L XIX
Après les vases de Cumes, il faut citer quelques petits aryballes enrichis de bas-reliefs, entre autres celui qui porte la signature de Xénophante l’Athénien : ZEN04>ANT0$ EPOIH^EN A©H N . Là, les peintures de diverses couleurs et les dorures s’entremêlent et s’harmonisent avec des figures modelées en relief. On y voit une chasse, dans laquelle, suivant l’ingénieuse explication du duc de Luynes1, paraît le jeune Darios, avec son nom écrit près de lui, le fils d’Artaxerce Mnémon, celui-là même qui, impatient de régner, ourdit une conspiration contre la vie de son père, et périt victime de ses projets criminels2. Ce magnifique aryballe, trouvé à Panticapée et conservé au Musée de l’Ermitage à Saint- Pétersbourg, peut avoir été fait vers la centième olympiade (380 ans av. J.-C.)3.
Tout ce qui est grand, élevé, vigoureux tend à disparaître et à s’effacer de plus en plus ; l’attention et les efforts des artistes vont se porter vers les sujets gracieux. L’art chezles Grecs a pu se maintenir, pendant nombre d’années, pur et beau, jusqu’à ce que le luxe eût pénétré chez ce peuple et affaibli le sentiment élevé qui jusque-là avait dirigé et guidé les artistes. On commença à employer la couleur blanche, en même temps que le pourpre ou rouge violacé pour les accessoires et pour les inscriptions, ce qui doit faire placer les vases où l’on remarque ces détails à la seconde moitié du ive siècle. En général les