m. — 7 p. 4 P' 7 !• Voyez le n'' 7.

1 2 BAS - RELIEF , en marbre de Paros, qui offre un enr, fant ayant sur l'épaule une petite chlamyde, et qui joue avec un chien. Le même sujet est peint sur un vase antique des Studj , ou Musée royal de Naples.

Hsut. 0,541 m. — I p. 8 p. j larg, o,34i m. — i pi- 7 '•

(i) Voyez sur la toge I3 st£(tue de Tibère , n° ?u,

1 3 JUPITER SÉRAPIS , tête colossale^ marbre de Paros, Haut. o,go6 m. — 2 p. 9 p. G I.

Le paganisme confondait cette divinité tantôt avec le Soleil, tantôt avec Plu ton. L'air delà tête est celui de Jupiter , avec quelque chose de plus sombre dans l'expression; le modius ou boisseau qui la surmonte j symbole de richesse et de bienfaisance, est un attribut de Sérapis , dont le culte ne fut reçu à Rome que sous le règne d'Adrien , qui est l'époque la plus reculée des monumens romains de ce genre.

l^^TRAJAN, tête colossale^ marbre pejitélîque. Haut. 0,841 m, — 2 p. 7. p. 1 1.

Son front est orné de la couronne civique.

1 S ESCULAPE , buste colossal^ marbre pentélique. Haut. 0,812 m. — 2 p. 6 p.

Le dieu de la médecine est coiffé d'une espèce de turban formé d'une bande d'étoffe roulée autour de sa tète; coiffure singulière qu'on Aoit dans plusieurs images antiques de ce dieu , et dans quelques portraits d'anciens médecins, et qui ressemble à celle qu'on appelait infula^ que portaient les prêtres et les poètes. Les traits , ainsi que la barbe et la chevelure d'Esculape , quoique ressemblans à ceux de Jupiter, sont cependant bien éloignés de cette majesté imposante qui distingue le plus puissant des Dieux. NLon. du NLusée , t. i , pi. 47.

Ce buste , qui semble avoir fait partie d'une statue plus grande que nature , est posé sur un cippe sépulcral qui porte le nom de Calpurnia Graptê. Trésor àe Mwatori, pag. iC5o, n" /^. Haut. o,65o ra. — 2 p. 5 larg* 0,5"^^ m. — i p. 9 p. 5 I.

16 PHÈDRE ET fflPPOLYTE, bas -reliefs marbre d» Paros.

H. 0,889m. -r- 2 p. 8 p. 10 1. j larg. 2,&62'm. — 6 p. 4 p. ^J* Cç bas-relief ornait autrefois le devant d'un tombeau.

lO DEscRirrioN

La fable d'Hippolyte est représentée en. trois actes dans cette belle composition , où , suivant la liberté que se donnaient les anciens , le même personnage reparaît plusieurs fois. Agauclie, Phèdre dans son palais, indiqué par une draperie, la tête ornée du bandeau royal et couverte de ^on palHuni en signe de tristesse , paraît occupée de sa malheureuse passion. Auprès d'elle des femmes y prennent part. Une d'elle est peut-être Vénus, qui pour se venger d'Hippolyte cherche à ranimer l'espoir de Phèdre et à la rendre criminelle. L'Amour est près de la reine. Dans la seconde scène il la conduit vers Hippolyte qui rejette ses séductions et celles de sa nourrice. Le temple de Diane, sculpté dans le fond, fait allusion à l'amour d'Hippolyte pour la chasse et à la pureté de ses mœurs. On aperçoit la statue de la Déesse. Une porte qui conduit dans la campagne, indique le lieu de la dernière scène. Le héros est à lachassedu sanglier de Phlius , dont Sénèque le tragique fait mention. La figure couchée sur des rochers dans le haut du bas-relief à droite , est sans cloute le génie du lieu où se passe l'action.

Ce bas- relief offre plusieurs choses remarquables pour le coslume. La chlamyde d'Hippolyte est ajustée d'une manière paitieulièrc. Il n'est pas ordinaire qu'elle se termine ainsi en pointe. La tunique d'un vieillard n'a qu'une manche i elle est ouverte et elle découvre aussi la cuisse gauche. Le pétase d'un autre per-' fioimage est d'une forme différente de ceux qu'on voit dans plusieurs bas-reliefs. Deux des ligures ont de belles chaussures lacées sur le devant et qui ajoutent très-haut. Ce sont des espèces de péronés ou brodequins faits en peau. Nous en trouverons plusieurs exemples. Celles-ci laissent les doigts découverts. On voit aussi la manière dont les peaux de lion ou de panthère qui recouvrent les chevaux sont fixées sur le devant par un poitrail. Le trône ou siège élevé , ù dossier et à bras légers , et qui paraissent faits au tour , est garni d'un coussin à franges et de son marchepied. Une quenouille et une corbeille, calathisous , où les

DES ANTIQUES. Tl

femmes renfermaient leurs ouvrages , paraît remplie de laine. Elle est renversée à ferre, et semble indiqtier que la passion de Phèdre lui a fait oublier sa vie paisible et les soins de sa famille.

1 7 BACCHUS POGON ou A LONGUE BARBE , huStC CO^

lossal^ marbre grechetto.

Haut. o^gi8 m. — 2 p. 9 p. i il.

On représentait sous ces formes le conquérant mythologique des Indes.

10 VASE de marbre de Paros , en forme de cratère, orné de masques de silènes et de faunes, de cymbales, de nébrides , et d'autres emblèmes bachiques d'une exécution excellente. Il est gravé parmi les l^ases du Chevalier Piranesi , pi. 24. V^i^- Borg. st. 3, n" i3. Haut. 0,798 m. — 3 p. 5 p. 6 1.

L'autel en marbre pcntéliquc qui le supporte a six faces, trois plus grandes qui sont concaves, et trois plus petites qui alternent avec les premières, et sont décorées d'ornemens dans le genre de l'arabesque. L'une offre un prêtre couronné et en costume grec ; il fait des offrandes sur un petit autel orné de masques et de guirlandes , et placé au milieu de deux lauriers. C'est probablement un quindecinivir : on donnait ce nom chez, les Romains à un collège de quinze prêtres qui conservaient les oracles de la Sybille, et étaient attachés au culte d'Apollon. Ils étaient habillés à la grecque. Le bras droit de ce prêtre est dégagé de la tunique qui n'est pas retenue par une ceinture j c'était sans doute un rite de quelque sacrifice que l'on offrait , le bras droit hors de la Va~ nique ( fcracf/iio exserto). Le trépied d'Apollon , surmonté de son couvercle, conina, sur lequel pose un corbeau, était un des attributs du même sacerdoce. La couronne d'épis de blé est un symbole de celui des Frères Arvales. Ces deux prêtrises étaient probablement réunies dans le même personnage. Ce morceau est remarquable par la finesse et la richesse des sculptures autant que pat nné parfaite conservation. Fil. Borg. st. 3, n" 14.

la BESCRIPTIOIf

Arcade par laquelle on entre dans la scdte des Empereurs.

Le Médaillon sculpté en bas-relief sur la Toûte , et représentant le groupe des trois Arts du dessin , sou» la figure allégorif|ue de trois femmes , est un ouvrage de M. Chaudet.

Quatre colonnes ioniques de granit rose oriental sont placées aux deux côtés de l'arcade,

19 Le SAUROCTONE , statue -^ marhre de Paros^ Haut. 1,493 m. — 4 P« 7 P' 2 U Praxitèle avait exécuté en bronze un Apollon jeune y lançant de près une flèche contre un lézard rampant. Le nom de Sauroctone ou de tueur de lézards qu'on donna , suivant Pline , à la statue , en exprimait l'action. Plusieurs imitations de cet ouvrage célèbre sont parvenues jusqu'à nousj aucune ne surpasse celle-ci pour l'intégrité. VU. Eorg. st. 2, n" 5. Voyez Winkelrao-nn^ Monumcnti ijiediti , pi. 4o.

Le bas - relief encastré dans le piédestal représente une Baccîiante jouant des cymbales.

Haut. 0,453 iTi. — I p. 4 p.; larg. 0,278 m. — 10 p. 4 !• 30 Les danseuses, bas-relief; marbre pentëlique.

Haut. 0,7x9 m. — 2 p. 2 p. 7 1. ; larg. 1.876 m. — 5 p. 9p. 4i« Cinq jeunes femmes , se tenant par la main , dansent autour d'un temple d'arcKitecture corinthienne. Elles donnent une idée de ces chœurs oii le chant des hymnes et la danse s'unissaient pour embellir les fêtes du paganisme. Vil' Borg. st. Il , n° 14.

Leurs robes sont d'une étoffe légère. La (unique de l'une des «lanceuses est ouverte par le bas à la manière des filles spariiate5>

Î)ES ANTIQUES. l3

iàés pepîus recouvrent une partie de leurs tuniques. Il y avait deux sortes de peplus j l'un grand et en carré long qui , s'ajustant Bans agralTe et recouvrant tous les antres vètemens, faisait à-peuprès le même effet que le palliutn on que la palla des damos romaines. C'e'tait comme un grand voile dont on s'enveloppait. Ce mot se prend aussi pour des lapis ou pour de grandes pièces carrées d'étoffes. L'autre peplus , plus court que la tunique , s'attachait sur l'épaule avec une agraffe , ou avec deux lorsqu'il était de deux pièces j celle de derrière était plus longue que celle de devant,- et alors c'était une espèce de grand riciniwn oudecyclad/r, cju'on a dû souvent confondre avec le peplus, d'autant plus que la partie postérieure de ce vêtement se relevait aussi sur la tête comme le peplus, et servait de voile. Il était ordinairement blan« et d'étoffes très-fines^ il y en avait cependant, même au temps d'Homère, de plusieurs couleurs, richement brodés, tissus d'or et de pourpre , et quelquefois garnis de franges , surtout «eu$ des barbares. Voyez le bas- relief d'Aniiope

2 1 OFFRANDES , has-Telief; marbre.

Haut. 0,694 m. — a p. o p. 10 1. ^ larg. 1,868 m. — 5 p. f) p. Deux figures de femmes , du même style de sculpture, mais d'une moins bonne exécution que celles du n» 20, sont représentées dans l'action d'orner d« guirlandes un autel en forme de candélabre , qui brûl« devant un temple, tandis qu'une troisième y apporte les premiers fruits de la campagne. Les satyres sculptes sur la base du candélabre doivent faire conclure que ces offrandes sont consacrées à Baccbus. Ce bas-relief, ainsi que son pendant , a été gravé dans VAdmiranda. Vil. Borg. st. 1 , no 10.

22GÉiSnE DU REPOS ÉTERNEL, statue ^^ marbre pejitélique.

Haut. 1,760 m. -r- 5 p. 5 p.

Debout , couronné de fleurs , les bras élevés et posés sur sa tète, le dos appuyé contre un pin, ce Génie swnble exprimer par son attitude la repos des mort* ou

l4 DESCRIPTION

le sommeil éternel. Les bas-reliefs des tombeaux offrent souvent des ligures semblables 5 mais celle-ci est la seule de ronde-bosse qui nous soit parvenue. Elle est remarquable par la grâce et. le naturel de sa pose ,, la beauté simple et tranquille de ses contours : l'attitudfe des jambes croisées , caractérisait le repos chez les anciens 5 on représentait ainsi le sommeil et la mort. Chat. d'Ecouen. Mon. du Musée, t. 1 , pi. i^-x.

Le bas-relief encastré dans le piédestal représente Bacclius et une panthère.

Haut. 0,475 m. — I p. 5 p. 9 1. j larg. o,35i m. — i p. o p. 1 1 1.

A/VX<V\rt^A'\(VVVVVVVV\/W\'W%(VV\'VV>ft/VMVV\'W\'VWW\

La peinture du plafond, exécutée par M. Meynier f représente la Terre , recevant des Empereurs Adrieii e^^ Justinien le code des lois romaines , dictées par la Nar ture , la Justice et la Sagesse.

Les deux grisailles , imitant le bronze , sont du même auteur 5 elles représentent Trajan faisant bâtir des aqueducs 5 et la voie appienne rétablie qui prit le nom de Via Trajana.

Le bas-relief représentant Marc-Aurèle qui donne la paix aux Marcomans , est de M. Rolaiid.

Quatre des principaux fleuves de l'empire romain ont été exécutés par les artistes dont les noms suivent : l'Eridan , par M. Gois fils 5 le Tibre , par M. Biaise^ le Nil , par M. Bridan fils', et le Rhin , par M. Le Sueur.

Deux Colonnes sont placées à l'entrée de la salle : l'une est Jleur de pccher^ l'autre est d'albâtre à veines. Deux bustes de bronze les surmontent. Dans l'embrasure

DES ANTIQUES. l5

Je la croisée principale ou voit deux colonnes cannelées de porphyre, remarquables par leurs bases et leurs chapiteaux d'ordre ionique , pris dans le bloc 5 l'ivne supporte la statue d'Esculape, l'autre celle de Junon.

20 DEMI-DIEU 11ACHIQUE, buste de bronze. Haut. OjS54 m. — 1 p. 7 p. 6 1.

On croit reconnaître dans ce buste un personnage mythologique du genre des Silènes 5 il a une barbe cvépue , et une espèce de diadème orné de pierres précieuses serre sa chevelure". Fontainebleau.

24- CIPPE dç marbre pentélique , placé autrefois sur le tombeau de Titus Flavius Cerialis , affranchi de l'empereur Vespasienau d'un de ses fils, et archiviste de la province du Picennni. L'inscription se trouve dans le Trésor àe Gruter, page 691 , 11° 8.

Haut.o,g3g m. — 2 p. 10 p. 81. j larg. 0,622 m. — i p. 11 p.

2 5 FEMME ASSISE, bas-reliefs marbre grec.

Haut. o,65o m. — 2 p. 5 larg. o,352 m. — i p. i p. Elle prépare des guirlandes. Auprès d'elle sont placées deux petites ligures qui représentent des statues : l'une, fort remarquable, est un squelette humain. La corruption du paganisme avait introduit , surtout chez les Égyptiens , l'usage de ces figures , souvent à ressorts , dans les repas , pour exciter à la jouissance des plaisirs de la vicj par la pensée de sa brièveté. Il est très-rare de voir des squelettes dans les bas-reliefs antiques. Un de ceux des tombeaux de Cumes , près de Naples , en offrent trois c[ui dansent 5 il y en avait aussi un, qu'une femme omaitde bandelettes, suxun pilastre des tombeaux de Pompéi. Les guirlandes faisaient un des ornemens des festins. On les croyait propres par leur parfum à gréserver de l'ivresse ou à la rendre plus douce.

l6 MESCRtl'TtON

26MARC-AURÈLE, Statue-, marbre pentéiiquê. Haut. 2,io3 m. — 6 p. 5 p. 8 1.

Ce Prince est représenté en habit militaire, relu du paludamentum et de la cuirasse. Elle est remarquable par la beauté du travail. Mon. Gab. n» ig.

Les anciens portaient des cuirasses de toile de lin en plusieurs AÎoubles. Celles des Egyptiens en ce^enre ëtaient renommées; il y en avait aussi d\ine dioffe de laine feutrée , ou de ciu'r garni de bandes, d'écailles , ou de chaînes de métal. Les Romains nom-maitnt le feutre suhcoactum , et coaCtiliales étoffes qui en étaient faites. Il paraît qu'il entrait du vinaigre dans la préparation de la laine. D'autres cuirasses étaient entièrement de métal , à charnières sur les côtés, et prenant la forme du corps j on en trouve de cette «spèce dans les tombeaux antiques. Celles des chefs étaient trèsornées et souvent de plusieurs métaux. On appelait plumatae celles dont les écailles ressemblaient à des plumes. La cuirasse des soldats romains n'était souvent qu'une espèce de tunique de cuir garnie de bandes de fer. Sous celle armure on portait le iutar- /yjaZe^ espèce de tunique à manches courtes qui descendait jusqu''aux genoux, et qui dilTcrait du campestre en ce qu'on portait celui-ci sans cuirasse , et que , s'attachantsur les hanches , il ressemblait au vêtement de nos boulangers et des Ecossais. Uarmilausa ou ariniclausa, se mettait par-dessus la cuirasse j c'était une tunique courte ouverte par-devant et par-derrière de la ceinture en bas , et fermée sur les hanches. La cuirasse avait quelquefois des espèces d'épaulettes pour garantir les épaules. Les bandelettes qui là^terjuinenl étaient en cuir , quelquefois couleur pourpre et chargées d'ornemens. On voit, d'après celles des statues de Marc-Aurèle , de Titus , n° 2g , de Caligula , n° 37 , que le cuir en était travaillé , «t peut-être doré. Les ouvriers qui damasquinaient les cuiiasses avec différens métaux , se nommaient barharicani. La chaussure de Marc-Aurèle, très-ornée et garnie de fourrures, est une espèce de cainpagus , chaussure des Empereurs et des Généraux j clic laissait les doigts à dccouvcrl , et la semelle était bordée d'une empeigne qui couvrait le coude- pied et le talon. Les Romains mettaient beaucoup de luxe dans leur chaussure; le cnnipagits était souvent de couleur pourpre et chargé d'ornemens en or, et même en pierres précieuses. On appelait en général lontm ou aiis(e le» cordons des cha.ussurcs.

Î>ES ANTKJUBS. {r^

Dans le piédestal est encastré .un bas-relief (Tan travail grossienc qui offre une victoire et un génie.

Haut. o.Sio m. — ri p. 6 I-; larg. o,}49 ™- — ^ P-4 P- 7'*

•26 PRISONNIER BAUBAUE , statue } brèche universelle. Haut. 6,632 m. — 5 p. o p. 5 1.

Les anciens avaient l'usage de relever pfir la richesse ' de la matière les statues qu'ils plaçaient dans les monumens des triomphateurs. Celle-ci n'a de marbre statuaire que bi tête et les mains. T^il. Alb,

La tunique d'hommes à mnncîies longues, clieiridoton , éîait tin costume barbare, surtout des Phrygiens et des Parthes; dans la comédie, les valets , qui étaient presque toujours des barbares, la portaient aussi chez les Romains , quelquefois même par-dessoas une tunique à manches courtes. On l'adopta assez tard sous les Empereurs. LeboniiH est un caractère distïnctîf du costume des barbares. Celui-ci est phrygien • il était ordinairement de feutre, lia pointe du bonnet se recourbait en avant. Deux pendans de cliaque côté > pointus ou garais de boutons ou de cordons , servaient à le fixer sous le menton , ou retombaient sur les épaules'; on les relevait aussi derrière la vête ou sur le bonnet , qui a beaucoup de rapport avec la cidan's , coiffure ordinaire des Rois et des Princes persans. II y a quelquefois jusqu'à quatre fanons ou pendans chargés d'ornemens. Ce bonnet ressemble , à de légères différences près , à celui des Dioscurcs , d'Ulysse, de Vulcain et de la Liberté^ ce n'était qu'un vrai'bonnet de laine épaisse comme ceux d'aujourd'hui ; entre les mains des artistes grecs , il est devenu tme coiffure pleine de grâce 5 on «e donne aux figures de Paris-, d'Attis, de Mithras, et l'on retrouve sa forme darts celle des casques des plus belles médail^es de la grande Grèce.

Le piédestal est orné de trois bas-reliefs représentant chacuQ trois Génies. La panthère, la lortue , la ciste et la corne d'abondance semblent indiquer que ces génies appartiennent à Bacchus, il Mercure et à Cérès. Le bas-relief de gauche est le mieux.

.•ayCLAUDIUS DRUSUS, tête de bron:Le.

Eaut. o,44o m» — i ?• 4 P- 51.

Les médailles nous font reconnaître dans ce orozize.'^. Ainsi c)ue dans celui dn n" 3o, Néron Claudine Drysi^s^

iS DESCRIPTION'

ffls de Livie, adopté par Auguste, et père de Germanicus-et de Claude. Mon. du Musée , t. 3, pi. 14.

28 VESPASIEN, tête de bronze.

Haut. o,4i>8 m. -^ I p. 5 p. 4 !• Cette belle tête a été trouvée près de Rome. Mondu Mus. t. 3 , p. 26.

La fonte de cette lête est très-légère , les yeux sont en argent , la couronne, délicatement travailie'e, n'a pas e'té coulée avec la tête, et n'y a été qu'ajustée; elle est rotreinte ou faite au marteau, genre de travail nommé sphuniaton par les Grecs. Les premières couronnes ne furent que de simples bandelettes; on les orna depuis de branches d'arbres , de plantes ou de fleurs j quelquefois de lames de métal ; on en réunissait les extrémités par des Lmnisques ou rubans , qui quelquefois s'enlaçant dans la couronne retombaient sur les épaules. Les villes de l'empire faisaient hommage aux Empereurs ou aux Généraux romains de couronnes d'or d'un poids très-considérable. Elles faisaient un des ornemens des triomphes.

20 TITUS, statue^ marbre de Parcs.

Haut. 2,004 m. — 6 p. 2 p.

L'Empereur, tout armé, semble représenté dans le moment de haranguer les soldats (adlocutio ). Cette statue était placée dans les jardins de Versailles; il ne lui manquait que le bras droit et une partie du parazonium. Les ocreœ ou jambarts sont très-remarquables.

Les cnémldes des Grecs ou les ocreœ des R.omains , étaient ou de métal ou de cuir fort; elles s'attachaient avec des courroies; les unes montaient du coude-pied jusqu'au-dessous du genou j d'autres le dépassaient, et il y en avait qui n'allaient que jusqu'au mollet. Les héios du leuîps d'Homère portaient deux cnémides; dans la suite, souvent on n'en avait qu'une à la jambe gauche, la plus exposée en combattant. C'était ainsi qu'étaient a^més les gladiateurs , et en parliculiur ceux qu'on nommait samnitcs. Des combats de gladiateurs en bas-relief sur un tombeau de Pompci, publié par MM. Mnzois , MiUin et par nous , offrent de beaux modMes de cnémides placées de différentes manières. Quelques monumens montrent de petites cnémides couvrant le mollet, et laissant le reste de la jami)e nu; armure qui devait convenir

DES ANTIQUES. IQ

aux conducteurs des chars qu'on pouvait attaquer par-derrière, et dont le bas de la jambe jusqu'au mollet éiaii; protégé par le rebord du char. On voit dans le Musée de Naples de belles cnémidcs en bronze trouvées dans un tombeau de Pestum.

On peut remarquer des charnières aux bandes disposées en écailles qui terminent la cuirasse. Ces bandes devaient être en métal et se prêtaient aux mouvemens du corps. Elles paraissent garnies et bordées en cuir.

Le parazoniwn ou paraineriuni , était une espèce d'épée large et courte, \\n poignard, qu'on portait ordinairement attaché à la ceinture, ce qu'indique le premier nomj le second marque que cette arme tombait le long de la cuisse. Il paraît que le parazonium différait de l'épée en ce qu'il était beaucoup plus court, et qu'on le portait ordinairement à droite j cependant cet usage a varié. On voit â gauche , dans les statues des Empereurs , l'arme qu'on est convenu d'appeler parazoaium j c'est une marque de commandement 5 il fait partie du costume héroïque. Celui des héros homériques est placé très -haut sous l'épaule gauche, et presque horizontalement. Titus le porte suspendu à un baudrier très-étroit 5 il y en avait de fort larges. Dans les temps reculés, un des bouts du hanàviev , balteus ou télamon , était fixé par plusieurs tours de la courroie au haut du fourreau , et l'autre ^ers la pointe, nommée par les Grecs mykcs ou champignon. Les baudriers étaient souvent très-ornésj on les confond quelquefois dans les auteurs avec le ceinturon zoma ou cinguJum. II ne faut pas mettre d'anneaux ou de bélières aux fourreaux d'épées des temps héroïques.

Les bas-reliefs encastrés dans le piédestal de cette slatne représentent un génie et une victoire. C'e5t un ouvrage du quatrième siècle, de même que celui sous le n° 263 ce que fait croire le travail grossier, et ce que prouverait i'étendart ou lahanim , s'il était positif que cet étendart, d'origine barbare, n'eût été adopté par les Piomains que du temps de Constantin , comme le croient quel' ques savans.

Haut. o,3iora. — 11 p. 61.; larg. o,449 m» — 1 p.4 P- ?'•

3o CLAUDIUS DRUSUS, buste de bronze.

Haut. 0,785 m. — 2 p. 5 p.

Ce buste , fi' un très -beau travail et tiré du cliàteau de Fontainebleau , a pour piédestal un autel triangulairç

20 DBSCRIP'iroN

^levé au culte de Cybèle sous le cinquième consulat àer Conslance Chlore et fie Maximien Hercule l'an de l'ère clirëtlenne 3o5, à l'occasion des cérémonies d'un sacrifice superstitieux qu'on appelait taurohole. Les cymbales , la syringe , le pin , le bucrane , le pedum sur les côtés de l'autel, font allusion à ce sacrifice. Les cymbales , du genre des nôtres , sont attachées à ime courroie, ainsi qu'on le voit dans plusieurs peintures antiques. L'inscription a été publiée, dans le Trésor àe Muratori , p. 871 , no 2.

Haut. 1,078 m. — 3 p. 5 p. lol. j larg. Oj588ra. — i p. 9 p. 9I. Le laurobole est souvent joint dans les inscriptions au crtohole , ■sacrifice d'un bélier. Les auteurs profanes n'en-parlent pas ; mais. Prudence en donne de grands dctarls dans le martyr de S. Romain. Ce sacrifice purificatoire fut établi à Fiome sous Antonin Pie, l'an qiS de Rome, r6o de J. C. Une des cérémonies consistait à immoler un taureau avec une cpée d'une forme particulière , et à en faire découler le Fang sur rra prêtre vêtu d'une robe de soie, et qui , placé dans une fosse recouverte de planches percées d'un grand nombre de trous, n'en perdait pas une goutte. Outre les cornes de la victime on consacrait sous les noms de ^ires tauri les for^gs du taureau, ce qui le distingue du bœuf. ■Ce sacrifice dégoûtant purifiait pour vingt ans l'Empereur , la ville ou le particulier qui l'avaient fait offrir. Il paraît qu'une des cérémonies se nommait mesonyctiuni , et se célébrait la nuit. Parmi ^es orncmens du prêtre qui recevait le sang du taureau bu du bélier , on cite ïoccabus qui devait être une espèce de collier ou de bracelet. L'épéeîauroboliquc avait au-dessous de la pointe un cro- ■chet qui la faisait ressembler a la harpe de Persée et de Saturne. Au-dessous de la croisée est encastré un bas-relief sépulcral stir lequel est sculptée la demi-figure d'une femme grecque.

Haut. 0,608 m. — I p. 10 p. 6 1.5 larg. 0,428 m. — i p.5p. 10 l.

3 1 NÉRON EN VAINQUEUR DES JEUX DE LA GrÈCE ,

Statue^ marbre pentélique.

Haut. 3,24? m- — 6 p. 1 1 p.

'Cette figure, presque nue, suivant le costume liéroï- ^ate , sst très-remai-quabie , païce qu'elle nous offre ifefc

traits de Néron , quoiqu'ennoblis par l'artiste. Ses cheveux sont serrés par un bandeau appelé proprement diadème , qui servait autrefois d'ornement à la tête des Rois , et qui était en même temps le signe distinctif des vainqueurs dans les jeux sacrés de la Grèce. Néron, qui avait remporté des prix dans ces jeux , soit dans les concours des citharèdcs , soit à la course des chars., oubliait le rang de maitre du monde , au point d'être vain de ces honneurs de théâtre.

Le diadème ou cette bandelette des athlètes vainqueurs était ordinairement de laine i)Ianche ou rouge. Elle diffère du bandeau royal, dont les extrémités retombent sur les épaules. On ne doit pas <lonner de bandeau royal aux premiers Empereurs romains. Cet ornement , particulier aux Rois , était en horreur à Rome j les Empereurs les plus absolus n'osèrent pas le porter , et ce fut Aurélien qui le premier en para sa tète. Il ne fut en usage que depuis Constantin. Collection d'Orsay. Mon. du Musée, t. 5, pi. 21.

02 ExlS-RELIEF qui représente Cupidon monté sur un char auquel sont attelés deux dromadaires 5 ce qui peut avoir rapport à des jeux du cirque , où l'on introduisit des courses de ces animaux. Il en est question dans la vie de Néron et d'Élégabale. Ge bas-relief a. dû faire partie de ceux de la salle d'Hercule et de Télephe , qui ont rapport aux jeux du cirque.

Haut. o,25o m. — o p. 9 p. 3 I. j larg. o,54i m. — i p. 8 p.

OOTRAJAN y statue} marbre pe/ltéliqne.

Haut. 2,112 m. — 6 p. 6 p.

L'Empereur porte une cuirasse finenrent décorée de sculptures. Le buste d'Isis sculpté sur la poitrine y tient lieu de la tête de Méduse. Une longue draperie , ou le paludamentum plié , tombe du bras gauche de la figure , et enveloppe les hanches. La tête est antiqxle, mais rapportée. NIon. Gab. n» 3.

ïia représentant Trajan pieds niids dans ses aeux

23 BESCRIPTION

Statues, on a peut-être voulu indiquer <Jue cet Émpsïeur marchait presque toujours à pied à la tète de ses troupes , et qu'il traversait ainsi les riA'ières.

Le bas-relief du piédestal représente deux époux coucliés sur un lit de repas, et servis par d'autres personnages , parmi lesquels on distingue une femme portant une guirlande pareille à celle du bas-relief, n" 2.5. Haut. 0,622 m. — ^ i p. 1 1 p. o I. j larg. 0,541 m. — i p. 8 p.

ô/L[. CLAUDE , buste de hrojize.

Haut. 0,75 m. — 2 p. 5 p.

Le lière de Germanicus , successeur de Caligula , est couronné du laurier des Césars. Château d'Ecouen. Nfon. du Musée , t. 3 , pi. 17.

05 CTPPE liE C. CoE-UNCANius OmcuLA, de la tribu pollia f et tribun de la légion vingt-unième , surnommée la rapace. Il avait la direction d'ouvriers attachés à ce corps. Sur les cotés du cippe sont sculptés un prcféricule et une patère. Très. Grut. p. 398, n** 10.

Haut. 1,018 m. — 3 p. I p. 7 1, j larg. 0,759 m. — 3 p. 3 p. 8 î.

06 STÈLE, ou monument sépulcral de Mosclius , fils de Moschus , ainsi que nous l'apprend l'inscription grecque f|u'on y lit.

Haut. 0,731 m. — 2 p. 5 p. 5 larg. 0,449m. — i p. 4p- 7 !• Le travail est grossier, mais il y a une jolie inieuiion dans la pose du jeune homme et dans les draperies.

ô^ CALIGULA, statue^ marbre pentélique.

Haut. t,g5 m. — 5 p. 1 1 p. 10 1.

L'Empereur est revêtu de la cuirasse. Musée royal f vol. 3 5 M. Granger, dess. 5 M. j. J. Avril, grav. Mus, Bou. vol. 3.

La tête est rapportée et un peu petite , mais ce défaut rend cette statue plus conforme au portrait de Caligula dans Suétone.

La chaussure qu'il porte n'est pas la caliga , chaussure militaire qui, composée d'une simple semelle attachée avec des courroies ,

DES ANTIQUES. 2j

laisFait le pied à dJcouvert et ne montait que jusqu'à la cheville. Cette chaussure-ci serait plutôt Valuta, qui était faite en peau de chèvre ordinairement noire j les femmes les portaient en blanc et plus légères. Au reste , malgré les monumens et tous les ouvrages écxits sur les chaussures antiques , il règne encore beaucoup d'incertitudes dans cette partie du costume des anciens.

ôo BAS-RELIEF, sur lequel on voit £guvé, en liermès, Eacchus indien ou barbu, en compagnie de plusieurs génies qui semblent préparer une cuve pour les vendanges. La composition de ce bas-relief est très-jolie, un beau cratère sert de cuve, un génie goûte le vin en y trempant sa main , un autre veut s'y plonger, et les deux autres éprouvent déjà les effets de la liqueur bachique.

09 ÎDEUX RHYTONS, ou cornes a boire, en marbre pentélique , se terminant par le bas en têtes de taureaux , et s'évasant avec élégance vers le haut , sont ornés de branches et de feuilles de lierre. Parfaitement évidés en dedans, ils étaient destinés à l'usage d'une fontaine. L'arrangement qu'on a donné à ces deux morceaux de sculpture semble indiquer le même usage 5 et la cuve antique de marbre de Luni placée au milieu, comme si elle allait recevoir les eaux qui vont couler des rhytojis, est ornée de cannelures et de quatre muffles de lions.

Elle a de hauteur 1,067 ™- — 3 p. 5 p. 5 1. ; de long. 2,3Dom. — 7 p. 3 p. 2 1. j et de larg. 1,126 m. — 3 p. 5 p. 7 1.

Les premiers vases furent faits avec des cornes de Ijûeufs ou d'autres animaux auxquelles depuis on ajouta des têtes en guise d'ornement. Cette forme s'est conservée dans des vases de terre qui rappelaient leur origine à une époque où l'on n'en faisait plus en corne. On voit dans des peintures antiques que la partie inférieure du vase était percée d'un trou, et qu'on buvait sans l'approcher des lèvres , et en faisant tomber la liqueur de très-haut; comme cela se pratique encore dans plusieurs pays parmi le peuple. Les différentes collections de vases antiques offrent beaucoup de rbjtons de formes très-varices en terre, ornés de peintures. On en

^4 ÙESCRIPTiO-V

faisait même en verre , et l'on en porta un d'or et de trçnte co;^dées de longueur à la pompe bachique de Ptol^mc^e Philadelphei ce que Ton prend souvent pour des cornes d'abondance pourrait n'èire que des rhytons remplis de fleurs et de fruits, l'allégorie ïi'cn serait pas moins ingénieuse. Fil. Borg.

Chaque rhylon a de hauteur i,545 m. — 4 P- Q £>•

q.O L^ESPAGNE , has-relief^ marbre pentélique.

Haut, 0/85o m. — 2 p. 7 p. 5 1. j larg. 0,731 m. — 2 p. 3 p. Cette tête colossale d'une grande manière et d'une belle fixécution , couronnée de raisins et debranclies d'olivier, semble indiquer cette région si fertile en vins et en huiles. Un lapin qu^on voit à gauche rappellerait qtiê ce gibier y abondait. Cependant cette tête peut aussi représenter l'automne et les plaisirs de la chasse. ViL J^org. st. 6 j n» i/j.^

^'[.1 GRAND BAS - RELIEF tiré de quelque monumepî public des Romains 5 il représente une cérémonie religieuse célébrée devant le temple de Jupiter Capitolin, dont les trois portes indiquent les trois nefs consacrées à trois divinités associées, Jupiter, Minerve et Junon. ru. Borg.

Haut. 1,968 m. — 6 p. o p. 81.J larg. 2,^78 m. — 7 p. 7 p. 2 I.

La manière dont les toges de ces personnages sont ajustées, est différente de celle qu'offre ce vêtement dans les statues. On ne voit pas ici la masse de plis nommés unibo (voyez le n° m). Il est possible que ceci tînt aux rites particuliers de quelque sacrifice , où ou laissait la toge traînante, comme dans d'autres on la relevait.

Le haut de ce trumeau est orné de plusieurs morceaux dfe sculpture d'ornement. On y distingue, dans un trcs-petit basrelief, une pompe bachique et le fragment d'une frise qui repré'^ sente deux griffons , entre lesquels est un vase.

42 TE. A J AN, statue; marbre de Paras.

Haut. 2,oo4 m. — 6 p. a p.

La cuirasse de Pcmpereut est d'un travail excellent, .lie masque deTriton , c|ui tient lieu de la tête de Méduse,

I>ES ANTIQUES. ûS

^.eut faire allusion aux flottes romaines qui parurent sous Trajan dans la mer des Indes 5 et le trophée a rapport à la guerre des Daces. Mon. Gah. n» 3.

Le bas-relief du piédestal représente les génies de la chasse.

Haut. 0,529 ^^' — I p. o p. 2 1. j larg. o,534 m. — i p. 7 p. 9 1.

é^O TITUS ) buste de bronze.

Haut. 0,720 m. — 2 p. 2 p. 7 1.

Cebuste , qui fait le pendant de celui de Claude , n» 34> a probablement été découvert dans la même fouille 5 ils avaient sans doute orné , Pun et l'autre , la basilique de quelque colonie romaine. Chat, de Richel. Mon. du Musée ^ t. 3, pi. 27. Musée Bou. vol. ler.

44dPPE) 01^ tombeau de lafemmeetdes,enfans d'j^«///*

Fabius PotJiinus. Cette inscription a été publiée par le

Marquis Maffei, dans le Muséum Veronense , p. 253,

Haut. i,o65 m. — 3 p. 5 p. 4 !• J larg. 0,697 ™' — ^ P- ^ P- 9 •

45 BAS-RELIEF qui représente un homme couché sur un lit de repas. Devant lui est préparée une table ronde à trois pieds ( mensa tripus ) , suivant l'usage le plus général des Grecs et des Romains.

On voit auprès de la table un pocillator ou pincerna , jeune homme qui servait à table , vêtu d'une simple tunique , mais avec soin. Les bas-reliefs des monumens funèbres en offrent souvent, «t ils sont toujouis d'une très-petite proportion , comme personnages accessoires.

Haut. 0,758 m. — 2 p. 4P'jIarg> o,356m. — 1 p. i p. 2I.

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