‹ Description des antiquités et objets d'art composant le cabinet de M. Louis FouldChapitre 172 sur 380 · Œnochoë de forme allongée, avec une seule · texte numérisé non relu

Œnochoë de forme allongée, avec une seule

anse, Fabrique sicilienne. Le sujet est un épisode de la

guerre des Sept chefs contre Thèbes ; c'est peut-être le

combat de Tydée contre les cinquante Thébains qui l’atten-

sortait de leur ville.

daient dans une embuscade comme il A gauche, un héros barbu, entièrement nu, l'épée à la main, s'élance pour frapper un ennemi qui, la chlamyde sur les épaules, semble n’attendre son salut que des efforts de deux de ses partisans qui saisissent les bras de l’assaillant. Plus loin, un second groupe composé de trois héros; l'un

d'eux, armé d’une épée qu'il n’a pas encore tirée du four-

reau, est attaqué par les autres dont l’un le saisit par le

milieu du corps et cherche à l’étouffer tandis que l’autre

paralyse ses efforts en lui retenant le bras gauche. Des sem-

blants de noms sont peints auprès de cinq de ces figures.

Peintures noires sur fond jaune, H. 29 cent. Un vase qui offre un sujet analogue, bien qu’on n'y compte que cinq figures et que sur notre vase il y en ait sept, a été décrit par M. Otto Jahn comme appartenant au mythe célèbre des Sept chefs devant Thèbes. Voyez Verhandlungen der Künigl. Sachsischen Gesellschaft der Wissenschaften zu

Leipzig, t. V, pl. II, p. 21. On ne risque guère de s’ég

rer en suivant les traces d’un savant aussi distingué

qu'Otto Jahn ; mais je puis encore m'appuyer sur M. Roulez qui a publié un autre vase qui offre de grands rapports

avec le nôtre et qui le classe de même dans la nombreuse

série des monuments de cette célèbre expédition. Voyez Choix de vases peints du Musée d’antiquités de Leyde,

sand, 1854, pl. XI,

publiés et commentés par J. Roulez.

1381. — Amphore de Vulci. Combat d'Hereule contre les Amazones. Hercule barbu, nu, couvert de la dépouille

du lion, l'arc

et le carquois sur l'épaule, menace de son

épée une Amazone qui lui porte un coup de lance, tandis

qu'il foule aux pieds une Amazone dejà renversée. Une troisième Amazone placée derrière Hercule le menace aussi de sa lance. Toutes trois sont coiffées de casques à grands cimiers et à longues crinières; elles sont vêtues de courtes tuniques sans manches et sont armées de bou= cliers ronds et d’épées. Le fourreau de l'épée d'Hercule

est semblable à ceux des Amazones. Le bouclier de deux

des Amazones portent les mêmes emblèmes, deux annelets

qui se détachent en blanc sur fond noir; celui de l'Amazone qui frappe Hercule et lui est opposée porte pour emblème une jambe.

Revers : même sujet, dont il suffit d'indiquer les variantes. Ici Hercule est armé de la massue au lieu de l'épée,

ne renversée devant lui.

et il ne foule pas aux pieds lAm

Les trois boucliers portent ici les mêmes emblèmes, e’est-à-

dire chacun deux annelets. Peinture noire rehaussée de

blanc. H. 44 cent. Vente Samuel Rogers, n° 397.

On remarquera comme une singularité de voir le même

sujet traité sur les deux faces du même vase; cependant on

connait d’autres exemples de cette sorte de pléonasme pittoresque. Ainsi, dans le Cat. Durand par M. de Witte, on trouve, sous le n° 283, un vase qui porte comme celui-ci

le même sujet sur les deux faces, et c'est précisément

Hercule et une Amazone. Voyez aussi le n° 89 du même ouvrage. Sur notre vase, le sujet est bien le même, mais ce n'est pas toutefois une répétition, puisqu'il y a des

variantes,

2, — Amphore de Vulci, avec couvercle. Thésée et Pirithoüs combattant l’am

ne Antiope. Les deux héros sont à pied; Thésée, nu, mais coiffé d'un casque orné d'une crinière, se couvre de son bouclier et dirige sa lance

vers la poitrine de son ennemie. Pirithoüs, la tête nue, est

revêtu d’une chlamyde ; son bouclier est suspendu sur son

épaule ; il tient de la main gauche le fourreau de son épée

et dirige la pointe de sa lance par-dessus Thésée vers la

tête du cheval de l’Amazone. Celle

i, coiflée d’une tiare à larges fanons, porte un vêtement juste au corps rayé

ainsi que ses ana

des ou pantalons descendant jusqu'à la

cheville; son bouclier échancré (pelta) est suspendu sur son

dos son cheval et de la droite

de la main gauche, elle dirig elle frappe Thésée ou plutôt le bouclier que lui oppose AO près de Thés

un jeune héros quitte son vieux

celui-ci. On lit la formule K

Deuxième face :

c'est peut

être Thésée; il est nu, sauf la chlamyde ; sa tête

est couverte d’un casque à crinière ; il s’appuie de la main

droite sur sa lance et porte au bras gauche un bouclier

rond dont le symbole est un serpent; une jeune fille lui

présente une coupe dans laquelle elle a versé le vin d’une

ænochoé qu'elle tient de la main gauche. Le vieillard, barbu et enveloppé d’un manteau, contemple cette scène avec tr

fond noir. H. 41 cent., avec le couvercle, 47 cent.

Jaune sur

stesse ; il est appuyé sur un bâton. Peinture

1383. — Œnochoé d’ancien style, ouverture en forme de

trèfle. La décoration est divisée en trois bandes :

1° Épisode du siége d’une ville, sans doute Troie. La ville

est figurée par une muraille de trois assises de pierres carrées ; on distingue trois têtes de femmes qui du haut des remparts examinent ce qui se passe dans la plaine. Dans l'intérieur de la ville, derrière les murailles, deux femmes

vôtues de longues robes avec leurs jeunes enfants; l’une

de ces femmes tient un long bâton. Les guerriers sortent de la ville pour aller combattre ; on distingue un cavalier, un guerrier dans un bige et deux hoplites à pied. Le com-

aillants.

bat s'engage entre ces derniers et deux des a Derrière ce groupe, deux cavaliers ; l’un d’eux vient d’être frappé mortellement ; il tombe de son cheval; deux des siens ramassent ses armes qui lui échappent avec la vie.

Sur la deuxième bande sont représentés des animaux :

un sphinx, un taureau, un lion, un cerf, puis deux autr

sphinx qui, opposés

l'un à l’autre, posent la patte sur un

grand fleuron qui les sépare.

La troisième bande est ornée de fleurons qui ressemblent

aux couronnes à pointes usitées sur les monuments du

9 cent.

moyen âge. Peinture rouge sur fond blanc. H.

avec l’anse. Des vases de ce style se trouvent fréquemment à Corinthe ; cependant on leur attribue souvent une origine

phénicienne, Celui-ci est intact.

1384. — Amphore de Nola. Achille, debout, revêtu de la chlamyde qui flotte par-dessus sa cuirasse, les jambes nues, le casque en tête, s'appuyant sur sa lance. Le héros

porte au b

gauche un bouclier rond dont le symbole est un scorpion.

Revers : Briséis debout, revètue d'une tunique à larges plis, la tête nue. Peinture jaune sur fond noir. H. 34 c. 1385. — Grande amphore de la Basilicate, avec anses décorées de masques de Méduse en relief qui se détachent

en blanc sur fond noir; des cols de cygnes, également en

relief, élégamment dis à la na

ance des anses, ajoutent à la richesse de cette ornementation. La forme de

cette amphore porte le u° 83 dans le Catalogue Durand.

Sujet principal : Achille au moment où il vient de tuer Penthésilée reine des Amazones. Le héros, nu, sauf la

chlamyde, casqué et proté

par son bouclier, plonge sa

lance dans la poitrine de l'Amazone renversée devant h

Revêtue d'une robe étoilée, coiffée de la tiare phrygienne,

d'une main défaillante elle tient encore son bouclier

échancré

sa hache vient de lui échapper et se voit sur le sol aux pieds d'Achille; son cheval s'enfuit effrayé. Der rière Achille, Mercure avec la chlamyde sur les épau

debout, appuyé contre une colonne. A l’autre extrémité de

la composition, édicule d'ordre dorique. Dans les air n Victoire ailée apportant une couronne à Achille; Vénus

se, tenant un miroir et tournant la tête vers une hiérodule

as

qui lui apporte un objet de toilette; enfin, Minerve, assise

comme Vénus, revêtue d’une longue robe, sans casque,

mais

avec sa lance et son bouclier dont l’épisème est un

globule sur lequel paraît la figure d’un X.

Revers : sujet funéraire fréquent sur les vases. Deux Éphèbes nus et deux jeunes femmes apportant des offrandes à un tombeau. Sur la base carrée du tombeau est peint un canthare ; sur la colonne, une bandelette; au sommet de

cette colonne, une grenade. Sur le col du vase, tête de

Vénus et palmettes. Peinture rouge rehaussée de blanc

et de noir. H. 68 cent.; avec les anses, 81 cent,

1386. — Vase attique à fond blanc, à une anse. Le sujet, dessiné par un simple trait rouge, est un Éphèbe apportant

une offrande à un tombeau. H. 19 cent.

jeune guerrier e

. — Amphore de la Pouille, Sujet principal : un deux jeunes filles debout font des offrandes au tombeau d'Œdipe. Le guerrier est nu, sauf

une légère draperie jetée sur ses épaules ; il tient des deux

mains la bandelette dont il va décorer le cippe funéraire; il

n'a cependant pas quitté sa lance qu’il retient du bras droit.

Son bouclier et ses enémides sont placés contre le tombeau.

Celle des jeunes filles qui est placée derrière lui est simplement vêtue d’une longue robe, sans colliers ni ornements;

d'un geste gracieux elle retient sur sa têle une œnochoé

dont elle va faire des libations ; l'autre jeune fille, celle qui elle porte une robe par-dessus une longue tunique, et a des

est en face du guerrier, est plus richement vêtue ;

pendants d'oreilles et un collier; elle tient un coffret. La

tombe se compose d’une base carrée, en forme d’autel, qui

paraît de marbre veiné ; sur cette base sont déjà déposés deux vases funéraires d’offrande de la même forme que celui qui nous occupe; les sujets peints sur ces vases et qui se détachent en noir sur fond jaune, sont :

1° Un femme

homme et une

tenant ensemble une couronne ; 2 Un homme et une femme tenant ensemble une bandelette.

Sur la base carrée s'élève une colonne sur le sommet de

laquelle est placée une large coupe remplie de fruits et

décorée d'une bandelette

sur le fût, on lit cette inscription en deux lignes :

NOTOIMENMOAAXHNTER AIASPOAOAONTIOAY PIZON.

KOATIQIAOIAITIOAANAAIOYIONEXQ.

| Restituée, cette inscription donne les deux vers suivants :

C’est le tombeau qui parle :

Sur mon dos (à la surface) sont des mauves et des asphodèles aux nombreuses racines, ma

erme Œdipe, fils de Laius.

dans mon sein, Je ren

Une inscription semblable se lit, disposée comme ici, sur un cippe funèbre peint sur un vase publié par Millinen dans ses Ancient unedited monuments, pl. XXV, Ppar Eustathe dans son célèbre Commentaire d'Homère (voyez, t. IT, p. 1698. Édition de Rome,

sesseur inconnu qui à jadis fait restaurer notre vase a sans

. Le savant archéologue y a reconnu deux vers cités

542). Le pos-

doute été guidé, pour refaire une partie de l'inscription,

par le texte de Millingen. Sur le vase publié par ce dernier

la particule MEN a été omise, mais il l'a rétablie dans son

commentaire, et nous la retrouvons ici. On peut conjecturer que ces deux vers étaient devenus une sorte de lieu se p

nôtre et celui de Millingen et qu'on retrouverait peut-être

commun qui açait sur les vases funéraires comme le

sur d'autres encore. Les personnages représentés ici et qui

viennent déposer leurs offrandes sur la tombe d'ŒEdipe ne sauraient recevoir de noms. Il faut y voir, comme nous le disions en commençant, un guerrier el deux jeunes filles qui viennent honorer la tombe révérée d'Œdipe. En effet, si l'on était tenté de reconnaitre, dans les deux jeunes filles, Antigone et Ismène au tombeau de leur père, quel nom

donnerait-on au jeune guerrier qui les accompagne? On ne

peut songer ni à Étéocle ni à Polynice, puisque tous deux

maudits par leur père, s’entre-fuèrent peu après la mort

d'Œdipe sans avoir connu le lieu où reposait son corps, si

l'on s’en rapporte à la tradition suivie par Sophocle. Le

revers de cette belle composition, dont le dessin est d’un

style très-pur, n'offre qu'un sujet banal. Trois Éphèbes de-

bout, au repos. Ils sont enveloppés d’amples manteaux

celui du milieu

s'appuie sur un bâton. Dans le champ,

une bandelette. Peinture jaune sur fond noir. H. 48 ec.

1388. — Grande amphore panathénaïque, ou vase de prix, comme on en distribuait aux Panathénées.

Sujet principal : Minerve Promachos debout, vêtue d’une tunique talaire, sans manches, coiffée d’un casque à grand cimier, la poitrine couverte d’une égide à écailles entourée de serpents, portant au bras gauche un grand bouclier dont Pégase est l'épisème, et de la main droite frappant de sa lance. De chaque côté, une colonne d'ordre dorique surmontée d'un coq. Le lon lit: TON AOENEOEN

de la colonne de gauche, on

AOAO!

. Le prix à Athènes Revers : course pédestre. Trois hoplites, barbus, nus, courant, le casque en tête et le bouclier au bras. Les trois boucliers sont décorés chacun d’un même emblème peint en blanc sur fond noir avec une bordure rouge : un hoplite courant avec casque et bouclier, absolument semblable à ceux

qui exécutent la course sur le v e corbeille

se. Une granc

sans an

dérobe aux yeux du spectateur la jambe droite

du premier des coureurs. Peinture noire re e de blane. H. 6

On connaît dans les collections un certain nombre «

lauss,

cent.

amphores panathénaïques. Ces vases étaient destinés à être

donnés en prix aux vainqueurs à Athènes dans les fêtes cé-

lèbres de Minerve, connues sous le nom de Panathénées. Pin-

dare dans un passage devenu classique, et dont on doit l’inter-

prétation à Winckelmann !, parle de ces vases qui étaient, dit le poëte, ornés de peintures et qui, selon d’autres textes,

étaient remis au vainqueur remplis de l'huile provenant des

oliviers sacrés, les Mogfu, qui croissaient dans le bois de Minerve, près de l'Académie.

Le Musé

> britannique possède une de ces amphores avec

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