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DOMNVS PROSPER GUÉRANGER
Les disciples et les amis du grand Abbé aiment à s’agenouiller dans ce caveau mystérieux, et ils en emportent toujours une impression indéfinissable de force et de paix. Souvent des mains pieuses couvrent de fleurs cette tombe vénérée, et la suavité de leur parfum n’est qu’un faible symbole de la bonne odeur de vertu que Dom Guéranger a répandue dans l’Église.
« Fidèle serviteur de Dieu, s’écriait l’Évêque de Poitiers à la vue de ce tombeau, dormez votre dernier sommeil, à l’ombre de cette église que vous avez sauvée de la profanation. Votre humilité ne voulait qu’une place dans le champ du repos, au milieu de vos fils : leur piété filiale a pu obtenir qu’il en fût autrement. Ils vous ont déposé dans cette crypte que vous aviez consacrée autrefois au Cœur de Jésus, après l’avoir creusée de vos mains et teinte plus d’une fois de votre .sang. Vous ne
pensiez pas h vous, quand vous l’orniez de ces peintures, reproductions fidèles des images mystérieuses des catacombes. Ainsi, êtes-vous enseveli comme les pontifes des premiers âges, dans ces cimetières dont vous avez révélé les merveilles : cet honneur vous était bien dû. Dormez en paix, au lieu où tant de fois vous avez offert les mystères sacrés, et uni à l’immolation de la sainte victime celle de vos fils se consacrant à Dieu par des vœux irrévocables (1). »
Un jour, nous l’espérons, la reconnaissance des ^catholiques élèvera sur cette modeste crypte un monument en l’honneur du champion infatigable (jui a achevé la ruine du vieux Gallicanisme, et décidé le retour complet de la France à son antique tradition de dévouement à l’Église Romaine. En attendant, deux inscriptions placées sur les piliers de la nef, auprès de la crypte, rappellent, l’une, les principaux traits de la vie de Dom Guéranger, l’autre, les hommages qui ont été rendus à sa mémoire par le Souverain Pontife. La première a été
(1) Oraison funèbre de Dom Guéranger, p. 29.
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gravée sur une plaque de cuivre et déposée, selon l’usage ancien, dans le cercueil même du défunt. La seconde inscription est le résumé de deux Brefs adressés par S. S. Pie IX, l’un à l’Église universelle, l’autre à Monseigneur l’Évêque de Poitiers, à l’occasion de la mort de l’Abbé de Sôlesmes.
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