‹ Description des antiquités et objets d'art composant le cabinet de M. Louis FouldChapitre 208 sur 380 · ANDREAS. SC · texte numérisé non relu

ANDREAS. SC

PHILIPYS. (sic).

H. 5 cent. L. 7 cent. 1/2. Ouv

Les émaux de couleurs bleu, verte et blanche

age du xim° siècle,

et les

lettres de couleur noire se détachent sur un fond d’or.

1712. — Plaque de forme ronde. Sur un fond émaillé, le crucifiement en haut-relief. Notre-Seigneur est attaché

sur la croix; il est représenté nimbé et couronné, et avec

de la barbe

sauf le caleçon. Saint Jean et la Vierge sont debout à ses

cheveux flottent sur ses épaules; il est nu,

côtés. Le nimbe est crucigère; à droite est la Lune; à gauche le Soleil; on sait que l’usage de représenter le Soleil et la Lune dans les crucifiements est une tradition de l'antiquité ; haut de la croix, IHS XPS (Jesus Christus). Diam. 18 cent.

le Soleil et la Lune figurent l'éternité. Sur le

1713. — Chandelier en cuivre à base triangulaire reposant sur trois pieds, avec pointe pour ficher le cierge ou la chandelle. La bobèche, le pommeau et la base sont ornés d'émaux champlevés de diverses couleurs, bleu, rouge, ete., représentant des rinceaux, des rosaces et des oiseaux fantastiques. Le füt est décoré d'un treillis gravé en creux.

Les pieds sont

iselés et représentent chacun un mufle fan-

iècle.

tastique.H. cent. Ouvrage de la fin du xur

1714. — Porte-cierge à pied, carré long décoré de quatre écussons inscrits chacun dans une rosace et chargés de symboles identiques; ces armoiries peuvent se blasonner ainsi : d'or coupé d'azur à la croix de gueules sur le tout, avec les lettres A et @ d'azur sur l'or et 1 et A d’or sur r

la fin, est bien connu ; mais je n'ai pas encore rencontré

ir. Le sens de l'A et l'a

je suis le commencement et

YI et l'A. Deux lions disposés à peu près comme les supports héraldiques accompagnent les rosaces qui occupent le centre du porte-cierge; trois oiseaux ailés occupent les aigles

des deux autres; mais dans l’intérieur des quatre rosaces

trois oiseaux se détachant en or sur champ de gueules accompagnent les éeussons. La pointe du porte-cierge a con- 16 cent.

Larg. 11 cent. Échantillon rare; les porte-cierges sont plus

servé des traces de dorure. H. 12 cent. Lon

ordinairement adaptés à une base ronde; en outre, les pro-

cédés de fabrication de celui-ci méritent une attention

toute particulière. C’est bien la taille d'épargne ou le champlevé, mais dont quelques parties sont en émail: cloisonné. On croit cet objet de travail italien, et on peut le fixer au

x siècle ou au commencement du xrv° siècle.

1715. — Bassin à laver en cuivre émaillé, muni d'un

goulot où g

argouille représentant une tête de dragon dorée

ont les yeux sont en émail bleu et les narines en émail

‘ouge. Cette gargouille est en communication avec le bassin

var cinq trous pratiqués dans le rebord. L'intérieur est

écoré par une rosace divisée en cinq compartiments; celui

u milieu, le seul qui soit parfaitement rond, est séparé

es autres par une bordure dentelée d’émaux de couleurs

rouge et bleue. Les quatre autres médaillons sont échan—

rés dans la partie inférieure par la circonférence du

médaillon central. Des compositions fantastiques qui se

étachent en or sur un fond d’émail bleu remplissent les

médaillons. Dans celui du milieu, un guerrier, qui se couvre

‘un bouclier ovale, dont le blason se compose de points entourant un ovale perce de son épée un animal chimé-

rique à tête de loup et à queue de serpent. La scène se

MONUMENTS

passe sur un pont à quatre arches. Les quatre autres repré-

sentent tous une

ène semblable, deux personnages dans

une galère ; mais cette scène varie dans les détails : 1° A la poupe ou arrière, un guerrier ou un chevalier,

coiffé d’un bonnet avec un bouclier chargé d’une croix

d'azur ;

à la proue, un marinier la tête nue, ramant;

% Deux mariniers ramant ;

3° À l'arrière, un chevalier dont l’écu est chargé d’une

fleur de lis de gueules et de deux tourteaux de même, et un marinier ramant ; 4° À l'arrière, un chevalier dont l’écu est chargé d'un

dauphin d'azur, et un marinier ramant. Les quatre angles

qui séparent ces sujets sont décorés par des blasons répétés

quatre fois; en haut, un château d'or sur champ de

gueules; en bas, une fleur de lis d'or en champ d'azur.

Les bords du bassin sont ornés d'émaux dentelés comme

ceux qui entourent le médaillon central. Diam. ? cent. | Profondeur 3 cent. Gravé, pl. XXV.

Des bas

décoration se rencontrent dans diverses collections. On a

ins semblables pour la forme et le style de la

longtemps discuté sur leur usage; mais M. le comte de Laborde a donné la solution de cette énigme dans son Glossaire, au mot : Bassins à laver. « Les auteurs ecclésiastiques parlent souvent, dit-il, de gemelliones argentei, qui sont les bassins à laver les mains qu'on rencontre dans les collections, et si l'on n'a pas bien compris le sens de cette expression, c'est qu'on a voulu y trouver une aiguière avec son bassin. On ne s’expliquait pas comment raison

deux vases de même forme, appelés par cette

jumeaux, pouvaient servir à deux usages différents : l'un à

jeter l'eau et l’autre à la recevoir; mais ces bassins de nos collections, dont l’un est toujours à biberon, sont le commentaire naturel de ces expressions. »

M. Jules Labarte dans ses Recherches sur la peinture

en émail a complétement adopté cette opinion. (Voyez

s d'ailleurs de voir

p. 64 et 153.) Qu'on ne s'étonne p

appliquer à des vases de cuivre émaillé un texte qui parle

de jumeaux d’ar, car il est un

nt, gemelliones argentei ; point qu'il ne faut pas perdre de vue ; nous n'avons presque plus de monuments anciens d’or et d'argent; leur valeur intrinsèque a causé leur destruction, et les pièces de cuivre émaillé qui font l’orgueil et la richesse de nos collections, n'étaient alors que des imitations, faites à bon marché et en fabrique, des ouvrages d’orfévrerie en métaux précieux ; nos gemelliones de cuivre émaillé ont donc servi au même

usage que leurs plus nobles frères, les gemelliones argentei

leurs prototypes. M. Darcel, du Musée du Louvre, dont les

connaissances variées sont au service de tous ceux qui le

consultent, m'a cité une miniature de manuscrit représentant un personnage versant de l’eau d'un de ces bassins dans l’autre.

La collection ne possède pas une paire de ces bassir

puisque celui qui porte le n° 1716 est un peu moins ancien

que le n° 1715; mais on peut se rendre compte de l'emploi

de ces jumeaux, attendu que l’un est à goulot ou à biberon,

biberulus, comme on les trouve désignés dans les inven—

taires, tandis que l’autre, le récipient, n'a pas de biberon.

Ces bassins servaient dans lé

lise et hors de l’église; mais leur usage se conserva plus longtemps dans le culte que dans la vie privée. Les particuliers trouvèrent plus commode d'employer une aiguière pour répandre l’eau, tout en

andissant jusqu'à la forme de nos cuvettes

l'ancien bassin à laver. Deux de ces bassins figuraient sous

les n* 671 et 672 dans la collection Debruge-Duméhnil. Celui qui porte, dans le catalogue par M. J. Labarte, le ne 671 et dont le pareil a été gravé dans /es Monuments français inédits, de Willemin, pl. CX, est presque entièrement semblable au n° 1716 du présent catalogue. Le sujet

central offre seul une différence; le guerrier combat deux

monstres au lieu d’un seul, Le Louvre en possède trois dé-

crits par M. le comte de Laborde sous les n° 55, 56 et 57.

Le n° 55 est f

guré inexactement dar

Montfaucon, t. I, p. 348, pl. XXXII. Il y en a un très-intéres

ant dans le

Recueil de monuments antiques, ete., de Grivaud de La

Vincelle, t. Il, p.316, pl. XXXIX, n° !, reproduit aussi dans l'ouvrage €

e Willemin, p. 67, pl. CXI, et sur lequel on

peut consulter, dans le Cabinet de l’'Amatewr et de l'An-

tiquaire, &. 1, p. 145, une intéressante dissertation par

M. de Longpérier. Enfin on peut en voir trois autres dans

le musée de Cluny. (Voyez n"“ 961, 962, 963 et 2027 du

Catalogue de cet établissement, rédigé par M. Edmond Du Sommerard.) Le château héraldique, qui parait ici quatre

fois répété, est presque une date qui nous apprend que la

fabrication de nos bas

ins remonte au règne de Louis VIII

et à l’époque du ma

ge de ce prince avec Blanche de Castille, dont les armes parlantes étaient un château d’or;

on sait en effet qu'à partir de cette époque, on trouve les

châteaux de Castille employés partout comme motifs d’ornementation. Cette mode se prolongea et les descendants de Louis VIII conservèrent longtemps le souvenir du noble blason de Castille puisque Jean, troisième fils de saint Louis et petit-fils de la reine Blanche, est représenté sur son tombeau qu’on peut voir à Saint-Denis, avec une robe semée de fleurs de lis et de châteaux. Voyez Monuments français inédits, de Willemin, p. 58, pl. XCI. Sur

is dégé

nérés, circonstance qui autorise, indépendamment d’autres

le bassin, n° 1716, on retrouvera les chât

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