LES ENROULÉES
Coquille sans canal, mais ayant la base de son ouverture échancrée ou versante, et ses tours de spire étant larges, comprimés, enroulés de manière que le dernier recouvre presque entièrement les autres.
Lamarck créa cette famille dans sa Philosophie zoologique, et la composa des six genres : Ancillaire, Olive, Tarrière, Ovule, Porcelaine et Cône. Depuis il n’apporta aucun changement dans le nombre et la disposition des genres, pensant toujours qu’ils étaient réunis d’une manière naturelle. Tous les auteurs ne partagèrent pas cette opinion, et Cuvier, adoptant d'abord quatre des genres que nous venons de mentionner, rangea les Cônes, les Porcelaines, les Ovules et les Tarrières au commencement de ses Pectinibranches buccinoïdes, dans le voisinage des Volutes et des Buccins. Dans ses Tableaux systématiques, M. de Férussac adopta la famille des Enroulées de Lamarck, en y apportant quelques changemens qui nous paraissent assez bien motivés pour être adoptés dans une méthode naturelle. Nous trouvons les sept genres suivans dans les Enroulées de M. de Férussac : Olive, Ancillaire, Marginelle, Volvaire, Ovule, Porcelaine et
Tarrière. M. de Blainville n’imita aucun des arrangemens proposés avant lui; il fit la famille des Angyostomes, dans laquelle il introduisit, dans une première section, les Strombes et les Cônes, et dans une seconde, les genres Tarrière, Olive, Ancillaire, Mitre, Volute, Marginelle, Péribole, Porcelaine et Ovule. Nous examinerons tout à l'heure quelle est de ces diverses opinions celle que l’on doit préférer : dans l’Essai de classification que nous avons donné à l’article Mollusques de l'Encyclopédie, nous avons préféré l’arrangement de M. de Férussac, et nous nous sommes appuyé sur quelques considérations que nous croyons utile de reproduire ici. Il existe un petit nombre de genres parmi les mollusques, dont le manteau, très-ample, se renverse sur la coquille, la recouvre plus ou moins complétement, et y dépose cette couche brillante semblable, par son éclat, à celui de la Porcelaine. Cette organisation des mollusques donne à leurs coquilles un aspect tellement particulier, que, rapprochées, elles constituent en réalité un groupe naturel. Parmi ces coquilles, les unes ont la columelle plissée et se rapprochent des Volutes par leur facies général; les autres ont les deux bords de l'ouverture involvés et n’ont point de plis à la columelle. Dans les rapports à établir entre ces deux types principaux, doit-on choisir le caractère essentiel plutôt dans l'ampleur du manteau ou la nature de sa sécrétion, que dans les plis columellaires? Nous croyons que ce dernier caractère est le moins important; car nous lui voyons moins de constance. Il s'établit entre les divers groupes des rapports intimes et des passages nombreux. Cest ainsi que les Marginelles ont une très-grande ressemblance avec les Volvaires et passent aux Ovules par un certain nombre d'espèces; les Ovules elles-mêmes ont tant d'analogie avec les Porcelaines, qu'il est incertain si l’on devra conserver le genre. Les Olives tiennent de très-près à certaines Marginelles, et si elles en différent assez pour constituer un bon genre, elles passent aux Ancillaires d’une manière presque insensible. Ces considérations, auxquelles on peut joindre maintenant la connaissance des animaux de la plupart de ces genres, animaux dont l’analogie est incontestable, nous ont fait préférer la manière de voir de M. de Férussac, et nous ont fait adopter la famille des Enroulées telle qu'il l'a modifiée. Jusqu'à présent nous n'avons pas mentionné le genre Cône, compris par Lamarck dans la famille qui nous occupe. Ce genre, comme nous le verrons, n’a point de rapports naturels avec ceux que nous avons cités : la coquille est épidermée, l'animal porte un opercule et il a une organisation différente de celle des Enroulées proprement dites. Les six genres de la famille des Enroulées de Lamarck sont représentés à TOME Il. 92
l'état fossile dans le bassin de Paris; nous allons en donner la description.