Vase à col étroit, Rich, Dict. des ant., au mot Urva
D) Amphithéâtre. — Ce monument presque entièrement construit en blocage est complètement enterré. Ce n’est qu’à l’ovale dessiné par le relief qu’il forme sur le sol qu’on reconnaît la destination de cet édifice.
E) Mausolées. — Deux mausolées sont près de cet emplacement. Le premier, le plus à l’est, est presque complètement ruiné mais les restes qui subsistent encore au-dessus du sol sont assez significatifs pour indiquer la forme de ce petit monument.
\. Face restaurée du mausolée. — 2. Plan. — 3. Coupe en long. Essai de restitution.
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Il formait un carré cantonné de pilastres À aux angles. Ces pilastres sont cannelés. Dans l’intérieur, des loculi en forme de niches C sur plan rectangulaire et fermés par un arc appareillé en moellons; un massif D placé devant la porte d’entrée soutenait probablement un escalier. Une grande niche E devait très probablement contenir une statue, à moins que cette face ne fût comme l’autre divisée en trois loculi. Au niveau B une légère retraite indique la naissance d’une voûte en berceau qui couvrait la salle ainsi formée. Cet édifice est construit en blocage ; sauf les arcs des loculi, les pilastres cannelés sont faits en enduit. Un stucage général revêtait l’ensemble, et des moulures et ornements y étaient figurés (comme aux mausolées d’Haouch-Tâcha, Rapport de i88'i-83, p. 4r). L’autre mausolée qui est enclavé au milieu de constructions postérieures était assez élevée lorsqu’il était intact, probablement analogue à ceux de Sidi- Aïch ou de Kasrine {Rapport de 1 8 8 a - 8 3 , p. 1 1 a et 157). L’étage inférieur existe seul actuellement. Il est construit en grands matériaux, blocs de om,5o de haut ; en D' on voit encore les moulures du
Fig. 17. — Détail d’un pilastre d’angle de ce mausolée.
soubassement. La salle formée par l’étage inférieur est carré, on y entre par une porle de om,95 de large. La salle inférieure a 2m,8o de large sur 2m,75 de long; elle était éclairée par trois barbacanes très étroites. La voûte qui recouvre cet espace est une voûte d'arète en poterie dont les arcs diagonaux avaient été formés de dalles de pierre peu épaisses ou de grandes tuiles dont la section est très plate1 et qui ont
Fig. 18. — Mausolée à Chemtou.
1. Coupe du mausolée. — 2. Plan du mausolée et des constructions d’époque postérieures qui l’eutourent. — 3. Détails des moulures, D' profil du soubassement extérieur. — C' corniche qui reçoit les retombées de la voûte.
laissé leur empreinle dans le mortier. La plus grande partie de ces poteries ou tubes de terre ( Rapport de 1 882-83, p. 35, fig. 44) est tombée, mais il en reste quelques-unes adhérentes à la voûte, et la forme de celles qui sont tombées est empreinte aussi dans le mortier qui les recouvrait et qui est encore en place. Cette voûte repose sur sur une moulure C (doucine) complètement dénaturée par une altération profonde de la pierre.
i. Voici la méthode suivie pour construire cette voûte : une première croûte en poterie est maçonnée. Ces deux arcs en grandes tuiles dessinent les arêtes de la voûte, le blocage est empilé ensuite sur cette sorte de forme, le constructeur s'attachant seulement à donner plus d’épaisseur aux reins de la voûte qu’il n’en donne aux clefs. Les tubes de poterie sont disposés en cercles parallèles dont les plans sont verticaux et perpendiculaires aux axes des deux cylindres générateur de la voûte d'arète.
A une époque postérieure on a élevé autour de ce mausolée des constructions diverses en blocage, en B une salle avec deux niches, en E une salle au premier étage, entre B et C une salle terminée par une abside en forme de trilobé. En E, le pavage de la salle est formé par des briques posées de champ et formant trois à trois des carrés réguliers. Ces briques sont très petites et carrées.
F) Maisons. — Dans toute la parlie déclive qui s’étend au sud sudouest du Djebel-el-Hadjela et des carrières se trouvent en B de nombreuses ruines de constructions en blocage et voûtées ayant probablement servi autrefois à l’habitation des ouvriers des carrières. Elles offrent généralement l’aspect commun à toutes les constructions que nous avons étudiées à notre premier voyage en 1882-88, à Hadjeb-el- Aïoun, Henchir-Gatrâna, Henchir-Baroud, etc..., ce mode de construction bien particulier au pays s’est d’ailleurs maintenu de nos jours dans les villes et villages de la côte orientale de la régence.
Nous étudierons plus particulièrement une petite salle carrée située en F, et qui a pu servir d’habitation. Elle est construite en petits moellons ' ; la voûte qui la couvre est intacte et l’extrados de cette voûte qui forme comme la toiture de cette petite maison est revêtu d’une chape en ciment de tuileaux. La voûte est une voûte d’arête en blocage recouvert d’un épais mortier de chaux qui a conservé l'empreinte des planches ayant servi à former les couchis de la voûte; les naissances sont indiquées par des sommiers de om,55 de large. Dans les parties où l’enduit de la voûte était tombé, on aperçoit le blocage qui forme la voûte réelle, j’ai été frappé par une particularité d’appareil qui me semble inédite encore (pour les édifices romains du moins) et qui appartient à une conception toute particulière de la voûte d’arête.
On sait que les voûtes d’arète sont formées par deux berceaux (demi-cylindres) de même diamètre se pénétrant à angle droit; l’appareil qui vient nécessairement s’imposer à l’esprit du constructeur est l’appareil réglé suivant les génératrices du cylindre, c’est-à-dire par assises à joints horizontaux dans le sens de l’axe du cylindre, chacune de ces assises étant appareillée de façon à ce que les lits forment des plans normaux à la surface intérieure du cylindre, ou intrados.
De là, pour les voûtes d’arête, un appareil reconnaissable par sa
i. Ce mode de construction en petits moellons dont la dimension moyenne et la forme se rapprochent assez de Celles des briques est très particulier h l’Afrique romaine et s’est conservé assez généralement dans la plupart des villes de la régence.
physionomie particulière; si l’on suit les joints verticaux, on voit les joints se chevauchant former des anneaux parallèles liaisonnés entre
Fig. 19.
A. Coupe de la salle F. — B. Plan de la salle F.
eux ; si l’on suit les joints horizontaux, on voit des lignes parallèles aboutissant aux arêtes de la voûte formées par l’intersection des deux cylindres et y rencontrant les lignes homologues de l’autre berceau.
Dans l’exemple que nous éludions ici, les arcs de tête seuls (ceux qui s’appuient sur les murs et s’y incrustent en quelque sorte) sont appareillés suivant cette méthode. La voûte elle-même qui s’appuie sur ces arcs est conçue dans un tout autre esprit.
Chaque quart de voûte semble former un quart de cône à génératrices curvilignes3, dont la base aurait pour rayon le rayon de l’arc de tète et qui aurait pour génératrice la partie d’arc formant l’arête de ce côté, c’est-à-dire un quart d’ellipse dont le grand axe serait la diagonale du carré construit sur les dimensions de la voûte en plan, et le
Fig. 20.
Extrados de la voûte de la salle F et partie supérieure des murs.
petit axe le diamètre de l’arc de tête. Ces quatre bases de cônes laissent entre elles une espace à remplir qui peut se décomposer en quatre triangles curvilignes et un cercle. Les triangles curvilignes ABC sont maçonnés grossièrement en blocage de moellons disposés parallèlement aux bases des cônes, et formant des parties presque plates; la partie CBC' B' limitée par une circonférence tangente aux quatre bases de cônes est couverte par une coupole en segment de sphère dont la flèche est excessivement courte; les rangées de moellons sont disposées suivant des cercles concentriques de plus en plus petits.
Néanmoins, malgré ce mode de génération et quoique les moellons dont est formée la voûte soient disposés en tranches parallèles dont la projection horizontale se rapproche d’un quart de cercle, on a brisé ces courbes au droit des arêtes surtout dans la partie inférieure, de
i. Il ne serait pas tout à fait exact de considérer ces cônes comme surface de révolution, la génératrice étant en A un arc d’ellipse, en B un arc de cercle.
Ces arcs de tète ont été maçonnés sur une voûte en poterie comme celle précédemment citée.
façon à conserver la forme de la voûte d’arète dans le tiers inférieur du demi berceau. Dans la partie supérieure, au contraire, et près de la coupole très surbaissée en calotte sphérique qui forme le raccord des quatre quarts de voûtes, la disposition circulaire et parallèle des lits est parfaitement visible. Nous sommes donc ici en présence d’une des nombreuses variétés de voûtes qu’engendra chez les Romains la nécessité de remédier aux accidents causés par les poussées. Nous verrons au temple de Dougga comment, de même qu’aux temples A et G de Sbeïtla1, ils ont su diminer la poussée des arcs en pierre de taille.
M. Choisy, ingénieur en chef des ponts et chaussées, a montré combien de méthodes différentes furent employées à Rome pour varier les structures des voûtes suivant la direction que l’on voulait donner aux poussées et les points qu’on voulait charger ou décharger. Les études que le même savant a publiées sur l’art de bâtir chez les Byzantins nous ont fait suivre l’influence de l’Orient et de l’esprit grec sur les traditions romaines. Nous ne serions pas éloigné de penser avec lui que dans l’antiquité (pas plus qu'au moyen âge, d’ailleurs) on ne s’est strictement tenu dans leë limites étroites d’une tradition de construction particulière. Différentes écoles se sont formées, modifiant les traditions romaines ou les types de la métropole pour les accommoder soit aux exigences des matériaux et du climat, soit aux traditions locales; ces écoles se sont, à leur tour, transformées sur place par un travail lent, et quand elles ont eu pour se développer une suite de périodes de prospérité pendant lesquelles on n’épargnait ni le luxe dans les constructions, ni les soins, ni la dépense, elles sont arrivées à des résultats fort différents après être parties d’une origine commune.
On a fait, bien avant nous, la comparaison des édifices byzantins de la Thrace, de la Macédoine et de Constantinople, avec ceux d’une partie de l’Asie Mineure, et surtout du Haouràn et de la Syrie centrale : la première école, construisant en brique et aboutissant aux voûtes si ingénieuses et si variées dont nous avons étudié, en 1879, de curieux exemples à Constantinople ; la seconde, partant des mêmes origines, appliquant aussi à la voûte romaine les recherches subtiles de l’esprit grec, et arrivant, en employant de grands matériaux et les voûtes d’appareil, à créer des types diamétralement opposés comme formes à ceux de la première école.
Dans notre architecture française, l’influence du climat et des