‹ Description des antiquités de la régence de TunisChapitre 26 sur 46 · De forme orientale · texte numérisé non relu

De forme orientale

Fig. 10b. — Plan du temple de Dougga.

A, mur byzantin. — CBB'C', face postérieure de la ceila. — DEE', niches. — FF', murs latéraux. — G, intérieur de la ceila. — K, fouille. — H, Porte. — .1, couronnement de la porte. — II*, angles de la ceila. — J M" J'", colonne. — N, cour. — OOjO», construction arabe. — P, écurie.

à décroître, éclaire la façade un peu de côté. A ce moment, la face de la frise est un peu dans la demi-teinte, l’ombre propre des lettres est plus forte et le biseau opposé à l’ombre est en pleine lumière et se détache en clair.

Voici cette lecture1 :

Jovi optimo maximo et Junoni reginae et Minervae augustis sacrum, pro salute Caesaris Marci Aurelii Antonini , Augusli et Lucii Veri Augustorum, Armeniacorum , Medicorum , Parthicorum ... Marcus Simplex Regillianus et Marcius Simplex Regillianus sua. pecunia fecerunt.

On remarque une lacune entre Parthicorum et Marcus ; cette lacune comprend justement, les indications de puissance tribunitienne qui pourraient fixer exactement la date de la dédicace de ce mouument.

Néanmoins, elle nous donne une date suffisamment approximative de l’érection du monument, puisqu’elle se rapporte à l’époque où Marc-Aurèle s’était associé à l’empire Lucius Verus, c’est-à-dire la période qui s’étend de l’an 161 après J. -G. à l’an 169.

Ce monument, l’édifice romain le mieux conservé de la Tunisie (au moins parmi ceux que j’ai pu étudier jusqu’ici dans ce pays), offre un grand intérêt, autant par la délicatesse et le style de son ornementation que par l’ensemble à peu près complet de ses dispositions antiques, j’ai donc pu en faire une étude assez étendue et qui serait complète si j’avais pu dégager l’escalier antérieur et faire une fouille assez importante pour retrouver trace du pavage antique de la cella.

Ce temple est d’ordre corinthien, tétrastyle prostyle pseudopériptère, c’est dire que la cella est précédée d’un portique composé de quatre colonnes en façade; ce portique se retourne sur les lianes de la cella dont une colonne latérale le sépare; les angles et peut être les faces latérales de la cella étaient décorées par des pilastres d’ordre corinthien en stucs ou en enduits (nous décrirons plus loin les indices certains de cette disposition). C’est donc une ordonnance analogue comme portique antérieur, aux temples que j’ai étudiés à Sbeïtla1 en 1882-1883 et, pour les pilastres cantonnant les angles de la cella, une disposition analogue à celle du temple d’Auguste et de Livie à Vienne ; on pourrait aussi supposer une ordonnance de pilastres sur les faces latérales de la cella (comme dans les petits temples latéraux de

x. J'ai rendu sur la frise l’état actuel de l’inscription, (pl. IX). 1. Rapport de iS83, pi. TI. p. 169.

Sbeïtla) 1 : ce qui peut donner une certaine probabilité à cette hypothèse, c’est qu’en restituant ainsi des pilastres latéraux on en obtient cinq (compris ceux d’angle), dont les espacements sont à peu près égaux à l’entre-colonnement.

Aujourd’hui, comme la plus grande partie des murs latéraux de

Fig. 107. — Façade postérieure du temple de Dougga.

la cella sont détruits ou rasés à une petite distance du sol et encastrés dans des constructions arabes, on ne peut remarquer ces traces de pilastres que sur l’angle antérieur est et sur les deux angles postérieurs de cette cella (toute la face postérieure est debout presque jusqu’à la hauteur de la corniche). Cette partie postérieure encastrée dans l’enceinte byzantine qui constituait la forteresse construite par

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