DIX-NEUVIÈME FAMILLE
LES RUDISTES.
Observations.
Aucun des genres qui appartiennent à cette famille, telle que Lamarck Va circonscrite, ne s'est encore rencontré dans le sol tertiaire de Paris;
deux de ces genres seulement, que l’on a observés à l’état fossile dans d’autres lieux, auraient pu se rencontrer aussi dans un terrain si riche en corps organisés. Quant aux autres genres de la même famille, on ne devait guère espérer de les y rencontrer, puisque l'observation avait démontré depuis long-temps qu'ils ne dépassent jamais certains étages des terrains secondaires. Si nous faisons quelques observations à l'égard de la famille des Rudistes de Lamarck, c’est dans la double intention d’abord de compléter la série des observations générales que nous avons faites dans cet ouvrage sur l’ensemble du système de Lamarck et ses diverses parties, et ensuite pour démontrer, le plus brievement possible, que cette famille a besoin d’être réformée dans sa composition, et qu'il est nécessaire d’en changer les rapports.
Les six genres qui constituent la famille des Rudistes de Lamarck, sont les suivans: Sphérulite, Radiolite, Calcéole, Birostrite, Discine et Cranie. Les observations faites, depuis la publication de l'ouvrage de Lamarck, par MM. Desmoulins, d'Orbigny et par nous, ont démontré avec la dernière évidence que le genre Birostre avait été fait pour le moule interne des genres Sphérulite et Radiolite; ces mêmes observations ont fait voir que ces deux derniers genres étaient entièrement analogues, et l’un d’eux formait un double emploi sur des caractères de peu d'importance. Ainsi de ces trois genres il ne doit donc en rester qu'un seul, pour lequel on adoptera l’un des deux noms Sphérulite ou Radiolite.
Ce genre Sphérulite, étudié d’une manière plus convenable, a présenté des caractères si particuliers, qu'il a été facile de reconnaître qu’il n'avait avec les Calcéoles, les Cranies et les Discines aucuns rapports naturels; il fallut donc séparer ces trois genres du premier, et en appréciant convenablement leurs caracteres, ils purent être introduits parmi les Brachiopodes.
Aux observations faites sur le genre Sphérulite, nous en avons ajouté quelques-unes relatives au genre Hippurite, que tous les auteurs méthodiques avaient jusqu'alors placé, mais à tort, parmi les coquilles cloisonnées; c'est à l’article Hippurite du Dictionnaire classique que nous avons rassemblé les preuves convaincantes, que les Hippurites ont la plus grande analogie avec les Sphérulites; dès-lors la famille des Rudistes fut pour nous réduite à ces deux seuls genres, dont nous essayämes de dévoiler la structure pour en apprécier les rapports.
Il faudrait donner une extension plus considérable qu'il ne convient à cet ouvrage, si nous voulions présenter et discuter les diverses théories qui ont été faites à l'égard des Rudistes, et les diverses classifications