Pont d’Auguste à Rimini, par exemple
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sant au nord à Thabraca 1 et venant de Thibursicum Bure (Teboursouk), a été reconnue en divers points et notamment sur l’emplacement de la ville antique, comme nous le verrons dans l’étude du plan d’ensemble restauré de Simittus, plan dessiné par M. Caillat et dont nous donnerons une reproduction.
Les piles reposent sur un massif de pierres de taille de forme rectangulaire encastrées en partie dans le massif du radier et mesurant 1 1 , 9 1 de longueur sur 5 mètres de large. Au-dessus de ce massif une assise de om,67 de haut terminée à chacune de ses extrémités par un demi-cercle reçoit les assises inférieures de la pile. Celles-ci, au nombre de quatre, présentent une masse terminée à chacune de ses extrémités par un demi-cylindre et sont légèrement en retrait sur la première assise. Au-dessus, une seconde partie composée de cinq assises forme, comme nous l’avons dit plus haut, une pile dont les avant et arrière-becs sont des prismes droits dont la base est un arc brisé formé de deux arcs de cercle. Au-dessus de la dernière assise de cette partie, et à 6in,io au-dessus du massif rectangulaire, se trouve la naissance des arches. Le massif rectangulaire ou radier sur lequel sont assises les piles mesure près de 29 mètres de large sur toute la longueur du pont; c’est une masse de béton dont l’épaisseur, d’après M. Caillat, est de 2 mètres.
Les piles ont été construites de la façon suivante. L’enveloppe extérieure ou revêtement en pierres de taille a été montée de quelques assises; on y a pilonné ensuite une masse de béton qui en a formé le noyau, puis on a monté une nouvelle série d’assises, on a pilonné une seconde masse de béton dans le vide ainsi formé et ainsi de suite (v. fig. 23 et 25).
Les piles une fois construites on a posé le cordon D et les parties F couvrant la partie supérieure des avant-becs et des arrière-becs, puis on a posé sur ce bandeau deux ou trois premiers rangs de voussoirs en ayant soin de pilonner à chaque rang posé un lit de béton correspondant à ce rang et d’épaisseur égale. Les queues de ces premiers rangs de voussoirs sont assez longues et appareillées en tas de charge tandis que les autres voussoirs sont extradossés parallèlement à la courbe d’intrados. Cette première partie terminée, une fois que les bétons ont commencé à faire prise, on a posé sur le bandeau D les cintres en
1. En traversant Simittus, après avoir suivi la voie vers Carthage pendant a5o mètres environ. Cette voie traversait la ville antique en longeant, la basilique inférieure, passait à droite (au nord-est) du théâtre et au sud-ouest des thermes et rejoignait la route de Thabraca en contournant les thermes de l’ouest à l’est et en aboutissant à la voie des tombeaux, nécropole du nord-ouest,
charpente et on a continué à poser les voussoirs par rangées horizontales, à peu près jusqu’à la hauteur correspondante à l’angle de glissement, en construisant en même temps le massif de béton, assise par assise; ceci est encore parfaitement reconnaissable sur le massif de la pile sud côté amont (fig. 25). Ces massifs de béton doivent donc diminuer d’épaisseur à mesure qu’on s’élève, c’est ce qui se remarque en effet. A partir de la hauteur correspondante à l’angle de glissement, on a bandé les berceaux franchement par anneaux et probable-
Fig. a5. — Pont de Trajan à Chemtou. Première pile vue en amont.
ment en partant d’un arc de tète pour aboutir à l’autre arc de tète, soit d’amont en aval soit d’aval en amont. Ce qui peut faire supposer ce fait, c’est que les voussoirs sont moins liaisonnés les uns avec les autres à partir de cette hauteur; dans l’arc existant il ne reste même plus qu’un anneau du berceau demi cylindrique. Les voussoirs étaient posés à la louve et les trous de louve sont encore visibles surtout en amont (v. fig. 2 en A). Ce système de montage par anneaux parallèles quoique liaisonnés ensemble devait avoir pour résultat de charger peu les cintres (qui ne reposant que sur le bandeau D ne pouvaient pas supporter un très grand poids). On coulait ensuite et on pilonnait le béton par assises successives B et C pour remplir les reins des voûtes et former le massif sur lequel la voie devait s’asseoir. Les tympans étaient montés en même temps en pierres de taille. Enfin la corniche du
pont et le parapet terminaient la construction. Nous n’en avons pas trouvé de traces. La décoration des arcs de tète était probablement formée par l’appareil seul (arcs extradossés, et non en tas de charge comme au pont de Oued-Béja que nous étudierons plus loin). Les restaurations ont été nombreuses sur les tympans et probablement aussi aux arches nord.
Les murs de garde A" établis sur les deux rives du fleuve (M. Caillat ne suppose ces murs que sur la partie sud, mais l’état de ruine complet de la partie nord ne permet pas d’affirmer la non-existence d’un mur de garde à cet endroit encore plus exposé aux efforts du fleuve que la partie sud) sont en grandes pierres de taille dont les assises correspondent à celles des culées et des piles du pont. En A'" un mouvement s’étant produit, le mur a été renforcé par un mur épais relié à l’ensemble de la construction, ces murs sont couronnés du bandeau E. « Les canaux G qui se trouvent presque au niveau du fleuve au nord-est de l’extrémité nord du pont, et au bas du mur secondaire B" offrent une disposition toute particulière, des vannes les subdivisent et on peut y voir une série de cinq écluses dont les eaux faisaient mouvoir des roues à palettes placées dans la partie aval des canaux *. » 1 était la vanne de décharge; 2, 3, 4, 5, les vannes et les canaux destinés aux roues motrices. Ces roues ne devaient pas actionner, comme M. Caillat l’a supposé, des machines destinées à débiter, scier ou polir les marbres de Chemtou, jamais les anciens n’ont eu de pareils engins à leur disposition, il vaut mieux y voir des roues motrices agissant sur les meules d’un moulin qui fournissait une partie de la farine nécessaire aux habitants de Chemtou1 2. Les eaux qui alimentaient ce moulin étaient prises dans le fleuve par un canal de dérivation ayant son origine assez loin en amont du pont et aboutissant au réservoir F'. «Ce réservoir dont la partie sud était renforcée par les contreforts K, était formé par une série de voûtes rectangulaires reposant sur des piles de i mètre d’épaisseur, reposant sur un massif de fondation de im,4° de profondeur3. Chacun des compartiments voûtés et communiquant entre eux avait 5m,3o de long sur 3 mètres de large; les murs supportant les voûtes avaient 1 mètre d’épaisseur et 2m,2o de haut; c’est dans l’axe des murs transversaux que sont construits les contreforts demi cylindriques K épaulant le mur sud. Ces contreforts sont
1. Tout ce qui est entre guillemets est emprunté au travail déjà cité de M. Caillat.
2. On sait que les anciens connaissaient les moulins à eau. Vit., lib. X, cap. v (vulgo x), De rôtis aquariis et hydraletis, § 2.