PI. i et h
2. Voyez Th. Panofka, Die griechische Trinkhôrner und ihre Verzierungen, Berlin, 1851, in-4°.
INTRODUCTION
Nous devons mentionner ici les admirables hydries et amphores dont la nécropole de Cumes a donné des échantillons. Parmi ces vases, celui qui tient sans contredit le premier rang est la merveilleuse hydrie de la collection Campana, aujourd'hui un des plus splendides ornements du Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg. La partie inférieure est cannelée et au-dessus règne un bas-relief colorié et doré, composé de dix figures. Triptolème y paraît au milieu des divinités et des héros d’Eleusis. Dans une seconde frise placée au-dessous sont représentés divers animaux; une guirlande de feuilles de myrte dorées entoure le col1.
Pour avoir une idée de l’exquise et surprenante beauté de cette hydrie, écoutons ce qu’en disait, peu de temps après sa découverte, Raoul Rochette, dans une lettre adressée au professeur Éd. Gerhard :
« C’est un vase de très grande proportion, à trois anses, à vernis noir, le plus fin et le plus brillant qui se puisse voir; il est orné à plusieurs hauteurs de frises sculptées en terre cuite et dorées ; mais ce qui lui donne une valeur inestimable, c’est, une frise de figures de quatre à cinq pouces de haut, sculptée en bas-relief, avec les têtes, les pieds et les mains dorés et les habits peints de couleurs vives, bleues, rouges, vertes du plus beau style grec qu’on puisse imaginer. Plusieurs têtes dont la dorure s’est détachée laissent voir le modelé qui est aussi fin, aussi achevé que celui du plus beau camée antique2. »
1. Minervini, Bull. arch.Nap., nuova sérié, anno terzo,1855, tav. vi,pp. 73 etsuiv. — Compte rendu de la commission impériale d’archéologie de Saint-Pétersbourg, 1862, pl. m.