CHANTILLY
La gÿlcrie des batailles est décorée de douze tableaux peints par Lecomte , sur les dessins de Van-der-Meulen , et tous représentent les faits d’armes qui illustrèrent le grand Coudé dans les années comprises entre iG'lS et 167-*. Au bout de cettç galerie était un riche cabinet de physique et d’histoire naturelle , commencé par le duc de Bourbon, pendant son ministère, et augmenté, en 1786, de la collection du célèbre Yalmont de Bomare.
Enlace do château est le bâtiment d’Enghien, dà aux soins de l’architecte Leroy, qui ne mit que quatre mois à le bâtir. Ce bâtiment se compose d’un rez-de-chaussée et d’un seul étage que couronnent un entablement et une l>alustradc.
La terrasse du connétable , .placée entre le bâtiment d’Engbien et les fossés du vieux château , était décorée de la statue équestre d’Anne de Montmorency. Cette figure, assez bonne pour le temps où elle fut laite , était composée de lames de cuivre très-rapprochées ; à cette époque on ignorait en France l’art de jeter en fonte de giandes figures.
De cette terrasse on arrive au grand escalier , du haut duquel l’œil embrasse à la fois le |>artcrre et le riant coteau de Yüliers qui termine ce riche tableau. Les deux parties du soulrassement de la terrasse sont décorées d’une ordonnance de co-
t>r.EMIKI»E PKOMËXADË.
loiiiics toscanes, riisliijucs et accouplées ; des statues de naïades et de ilcuves, eurichissent les niches et les grottes prali(jnées dans le in»ir entre ces colonnes. Quoique fort dégradé, cet ouvrage est eu* core un des plus imposants qu’on voit à Chantilly.
L’écurie de Chantilly, bâtie sur les dessins de Jean Aubert , futcommencée en 171g , et finie en 1735; elle présente une façade de quatre-vingt-seize toises et demie de développement sur neuf toises deux pieds de largeur; les deux extrémités sont arrêtées par deux gros pavillons de dix toises cinq pieds en carré, et de quarante deux pieds et demi en hauteur J depuis le rcz-dc-chaussce jusqu’à l’entablement : ils sont percés chacun de trois arcades sur chacune de leurs faces. Au milieu de la façade est un pavillon formant avnnt-cor])S, orné dc|)ilastro$ ioniques, et qui offre la principale porte d’entrée de récurie; sous l’archivolte de cette porte sont sculptés en demi-bosse trois chevaux qui présentent differentes attitudes., S»ir ce pa\illon , couronné comme tout l’édifice d’uiie balustrade, s’élève un dôme octogone qui offre pour amortissement la Renommée montée sur un cheval ailé : ce groupe, fait en plomb, a une proportion de douze pieds.
Les deux |>artics de cette façade qui sont entre les trois pavillons, sont percées de ^iugt arcades, de douze pieds de largeur chacune, sur vingt-six de hauteur , et ornées d’assises en bossages.
CnANTltLLT.
L’intérieur des écuries a, dans œuvre, quatrevingt-treize toises de long , sur trente-six pieds de large : la hauteur prise du sol à la clef de la voûte est de quarante pieds et demi, proportion énorme, qui, en donnant un air de majesté à ce logeaient pour des chevaux , nuit beciucoup à la commodité. La vaste étendue de Tinlérieur, la haut^ir de la voûte , la grandeur des fenêtres rendraient cet édifice inhabitable même pour les animaux, si en hiver on n’avait soin d’y entretenir du feu.
Au milieu de cette longueur est le dôme qui a , dans œuvre , soixante-trois pieds de diamètre et quatre-vingt-deux pieds de hauteur. La voûte, qui est à huit pans , est éclairée par quatre grandes croisées ovales ; le tout est orné de guirlandes et de trophées de chasse , tels que des tètes de cerf et de sanglier.
Au-dessous de ce dôme, et en face de la piin- «pale porte d’entrée , est un renfoncement formant une grande arcade en cul-de-four , sous laquelle on trouve une magnifique fontaine en cascade, décorée d’un groupe de chevaux et d’enfants.
Ces écuries peuvent contenir deux cent quarante chevaux.
Les arcs doubleaux, placés entre les fenêtres, présentent, à la naissance de la voûte, des têtes de cerfs entouréesde cartels et de guirlandesde feuilles de chêne en peinture.
PREMIÈRE PROifENADI.
Les deux extréniilës de celle ëcarie sont terminées par un cul-de-four. Dans un renfoncement qui est au-dcssus de la corniclie , sont peints des sujets de vénerie : d’un côté est une chasse aux loups, et dé l’autre côté une chasse aux sangliers. L’étage supériuiy, en mansardes, est divisé en vingt-quatre appartements.
Le manège découvert est un édifice circulaire de vingt toises de diamètre, hâli dans le genre de l’écurie à laquelle il tient , et qui présenté des portiques à jour décorés d’une ordonnance de colonnes ioniques répétée par des pilastres.
Les chenils construits pour les divers espèces de chiens, ne sont pas distribués moins grandement que l’écurie. Ils sont décorés de fontaines, de sculptures et de peintures. La boulangerie , les remises, le logement de la vénerie, forment avec le principal édifice, dont ils répètent la décoration extérieure, un vaste et magnifique ensemble qui, par le caractère de son architecture et sa position avantageuse sur une immense pelouse, peut excuser l’erreur où tombent tpiehjuefols les étrangers en la prenant pour le palais même.
La porte jwr laquelle on entre dans le bourg de Chantilly est le commencement d’un pavillon symétrique à celui de l’écurlej la rue qui vient ensuite est bordée d’un corps de logis de plus de cent soixante toises de longueur, divisé en maisons
CHANTItLt.
miiformémenl couslruites , derrière chacune desquelles est un jardin qui donne sur la pelouse de Chantilly ; l’église paroissiale est d’une construction moderne; l’intérieur est orné de pilastres, et sur l’autel ou voit une Adoration des bergers peinte par Houasse.
Les réservoirs, placés sur la pelouse à l’extré- • mité du bourg , présentent deux vastes pièces d’eau qui ont près de cent toises de long chacune , sur environ cinquante de large. Us fournissent à une partie des eaux de Chantilly. Plusieurs allées plantées d’arbres entourent ces deux pièces d’eau , et forment, de cet endroit, une promenade fort agréable.
Le grand canal a trois quarts de lieue de long sur environ quarante toises de large ; il est alimenté parlalNonette. L’entrée de cette petite rivière dans le bassin circulaire qui domine le canal , présente un point de vue intéressant par la grandeur et La beauté des arbres dont elle est bordée.
C’est maintenant l’unique beauté du parc de Chantilly. La nature seule lui est restée ; presque tout ce qu’il devait à l’art a disparu.
Le hameau offre un tableau formé de tout ce que les habitations des humbles villageois ont à l’extérieur de plus champêtre, de plus riant et de plus simple. Sept bâtiments détachés, disposés sans ordre, et couverts de chaume, forment ce hameau.
5i PREMIÈRE PROMENADE.
Au milieu est une place étendue , iiTégulière, el tapissée d’un vert gazon que coupent des sentiers servant dcconimunication d’une maison aune autre. Sur un des côtés de la place est l’orme antique dont les branches semblent offrir leur ombre hospitalière aux habitants de ces demeures agrestes. Lu puits , plusieurs jardins potagers , fermés par des palissades, caractérisent encore ce séjour rustique. Les grands , blasés sur toutes les jouissances , et n’en trouvant plus que dans les contrastes f aiment à transporter l’éclat delà richesse. Quoiqu’il ^ soit rare d’ailleurs que ce genre de décoration, admis dans un parc, produise tout l’effet qu’on s’cn est proposé , cependant, sous ce rapport , lé hameau de Chantilly traité en grand par un architecte , est une heureuse imitation de ces habitations dont la réalité déplaît souvent à ceux qui s’en font donner des copies. ' *
Chantilly a une belle manufacture de porcelaine et quelques autres fabriques intéressantes.
CHEIL. — LIANCOVRT. — MONTATAIRE.
Creil, sur la rive gauche del’Oise, est une ancienne mais très-petite ville; on n’y compte guère que douze cents halûtants : dans l île que l’Oise forme en cet endroit , on voit’ les restes d’un ancien château bâti sous le règne de Charles V, et connu prin- ’