‹ Description des antiquités de la régence de TunisChapitre 28 sur 46 · Guérin, Playfair, etc · texte numérisé non relu

Guérin, Playfair, etc

trouvent les restes de cés murs. Une autre preuve convaincante de l’existence de ces pilastres d'angle est celle-ci :

Aux angles postérieurs est, ouest et est antérieur de la cella, où existent encore les angles de la construction, on remarque en B (façade postérieure et façade latérale fig. 107 et 109) exactement à la hauteur du tailloir des chapiteaux corinthiens de l’ordre du 'pronaos , une en-

Fig. 108. — Entablement du temple de Dougga, face latérale de gauche.

laille profonde; au-dessous de cette entaille, qui a, à peu de chose en largeur près, les dimensions du tailloir, sont disposés symétriquement des trous réguliers, trois en haut, deux plus bas, correspondant : les trois du haut aux caulicoles du centre el aux volutes d’angles, et les deux du bas aux feuilles inférieures du chapiteau. Ces trous ont évidemment servi à fixer des crampons de métal auxquels s'accrochaient les chapiteaux des pilastres, chapiteaux en stuc (comme tant de chapiteaux, à Pompeï). Ces chapiteaux avaient un tailloir rapporté qui était probablement en pierre dure ou en marbre et s’incrustait dans la rainure dont j’ai parlé plus haut; cette disposition, fort logique, avait probablement pour but de protéger contre la pluie ce chapiteau de stuc, comme nous protégeons, à Paris, les moulures de plâtre par des bandes de zinc placées sur leur face supérieure. Sur l’angle est antérieur de la cella (fig. ni), des trous sur la face latérale, et sur-

tout sur la face antérieure, existent sur toute la hauteur, disposés par séries horizonlales de deux, espacés horizontalement de près de om,a5

et espacés irrégulièrement dans le sens vertical. Ces trous recevaient aussi des crampons destinés à retenir l’enduit formant les pilastres.

Voici donc établie d’une façon certaine la date de la cella : elle appartient au temple et a été construite en même temps que lui, puisqu’elle porte des traces irrécusables de l’existence ’ d un ordre de pilastres corinthiens en stuc de la même proportion, et cannelés comme l’ordre du pronaos. Bien plus, sur la partie supérieure du mur de la cella et vers 1 angle postérieur est on remarque une partie de corniche, en C (fig. 107 et 111), au même niveau que la corniche de 1 ordre et simplement épannelée, comme l’indique le croquis ci-contre

1. Sur les parties en pierre en délit de la face ouest de la cella, des stries régulières ont été laissées (trace des outils), afin de faire mieux adhérer les enduits, les lits au contraire sont soigneusement dressés.

Fig. 110. — Temple de Dougga, façade postérieure. Corniche épannelée pour recevoir un enduit en stuc.

(fig. no); cette partie a des modillons et une moulure au-dessous. La ligne qui circonscrit le détail de ce fragment (en coupe) montre comment étaient appliqués les enduits. Voici encore un exemple d’emploi d’enduit décoratif analogue aux nombreux exemples que l’on a découverts à Pompeï. — (On sait que tous les morceaux d’architecture trouvés dans cette ville étaient en lave revêtue de stucs d’une grande finesse.)

Fig. in. — Temple de Dougga, façade latérale de droite.

Voit-on maintenant de quelle nécessité il est de défendre absolument les fouilles dans les monuments antiques, à moins qu’elles ne soient faites par des archéologues compétents . Cette cella, exemple curieux, et peut-être unique dans la Tunisie tout entière, de l’emploi indéniable des stucs dans la décoration extérieure, était jusqu’ici considérée comme une adjonction due à l’époque chrétienne ; les explorateurs qui nous avaient précédé y avaient vu une église construite sur les ruines d’un temple païen, on avait été jusqu’à y découvrir l’indication des bas-côtés. On y a même pratiqué des fouilles avant mon arrivée, et depuis l’occupation. Qui aurait empêché de détruire une partie de cette cella , considérée comme construction de basse époque et, par conséquent négligable ? Il n’en a rien été, c’est heureux, mais cela aurait pu arriver. Sur la foi des auteurs on aurait tout simplemeut commis un acte de vandalisme. C’est pourquoi j’insiste tout particulièrement sur la nécessité d’adjoindre un architecte

compétent aux archéologues à qui incomberait la mission de faire des fouilles en Tunisie. Il est impossible qu’avec des notions purement littéraires on puisse conduire des fouilles à bonne fin, et de même que pour l’épigraphiste les règles de la langue et les règles de l’épigraphie sont absolument nécessaires pour qu’il puisse produire un travail scientifiquement utile, de même pour l’étude de l’archéologie monumentale dont les fouilles archéologiques sont certainement une branche fort intéressante, il est absolument nécessaire de connaître non seulement la langue de cette science, c’est-à-dire l’architecture

et la construction, mais encore les règles particulières de l’archéologie du pays que l’on étudie.

Le fond de la cella (pl. IV) est décoré de trois niches : une demi-circulaire et deux rectangulaires en plan et en élévation. On remarque

i. Cette niche circulaire a son arc de tête appareillé en partie en cas de charge, c’est-à-dire que les trois premiers voussoirs, au lieu d’avoir leurs joints tendant au centre, les ont horizontaux. Cette disposition a pour but de diminuer la poussée, en diminuant la longueur de la partie dont les joints sont obliques. La même disposition se retrouve à Sbeïtla dans l’appareil des grandes niches des temples latéraux A et C (Rapport de i883, fig. m5, temple de gauche). — M. Dieulafoy ( L’Art antique de la Perse ) cite l’emploi de cette méthode des tas de charge, dans les plus anciens monuments voûtés de la Perse. L’application de cette méthode a été faite à Rome dans les édifices en brique, et en Orient dans beaucoup d’édifices byzantins (Choisy). Nous n’avons pas à citer ici les nombreux emplois que le moyen âge français a faits de cet appareil.

sur la face intérieure de la cella des trous faits dans les pierres qui forment les montants et l'arc de tète de la niche ainsi que dans les niches latérales. Ces trous étaient destinés aussi à loger des crampons retenant les enduits. Tout l’intérieur était donc enduit, et des fouilles pourront peut-être indiquer si ces enduits étaient peints; en dégageant la base des murs on retrouvera probablement des fragments d’enduits encore en place.

Sur le linteau de la porte de la cella on lit l’inscription suivante : L. Marcus Simplex Regillianus et L. Marcus Simplex Regillianus

Fig. n 3. — Façade du temple de Dougga, d’après Bruce.

S. P. F., parfaitement conservée ; la porte est intacte et debout, il ne manque que la corniche qui est tombée à terre (fig. 1 1 5). Cette porte a des crossettes mais pas de frise; son chambranle se compose d’une moulure formée de deux talons séparés par des listels. Cette mouluration est d’un beau caractère. Les faces extérieures du chambranle, à droite et à gauche des moulures extrêmes, et les faces intérieures sont d’un travail grossier, ce qui prouve qu’elles ont reçu des enduits comme l’intérieur et l’extérieur de la cella. Des fouilles, dans la cella , avaient été faites par des officiers quelque temps avant mon arrivée à Dougga ; je ne sais pas si elles ont amené la découverte du pavage de la cella du temple, soit en dalles de pierre, soit en mosaïque plus ou moins ornée.

Cette porte est un des rares exemples de portes antiques qui se soient conservées jusqu’à nos jours. On les compte : la porte de l’Érechteion, sur l’Acropole à Athènes ; la porte du temple d'Hercule, à Cori ; la porte du temple de Yesta, à Tivoli; la porte du Panthéon, à Rome ; la porte du temple dit la Maison Carrée, à Nimes ; la porte du temple d’Auguste, à Ancyre ; la porte du temple de Jupiter (le petit temple), à Baalbek; il faut y ajouter celle du temple de Dougga. La face postérieure porte les entailles dans lesquelles étaient scellés les gonds des portes (fig. 1 14 en SS). Nous avons vu à Sbeïtla ( Rapport , p. 76, fig. 1 38, GG) que les gonds des portes faisaient partie du linteau de la porte. A Sbeïtla, il est probable que les moulures du chambranle étaient rapportées, comme peuvent l’indiquer les séries de petits trous qui sont visibles autour de la porte du temple du milieu (/{apport, p. 69, fig. 125). Dans les temples de Sbeïtla l’éclairage était’, nous l’avons vu, fait par l are de décharge bandé au-dessus du linteau de la porte et resté vide, des traces d’attache du grillage y sont même visibles ( Rapport , fig. 1 35 cc ). Ici, rien n’indique que cette supposition soit impossible. Nous avons retrouvé la corniche de la porte (fig. 116), qui est actuellement enfouie en partie, dans \e pronaos . Bruce, à la fin du siècle dernier, l’avait encore vue en place (dessin de Bruce reproduit d’après l’ouvrage de Playfair, fig. 1 13 en G. Dans cette vue on remarque encore en place l’angle extérieur ouest de la cella , ainsi qu’une grande part ie du mur ouest dans toute sa longueur et à près de 3 mètres de haut. On voit le soubassement du temple complètement dégagé dans la moitié de sa longueur, et, dans la seconde moitié, enterré en partie ; ce dessin montre la vue de la cella posant d’aplomb sur ce soubassement dont la moulure supérieure se continue sur toute la longueur de la façade latérale.

Passons maintenant à l’étude de l’ordre corinthien.

Il s’élève sur un soubassement peu élevé dont un sondage m’a permis de déterminer exactement la hauteur. Gomme l’indique Bruce

1. Comme aussi au temple de Medeïna, Rapport de 1 883, p. ig5, fig. 339. — M. Dieulafoy, Art antique de la Perse , 2e partie, p. 38, note 1, dit : « La cella de Parthénon, j’en suis convaincu, ne recevait de jour que par la porte d’entrée ». Il expose, à l’appui de son opinion, la remarque qu’il a faite que dans les pays chauds et secs, où la lumière est si intense, il a souvent remarqué que le jour venant par la porte d’une salle, même située derrière un portique, suffisait pour éclairer suffisamment la salle. Nous avons remarqué souvent en Égypte, en Tunisie et en Italie le même fait. Un exemple à l’appui : les bureaux de la division installés au palais Hussein à Tunis ne sont souvent pas autrement éclairés que par la porte d’entrée, les fenêtres sont fermées, et cependant quoiqu'un portique précède la porte, on y lit facilement.

dans la vue donnée plus haut, il se compose d’une partie verticale formée de deux assises chacune de om,46 à o'n,47 de haut, Couronnée par une moulure, un talon surmonté d’un listel et reposant sur un soubassement de om,55 de haut et très probablement composé d’un talon renversé et d’une partie verticale. (L’état de dégradation1 de la pierre, dans la partie que j’ai fouillée, est tel que la moulure est détruite, la masse générale subsiste seule.)

Fig. 1 14. — Temple de Dougga, face postérieure du fronton montrant la porte

et le pronaos.

AB, pierres du fronton. — C, corniche. — D, chéneau. — E, bahut recevant la charpente. — F, trous de levage. — G, joint d’une colonne. — J, frise. — H. maisons arabes. — I, mut' byzantin.

Ce soubassement se terminait de chaque côlé, et en avant du pronaos par deux piédestaux longs, un à droite, l’autre à gauche, comprenant entre eux les marches de l’escalier rachetant le niveau de la

i. La cour formée autour et dans le temple par les constructions arabes sert d’étable, et est remplie d’une couche de fumier et de détritus pourris sur une hauteur de près de 2 mètres. On connaît le rôle actif des fumiers dans la nitrification. L’azotate d’ammoniaque formé par l’action des pluies et de l'air sur le fumier a été entraîné par ces eaux contre le soubassement du temple et en a salpêtré et par conséquent rongé une partie. Un déblayement préserverait toutes les parties enterrées, de cette lente destruction.

cella. Ces deux piédestaux portaient probablement les statues de Marc-Aurèle et de Lucius Verus auxquels le monument était dédié, sous la consécration à Jupiter Junon et Minerve, dont les statues se trouvaient dressées dans les niches du fond de la cella. (Nombreux temples de l’Afrique du nord dédiés à la triade latine Jupiter, Junon et Minerve. — Ceux de Sbeitla probablement.)

Fig. n5. — Temple de Dougga, assemblage des architraves d’angle.

Les bases de l’ordre sont bien profilées et se composent d’une plinthe surmontée d’un tore inférieur et d’un tore supérieur raccordées par deux scoties séparées l’une de l’autre par une baguette et deux listels.

Les colonnes sont monolithes, sauf la colonne est qui se trouve en retour, entre la colonne d’angle de la façade et l’angle de la cella , qui est composée de deux morceaux en G (fig. 1 1 4) •

Fig. n6. — Détail de la corniche de la porte (avec profils).

Ces fûts sont décorés de vingt-quatre cannelures demi circulaires traitées avec fermeté. Ils sont très légèrement renflés au milieu et fusiformes par conséquent, du moins ceux des côtés. On remarquera que ce renflement est celui qui est indiqué par Vitruve sous le nom d 'entasis 1 ; je ne pense pas que ce renflement ne soit qu’apparent et

j. Vitr., lib. lit, cap. ni, § i3.

soit dû à l'altération de la partie inférieure des cannelures. Pour apprécier exactement ce renflement j’aurais eu besoin d’instruments plus précis que ceux dont je disposais et d’un temps plus calme (à Dougga j’ai presque toujours eu du vent). Néanmoins cette diminution est appréciable, non seulement d’après les mesures que j’ai prises mais, encore sur toutes les vues photographiques que j’ai faites.

Les chapiteaux sont d’un fort beau travail, les feuilles très fermes et très bien modelées, d’un style certainement aussi beau que celui des beaux chapiteaux des temples de Sbeïtla. Les tailloirs décorés de canaux et d’oves sont fins et légèrement soutenus par les volutes complètement évidées. Les architraves sont simplement moulurées et ne portent pas sous leur face inférieure ces beaux soffites si richement sculptés que nous avons vus à Sbeïtla. La frise est décorée sur sa face principale parl’inscription quenous avons mentionnéeen commençant, mais elle est lisse sur ses faces latérales. La corniche de l’entablement et le fronton sont, au contraire, d’une grande richesse de décoration, je vais les décrire en détail, (pi. V).

Au centre du fronton ' se détache en bas-relief une figure virile, demi nue, enlevée sur les ailes d’un aigle, nous avons indiqué ( Bulletin des Antiquités africaines, fascicule xi, p. 4o, note) déjà que ce bas-relief pris par S. Greenville Temple et M. V. Guérin, pour l’enlèvement de Ganymède, doit être plutôt la représentation de la consecratio de l’empereur (cf. avec le bas-relief central de la décoration de la voûte de l’arc de Titus. Rich, Dict. des Ant., art. Consecratio). Ce serait la consecratio de Lucius Verus dont la mort (169) serait survenue pendant l’achèvement du temple. La partie droite de ce groupe qui n’a pas été achevée est restée seulement épannelée, l’angle gauche du fronton a aussi à son extrémité une partie inachevée et laissée en masse. Ces oublis sont singuliers.

1. On doit remarquer ici le tracé particulier de l'appareil de la partie supérieure des corniches rampantes du fronton (pl. V). Les appareiller verticalement c’était s’exposer à avoir, près des angles, des coupes trop aiguës. On a balancé ces joints en les traçant suivant les rayons d’un cercle dont le centre serait sur l’axe du temple à son intersection avec le sol de ce temple sur lequel reposent les plinthes des bases des colonnes d’un autre côté. Tracer les modillons perpendiculaires aux corniches rampantes, c’était s’exposer à avoir celui de l'axe composé de deux modillons déformés. Les tracer verticaux, c’était commettre, pour ainsi dire, un non-sens ; on a pris un moyen terme par lequel celui d’axe devient vertical, et les extrêmes presque perpendiculaires au rampant : pour cela, on lésa tracés suivant les rayons du cercle indiqué ci-dessus. Ce balancement est assez particulier pour être remarqué.

L’entablement est d’un fort beau style, les feuillages des modillons, les rosaces sculptées dans le soflîte de là corniche entre les modillons, les ornements de la doucine, les trèfles, les rais de cœur, tout rappelle comme exécution les plus beaux morceaux d’architecture de l’époque des Antonins. Aussi doit-on prendre au plus tôt les mesures nécessaires pour préserver ce monument des dégradations qui le menacent, assurer sa conservation et son dégagement et procéder à ces travaux avec le plus grand soin.

Les pierres extrêmes du tympan du fronton ont été placées au moyen d’un artifice particulier (fig. 1 1 4, B, B et F, F), ainsi que les grands

Fig. 117. — Levage des frises et pierres du fronton.

morceaux de la frise (la partie du milieu de la frise mesure 7m,7 5) . Ces pierres portent dans leur partie inférieure une ou deux rainures peu profondes mais assez larges et parallèles, elles ont été guindées à leur place au moyen de machines puissantes1, et les cordes qui les attachaient passaient dans ces rainures, de façon à ne pouvoir glisser ni dans un sens ni dans un autre (fig. 117). Cette disposition avait encore cet avantage, de pouvoir poser directement la pierre sans interposition de cales, les entailles permettant de retirer les cordes la pierre une fois posée. Les constructeurs du temple de Dougga n’avaient pas osé »

1. Ces machines étaient munies de moufles, trochleae, et étaient analogues'à nos chèvres, comme l’indique 4le bas-relief bien connu du [Musée de Latran à Rome.

se servir pour celle opération du levage à la louve, croyant ce moyen insuffisant et Irop faible. Les trois pierres du milieu du tympan du fronton étaient plus minces que les deux extrêmes et pour racheter intérieurement l’épaisseur qui manquait, on a monté un mur d’assez grand appareil derrière cette partie qui se voit sur la face intérieure que nous donnons ici (fig. uj, A). — Nous n’avons pas pu nous assurer si ces parties du milieu avaient des entailles destinées au levage.

La face intérieure du fronton ne porte que peu d’indications nous permettant de restituer le système de charpente qui couvrait le temple; les pierres placées sur le haut de la corniche est et qui sembleraient avoir reçu l ’égout du toit ont disparu sauf une seule qui est à l’aplomb de l’angle correspondant de la cella. C’est probablement entre ces pierres que se trouvaient les intervalles devant recevoir les fermes. Ces fermes n’étaient donc pas encastrées comme à Sbeïlla 1 (Rapport p. 75 et 76, fig. 1 35 et s. ) dans les murs à la hauteur de la corniche et de la frise, elles devaient en être indépendantes, au moins au-dessous de l’entrait, et suivre la pente inférieure de la deuxième assise de la corniche du fronton. Cette seconde assise, la plus haute, est interrompue de distance en distance par des vides rectangulaires qui peuvent être l’indication des pannes (aux angles des frontons un petit escalier de trois1 2 marches permettait de descendre du toit et du fronton dans le chéneau sis sur la face supérieure de la corniche et formé pur un très léger défoncement demi cylindrique dans lequel se logeait peut-être un chéneau en métal). Comme je n’ai pu monter que jusqu’à la hauteur des modillons et que je n’ai pas pu passer sur la corniche, je n’ai pas pu examiner si des traces de crampons justifiaient cette hypothèse de chéneaux en métal.

La partie postérieure de la cella se décroche sur le rectangle formé par le temple, et la portion encore existante de ce décrochement arrive, comme on le voit3, presque au niveau du milieu de la première

1. A ce propos, je dois faire rectification d’une erreur que j'ai commise dans ce rapport, p. 76, 1. 11, 12, i3, dans la citation que j'ai faite de Vitruve — la citation que j’ai faite appartient à l’édition de D. Barbaro, Venet., 1567 qui à ce chapitre contient une interpolation. — Le texte restitué (Vitr. , édit. O. Hollze, Leipzig, 1869) doit être cité de la façon suivante : lib. IV, cap. 11 : eu P le columen, faitage ; en J ies columnæ, poinçons ; eu T, traustra ou entraits ; en K les capreoli ou chevrons ; en A les cantherii ou arbalétriers; en P les pannes ou templa; en T les asseres ou chevrons.

2. Peut-être n'est-ce que le logement d’un antéfixe d’angle en pierre; un autre sur le fronton aurait^complété cette décoration qui n’est d’ailleurs pas inusitée.

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