‹ Description des antiques du musée royalChapitre 7 sur 92 · MUSE , buste } marbre de Paras · texte numérisé non relu

MUSE , buste } marbre de Paras

Haut. o,65o m. — 2 p.

Des plumes arrachées aux Sirènes ornent la tête d« cette Muse , dont la bouche semble s'ouvrir pour chanter sa victoire. Le corps et les plumes sont modernes. iV/a/i, du Musée, t. 1 5 pi- 39.

65 EURIPIDE , statue; marbre grec dur.

Haut. o,55o m. — i p. 8 p. 4 !• La table de marbre adossée au siège sur lequel le poète est assis , augmente le prix de ce monument. On y a gravé le catalogue de ses pièces. Ce catalogue, quoique mutilé , intéresse l'histoire de la littérature grecque. Il contient trente-six des soixante et quinze pièces qu'il avait composées. Celle d'Epeus n'est connue que par ce

hiarbre. La plLntlie offre le nom ô.^ Euripide, et on a pu heureusement rétablir d'après d'autres monumens la tête et les symboles de la figure qui étaient perdus. D'après une indication de la plinthe et un reste de tenon, dans le montant de gauche du siège , il paraît que le poète tenait à la main une haste pure ou sans fer , ou un sceptre, ainsi qu'on en donnait à quelques divinités ; le masque tragique et le thyrse, attributs de Bacchus, inventeur de la tragédie , conviendraient aussi à Eiîripide. La manière dont il est vêtu ressemble à celle des statues de Jupiter. J^il. Alh. Winkelm. Mon. inediti , no x68. Mon. du Mus. 1^2, p. 68^

66 PORTRAIT INCONNU de femme, buste i marbre de Paras.

Haut. o,6o8 m. — i p. lo p. 6 I.

Quoiqu'aucun renseignement ne nous indique positi- Yement le sujet de ce beau portrait , désigné autrefois , peut-être trop légèrement, par le nom de Plautille j il se pourrait cependant que ce fût celui de cette Princesse , embellie , et avant qu'elle eût adopté la lourde coiffure qu'on voit à ses têtes. Les sourcils ont à-peuprès la même conformation que ceux du n" 52 ; mais • ici elle est moins prononcée. Ancien Garde-meuble do la Couronne. Mon. du Mus. t. 3 , p. 3,8.

67 DEESSE , buste ^ marbre grec.

Haut. 0,794 m. — 2 p. 5 p. 4 f.

Ce buste , d'un style grandiose , semble avoir été exécuté pour représenter une déesse qu'aucun attribut ne caractérise. VU. Borg.

00 CARACALLA , buste ^ marbre pentélique. Haut. 0,4.87 m. — I p. 6 p.

Le regard farouche et le mouvement de la tête vers le côté gauche font ressembler parfaitement ce portrait

3{i DESCRIPTION

à celui que nous présentent les médailles de Caracalla , qui avait la folle ambition de paraître terrible , et voulait imiter Alexandre-le-Grand dans sa manière de porter la tète. Ce buste, très-beau, a beaucoup souffert des injures du temps. Mus. Bou. v. 3.

Quoique à cette ëpoque les arts fussent déjà en décadence , comme le témoignent les bas-reliefs de l'arc de Septime-Sévère , cependant la grande quantité de bustes que l'on faisait faire exerçait les artistes. On en trouve de très-beaux de cette époque , et dignes des meilleurs temps ; mais on faisait beaucoup moins de statues,

69 SIEGE DE BAIN, rovge aMique.

Haut. 0,819 m, — 3 p. 6p. Sl.jTarg, 0,622 m. — i p. 11 p, Ce siège , exécuté en rouge antique de la plus belle qualité , et décoré de quelques ornemens en sculpture d'un goût excellent , était destiné pour l'usage des bains , comme on le voit par les cavités pratiquées au milieu de la foulée. Âîus. du Vat. Mon. du Mus. t. 4 ? pi. 33.

yoBAS-RELIEF GREC , représentant probablement AcKillc assis avec Pa trocle , son ami , et Automédoii qui conduisait son char de guerre. Ce n'est qu'un frag-.^ ment d'un bas-relief plus considérable. Patrocle tient à là main un parazoïiium , et l'on pourrait croire, à l'aiipensif d'Achille , que c'est le moment où il prête ses armes ù son ami, et qu'Automédon va tristement préparer le char du fils de Thétis que Patrocle ne pourra pas remplacer. Vi-l. Borg.

Haut. 0,768 m. — 2 p. 4 P- ; lai'S' 0;89B m. — iî p. 5 p. 6 1,

J7 X DÉDALE ET PASIPHAÉ , bas-relief.

Haut. o,8<)7 m. — 2 p. 9 p, 2 1. 5 larg, 2,428 m. — 7 p. 7 p. 8 1, Le délire de la fille du Soleil , éprise d'un taureau , fait le sujet de cette composition, ainsi que d'un morceau inimitable de la sixième églogue de Virgile. La fable est distribuée en trois actes. On voit à la gauche

BE« ANTIQUES. OÇ

flu spectateur Pasipliaé assise et trîste; Ciipidon est à ses genoux. L'héroïne semble s'entretenir de sa passion fatale avec un des pâtres de Minos son mari. Une vache de bois , mobile sur des roulettes , est construite par Dédale et par ses ouvriers dans le second acte. Dans le troisième, l'amante égarée est conduite par Cupidon, ministre de la colère de Vénus , vers la vache de bois , déjà achevée , dont l'intérieur est accessible par une «spèce de marche-pied à plusieurs degrés. Les deux génies debout, aux deux cAtés du bas-relief, ne font pas partie de la composition. Winckelmann a publié le premier ce monument, Monumenti inediti ^ n» 93. Vil. Borg.

Des fragmens de frises anticpies sont placés au-dessus du bas-relief; une autre frise , exécutée dans le quinzième siècle , est encastrée au-dessous. Des génies, des guirlandes, un masque de Méduse et des mufles de lions en font l'ornement. VU' Borg.

ni VITELLIUS , huste ; marbre de Paros gris. Haut. 0,437 m. — I p. 4 P- 2 1.

Ce beau portrait est celui du rival d'Othon , et semble annoncer , par l'embonpoint que l'artiste lui a donné , la vie crapuleuse de ce Prince. Il est encore douteux si ce buste , exécuté d'ailleurs dans une belle et grande manière , n'est pas dû à quelque excellent ciseau du seizième siècle. Mon. du JVIusée , t. 3 , pi. ^5.

Une légère particularité pourrait donner beaucoup de force à «es soupçons. La draperie est attachée par une Gbule sur chaque épaule , ce qui n'est pas dans le costume des hommes chez les Romains, et décèle un ouvrage moderne.

y 3 NYIMPHE, statue ^ marbre de Paros dur. Haut. 1,663 m. — 5 p. i p. 6 I.

Elle est dans l'attitude de s'approcher d'une source pour y puiser de i'eauj de la main droite elle relève sou

40 BESCRIPTIOÎT

pallium pour ne pas le mouiller, tandis que son pied, s'avançant vers l'extrémité du bord , parait s'appuyer sur une boule ; le bras gauche levé soutient l'urne qu'elle s'apprête à remplir.

De pareilles statues existent dans plusieurs collections , et prouvent la célébritt^ de leur commun original. II y en avait une à la ViUa d\l:ste, à Tivoli, qui portait écrit sur la plinthe le nom de la nymphe Anckirroë. La boule est dans celle-ci quelque chose de singulier. On peut croire que cet accessoire n'est qu'une allusion aux jeux des nymphes , que la poésie grecque peint toujours folâtrant sur les bords des rivières et des fontaines. ]\e pourrait-on pa» soupçonner cette figure de représenter Nausicaa , la fille d'Alcinotis , telle qu'Ulysse la vit près d'une fontaine , et jouant à la sphaera, espèce de ballon , avec ses compagnes. Cette opinion est d'autant plus plausible, que, suivant Athénée, liv. i'% Agallis , grammairienne de Corcyre , attribuait l'invention de ce jeu à !Nausic«a, et qu'elle est la seule des héroïnes qu'Homère y fasse jouer. Sa tunique, beaucoup plus longue qu'on ne le voit ordinairement, et qui est à peine retenue parla seconde ceinture ,feroil penser que la jeune princesse se dispose à se baigner. Jardins de Versailles. B'Jus. Fr. v, 2j M. Granger , dess. j M. Avril fils, grav. Mus. Boa. V. i". Mon. du Mus. t. 2, pi. 42.

L'inscription sépulcrale de Claudius Honoratus , encastrée dan» le piédestal, a été publiée Tpar F abretti ^ c. 1 , n° 264. Haut. 0,40 m. — I p. 4 ?• 3 1.

r'^ BACCHUS , statue ; marbre de Luni.

Haut. 0,866 m. — 2 p. 8 p. j larg. 1,999 m. — 6 p. i p. 10 1. Le Dieu de l'automne à demi-couché sur la dépouille d'une panthère , et caractérisé par sa couronne de pampres et par la corne remplie de raisins c|u'il tient dans sa main gauche, semble caresser un enfant, probablement un de ses génies , s'il ne ligure pas plutôt l'àme de la personne dont le tombeau avait ce groupe pour couronnement. Vil- Borg. st. 3j n^* i.

73 LES NÉRÉIDES, sarcophage^ marbre pentclique. H. 0;6i5. — î p. 10 p. 8 1.; larg. 2,38m. — 7 p. 3 p. 10 1. Les bas-reliefs d'excellente sculpture qui ornent la

face Je ce sarcophage , représentent un chœur de quatre Néréides couronnées de lierre , portées sur des Tritons et sur des monstres marins, et escortant, à travers les ilôts de l'Océan , des Génies , symboles des âmes humaines, qui font route Tcrs les iles Fortunées, séjour des bienheureux. Les Néréides sont remarquables par la grâce de leur pose et l'élégance de leurs contours.

Couronnées de lierre et au milieu des flots , ces nymphes tenaient à la terre et à la mer j elles eurent, suivant Orphe'e, une grande part à la propagation des mystères. La ciste que porte un Triton , le taureau dont Je nom se retrouve parmi plusieurs épithètes de Bacchus , peuvent avoir rapport aux mystères de cette divinité. Les autres accessoires tels que le cheval et l'ancre j la lyre et un griffon qu'on aperçoit difficilemeut; et le bouc rappelaient Neptune , Apollon et Vénus : EyUragia ( portée sur un bouc ) est un des surnoms de cette déesse. Ce que Ton a piis pour des pattes de langouste n'est qu'une partie d'une peau d'animal qui flotte sur l'épaule d'un triton. Sur l'un des côtés du sarcophage , des tritons sonnent du buccin et tiennent une ancre et une rame. Mus, Fr. V. /\ j M. Mariette , dess. ; M. F. Massard , grav. Mon. du Musée, t. 2 , pi. 43 et 44- Mus. Bou. v. !*"■.

Le sarcophage est posé sur deux supports de porphyre qui ont formé autrefois les pieds de la cuve précieuse placée maintenant à Rome sous le maître-autel de Sainle-Marie-Majeure.

fjG MITHRAS , bas-relief.

Haut. 2,545 m. — 7 p. 10 p.j larg. 2,758 m; — 8 p. 5 p. 61. Ce bas-relief mithriaque est le plus considérable de tous les monuniens qui nous restent de ces superstitions venues de l'Orient. Le speleum , ou antre de Mithras ^ s'ouvre dans le milieu de la composition : on y voit ce Génie du soleil en habit persan accomplir le sacrifice mystique du taureau. Suivant l'opinion de plusieurs savans, c'est une allégorie cosmologique : le taureau immolé est le symbole de la lune; sa blessure, d'où le sang s'écoule , signifie les influences de cette planète \ le serpent est l'emblème de Sabaziiis ^ divinité que le

4^ CESCRIPTION

paganisme confondait avec Bacchus , et qui était censée présider à ce qu'on appelait l'élément humide. Ce serpent semble -vouloir léciier la blessure du taureau. Le chien est le symbole de la canicule , le scorpion de l'automne 5 la chouette, au haut de la grotte, est consacrée à Minerve , divinité dont l'air le plus pur était le domaine. Les deux figures dans le même costume , dont l'une soulève , l'autre renverse un flambeau , sont les génies du Jour et de la Nuit. Au-dessus de l'antre, on Tt'ojl: la terre revêtue de ses productions , et éclairée par le Soleil et la Lune courant sur leurs chars opposés.

Le mante.iu que Mithras porte par- dessus sa tunique parait être la caridys , qui , de même que la chiamide et le paluda- TitenUini, s'attachait avec une agralfe. La cancJys des Rois per^^ns était ordinairement blanche ou pourpre. Les bas-reliefs persépolitains offrent des (igures ainsi vêtues. Les têtes de celui-ci ont été restaurées d'après celles d'autres monumens.

Ce bas-relief, que des inscriptions antiques , dont une partie n'a pas pu être expliquée , rendent plus remarquable, et qu'on voit gravé «lans plusieurs ouvrages, avait été consacré à Rome dans le chemin souterrain qui ouvrait le passage du champ de Mars au Forum à travers la montagne du Capitole. Fil. Borg.

'J'J JULIE, riLLE d'Auguste, en Cérès, statue^ marbre de Paras.

Haut. 1,67901. — 5. p. 2 p. .

LaDéesse de l'agriculture , ayant sur la tête une couronne et dans la main un bouquet de ces précieux épis dont elle fit présent au genre humain , est ici représentée couverte d'un ample pallium d'une étoffe légère, miusapé y orné^e longiies franges, qui l'enveloppe entièrement. La tête paraît cire le portrait de Julie, fille unique d'Auguste . et qui, douée d'une beauté et d'un «sprjt remarquables, fat mariée, au jeune Marcellus , à. Agrippa et à Tjbèie , et mourut de misère en exil après ûvclr dojuié l'excnipîr de tous les désordres. La main

gauche, très-jolie, est antique. On sait qu'il est rare *|u''elles se soient conservées dans les statues antiques , et qu'elles leur ajoutent beaucoup de prix. Ancienne collection de la Couronne. Mon. du Mus. t. 3 , pi. i3. L'inscription de Claudia Hedonê ., encastrée dans le piédestal , se fait remarquer par les expressions qui annoncent le désespoir de cette mère malheureuse. Gruter f p. 6j6 , no 1 1 .

78 INSCRIPTION sur une table de marbre de Lunî, qui ae lisait autrefois à Gabies sur la façade d'un temple de Vénus , élevé l'an 1 60 de l'ère vulgaire , sous les consuls //. Venuleius Apronianus et L. Sergius Paullus par A. Plutius Epaphroditus , marchand de soieries , et qui avait en outre la cliarge à''Accensus VclatJis , dont on ne connaît pas les fonctions. Il consacre à la déesse une statue en bronze qui la représente 5 un autel et quatre autres statues de bronze , placées dans des niches fermées de portes de même métal. L'épithète de Vera , donnée à Vénus, vient sans doute du nom de la fille de Plutius , et celui à''£pap h redite, qu'il porte , devait lui faire honorer d'un culte particulier la déesse de la beauté, nommée Aphrodite par les Grecs. Pour célébrer la dédicace de ce temple , Plutius distribua une somme entre les sévirs augustaux , les décurions et les marchands de la ville de Gabies, et donna dix mille sesterces à cette république , sous la condition que , tous les ans , le 4 des calendes d'octobre ( 27 sept. ) anniversaire de la naissance de sa fille Plutia Vera , les décurious et les sévirs ( magistrats des villes munlcipale»i , au nombre de six ) se réuniroient à un repas public paye avec les intérêts de cette somme. Si ses intentions jie sont pas exécutées sur ce point, la somme de dix mille sesterces est aussitôt dévolue à la ville de Tusculum. • Cette inscription oiFre plusieurs choses à remarquer pour

l'orthographe , des B pour des V, une N pour un X , exprimant les deniers 5 un D j»our un T 5 XS pour X. Eli© a servi à assurer les noms de deux consuls. M. Visconti l'a savamment expliqué. Mon. Gab. p. i85.

Haut. Oj73i m. — 2 p. 3p.j larg. 1,625 m. — 5 p.

yo PUPIEN , hust3 ,• marbre de Luni.

Haut. 0,370 m. — 1 p. I p. 8 1.

Le collègue de Balbin est représenté dans ce buste d'une manière parfaitement conforme à son effigie empreinte sur les médailles impériales. Chat. deR.ickelieu. JS/Ion. du Mus. t. 3 , pi. 74-

Ce buste et une statue de Pupien prouvent qu'il y avait encore à celte époque ( l'an aSS ) quelques artistes de me'rite ; mais ce .sont pour ainsi dire les derniers.

Page 1