HUITIÈME FAMILLE
LES COLIMACÉES.
Trachélipodes aéricoles, munis ou dépourvus d’opercule, et ayant les tentacules cylindracés. Coquille spirivalve, n’ayant d’autres parties saillantes à l'extérieur que des stries ou de petites côtes d'accroissement et dont le bord droit de l’ouverture est souvent recourbé ou réfléchi en dehors.
La famille des Colimacées est une des plus naturelles, surtout si on en éloigne quelques genres qui présentent,avec les autres coquilles qui la composent, des differences notables, qui n'avaient point été aperçues par le célèbre M. Lamarck. C’est ainsi que l'observation ayant prouvé que l'animal de l’Hélicine est operculé et n’a que deux tentacules , on est forcé, malgré la forme de la coquille, de le placer près des Cyclostomes. D'ailleurs M. Say, qui a fait connaître l'animal de l'Hélicine (Journal de la Soc. d’hist. nat. de Philadelphie, p. 283), et M. de Blainville (Dict. des scienc. nat. T. XX ) qui l’a également vu, sont l’un et l’autre entièrement du même avis. Îl paraîtrait même , d’après la description de ces deux zoologistes, que animal de l'Hélicine ( Olygyra, Say ) n’a point de collier, comme l’a cru M. Fé-
russac , et que l’on ne peut, sans ce caractère, en faire une famille séparée des Cyclostomes.
Un autre genre, qui ne peut également rester, ni avec les Cyclostomes, ni avec les Hélices , est celui des Auricules. Outre que, tel qu'il est formé aujourd'hui, il renfermerait, d'après MM. Férussac et de Blainville, des espèces terreslres fluviatiles et marines, étant dépourvu d’opercule, et ayant certainement des habitudes dépendant des milieux habités, et probablement aussi des organisations diffé rentes résultant de la même cause, il ne peut rester à la place qu'il occupe. Un autre changement que M. Férussac a proposé pour tous les genres de cette famille , à l’exception des Cyclostomes et des deux autres genres que nous venons de mentionner, c’est,de rendre le genre Hélice ce qu'il était ou à peu près , lorsque Linné le forma, c’est-à-dire y faire rentrer les genres Carocolle , Anvstome , Hélicine, Maillot, Agathine de M. Lamarck ; le genre Bulime de Bruguière, ainsi que la Clausilie et l'Ambrette de Draparnaud, qui en avaient été tous démembrés. Tout en disant que les genres précédemment établis, ne reposaient point sur de bons caractères , et conséquemment qu'ils sont artificiels, M. de Férussac a pourtant bien senti qu'il était impossible d'arriver à la connaissance précise des espèces, sans des coupes plus ou moins nombreuses, dans un genre alors si considérable, et si, par de nouvelles observations et par de nouveaux moyens, ce zoologiste était arrivé à des résultats inattendus, en proposant de nouveaux mots, pour exprimer ces nouvelles vues , il aurait rendu un très-grand service à la science ; mais il n’en est point ainsi, puisque c’est toujours en partant à peu près des mêmes bases, et en employantles moyens déjà mis en usage par Montfort, Draparnaud et M. Lamarck, que ces changemens se sont faits. Aussi il a dû en résulter des groupes à peu près semblables à ceux qui existaient déjà, auxquels seulement on a appliqué la dénomination de sous-genre, au lieu de celle de genre, avec un nom nouveau, tiré d’un autre général, appliqué à tout le genre ou à une de ses divisions. C’est ainsi que le mot Hélicoïdes, appliqué à toutes les Hélices dont la spire est enroulée dans le sens horizontal, devient la racine ou l'origine de tous les noms des sous-genres de cette section. Ce seront alors des Hélicogènes, des Hélicodontes, des Hélicigones, etc. Il en sera de même pour le mot Cochloïde, appliqué à toutes les coquilles enroulées dans le plan vertical. Alors, dans cette seconde section , on aura des Cochlostiles , des Cochlitomes , des Cochlodontes, des Cochlodines , etc. Nous ne voulons point poursuivre plus loin l'examen de ce système qui, de l’aveu de l’auteur lui-même, n’est que provisoire, et ne se consolidera ou ne sera détruit que par l'observation d’un assez grand nombre d'animaux qui sont encore inconnus, ét pourtant très-importans pour décider une des principales questions sur la classification de cette partie des Mollusques. Au reste M. de Férussac, qui est celui de tous les zoologistes qui a observé le plus grand nombre d’es-
pèces d'Hélices , et qui, par des circonstances heureuses, les possède presque toutes, nous a laissé dans son ouvrage quelques vues neuves, des rapprochemens heureux, et surtout des planches dont la beauté d'exécution et l'exactitude l'emportent sur tout ce qui a été publié jusqu'à présent dans ce genre. Aussi nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer à cet ouvrage, ainsi qu’à l’article Hélice de M. Blainville , inséré dans le tome XX du Dictionnaire des sciences naturelles. ;