‹ Description des environs de Paris, considérés sous les rapports topographique, historique et monumental;Chapitre 11 sur 63 · CREIL · texte numérisé non relu

CREIL

UANCOÜRT.

cipaletnent par le séjour qu’y fit Charles VI pendant son état de démence.

Autrefois Creil possédait une collégiale royale, une châtellenie et un grenier à sel; aujourdliui on y trouve une importante manufacture de faïence en terre de pipe, qui occupe plus de quatre cents ouvriers : on y travaille aussi la jioterie de luxe en grès argileux. C'est des environs de Creil, près du village à'Aumorit, que la manufacture de Saint- Gobin lire le quartz arenacé ou sable blanc employé à la fabrication des glaces; l’embarquement des bols provenants des forêts de Hex et Hallatc ne laisse pas que de donner de l’activité à cette petite ville qui, sans être jolie, offre quelques vues assez pittoresques , dont une des plus remarquables est celle de la collégiale dont nous avons parlé, et des ruines de laquelle nous donnons (pl. 9.) une vue pittoresque»

Au nord de Creil , et à peu de distance de Clermont, se présente le village Ae Liancourt , appelé le Philairtrope. C’est L» que le voyageur verra les dignes rejetons d’une illustre maison diriger des étaldissements industriels qui répandent au loin l’aisance dans une classe laborieuse. Le château de Dubos , démoli, a fait place à une manuiàctHrc de calicots que le duc de la Rochefoucaidd v » établie. Cest a oe citoyen zélé pour sa patrie, qu’est dû le premier établissement de l’école des arts et.

54 PRFMIÈRE PROUFNADK.

métiers qui , de Liaucojirt a été Iransféré à Comr piègne, puis à Châlons-sur-Marne. La même famille a fondé dans ce bourg, en i6^5, un hospice dirigé par des sœurs de la charité de Nevcrs. Il est l'asile de vingt-quatre vieillards des deux sexes , et répand des secours à domicile sur dix-neuf communes.

Montataire, village situé sur une montagne presque vis-à-vis Creil, se montre de la manière la plus pittoresque. De ce lieu on jouit d’une des plus belles vues de la contrée , et peut-être de la France. Montataire parait avoir été jadis très-considérable. C’est dans son église que Coucoupètre, vulgairement appelé l’ermite Pierre , fit ses premières déclamations pour exciter à la croisade.

1*O^T-SAI^TB-MA^XEÎ^CE. — PLESSIS-VUXETTB, — VEHBERIE. (PI. lO. )

Quittant la route de Calais pour remonter l’Oise, on rencontre Pont-Sainle-Maixence ^ autre petite ville de deux mille cinq cents liabitants , située agréablement sur la rive gauche de l’OLse, et au pied de la forêt de tiallate : ses tanneries , ses mégisseries et son commerce de grain lui donnent une certaine importance; mais ce qui mérite le plus en elle l’attention des voyageurs, c’est le beau pont construit sur la rivière d’Oise : pont dont nous donnons (pi. lo.) les plan , Coupe et

■ Otgiüied by Goo^lC'

PO.>T 8ATNTE-MAXESCE.

élévation et qui passe pour un des plus remarquâmes que la France doit à Perronnet.

Le ]>ont qu’il y avait auparavant, et dont les ruines obstruent le Ht de la rivière, avait été bâti par les Romains , ainsi que le prouvent des méibilles à l’effigie de Maxeoce qui ont été trouvées dans l’une- de scs piles. Son peu de largetir qui gênait la circulation des voitures ; huit petites arches qui tonil>aient en ruines et entravaient la navigation , déterminèrent l’administration des ponts et chaussées, qui, sous Louis XV, s’est particulièrement distinguée par ses travaux pour l’amélioration des routes, à le remplacer par le beau pont dont nous allons donner la description, et dans lecjuel on retrouve le caractère distinctif dos travatix de l’habile ingénieur qui fut chargé de sa' construction. 11 est surtout remarcpiablc par cette légèreté, cette grâce dans la coupc des arches, qu’on admire dans la plupart do nos ponts modernes, et par les soins extrêmes apportés dans l’appareil, qui, il est vrai|^devait être ici en rapj>ort avec la Icgèceté du tracé. science est redevable à Perronnet de principes et de détails précieux sur les constructions de celte es|>èce , qui ont fait et feront encore long-ten)ps loi dans notre école.

'• IjCs ]>rincipales dimensions de ce pont sont de soixante-douze pieds d’ouverture pour chacmie

PKEMlKnE PROMENADE.

des trois arches dont ii sc compose ; de treutc-ueuf pieds entre les tètcs(a6) ; de quatre pieds de largeur aux trottoirs ; et de dix-huit piedsdVpaisseur au corps carré de chacune desculées.(c), lequel corps carre est soutenu par des piliers buttants (ci) de dix-huit autres pieds de long sur six de large. Aux murs de prolongcmeul (e) qui accompagnent ces cillées^ on a donné viugt-cinq |>icds huit pouces de long , y compris les pilastres , et douze pieds d’épaisseur. Ceux de rampe (y) ont chacun vingt-six toises; uu mur au-devant des culées forme le chemin de hallage (^). Les piles ont neuf pieds d’épaisseur, mesurées à leur nu, à la hauteur des plus liasses eaux, au-dessous desquelles clics s’étendent en empatemciitparassiscs saillantes de dix-hiiitpouces, 1« unes au-dessous des autres , le tout solûlement fondé sur pilotis, raciuaux çl plate-forme de charpente. Les piles ont , y compris le couronnement , dix-huit pieds do hauteur, qui est celle des plusgrandes eaux ; elles se composent chacune de quatre piliers circulaires de neuf pieds de diamètre et groupés deux à deux (h) et dont le |>remier el^ le dernier de chaque pile , débordant d’uii démit dianiètreles tètesdii [>ont, forment avautetarrièrebecs. Ces groupes de colonnes laissent au jpilicu de chaque pile un Intervalle (/) de neuf pieds. Le bas de cette ouverture est fait en arc renversé, ce qui distribue la cliarge des voûtes sur toute l’aire du tAassif des piles. En haut , ce vide se termine

' DigilizéaTÿ^îowgle

l*0NT-5ylINTE-MAXENCE. — VEUBEniE. 5;

par des lunettes qui pénètrent les voûtes. Celte décoration se répète dans les culées. Les voûtes des arches sont des arcs de cent onze pieds de rayon ; elles ont quatre pieds et demi d’épaisseur aux clefs. Un très-beau percé a été fait au travers de la ville , et se prolonge en-deçii et au-delà du pont, et dans son axe sur une longueur totale d’une lieue.

Ce pont, commencé en 1774, et terminé en 1777 , est une preuve de la variété qu’on peut apl^ter dans les formes et la décoration de ce genre d’édifices, rpii, en France, a long-temps semblé ne consister que dans la réunion d’un nombre plus ou moins considérable d’arches semi-circulaires. Dans celui-ci il y a économie de matériaux, légèreté et solidité tout-à-la-fois. Sa forme donne un plus grand débouché à l’cauga mesure qu’elle s’élève et que, par conséquent, elle acquiert de vitesse. En diminuant le poids considérable des reins de voûtes ordinaires , l’ingénieur a pn diminuer aussi l’épaisseur des piles qui doivent en porter le fardeau , épaisseur qu’on avait l’usage de faire au moins d’un cinquième de l’ouverture des arches , et qu’il n’a fait, comme on voit , que du huitième de celte ouverture.

Au nord , et près de Fonl-Sainte-Maxonce , on trouve le Plessis- flllettu , château et jardin embelILs par la fille adoptive du philosophe de Ferney, la marquise de Villette.

VRIHIKHE PROMENADE.

yerberie , coiniiie tous les lieux situés sur les livcs de l’Oise, est diuis une nf^icablc position; on y trouve f|ucl(|ues jolies maisons , nue source d’eau minérale l’crruj;ineuse et une manufacture d'alun cl de couperose , avec des brifjuçtcries.

Ce bourg, autrefois \ille considérable, avait un superbe palais , séjour des rois des deux premières races. Cet édifice, qui se dévelop[tait sur une longueur de deux cent (piaranle été magnifique pour le temps il souffril beaucoup par les guerres du règne de Charles VI , et plus tard il fut incendié et enfin démoli sous Fi'aiiçois

Ycrberic u> uitun port et trois ponts sur la rivière d’Oise. On y frappait monnaie, et plusieurs fois s’y tiiircnl do#asscniblées de la nation ; mais, depuis leconimencoment du quinzième siècle , cette ville est niduitc à l’étal de bourg. François I" le fit cnlourer de murs , et bien rpi’il prétende encore au litre de ville , on n’y compte guère que douze cents habitants; il est sur la route de Paris à Coiu|)iègne. >

COMriÉGNE. ,

I.a ville <le Compiègne , dont on fait remonter l’origine jusqu’au tctnps de la puissance des Romains dans la Gaule Relgicjuc, ne présente cependant une exisfcticc certaine rpi’à dater de la fin du règne do Clo\is. Peu considérable alors , elle

toises , paraît avoÎE oii il fut constru*

DigïïizclT by CutT^Ie

cuupiKGne.

s’accrut sous Charles-le-Chauve et ses successeurs, parce qu’elle fut l’objet de fréqueuls voyages de ces princes. Elle est construite en partie sur le plateau d’une cniinence tjui donnne d’assez beaux sites. On y voit encore des restes d’enceintes. Elle a d’ailleurs des rues étroites , sombres et tristes. Cependant ses promenades , et surtout celle du Cours, sont belles , spacieuses et bien aérées; les dehors sont délicieux : du haut rempart, qui s’étend entre la porte de la Relue et celle de Pierrefond , la vue peut agréablement errer sur les sites pittoresques de la forêt.

Compïègne est le siège d’une sous-préfecture ; sa population monte à environ sept mille habitants ; elle fait un peu de commerce en grains, chevaux et bestiaux. Il y a un port et uu chuuller pour la construction des bateaux, et on y fabrique des agrès pour la marine.

Il s’est tenu en cette ville huit conciles et trois assemblées de la nation , ou plutôt des princes et des évêques en qui on semblait faire uniquement consister le peuple Français de ce lemps-là. La première de ces assemblées se tint eu 767 ; dans la seconde , en 838 , Louls-le-Faible fut déposé , et dans la troisième , connue sous le nom de Parlement de Compïègne, en ligS, Philippe-Auguste fit , sous prétexte de parenté , casser sou marbge avec Ingelburge. Ce qui , dans riùstuire,

PKKMIÈRE FROHENAOK.

fait le pins dlioaneur aux habitants de Compiègne , c’est la valeur qu’ils déployèrent pendant le siège qu’en i45i les Bourguignons et les Anglais avaient entrepris , qu’ils furent obligés d’abandonner, et où fut prise cette fille courageuse qui avait relé.vé le trône de Charles VII.

L’Oise, qui baigne Compiégnc, une demi-lieue après avoir reçu l’Aisne dans ses eaux , est traversée par un beau pont de trois arches elliptiques, bâti de 1750 à 1733. L’arclie du milieu a douze toises d’ouverture , et les autres , onze. Le pont a en total trois cent quarante pieds de long , et trente - six de large entre les parapets y sur l’un desquels un obélisque est placé au milieu de la longueur du pont,. Un second pont de trois arches et de deux cents pieds de long sur trente de large , destiné à l’écoulement des eaux débordées , est à cinquante-cinq toUes: du premier; il conduit à une cliaussée d’une lieue de longueur , haute de vingt pieds , large de quarante-cinq, et dont le talus, du côté de la rivière, est revêtu en pierres de taille : c’est un des plus beaux ouvrages de ce genre.

L’église de Saint-Jacfjues offre une tour fort élevée , qui parait dater de la renaissance de l’art; elle est surmontée par une lanterne décorée d’un ordre grec. Cette tour devait faire symétrie à une autre ainsi que l’indique l’arrachement du

COMPÏÈGNE.

portail dont la consLinctîon n’a |)as été continuée.

L’église Saint-Antoine , d’une belle arcliilecture gothique, est accompagnée de deux tours hexagones d’une agréable proportion. L’intérieur est simple, mais réunit les mêmes avantages que l’extérieur.

L’hôtel-de-villc est un bâtiment gothique fort ancien , comme on en peut juger par ses tourelles et quelques sculptures qui décorent sa façade.

Compiègne , du temps même que les rois continuaient d’habiter le palais de Guise , dont nous parlerons plus tard, possédait déjà un château qui comptait parmi les maisonsde plaisance royales. Ce château avait été bâti par Charles-le-Chauve , entre la porte de Pierrefond et le confluent de l’Aisne rplus tard le même prince fit élever un second édifice du même genre sur les bords de l'Oise , près du faubourg Saint-Germain. Les jardins du château, dont il ne reste plus rien aujourd’hui , s’étendaient dans une ile. Louis XI en fit la donation aux moines de Saint-Dominique, et ordonna que sur un autre emplacement on élevât un nouveau palais (pl. il.) qui subsiste encore. Il ne reste des premières constructions que la cha- ^ pelle (o) et la grande salle (6). Louis XI y ajouta l’appartement (c) qui joint la grande salle des Suisses.

PREMIÈRE PROUENADE.

D’antres princes vinrent ensuite rpn aclievèrent cet ouvrage; parmi eux, François 1* fit élever la principale porte et ses tourelles , détruites de|Hiu en 1695. Le connétable de Montmorency ordonna la construction d’nn appartement près de la porte à laquelle on avait donné le nom de sa dignité. Pins tard, Louis XIV fit embellir les jardins, les réunit au château en faisant abattre le rempart qui les en séparait, et rétablit toute la partie de bâtiment qui fuit face è la forêt.

Le grand escalier (/'), le jeu de paume {g) , sont dus à ce prince ; mais c’est particnlièreaieBt sons Louis X^y que les immenses travaux Gabriel le fils, Jacques-Ange, donnèrent au palais de Compiegne cet ensemble qu’on ne devrais pas attendre du défaut d’unité de son plan el dtf la diversité des époques auxquelles furent bâties les différentes parties du palais. Cet architecte, d’un goikt peu sévère , savait cependant allier dand scs compositions la grandeur et la magnificence k de belles dis|>osilions , avantages qui font souvent oublier l’absence dn style et de sévérité dans se^ ordonnances et le mauvais choix de ses ornements^ Eu terminant la façade du côté de la forêt, entreprise sons Louis XIV, il l'étendit des deux corp» de bâtiments latéraux, et construisit sur l’empla^-' cernent de plusieurs maisons qu’on abattit, les! deux ailes et la colonnade qui en forment la cour*

COMPlioîCE.

d’honneur. 11 fit preuve d’un rare talent dans le raccordement de ces constructions disparates , raccordement exécute sur ses dessins par Lelen , et qui a rendu tous les appartements de plein-* pied, quoiqu’ils soient au premier sur la cour et au rez-de-chaussée sur le jardin. Le projet de Gabriel comportait, au-devant du palais, une place vaste et régulière , entourée d’un portique de même caractère que le soubassement du plSis, et qui aurait étaldi la cominunicalion entre 1 édifice royal et ceux destinés à l’habitation des ministres. Cette partie du projet qui eût complété , d’une manière vraiment grande , le palais de Compiègne, ne fut jamais entreprise.

Sous le règne de Louis X VI , on ajouta peu aux bâtiments , mais ou les meubla.

Pendant la révolution , on établit à Compiègne . une école des arts et métiers , formée de celle de Liancourt. Toutes les distributions intérieures du palais disparurent; les somptueux appartements qui avaient jusque là échappé au vandalisme, furent transformés en ateliers de serrurerie ou de menuiserie : en peu de temps ce chateau fut dans un état déplorable. Rendu , en i8o6 a sa destination primitive , sa restauration fut confiée à M. Berthault. Cet architecte a, dans son jirojet, régularisé la distribution des cours de la partie gauche du palais , et ajoute un tlieatre qui

FREMlKttn PROMENADE.

s’élèvera sur i'ecDplacemcul de coiislruclions qui renioulent à François 1" et même à Louis XI.

La façade du côté de la ville (pl. i â.) , preseute deux [>avillous, en avant-corps, décores d’une ordonnance de pilastres ioniques , élevés sur un soubassement , de ce côté , régnant dans toutes les parties de ce château , et couruuué par un frouton triangulaire. Ces pavillons {dd, v. le plan), soift réunis par une double colonnade dorique (h) dont l’entablement est surmonté d’une balustrade. Au milieu de cette colonnade, une porte, couronnée d’un fronton circulaire , donne entrée dans la cour d’iionneur (/) comprise entre les ailes que terminent les pavillons; au fond de cette cour s’élève le principal corps de Ix'itiment. Un avant-corps, composé de qualrecolounes ioniques, décore la façade ouverte, ainsique les autres parties de ce côté du château , de deux étages de croisées : une balustrade règne sur toute l’étendue de cette ordonnance qui manque de sévérlfej l’entablement complet dans les avant-corps , est

architecturé dans le reste de la façade: néanmoins

l’ensemble de ce vaste édifice présente un aspect magnifique, grandiose, et surtout une unité p.arfalle , avantages qui répondent fort bien à sa noble destination; et l’on ne peut méconnaître, dans cette grande composition , la main du génie qui, combinant la disposition du plan pour les effets

tOMl’IKGNE»

ipTodiiits par les éiévaüons , obtint ces heureux résultats. Cette cour a trente-quatre toises de’ profondeur sur vingt-cinq et demi de largeur.

Au fond de cette cour , est un immense et Superbe vestibule (è), décoré d’une colonnade dorique d’une belle exécution , et recevant les retombées des arcs surbaissés qui forment la voûte. Ce vestibule donne accès au grand escalier (y*) qui est à double rampe. Au premier étage, la salle qui répète le vestibule, et qui est décorée de pilastres doriques et de trophées , conduit, d’un côté , à une chapelle fort petite , au théâtre projeté (i) et â la grande galerie (i); et de l'autre côté, à la salle des gardes (m), par laquelle on entre dans les appartements du roi.

La salle de spectacle projetée aura, dans son plan semi-circulaire , quarante-huit pieds de diamètre. Le théâtre aura, dans oeuvre, soixante-cinq pieds de largeur sur quarante-deux de profondeur.

Les apjiarlements du château , par le séjour de l’école des arts et métiers, devinrent, après la translation de cette même école à Qiâlons , l’objet de réparations considérables. M. Berthault, chargé de la direction de cette entreprise , non-seulement rétablit cette liabitation royale dans son aucienne somptuosité , mais encore y ajouta un lustre qu’elle n’avait jamais eu. De ces a[ipartements

fREKléltK FROMENADB.

nouveaux, ceux du roi (n) occupent l’avantcorps sur les jardins ; de chaque côté sont ceux des princes ; à droite ( o) pour M. et madame la duchesse d’Angouléroe, et à gauche (r)pour madame la duchesse de BeiTy et M. le duc de Bordeaux. Ces appartements communiquent av% ceux du roi par les antichambres comgauns (p) et entre eux par la grande galerie et la salle des gardes. La grande galerie (/) , qui a été érigée en 1810 , a quatre-vingt-dix pieds de long sur trentesix de lai^ej elle est décorée d’une ordonnant» de quatre colonnes corinthiennes en stuc. Les peintures sont de M. Girodet , coname pres^ que toutes celles du palais. M. Yafilard a peint les arabesques ; la décoration et les ornements sont de M. Dubois. Le service des cuisines et offices (çr), rejeté sur les derrières du palais, est de la plus parfaite distribution^ c’est un vrai modèle en ce genre.

La façade qui donne sur les jardins (pl. la.), se développe sur une longueur totale de quatrevingt-dix-sept toises et demie. Le corps de bâtiment principal qui se distingue par ses ornements de sculpture , offre trois pavillons , dont celui du milieu est décoré de quatre colonnes ioniques d’une belle proportion , surmontées d’un fronton triangulaire enrichi d’un bas-relief. L’entablement, surmonté d’une balustrade , se prolonge en cou-

Digilized by Googlfc

COMPliCîlE.

roniiemcnt sur toute l’étendue de la' façade , dont les grande^Ugoes , sans mouvements , ne produisent qu’un efict médiocre et monotone , auquel le style peu sévère de cette décoration contribua singulièrement : cependant on doit convenir que cet ensemble , d’un aspect imposant , présente une unité de composition qu’on rencontre assez rarement dans un édifice de cette importance.'

De la terrasse on descend, par une pente douce et par plusieurs escaliers, au jardin (]ui. s’étend dans la plaine. Ce vaste jardin , clos de murs et de fossés , communique avec les avenues de la forêt par des ponts tournants. On y remarque un berceau d’une longueur considérable.

Une machine à vapeur, construite en 1810 , par M. Berthault, fournit les eaux de l’Oise au palais. Ce n’était qu’une construction provisoire , en attendant qu’on pût mettre à exécution le projet conçu par, le même architecte , et agréé eu 1810 , d’amener à Compiègne, par des conduits souterrains , les eaux des étangs de Pierrefond. Ces travaux, qui devaient coûter un million , auraient fourni aux jardins du palais des jets de cent pieds de hauteur et d’abondautes eaux è douze fontaines de la ville.

La forêt de Compïègne , avant le règne de François 1", n’avait d’autre route percée en ligne droite que la chaussée Brunehaut. Cette chaussée

PREMIÈRE PROMENAORk

était une partie de la voie militaire d^t Ro^ mains , commencée par Agrippa , so^s le r^ne d’Auguste, et terminée au temps de Caracalla, connue en langue romance sous l’ancien nom de Chemin des ly Estrées. Ce n’est que dans le treizième siècle , qu’elle a pris son nom actuel des ré-' veries d’un certain poète nommé Renclery , qui en attribua la construction aux enchantements d’un certain roi de Hainault, nommé Brunehaut) et contemporain de Salomon. Cette voie fut décorée de colonnes militaires par Caracalla , ainsi que le prouve l’inscription d’une de ces colonnes ti^ouvée 4 Vic-sur-Aisne en 17 1 a. La structure de la chaussée Brunehaul n’est point uniforme; tantôt ce n’est <ju’un amas de pierrailles recouvert de sable , tantôt un massif de maçonnerie en moellon hourdé de

mortier de chaux. Ici il est tombé, là il ne déborde pas la surface du terrain, et ressemble aux fondements d’un grand édifice. François 1" fit percer" la forêt do Compïègne de huit grandes routes j T.,oui$ XIV y ajouta cinquante-quatre petites Lies j* et enfin Louis XV fil ouvrir deux cent vingt-neuf routes, ce qui étend à deux cent soixante-quinze Reues le, chemin qu’on peut parcourir dans cette foi êt. Iæs immenses bois de Compïègne. ne sont' eux-mêmes qu’une ]>artie de la vaste forêt de Guise , démembrée et défrichée en divers temps.- Cette dernière prenait son nom du château de.

PIERREPOND.

Guise, regardé comme la plus ancienne habitation qu’aient eu les rois de France dans ce canton. En 890 , il s’y tint une assemblée des évêques et des grands vassaux de la couronne. On en trome encore quelques vestiges à Saint-Jeau-aux-Bois.

* PIJiRÏLE^’O^D.

Non loin de la limite du département de TA Une, entre les forêts de Compiègne et Villers-Cotterels, s’élève un monticule que couronnent les ruines imposantes du château de Pierrefomh Cet édifice , monument de la grandeur et de la puissance de ses anciens maîtres, servait de demeure à ces vassaux toujours rebelles , brigands féodaux qui , sous la protection de Leurs remparts, ravageaient impunément les terres de leurs voisins; rançonnaient les paysans; détroussaient les voyageurs , et se montraient partout les fléaux de l’humanité. Jjes seigneurs de Pierrefond devenus , jar une usurpation, propriétaires de la maisou royale du Chêne Hcrbelot sons la première race , avaient fait sortir des débris de cet édifice le diàteaii-fort dont nous parlons ici; ils en fijont bientôt un rempart qui les mirent en état de braver les dévastations des Normands , et d’y foire succéder les leurs. Leur puissance se soutint jusqu’au trelnème siècle , é[)oque à laquelle la seigneurie de Pierrefond ayant

7» FMHléBK PROXERADZ.

cté réunie à la couronne, le château abandonné tomba en ruines : Louis, duc d’Orléans, frère de Cliarlcs VI , en fit construire un nouveau sur la croupe d’une montagne adjacente à la plaine du Chêne Herbelot , emplacement qui semblait fait exprès pour sa nouvelle destination. Ce château , des ruines duquel nous donnons une vue (planche i3.), formait un quadrilatère de mil six cent quatre-vingts toises de superficie; il était ceint d’une très-haute et très-épaisse muraille crénelée , percée de meurtrières ' et flanquée de tours rondes , de plus de cent pieds de hauteur. On avait profité des interstices du roc qui servait de fondement à cette forteresse , pour y pratiquer des souterrains d’une étendue considérable. Elle soutint plusieurs sièges, et plus d’une fois, comme l’ancien château , elle fut le repaire des nobles bandits. Enfin, Pierrefond ayant été pris en 1616 par le ponitc d’Auvergne sur les mécontents , Louis Xlll le fit démanteler au mois d’avril 1617. Obligé de renoncera la démolition des murailles, à cause de leur solidité , on se contenta de les entailler, et le temps a fait le reste. Ces ruines conservent encore un aspect imposant autant que pittoresque.

Le village de Pierrefond avait autrefois plusieurs églises et deux couvents.

VILLBRS-COTTlinSTS. 7 1

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