‹ Description des antiquités de la régence de TunisChapitre 27 sur 46 · Rapport de i883, pl. II, p · texte numérisé non relu

Rapport de i883, pl. II, p

l’ordre de Justinien et qui comprenait une partie de la ville antique a été conservée en partie. La portion de l’angle ouest du mur de la cella a même été si Lien préservée par le mur byzantin A (fig. 106) qui lui est accolé que les enduits de cet angle sont visibles dans la partie supérieure du mur. En montant sur ce mur, j’ai découvert sur la face externe du mur CG de la cella des cannelures modelées dans l’enduit qui revêt ce mur de taçon à figurer un pilastre; dans une autre partie B (façade postérieure, fig. 107) j’ai noté aussi la présence des enduits. Ces cannelures profondes correspondent comme dimensions aux cannelures des colonnes du lempie. Cette indication est précieuse, en ce qu’elle nous indique le mode de décoration adopté pour cette partie de la construction.

Bruce, dans les précieux dessins qu'il a laissés de ce temple, indique, avec la conscience qui lui était habituelle, la façon dont les façades latérales étaient construites (fig. 112 et 1 r 3) . Ce sont de grandes pierres posées en délit et formant des chaînages verticaux alternant avec des parties formant harpe, et reliés les uns aux autres par une maçonnerie en moellons, fortement raidie par ces piles verticales 1 . Jusqu’ici, nous n’avions trouvé, en Tunisie, de constructions analogues que parmi des monuments appartenant à une époque assez basse, l’indication absolument certaine du pilastre en enduit correspondant à l’ordre nous prouve que cette partie est contemporaine du pronaos. Voici donc une construction du milieu du 11e siècle présentant évidemment les mêmes caractères; il ne faudra donc plus, en Afrique du moins, attribuer cet appareil à une époque de décadence, à moins qu’on n’y trouve, comme à Teboursouk, par exemple, de nombreux fragments de monuments antiques utilisés dans le mur même, soit pour la construction de ces harpes, soit pour la composition des remplissages qui garnissent leurs intervalles.

La partie postérieure de la cella de ce temple est construite de la façon suivante : maçonnerie en blocage avec harpes verticales et angles en pierres de taille. Les voyageurs qui nous ont précédé ont toujours attribué à cette partie une origine toute différente et y ont vu l’abside d’une église2, à cause des trois niches qui y sont pratiquées; nous venons de voir que l’existence de ces enduits détruit cette hypothèse qui n’aurait pas dû se produire, étant donnés l’existence de ces enduits et l’alignement exact avec les côtés du temple dans lequel se

1. Comparer avec Kasr-el-Ahmar du Rapport de i883, p. ôy, fig. 106 et 107 et l’église de Maàtria étudiée dans le Rapport de i885.

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