TOME Il
C'est dans le bassin de Paris, ainsi qu'aux environs de Londres et de Bruxelles, que l’on a trouvé ces coquilles remarquables, dont Montfort a fait son genre Hypocrène. Lamarck les a réunies en une seule espèce, à laquelle il a donné lenom de Rostellaire macroptère. C'est l'une des coquilles des plus rares et des plus précieuses que l’on rencontre aux environs de Paris.
1. ROSTELLAIRE MACROPTÈRE. Rostellaria macroptera. Lamk. PI. LXXXIII, fig. 1, pl. LXXXIV, fig. 1; pl. LXXXV, fig. 10.
R. testä fusiformi, turrit4, apice acutd, lævigatd; labro latissimo, in alam mazximam rotundatam supernè spir& adnatam ampliato; rostro brevi, acuto, recurvo.
Strombus amplus, Brand., Foss. hant., pl. 6, fig. 76.
Burtin, Orycht. de Bruxelles, pl. 15, fig. a, b.
Lamk., Ann. du Mus., tom. 2, pag. 220, n. 1.
Idem, Anim. sans vert., tom. 7, pag. 193, n. 4.
Sow., Min. conch., pl. 208 et 300.
Nob., Encycl. méth, Vers, t. 3, p. 910, n. 4.
Var. b. Lamk.) Labro supernè sinu profundo distincto.
Hypochrenes macropterus, Montf., Conch. syst., t. 2, p. 522.
Sow., Loc. cit., pl. 290.
Var. db. Nob.) Testd minore; labro incrassato; spirä callosä.
Localités: Parnes, Chaumont, Grignon, Rétheuil, C. G.; en Angleterre à Barton, et en Belgique aux environs de Bruxelles.
Cette coquille est certainement l’une des plus extraordinaires que l’on connaisse à l’état fossile. Il est extrêmement rare de la rencontrer bien conservée, et cela se concevra facilement, en considérant la grande étendue et le peu d'épaisseur du bord droit. La coquille est alongée, fusiforme; la spire est très-pointue et un peu moins grande que le dernier tour; celui-ci se prolonge insensiblement à la base en un canal grêle, terminé en pointe, le plus souvent recourbé vers le côté droit et creusé, dans toute sa longueur, d’une gouttière étroite et peu profonde, dont la place n'est pas la même que dans les Fuseaux ou les Rochers. En supposant l’animal marchant avec sa coquille devant l'observateur, la gouttière occupe le bord interne et droit de l’appendice terminal, et il est recouvert, en dessus, par un petit appendice que fournit la base du bord droit; ce bord droit est très-largement dilaté en une grande aile demi-circulaire, qui
s'étend depuis le sommet de la spire, qu'il dépasse quelquefois, jusqu'à l'origine du canal terminal. Le point de jonction de ce bord avec la spire présente une gouttière assez profonde, creusée entre lui et une callosité qui le suit. L'ouverture est oblongue, très-déprimée, en fente oblique, proportionnellement petite pour une coquille aussi grande; la columelle est légèrement arquée, et elle est garnie d’une callosité épaisse, que l’on voit se continuer avec la callosité de la spire et se prolonger en un feuillet assez mince, lisse, comme vernissé, lequel couvre presque toute la surface extérieure de la coquille. Le même fait se présente dans plusieurs espèces de Strombes et de Ptérocères, et peut donner une juste idée de la manière dont cette couche externe est posée sur la coquille. Nous avons dit que dans plusieurs individus le sommet de la spire était débordé par l'extrémité postérieure du bord droit. Il arrive souvent, dans ce cas, que la gouttière latérale se renverse pour redescendre le long du côté gauche dela coquille. La premiere variété est probablement une monstruosité accidentelle: elle montre une large échancrure entre la spire et le bord droit. La variété b s’observe plus fréquemment et elle est remarquable par l’épaisseur de la callosité qui la garnit du sommet à la base.
Le plus grand individu que nous connaïssions a dix-neuf centimètres de longueur, et il en a onze et demi de largeur. La variété épaisse est ordinairement plus petite.
Mon cabinet.