Achille, Memnon et Antiloque
3. Achille qui prend congé de Lycomède, les Myrmidons qui s’arment.
4. Hélène enlevée par Thésée ou par Paris, Briséis enlevée par ordre d’Agamemnon.
5. Les captifs troyens destinés à être immolés aux mânes de Patrocle.
INTRODUCTION
pour ne pas accorder une signification mythologique à ces sortes de peintures.
Il arrive aussi que, dans les compositions d’un sens bien déterminé, on voit des personnages qui ne semblent être que de simples spectateurs, sans liaison plus ou moins directe avec le sujet; on a comparé, mais sans trop de fondement, ces personnages aux chœurs, dans les représentations scéniques. Les exigences de 1 espace que 1 artiste avait à remplir ont souvent exigé ces adjonctions et l’on peut citer plusieurs sujets où un nombre indéterminé d’assistants ne change rien ni au caractère, ni à la conception primitive. Entre autres sujets, on peut nommer la lutte de Thésée et du Minotaure, où l’on voit figurer les jeunes gens et les jeunes filles destinés à servir de pâture au monstre, la chasse de Calydon, qui se réduit quelquefois au groupe de Méléagre et du sanglier, tandis qu un nombre plus ou moins considérable de héros peut prendre part à la chasse, sans parler des archers, personnages d’un rang inférieur. On ajoute aussi quelquefois des chiens, des arbres et d’autres détails qui servent à compléter et à embellir le paysage. La naissance d’Athéné est encore une de ces scènes où 1 on peut admettre un plus ou moins grand nombre de dieux et de héros de 1 Attique. Le retour d Héphæstos à l’Olympe se prête également à ces extensions, sans changer le moins du monde l’idée religieuse, le cortège obligé des Satyres et des Ménades pouvant s’augmenter ou se réduire, selon la volonté de 1 artiste. Comme la poésie tendait sans cesse à amplifier le mythe primitif, la plupart du temps brièvement connu par la tradition, à y ajouter des détails, de nouvelles personnifications, des épisodes, de même l’art, en prenant des développements, ajoutait de nouveaux traits aux conceptions symboliques; ces traits n’altéraient en rien le système religieux, éminemment large et élastique; 1 art, comme la poésie, savait y introduire des personnages secondaires, acolytes et suivants, toujours avec des noms qui ont quelque rapport avec le mythe original1. En décrivant les peintures de Polygnote, à la Lesché de
1. Voyez Adrien de Longpérier, Athenéum français, 1852, pp. 333 et suiv., et Mémoires de la Société des Antiquaires de France, t. XX, pp. 165 et suiv.
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Delphes, Pausanias1 2 dit à plusieurs reprises que le grand peintre de Thasos avait introduit dans sa vaste composition plusieurs personnages dont les noms ne se trouvaient dans aucun poème, dans aucun récit mythologique et avaient été inventés par lui. Telle était la liberté dont usaient les artistes anciens et dont à chaque instant on retrouve la trace dans les monuments \
Pour les sujets peints sur les vases d’ancien style, on ne recherche pas la beauté des formes. Tout y est empreint d’un caractère de raideur et de sévérité qui pourtant ne manque pas de grandeur. Les personnages que la poésie a idéalisés comme des types de beauté ne répondent guère à l’idée qu’on a pu s’en former. Achille, par exemple, est un homme vigoureux et barbu comme les autres héros, les femmes sont toujours complètement vêtues, et dans les peintures soignées, leur costume est d’une grande richesse. Les hoplites sont pesamment armés, les archers qui les accompagnent ont le costume des Scythes3, les auriges qui conduisent les chars sont toujours vêtus de tuniques talaires, l’image de l’âme ou l’ombre est figurée tantôt sous la forme d’un oiseau à tête humaine, tantôt sous celle d’un petit génie ou d’un petit guerrier avec des ailes.
Quant à certains détails d’ornementation, il est à remarquer qu’on a persisté pendant longtemps à reproduire le Gorgonion à l’intérieur des coupes ; à l’extérieur, ce sont de grands yeux qui, sous les anses, servent d’encadrement aux compositions; ces yeux se voient aussi sur les amphores et sur d’autres vases, à la proue des vaisseaux, usage qui s’est conservé jusqu’à nos jours à Naples, en Sicile et à Malte, où les barques des pêcheurs ont encore
2. Ch. Lenormant a particulièrement insisté sur celte pratique de libre amplification que se permettaient les artistes, dans un Mémoire sur les peintures que Polygnote avait exécutées dans la Lesché de Delphes, mémoire imprimé dans le t. XXXIV des Mémoires de l’Académie royale de Belgique.
3. Des Scythes faisaient à Athènes l’office de gardes de police. Schol. ad Aristophan. Acharn., ai. — Etym. Magn. v. ToÇôrai.
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à la proue de grands yeux peints. Des sphinx et des sirènes figurent près des anses, comme une réminiscence des longues zones d’animaux qui sont peintes sur les poteries de style oriental.
Parmi les sujets de la vie domestique représentés sur les vases à peintures noires, on peut citer les exercices agonistiques, les luttes du gymnase, les chasses, les banquets, les femmes qui vont chercher de l’eau à la fontaine ou qui se baignent, qui s’occupent du culte des dieux, qui cueillent des fruits, qui font leur toilette, etc. Les cérémonies nuptiales sont figurées sous la forme d’une pompe solennelle; ordinairement les mariés sont montés dans un char, tandis que des divinités protectrices les accompagnent à pied pour les conduire à leur demeure. On trouve aussi les travaux de l’agriculture, la cueillette des olives, la fonte des métaux, l’art du potier, la navigation, etc.
Il ne faut pas croire que les vases d’ancien style à figures noires soient tous sortis d’une seule et même fabrique. Il y en a d’époques et de styles bien différents.
On a des coupes couvertes d’un enduit blanc terne sur lequel se détachent des figures noires d’un style raide et archaïque, rehaussées de pourpre, qu’au premier aspect on se sent disposé à faire remonter aune époque voisine de celle où furent fabriqués les vases corinthiens trouvés à Cære. Les coupes de cette espèce sont rares.
Celle où l’on voit Ulysse et ses compagnons, qui, après avoir enivré le cyclope Polyphème, lui crèvent son œil, est connue depuis longtemps. Cette coupe, qui a été publiée par le duc de Luynes en 1829, est actuellement con-
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servée au Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale1. Il faut citer aussi la célèbre coupe sur laquelle est peint le roi Arcésilas, entouré de gens qui sont occupés à peser des marchandises. On a beaucoup écrit et disserté sur le sujet qui est peint à l’intérieur de cette coupe, aujourd’hui également au Cabinet des médailles2. Il y a eu quatre rois du nom d’Arcésilas qui ont régné dans la Cyrénaïque, et l’on a cru que le roi représenté sur la coupe est le quatrième prince de ce nom, vainqueur aux jeux pythiques dans la 80° olympiade, 458 ans avant J.-C.3.
On a supposé que cette coupe pouvait avoir été fabriquée environ vers cette époque; mais bien des objections se présentent contre cette opinion, et ce n’est pas ici que l’on peut examiner cette question.
Ce fut vers le milieu du v° siècle avant notre ère que la fabrication des vases à peintures noires prit de grandes extensions, et l’on peut faire remonter à cette époque quelques-uns des vases d’un style sévère. Au nombre de ces vases, celui qui tient incontestablement le premier rang, et par sa dimension et par le nombre des sujets et des inscriptions, est la fameuse amphore connue sous le nom de vase François; on y lit les signatures de deux artistes, Ergotimos et Clitias 4 .
A la même époque appartiennent les vases où les sujets mythologiques sont encadrés dans des zones d’animaux qui rappellent les vases de style oriental.
Les nombreux vases qui portent le nom du fabricant Nicosthènes peuvent être rangés immédiatement après.
1. Monuments inédits de l’Inst. arch., vol. I, pl. vu, 1. — - J. de Witte, Cat. Durand, n° 416, et Cat. Beugnot, n° 56.
2. Monuments inédits de l’Inst. arch., vol. I, pl. xlvii. — Annales, vol. V, 1833, p. 63. — J. de Witte, Cat. Durand, n° 422.