VILX.ERS- COTTERETS
Au sud-est de Pierrefond , et sur la route de Paris à Soissons, parait f^iHera-Cotterets ^ entouré presque de tous côtés par la forêt qui porte son nom. Ce bourg, qui compte aujourd’hui deux mille quatre cents habitants , n’était , au septième siècle, qu’une cense on métairie voisine d’un château des comtes de Crépj, ap()elé la Mal-Maison. Embelli d’abord par Philippe d’Alsace , ce château était devenu considérable sous saint Louis, et donna naissance au bourg de Vil- Icrs-Cotterets , que les Anglais , au quinzième siècle , détruisiren t de fond en comble. Ainsi que le château , le bourg se rétablissait avec peine , lorsque François P' fit bâtir un nouveau château à côté, et sur une partie du même emplacement. Le caractère de ce dernier édifice tient du genre mixte qui est la marque des maisons fortes construites vers le seizième siècle. Des ordres d’architecture multipliés et d’un petit modèle; de jolis ajustements, enfin des tours, tourelles etc., lui donnent , tout ensemble , la physionomie d’une forteresse et d’une habitation ; mais sa situation enfoncée nuit à son développement, et le rend triste et monotone. .
Ce château qui, avant les jours delà révolution \ é'talait , dans ses dehors et dans son enceinte , le
VIEHIÈRE PROMENADE.
iàste et l’opulence de scs hôtes ^ est aujourd’hui transfornië en un refuge de la misère et des plus affreux besoins. On en fait le dépôt de mendicité du départemeut de la Seine.
Yillers-Cotterets manquerait absolument d’eau, si une source amenée d’assez loin ne venait tomber dans une fontaine construite au milieu du bourg. Cette fontaine a son vaste bassin qui ressort par quatre jets. Le spirituel auteur des Lettres à Emilie, Demoustier, naquit et mourut à Yillers- Cotterets.
CRÉrr. — CAMP ROMAIN. (Planche i4.)
En se rapprochant de Paris , et rentrant dans le département de ÜOisc, on trouve la ville de peuplée de deux mille deux cents habitants, et connue par son commerce de fil et de grosses toiles du pays.
Les Romains , en occupant Crépy, y bâtirent un château dont quelques siècles plus tard les rois français s’emparèrent. Ce même château fut enlevé à ceux-ci par les comtes de Yexin, devenus maîtres d’une partie de la Champagne et de la Brie : Crépy, jusque-là peu considérable , acquit de llmportance sous Gauthier-le-Blanc , comte de Yalois. Outre le château principal , il en renfermait deux autres , avec l’hôtel de la comtesse et le palais de Bouville.
CSiPT. CAMP ROAIAIN. 75
On y comptait huit beaux bétels, cinq églises et deux mille maisons, lorsque, eu i43i, celte malheureuse ville , prise par les Anglais , fut renversée de fond en comble. Les habitants , qui avaient montré la plus rare valeur , furent passé&uu til de l’épée, les églises dévastées, les édifices abattus; enfin Crépy, eélèbre dans la contrée , jiar sa grandeur et son opulence, n’oITrit plus que des monceaux de ruines , restes déplorables de sa splendeur : le seul donjon du château avait échappé à la fureur des Anglais; ils s’y maintinrent jusqu’en l433 que Charles Yll les en chassa.
Ce fut alors qu’on s’occupa de relever de ses ruines la capitale du Valois; mais les habitants, en petit nombre, se resserrèrent dans l’enceinte du château , des débris duquel ils se construisirent des maisons. Cette ville n’a pas acquis depuis beaucoup plus d’étendue : les rues sont tortueuses , étroites et mal percées; cependant elle a des promenades agréables , et une belle et vaste place qui sert de marché aux chevaux.
Dans le faubourg de Crépy , on distinguait l’église de S:ûnl- riiomas , dont nous donnons une vue dans la planche l4. Cette église fut bâtie en ll8a par Philippe d’Alsace, comte de Vermandois , en l’honneur de Thomas Beket , archevêque de Cantorbéry. On avait fait un Saint de ce prélat, uniquement, peut-être, parce que son prince fut
7i PBEHliRE PtOMENADK.
assez lâche pour le faire assassiner , au lieu de lé punir comme un rebelle.
Au nord de Crépy , k l’entrée de la forêt de Compïègne, près du village de Champlieu, les yeux di* voyageur sont arrêtés par Jes restes du Camp Romain , spectacle digne d’attirer un moment l’attention des curieux. Ce camp, situé dans une pleine très-élevée , forme un rectangle d’environ six cents toises sur deux cents quatre-vingtdix ; une terrasse de vingt-deux pieds de hauteur, en fer à cheval , le termine : elle est revêtue de murs , et sous cette terrasse on avût creusé des soutei^ rains. Une sorte de fort, carré de vingt-quatre toises de côté , est à une distance plus longue d’un tiers en avant de cette terrasse; il était défendu par cinq tournelles : c’est la seule différence qu’on trouve entre ce monument et ceux dont Caylus nous a conservé les plans. On a également trouvé en ce lieu d’anciennes sépultures et des médailles.
En suivant la route de Senlis on trouve , dans un petit vallon , le village de Drit, reste d’un des quarliei-sde l’ancien Crépv; et, à une lieue et demie plus loin, un peu sur la gauche, s’élèvent les ruines imposantes de la tour de MontespUloy.
MO.MESPIttOT. — LE PLE8SIS-CH AMANT. 75
MüNTESPLLLeY. — LE PLESSIS-CHAMANT.
• ( Planche l5. )
Le château de Moiitespilloy est célèbre dans l’histoire de la contrée, par l’asile qu’il a souvent offert aux bandes dévastatrices qui composaient seules la force militaire, dans le treizième siècle. Détruit vers cette époque, il fut rebâti au siècle suivant. Ce château , du haut de l’émiaence sur laquelle il était situé , commandait une vaste étendue de pays dont il .était la terreur; ses restes , figurés sur la planche 1 5 , sulBsent pour donner une idée de sa foi-ce et de sa soliditd.. Il était défendti par des fossés larges et profonds, dont on retrouve les traccs.Les murs de son donjon avaient A-ingt-quatre pieds d’épaisseur. Une masse énorme, détachée par le temps du faîte de cette tour , est tombée sans se briser, et des arbrisseaux assez forts, élevés sur cet emplacement, qui tant de fois a retenti du bruit dos armes, du hennissement des coursiers , des sanglots des captifs et des blasphèmes de leurs féroces vainqueurs , ombragent aujourd’hui l’humide chaumière d’im paisible laboureur.
Dans un petit vallon , un peu au nord de Senlis , on trouve le Plessis-Chaman t , château dont l’architecture rappelle le siècle de Henri IV par le mélange de pierres et de briques usité à cette époque.
FKEMIÈRE PROWCNADZ.
Lucien Bunaparte la complété en y ajoutant un pavillon, une galerie et une salle de spectacle, détails de l’habitation décèlent l’homme de goût, (pii, laissant la nature dans toute sa simplicité, réserve la magnificence pour les seuls ouvrages de l’art. Le goût et le sentiment ont présidé à la composition du tombeau que Lucien a élevé en ce lieu à son épouse, dont le buste est placé sur un cippe entouré de fleurs et d’arbustes. Un petit monument imité de la Lanterne de Déniostliène, contient une pompe destinée à augmenter le volume des eaux du parc.
SENLtS.
Senlis, par sa position sur une colUne, par ses tours , par son clocher célèbre , produit un effet agréable sur le voyageur qui l’aperçoit.
La cathédrale de Senlis est le principal édifice de cette ville ; on en attribue la fondation à Charlemagne. Détruite par la foudre en 1 3o4 , celte église fut rebâtie par la munificence de Louis XII, qui y consacra le produit de la retenue d’un denier sur chaque mesure de sel vendue dans le ro3'aume. Le portail en est à plein-cintre , décoré de vignes, derabins, et d’une frise tournante, garnie d’oiseaux. Les statues des apôtres et celle de Louis X 11, témoignage de la reconnaissance des habitants, ont été mutilées.
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