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CENTIMÈTRES

Fig. 76. — Chapiteau à Larnaca.

surmontant une architrave formée d’une face plate terminée dans sa partie supérieure par une baguette demi cylindrique (qui est ici épannelée seulement et figure en coupe un demi-octogone). Cette corniche se retrouve non seulement dans le tombeau d’Apis cité ci-

1. On peut ajouter que, comme les mausolées égyptiens, celui-ci est exactement orienté nord, sud, est, ouest.

dessus, mais dans de nombreux monuments phéniciens (corniche du tabernacle d’Amrit : — Renan, Mission , pl. 10 ; pilier à Gébal, ibid., pl. 20 ; corniche phénicienne, ibid., p. 5o8 ; ibid., pl. 9, etc.

— tombeaux de la vallée de Josaphat à Jérusalem, édicule de Siloé, etc.). Nous pouvons joindre à cette liste qui pourrait être plus longue, un autre exemple inédit de l’emploi de ce cavet ou corniche égyptienne ; c’est

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Fig. 78. — Chapiteau des pilastres d’angle, ordre du soubassement plein. A. B. C. Coupes sur les fleurons ou les volutes.

une corniche que j’ai dessinée, dans l’île de Chypre, à Larnaca, en 1879; les fouilles que l’administration anglaise faisait alors pour

enlever des matériaux afin de combler un marais voisin, avaient mis au jour de nombreux fragments appartenant à un édifice complètement démoli et bouleversé ; cet édifice était d’ordre ionique, j’en donne ici le chapiteau 1 2 et la corniche (fig. 76 et 77).

2° Le chapiteau du pilastre d’angle du soubassement.

En voici un dessin (fig. 78.) Il consiste en un chapiteau à volute unique sortant d’un fût lisse auquel il est, pour ainsi dire, raccordé par une double série de triples cannelures en relief figurant comme des liens et formant astragale ; la volute n’a que deux spires, et près de l’astragale, se raccorde par une inflexion qui rappelle certaines palmettes et antéfixes de l’art grec archaïque 3 ; en trois points s’échappent des fleurons à moitié épanouis, dont un ressemble à des boutons de lotus, et deux à une fleur de lotus presque ouverte et de sentiment tout à fait égyptien. Imaginons le pilastre déplié suivant son axe (fig. 80), de façon à ce que les plans des volutes et des faces se confondent, comme le montre la figure ci-contre, n’aurons-nous pas un motif absolument semblable comme esprit aux exemples qui l’accompagnent? Le premier de ces dessins (fig. 79) est emprunté à un petit monument punique que j’ai dessiné au Musée de Saint-Louis à Carthage, un cippe (fig. 84 et 85) que possède le même Musée semble être une réduction de soubassement du mausolée punique de Dougga; le second est composé des deux fleurs de lotus accolées (fig. 81) que je

1. Ce chapiteau a été déjà publié par MM. Perrot et Chipiez dans leur Histoire de l'Art (t. III, p. 24, fig. 198).

2. Cf. Supplementary to the antiquilies of Stuart and Revett, by Cockerell,

Kinnard, Donaldson, Seinin W. Railton, Londres, i83o, vol. IV, fig. Cet D, page 1 3, athémion formant antéfixe,les antéfixes du temple de Jupiter à Égine et surtout celles du Parthénon.

Fig. 79. — Fragment punique au Musée de Saint-Louis à Carthage.

rappelle ici et qui esl tirée d’un sarcophage égyptien. — Dans les

Fig g0. — Figure théorique du chapiteau du soubassement du mausolée.

chapiteaux de Dougga les fleurs de lotus sont traitées dans un esprit

Chapiteau ioniçue trouvé aNeandi^eia

Fig. 82. — Chapiteau ionique trouvé à Néandreïa.

peut-être un peu plus réaliste que les sculptures égyptiennes, mais, à coup sûr, cette indication de liens formant astragale1 est bien caractéristique (on la rencontre du reste sur de nombreuses colonnes

1. On peut rapprocher de ce chapiteau de pilastre, deux autres chapiteaux cypriotes dont l’un est au Louvre et l'autre au Musée de New York (Perrot et Chipiez, t. 111, fig. 5i et i52). Pliés suivant leur axe vertical, ils représentent à peu près l’aspect du chapiteau de Dougga, cependant celui de la figure ibi montre bien le commencement de l’intlueuce grecque (pahnettes aux angles supérieurs). 11 eu est de même du chapiteau ci-joint (fig. 82) trouvé à Néandreia et publié par J. Clarke du petit chapiteau que j’ai dessiné au Musée de Girgenti en 1882 et qui décore une petite vasque en pierre d’époque grecque (fig. 83.)

Fig. 81.

égyptiennes). Nous retrouverons ensuite les moulures de l’architrave et de la corniche qui surmontent cet ordre, dans un des meghàzil

d’Amrith (Renan, Mission, pl . 16,

/ — - - 17), etc.

L’influence grecque se manifeste :

i° Par ces moulines qui. ici comme à mrith, ne sont autres qu’un talon sur monté d'un listel.

a0 La disposition de l’appareil qui peut èlre considérée comme une variété du d/îuciséâoucv puisque les assises hautes et les assises basses alternent ; les joints sont traités avec la perfection particulière aux œuvres grecques. Cet appareil se le soubassement et dans l’étage supérieur.

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