Pecten irregularis, etc
Les côtes d'Espagne et de Portugal sont plus inconnues que celles de la Nouvelle-Hollande ou de l'Amérique méridionale.
La Méditerranée renferme aussi un grand nombre d'espèces qui lui sont propres; mais comme elle est une mer intérieure, nous n’en parlerons pas actuellement, dans la crainte de voir attribuer la présence de ces espèces à ce cas particulier et exceptionnel.
Les observations sont peu nombreuses sur les côtes d’Afrique, depuis la Barbarie jusqu'au Sénégal; mais pour cette région importante nous avons l'excellent ouvrage d'Adanson, et les relations fréquentes du commerce avec le Sénégal et la Guinée, ont depuis long-temps enrichi les collections des coquilles marines de cette region.
Parmi le grand nombre d'espèces connues dans la zone intertropicale, il y en a beaucoup qui lui sont particulières, la liste en est trop longue pour être rapportée ici. Ces espèces, habituées à une haute température peu variable, ne se rencontrent Yivantes sur aucun autre point de la surface du globe; elles expriment donc avec fidélité la température des mers dans lesquelles elles habitent.
Ces faits, mentionnés avec toute la concision possible, devaient précéder ce que nous avons à dire sur la température des époques géologiques des terrains tertiaires;, mais pour donner la solution de cette intéressante question, il fallait
comparer avec soin, avec une minutieuse patience, toutes les espèces vivantes connues, avec toutes celles qui proviennent des divers terrains tertiaires de l'Europe.
Voici les principaux résultats obtenus à l’aide de ce long travail :
1. Les terrains tertiaires de l'Europe ne contiennent aucune espèce identique des terrains secondaires sous-jacens;
2° Les terrains tertiaires sont les seuls qui contiennent des espèces actuellement vivantes ;
3. Les espèces analogues sont d'autant plus nombreuses que le terrain est plus récent, et réciproquement ;
4° Les proportions constantes (3 p.100, 19 p.100, 52 P. 100) dans le nombre des espèces analogues déterminent l’âge des terrains tertiaires ;
5. Les terrains tertiaires sont en superposition et non en parallélisme, comme on l'avait d'abord supposé ;
6. Les terrains tertiaires, sous le rapport de leur zoologie, doivent être divisés en trois groupes ou étages.
Depuis le mois d’Aoùût 1831, que nous avons prouvé l'existence de ces groupes en indiquant les lieux où on pouvait les observer, les géologues ont confirmé géologiquement leur séparation.
Les derniers terrains tertiaires les plus superficiels ont été déposés lorsque la température de l’Europe était à peu de chose près semblable à celle que nous éprouvons ; en voici les preuves :
Les terrains tertiaires de cet âge de la Norwège, de la Suède, du Danemarck, de Saint-Hospice, près de Nice, d’une partie de la Sicile, contiennent à l'état fossile toutes les espèces identiques des mers correspondantes, et entre autres celles qui, plus localisées, représentent bien mieux pour nous la température. Ces fossiles offrent les mêmes séries de variétés que les espèces vivantes, ce qui annonce bien positivement que les terrains mentionnés se sont déposés dans des circonstances semblables à celles dans lesquelles elles vivent encore maintenant. Ces mêmes terrains, du midi de la France, du versant méditerranéen de l'Espagne, de l'Italie, de la Sicile, dela Morée, dela Barbarie (Alger), recèlent une grande partie des espèces qui vivent dans la Méditerranée, mais en contiennent aussi dont les analogues ne subsistent plus ou sont distribués en petit nombre dans les régions chaudes de l'océan Atlantique et dans les mers de l'Inde. Pour se faire une juste idée de la période tertiaire en Italie, etc., il faut distinguer trois sortes d'espèces fossiles :
1.” Celles qui ont leurs analogues encore vivans dans la Méditerranée;
2.” Celles en petit nombre dont les analogues ne sont plus dans la Méditerranée, mais dans l'océan Atlantique, la mer Rouge et la mer des Indes;