CHAPITRE VI
Le Samedi Saint.
Bénédiction de l’eau, faite par monsignor Sacrista; et de celle du feu, et des cinq grains d’encens par le Cardinal célébrant.
Comme la fonction (le oc jour (qui se célébrait à saint Jean de Latran, où était la station) jour, appelé samedi saint, samedi des palmes, grand samedi, samedi des lumières, ou veille de pûqucs, comme, dis-je, celte fonction fait allusion à la mémoire de la sépulture de J. C.J de même la messe a été composée pour rennouveller l’histoire de sa résurrection. Ainsi il ne faut pas la regarder comme la messe du samedi, mais (1e la nuit de péques; et quoique maintenant on la dise de jour pour obvier aux abus qui naissaient de la célébration nocturne, on y retient toujours les mêmes expression anciennes qui regardent la nuit, en mémoire de l’usage ancien, et d’une veille, regardée toujours comme la première et la plus solemnelle de l’année par sa dignité et par la multitude des saintes pratiques, et observances chrétiennes. Monsignor Sacrista commence seul cette fonction , et fait de bonne heure la bénédiction de l’eau.
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Le Cardinaux vont à la chapelle avec la chape de soie de couleur violette et avec la masse renversée; le Cardinal célébrant arrivé à la sacristie â l’heure marquée, s’habille des ornements de. couleur violette, avec la chape, et prend la mitre; ensuite, assisté de ses ministres en aubes, fait la bénédiction du feu, et des cinq grains d’encens qui doivent être (ixés au cierge paschal. Tandisque le célébrant fait cette bénédiction, un acolyte prend des charbons bénits, les met dans l’encensoir, et après L’oraison , le célébrant prend la navette de l’encens en met dans l’encensoir, ^et le bénit à l’ordinaire, ensuite il jette trois fois l’eau bénite sur le feu, en disant: asperge me , et les encense trois fois. Ensuite il quitte la chape, prend les ornements violets pour la messe, et le diacre prend la dalmatique blanche, et le manipule, et le sousdiacre , une chape -violette repliée. Le Cardinal célébrant vient avec eux à la chapelle, et parait sur le fauteuil, appellé faldistorio ; le diacre lui présente l’encens, et il le met dans l’encensoir, et le bénit: le sous-diacre prend la croix et avec le diacre, et les autres ministres , va prendre les grains d’encens, et le roseau (appeilé le triangle, la perche , la canne) à la chapelle paulinè, et revint â la sixtine dans l’ordre suivant.
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g. II
Procession de la chapelle paoliua, d la sistina, à Ta quelle outre la croix , on porte le triangle tricereo, les cinq grains d’encens, et son illumination .
Deux massiers precedent, ensuite viennent deux acolytes, l’un porte un bassin où sont les grains d’encens, et un autre l’encensoir ; à la gauche, le sous-diacre avec la croix, le diacre avec le tricereo , et trois cierges au haut, un maître des cérémonies à la gauche avec une petite chandelle allumée au feu nouveau et béni, et deux autres acolytés, à côté de lui. Le diacre arrivé à la porte de fer, baisse le roseau ( Varundine ) et le maître des cérémonies allume un des trois cierges du bâton. Après l’avoir élevé, il se met à genoux ainsi que font tous les autres , excepté le sous-diacre qui porte la croix, et chante seul: lumen Christi , tous se levant, le choeur répond: Deo grattas . Le diacre étant entré dans la chapelle, on allume de la même maniéré la seconde chandelle du tricereo , et répète comme la première fois, mais d’un ton plus haut: arrivé au trône on allume la troisième et élevât la voix d’un ton supérieur, il répète la même chose: le diacre donne à un acolyte le bâton; ensuite il va au célébrant, et lui fait iîieüre de l’encens dans l’encensoir, ensuite s’étant -mis à ge-
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noux, tenant cri main le livre de Yexultet, lui demande la bénédiction, après il va au pupitre, met le livre dessus, et l’encense trois fois.
S- IIL
Chant de l’cxultet: les cinq grains d’encens appliqués au cierge paschal.
Le sous-diacre avec la Croix, et le thuriféraire, à sa droite, et deux acolytes à sa gauche, l’un tient le bâton, et l’autre le bassin, avec les grains d’encens béni, qui doivent-ôtre mis dans les trous du cierge appelle aussi cerbor puschalis : alors tous se levant comme à l’évangile , le diacre commence à chanter l’himne exultety ou bien, comme on l’appelle , praeconium pasehale , que l’on attribué à saint Ambroise, à S. Augustin, à S. Leon, ou à Pierre le diacre; mais sans beaucoup de fondement: le diacre chante cette bénédiction en présence de l’évéque, ou du prêtre, parce que c’est à l’inférieur à annoncer la résurrection de J. Chrit; que les femmes, bien inferieures aux apôtres, annoncèrent les premières. Le diacre arrivé à ces paroles: curvat imperia, s’arrête, et applique au cierge les cinq grains d’encens en forme de croix, en mémoire des cinq plaies du Sauveur: les grains sont d’encens qui est l’odeur propre de l’autel, et du sacrifice, ils répréesentent les parfums dont fut
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embaumé le corp (le Jésus Christ, dont le cierge est le symbole: à ces paroles: ignis accendit , il rallume avec une des bougies du triangulaire qu\ on baisse, dénotant que quoique toutes les personnes de la sainte Trinité ayent concouru à la résurrection de Jésus Christ, néanmoins c’est le Verbe en particulier qui a uni de nouveau Laine au corps.
Le Cardinal Gaétan rapporte (p. 272) que le dernier des Cardinaux préires, faisait la bénédiction du feu: et le dernier des Cardinaux diacres allumait le lumen Christ /, et le cierge paschal.. .
Comme le cierge était la figure de la mort du Christ, allumé ensuite il représentait sa résurrection; ou bien, après avoir représenté dans le sens mystique avant d’ètre allumé, la colonne de la nuée , étant allumé, il représente la colonne de feu , qui guide les cathêcuménes dans le passage de la mer rouge du baptême, à la terre promise, c’est-à-dire, à la grâce.
Cette bénédiction du cierge finie, on le laisse allumé près de la chaire du coté des Cardinaux diacres. Le bâton avec le. trois cierges aussi allumés, est placé du coté de l’évangile près de l’autel. Anciennement, dans cretains endroits, à la fin de la messe, on éteignait une des trois chandelles, pour dénoter la mort temporelle de la 2 personne, figurée par la consomption des espèces, sacr amentales; ensuite le diacre quitte les ornements blancs, prend les violets, et va vers le célébrant, qui part du
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fahlîstorio, et s’assoit dans un autre fauteuil { faldistorio) qui est sur le marchepied de l’autel , du côté de l’epitre, étant tourné vers le trône.
ï- IV
Lecture des XII prophéties, et chUnt des litanies.
Cependant le dernier chantre , averti par un maître des cérémonies, qui est toujours à son côté, entre par la petite porte de l’enceinte, et ayant fait la génuflexion à l’autel, et une inclination au célébrant et aux. Cardinaux dc§ deux côtés, étant au milieu de la chapelle, commence a lire la première prophétie. Le célébrant la lit aussi à voix basse du coté de l’épître, assis sur le fâldistono: à la fin il se lève, se tourne du côté de l’autel, et dit à haute voix l’oraison; le diacre ayant chanté auparavant: fectamus germa, et le soudiacre répondu levate ; ce qui s’ observe avant les autres oraisons, éxeepté à la dernière. Celui qui a chanté la prophétie, part, après avoir fait la génuflexion, et l’avant dernier chantre vient dire la seconde: on dit les autres dix dans cet ordre, seulement après la quatrième et la onzième, les hautes contre entonnent le trait qu’on chante andante.
Anciennement on lisait en grec la primière prophétie, et on la répétait en latin (T. IL mus. îtah.pag. 25) Anastasio (dans la vie de Benoit III.
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num. 22) écrit qu’il eut soin de préparer le livre dans le quel les sous-diacres avaient accoutumé de lire les leçons greques et latines, les samedi de Pôques et de Pentecôte, le môme jour on récitait plusieurs pseaumes et hymnes dans les deux langues ainsi que l’atteste le premier ordo romain composé avanf le IX siècle ; puisque Amalario qui fleurissait dans le VIII en loue souvent le rit, et l’ illustre par de fort belles réflexions j dans une on lit (de l’oflice divin, c. 2): les anciens romains lisaient six leçons en grec, et en latin. Cet usage se conserve encore à Constantinople, si je ne me trompe , pour deux raisons ; la première pareequ’il y avait des grecs qui n’entendaient pas la langue latine , et des latins qui n’entendaient pas le grec ; la seconde à cause de 1’ unité des deux nations.
La méthode décrite dans l’ordre premier, nous est préséntée par l’auteur du X siècle qui la compila dans le XI, avec la différence cependant que la leçon latine précédait, et était suivie de la grecque, si cela faisait plaisir au pape. Subdiaconus, ftniïa benedictbne cerei , ascmdens Ambonem , inapit legere sine titulo : In principio Deus . etc ., eo vero completo, si Dominus Papa velit, graecus Subdiaconus eamdem lectionem graece relegit.
Ce rit si ancien fut renouvellé sous Bénoit XIII, qui faisant la fonction du samedi saint la première fois, voulut qu’un élève du collège grec lût
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la première prophétie en grec après la latine chantée par un choriste de la chapelle. Le samedi de la Pentecôte fut dit , in XII lectionibus non parce qu’il y eut 12 prophéties , mais parce-que comme on les répétait aussi en grec, il fallait douze lecteurs.
Après la deuxième prophétie le célébrant* quitte la chasuble, se prosterne devant l’autel, ainsi que les ministres. Deux choristes à genou au milieu de la chapelle, commencent les litanies des saints.
Au verset : peccatores te rogamus audi nos , le prêtre assistant, et les ministres, vont à la sacristie prendre les ornements blancs: ils retournent à la chapelle, le célébrant se relève, s’avance vers le faJdisiorium , s’assied, et se revêt des ornemens pontificaux.
On allume les cierges, on change les ornemens violets ,
Cepedant on allume les cierges de l’autel, et de la balustrade; on lève du trône du Pape le voile violet, qui en couvrait un blanc; le devant d’autel est changé; les Cardinaux quittent les chapes violetes, et mettent les rouges, servis par leurs caudataircs.
L’église ayant quitté les habits de deuil se pare comme dans un jour de fête, et par le son des cio-
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clics, par les chants (le joie, et les illuminations, elle lait paroître ses transports d’alégresse, pour la résureclion de son époux, pour la régénération des nouveaux néophites, qu’elle admire autour de ses autels, où selon le rit ancien, on leur donne le baptême.