AMORE
T SUPERIS VINCLO NOS PROPIORE LIGAT.
M. de Laborde cite ce précieux morceau comme un de ces ouvrages remarquables qu'on ne signait pas, par di-
verses raisons qu'il énumère, et dont quelques-uns, dit-il,
sont du fait d'artistes distingués. — Je copie textuellement la note 2 de la p. 243 de sa Notice, ete. : « Collec-
tion de M. Louis Fould. Une Charité, qui réunit l'élégance
d'un Primatice à quelques grandes qualités d’un Raphaël.
20 cent. 1/2. Cet émail
Plaque ovale. H. 26 cent. L.
trahit dans le traitement de ses diverses parties, dans les
fonds surtout, une inexpérience et une hésitation qui sem-
blent le fait d'un peintre qui s’essaye, et pour essai fait un chef-d'œuvre. » J’ajouterai que si notre émailleur à montré ici certaines qualités de Raphaël, c’est à Goltzius, auteur de la composition, qu'il est redevable en grande partie d'avoir mérité l’éloge que nous venons de citer. Jacques Matham, auteur de la gravure qui a servi de modèle à ce magnifique
tableau sur émail, naquit vers 1571 et mourut en 1631.
2001. — Plaque ovale convexe. Le sujet est copié du n° 19 de l'Histoire de Psyché par Raphaël, dont on possède
des ivures par divers artistes. Psyché, cherchant les
traces de son époux, arrive au temple de Cérès, qui s'élève au milieu d'un riant paysage. La déesse des moissons est
debout, le pied posé sur le soubassement du temple;
Psyché est agenouillée dans l'attitude d’une suppliante. Sur le sol, une corne d’abondance remplie de fruits et d’épis dorés, une faucille, un fléau, un râteau et autres
instruments d'agriculture. Sur la plinthe sur laquelle pose
le pied de Cérès et dans l'ombre on découvre les lettres
p.c., initiales de Pierre Courtois, dont l'or est bruni en
partie. H. 28 cent. L. 21 cent. (V.le n° 2035.) Je n’ai pas à faire longuement l'éloge de ce magnifique émail : la l'exécution sur émail du JS du Cata-
logue de la collection Debruge-Duménil, par M. Labarte.
composition est de Raphaël;
célèbre P. Courto
ilne reste qu'à renvoyer à la pag
de la Notice de M. de Laborde et à la page !
J'ajouterai seulement que la conservation de notre plaque
est parfaite.
2002. Plaque carrée, légèrement convexe ; avec émaux
de couleurs richement rehaussés d'or. L'Adoration des
Bergers. La Vierge, nimbée, est agenouillée devant son divin Fils qui repose nu dans son humble berceau, dont l'âne vient brouter la paille. Les trois bergers, dont l’un porte un agneau sous son bras, contemplent l'enfant Jésus.
Trois femmes dont on ne distingue que les têtes stent
à cette scène qu'éclaire une étoile radieuse. Sur le pre
mier plan, un agneau couché. Le revers est revêtu d'un
émail léger qui laisse voir le cuivre rouge, H. L. 17 cent. 1!
Il n’y a pas de signature sur cette plaque qui faisait
cent.
sans doute partie d'un meuble dont un autre pann
au était
S lèbres
né; mais on peut l’attribuer à un des plus cé
peintres émailleurs de la belle époque de cet art, c'est-à-
dire, du milieu du xvr siècle.
n émaux de
2003. — Plaque de cuivre carrée, cou-
leurs avec détails dorés et paillettes ou imitations de pier-
s sur paillons en relief. L'Annonciation. L'ange Gabriel
fléchit le genou devant la Vierge as
ise, qui l’écoute avec un geste de chaste étonnement. Le Saint-Esprit, sous la forme d'une colombe, descend vers la Mère du Sauveur. Dans le vase placé entre ces deux personnages on voit, non pas seulement le lis blane traditionnel, emblème de pureté, mais un bouquet de fleurs figurées par des goutte-
lettes d'émail sur paillon de couleur qui jouent les pier-
reries. On retrouve ces paillettes d'émail disposées en
rosaces où éparpillées sur le tapis vert de la chambre, et
| à la fibule de la robe de l'ange. Les cheveux de la Vierge et ceux de l'ange sont dorés ainsi que la bordure de leurs vêtements. Autour d’une baguette d'or que l'ange tient de a main gauche s'enroule un phylactère sur lequel on lit: AVE GRAGIA PLENA. Ces paroles sacramentelles sont peintes
en noir dans ce type gothique particulier à Limoges, si
ien caractérisé par M. de Laborde (Notice, p. 129). Der-
rière la sainte Vierge, un prie-Dieu sur lequel est un livre voir le ciel, dans
ouvert. Les fenêtres ouvertes laissent
‘azur duquel on a figuré des nuages en or. Par la fenêtre du milieu on distingue la campagne et une ville. Le revers
est revêtu d’un émail vitreu spé, dans lequel dominent
e vert et le rouge. H. 25 cent. L. 20 cent. 1/2.
On ne peut méconnaître dans cette belle pièce un pré-
cieux échantillon de la première époque des émaux peints
de Limoges. On y retrouve non-seulement tous les procédés de fabrication décrits par les historiens de la peinture sur ar M. W. A.
cette naïveté de
émail, et entre autres par M. de Laborde et Franks, du British Museum, mais encore
style, cette bonhomie et cette gracieuseté presque recherchée
qui caractérisaient l’art à la fin du xv°' siècle. Les carnations
violacées et opaques sont encore un des traits qui ac-
et
sent les origines de la peinture en émail à Limoges : nous sommes done bien certain de n'être pas contredit en
plaçant la date de cette Annonciation de
2004.— Plaque d'émailsur cuivre. Quatre anges nouil-
lés en oraison. Les têtes, qui sont d’une expression véritablement angélique, se détachent en blanc sur le fond qui
est bleu semé d'étoiles d’or et représente le ciel. Les che-
veux sont d'or; les ailes sont vertes et les robes brunes. Le revers de cette jolie plaque d'émail dont le travail annonce la fin du xv° siècle est revêtu d'un vernis verdâtre.
| H..56 mill. L. 21 cent.
2005. — Plaque de cuivre émaillé, arrondie dans la partie supérieure, sur laquelle est représenté Jésus-Christ en croix entre la Vierge et saint Jean. La croix en forme de TAU est surmontée de la tablette portant les lettres INRI. Peinture en g
de diverses couleurs. La croix et les nimbes sont distin-
consacré aille légèrement teintée
gués par un semis d'or. Les gouttes de sang du Sauveur
4 cent. L. 2 cent. 1
nt peintes en rouge. H.
Ouvrage précieux de la fin du xv° siècle ou du commen-
cement du xvi'. C'est peut-être une Paix,
MONUMENTS DE
émaux
2007 et 2008. -
de couleur, de forme carrée, provenant d'un même
- Trois plaques de cuivre avec
meuble, sans doute d'un reliquaire. H. 15 centim. 1/2. L. 12 cent.
2006.— Le Christ à la colonne ou la Flagellation. Deux bourreaux fustigent Notre-Seigneur, qui est représenté
nu, sauf la draperie à la ceinture, et avec la tête ceinte d'un nimbe radieux. Deux Juifs, dont l'un s'appuie sur un bäton et porte une longue barbe blanche, tandis que l’autre est imberbe, sont les seuls témoins de cette