‹ Description des deux églises abbatiales de SolesmesChapitre 9 sur 10 · L’ÉGLISE ABBATIALE DE SAINTE-CÉCILE DE SOLESMES · texte numérisé non relu

L’ÉGLISE ABBATIALE DE SAINTE-CÉCILE DE SOLESMES

L’église abbatiale de Sainte-Cécile de Solesnies n’est pas, comme celle de Saint-Pierre, un de ces vénérables monuments sur les murailles desquels on peut suivre les alluvions des siècles. Fraîche et virginale, elle est sortie de terre un matin sous la bénédiction de l’Époux céleste, et avant le coucher du soleil, elle s’était déjà épanouie dans toute sa beauté. Elle échappe cependant à la vulgarité commune de ces pastiches du moyen âge dont toutes nos villes sont déjà remplies. On sent qu’un homme supérieur a imposé dans cette construction la direction de sa pensée et a imprimé à l’œuvre

l’église de SAINTE-CÉCILE

entière un cachet d’originalité. On sent mieux encore que ce sanctuaire est aimé du ciel et « que la vierge Cécile a véritablement choisi ce lieu pour une de ses demeures (1). » Dès le seuil, on y respire le suave encens de la prière, et cette église, née d’hier, a déjà ses grands souvenirs.

Sainte Cécile, comme le monastère avoisinant, est dans le style du xiii® siècle (2). Une flèche gracieuse s’élève à l’entrée de l’édifice, qui est précédé par un porche à trois baies largement ouvertes. Sous ce péristyle, deux bancs de pierre sont disposés pour la commodité des visiteurs. C’était une joie pour Dom Guéranger d’y rencontrer des pèlerins ou des pauvres prenant un instant de repos. Sur les vanteaux de la porte, on aperçoit des bouquets de lis et de roses. L’ornementation de l’église est fondée tout entière sur l’union de la rose et du lis, qui rappellent la couronne qu’un ange déposa sur le froal de sainte Cécile et de

(1) Dom Guéranger. Sainte Cécile et la Société romaine^ p. 570.

(2) L’église et le monastère de Sainte-Cécile ont été construits sur les plans de M. Duvôtre, architecte à Angers.

saint Valérien, son époux, après la miraculeuse conversion de celui-ci. Le lis était le symbole de la virginité que les deux époux venaient de se promettre, la rose le symbole du martyre, dont le ciel leur réservait la gloire.

Des inscriptions, qui font corps avec l'édifice et lui donnent comme une voix éloquente, retracent ce que fut Cécile et reportent la pensée vers la basilique romaine, qui était sa maison avant de devenir un temple consacré à sa gloire. La première qui se présente au regard sous le vestibule, est empruntée à un passage du livre de l’Ecclésiastique, employé par l’Église à la messe de la sainte Martyre.

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