Frise représentant des
cènes bachiques. A droite,
un Satyre surprend une N mphe ou une Bacchante endor-
mie à l'ombre d’un velwm tendu aux branches desséchées
d'un arbre. Le Satyre se penche et a déjà soulevé la dra=
perie qui enveloppait la Nymphe dont il admire les formes élégantes. Cette scène, qui rappelle le célèbre tableau du
Corrège du Louvre, Jupiter et Antiope, se retrouve avec variantes sur un camée du Cabinet de Saint-Pétersbourg. (Voir Miliotti, Description d’une collection de pierres
gravées qui se trouvent au Cabinet impérial de Suint-
Pétershourg. Vienne. 1803, p. 3.) Un Hermès de Priape
ithyphallique, placé derrière le Satyre, sépare e
roupe d’un
trio de danseurs composé de Silène et de deux Bacchantes. Silène nu, sauf une très-longue draperie, fait danser deux Bacchantes au son de sa double flüte et danse lui-même. Les danseuses sont revêtues de draperies qu’elles retiennent tout en dansant une sorte de pas du châle et tout en se
laissant voir plus qu'à demi-nues
Un Satyre ithyphallique
is sur une pierre joue de la syrinx ; ce musicien au repos
sépare les danseurs d’un dernier groupe où l’action est plus vive ou plutôt plus brutale que dans ceux qui précèdent. Ce dernier groupe se compose d'un bouc ithyphallique qui vient de terrasser un Satyre. Un arbre desséché, auquel est suspendue une syrinx et sur le tronc duquel a été jetée une nébride, s'élève entre le Satyre musicien et le groupe licencieux du bouc et du Satyre. H. 17 cent. L. 95 cent.
On ne peut s'étendre longuement sur ce remarquable morceau de sculpture, car il est difficile de le louer sans appeler trop directement l'attention sur les intentions que ces danses expriment. Il suflit de dire qu'il appartient à une bonne époque de l’art. Ce monument, qui est encastré dans la cheminée de la galerie de l'hôtel de M. Louis Fould, provient de la collection Duval, de Genève. Voyez com-— mentaire du n° 869.
881.— Bas-relief de forme carrée sculpté des deux côtés. Des traces de crampons de fer ou de bronze qui se voient à la partie supérieure pourraient indiquer qu’il a été suspendu de façon à laisser voir
ses deux faces, à peu près comme les enseignes de nos anciennes auberges. Sur l’une des faces sont représentées les têtes conjuguées de Silène et d'une Bacchante. Sur l’autre face est représenté un monstre marin; c'est une sorte de griffon ailé, à tête d’aigle, dont le corps de serpent se termine en queue de poisson et qui
n’en a pas moins les deux pattes antérieures du lion, Il vole
rapidement sur les flots comme s’il allait s’élancer sur une proie. Marbre blanc. H, 22 cent. L. 29 cent. Je ne crois
pas qu'il soit facile de décider une question qui se pré-
sente à l'examen attentif de ce bas-relief; a-t-il été exécuté
à double face avec intention, ou n’avons-nous pas ici un exemple de l'emploi d’un objet déjà sculpté d’un côté à une autre destination ? La face qui représente le Silène et la Bacchante ne paraît pas avoir été entièrement terminée et le travail est inférieur à celui du revers. Je serais tenté de croire qu'un artiste mécontent de son œuvre a retourné son morceau de marbre et, comme le sculpteur de la fable, après s'être demandé s’il serait dieu, table ou cuvette, l'a définitivement consacré à la représentation d’un monstre
de la mer, D’un autre côté, nous savons que l’on suspendait, dans les entre-colonnements des portiques des maisons et des théâtres, des disques (clypea) sculptés en relief des deux
côtés. Notre bas-relief, bien qu’il ne soit pas de forme ronde, a pu être destiné à un usage analogue ; et d’ailleurs le type du Silène et de la Bacchante offre une grande analogie avec ceux de disques de cette catégorie que l’on . 102, $ x1, et Marbres, part. n, pl. XXX VIII et XL.) Il faut ajouter
que les têtes doubles ou conjuguées, et en particulier celle
conserve au Musée britannique. (Voyez Synopsis,
de la tête de Silène unie à celle de quelque autre divinité, se rencontrent fréquemment sur les monuments. C’est une
des mille formes de la représentation graphique du dualisme qui joue un si grand rôle dans les religions de l’antiquité. On peut voir la tête de Silène en regard de celle d'une Bacchante sur une intaille du Museum Florentinum de Gori. (Voir t, 1, pl. xzvin, n° 8.) Le comte de Clarac (voyez Musée de sculpture, pl. couv quater, n° 355 B) a publié un bas-relief de forme ronde, conservé au Louvre, qui représente une tête de Silène et une tête de Faune juxtaposées comme ici la tête de Silène et de Bacchante, Dans un récent mémoire de M, de Witte, intitulé : /es Doubles tètes, le savant archéologue publie un vase de bronze de la collection Durand, qui offre quelque analogie avec la représentation figurée de notre bas-relief, Ce vase, en forme de double tête, montre l'union d'une tête de Silène et d'une tête de femme. Décrit précédemment par M. de Witte, sous les noms d’Alphée et d’Aréthuse ou d’'Écho et Pan (voyez cat. Durand, n° 1968), ce vase est attribué aujourd’hui par le même savant à Silène et à la nymphe Méléa, la mère du centaure Pholus. (Voyez plus loin, dans
la section des vases peints du présent catalogue, la coupe
882. — Cippe funéraire de forme carrée. Sur la face | antérieure, on lit cette inscription gravée en creux : | Q CELLIVS
CRESTVS
CELLIAE
APILIAE
L SVAE CARISSIMAE VOA GITE
Quintus Cellius Crestus à Cellia Apilia, son affranchie bien aimée. Elle vécut dix-huit années.
Le citoyen romain qui fit élever ce tombeau à sa jeune affranchie ne devra sans doute qu'à ce soin pieux laperpétuité de son nom obscur, car je ne l'ai trouvé mentionné nulle part.
Ce cippe est, d’ailleurs, d’un bon travail et les caractères
de l'inscription annoncent une bonne époque. La décoration
rappelle celle d’une foule de monuments analogues et entre
LOUIS
FOULD
autres celle du cippe du Louvre gravé dans l'ouvrage de
M. de Clarae, atlas, t. I, pl. 117 no 297
aussi le rapprocher de celui qu'a fait conntitre Guattani
. On peut
dans son recueil pour 1787. Aux deux angles supérieurs,
paraissent deux têtes de bélier de haut-relief, des cornes
desquelles partent les deux extrémités d’une guirlande de fruits et de fleurs (ezcarpa). Plus bas, deux aigles de hant-
relief tiennent dans leurs becs les bandelettes de la guir-
lande. Une tête de Méduse de face, en bas-relief, est placée
au-dessous de l'inscription entre les têtes de bélier. La
guirlande sépare cette tête de Méduse d’un autre bas-relief
placé tout à fait en ba
: un Amour monté sur un dauphin.
Marbre blanc, acquis à Genève en 1856. Voyez le commentaire du n° 869. Bois L. 33 cent.
dans le texte. H. 52 cent.
— Urne de porphyre, sans anses, avec son couvercle. H. 40 cent. Cire. 80 cent. Magnifique vase, entièrement évidé dans l'antiquité et sans la moindre répara- On
porphyre de travail antique dans les collections françaises.
tion moderne. rencontre rarement de ces vases de
MASES ET OBIJETS DIVERS