‹ Description des environs de Paris, considérés sous les rapports topographique, historique et monumental;Chapitre 29 sur 63 · I.K COUDRAY. — GOURANCE. — UllXY · texte numérisé non relu

I.K COUDRAY. — GOURANCE. — UllXY

flecry-d’argouges.

En reprenant la grande route dont la Seine s’éloigne et se rapproche tour-à-tour, on trouve, sur le bord , ou à une petite distance du fleuve , plusieurs châteaux, dont le plus remarquable est celui du Coudray , qui donne son nom â un village dont les jardins et le parc font un trèsagréable effet. Le château de Nainville , dans ta plaine entre l’Essonne et l’Ecole, a eu iin beau et grand parc. On y voit une machine hydraulique assez curieuse , et qui fournit de l’eau à toute l’habitation.

En remontant la petite rivière d’Ecole dont la source est au milieu des grès de la forêt de Fontainebleau, on rencontre le cliàleaude Courance, dans un village de construction moderne ; il est flanqué de deux pavillons, entouré de fossés remplis d’eau vive, et l’on y vient par une superbe avenue plantée de quatre rangs d’ormes. Ce qui fuit de Courance un séjour enchanteur, c’est la profusion et la beauté des eaux que lui fournit l’Ecole ,

tE COODEAT. — COUEANCÏ. — UllVt , €tC. 189

qui, tout entière, circule dans le parc, et y pro* duit des effets admirables.

C’est dans ce château que Daubigné et Laforce, encore enfants , échappés au massacre de la Saint- Barthélemy , furent arrêtés par le chevalier d’Achon. Ils auraient péri sans un officier, qui les fit évader, et les conduisit à Montargis où ils furent accueillis par la duchesse de Fer rare, fille de Louis Xll.

une lieue de Gourance, l’Ecole baigne les murs de la petite ville ou plutôt du bourg de JtfîUyj qui compte dix-sept à dix-huit cents habitants. C’est le skige d’une justice de paix et le lieu d’un marché assez considérable ; la place est vaste et régulière. Le château goüiique, et autrefois fortifié, a soutenu plusieurs sièges, notamment sous le règne de Charles Yll.

Dans un vallon affluent à la vallée de l’Ecole , on trouve , dans un site très-agréable, le château de Celljr, bâti vers i4oo, par Jacques Cœur, argentier du roi Charles VI. Cet édifice est d’un beau caractère ; le parc a près de deux cents arpents , et renferme des eaux limpides , qui entretiennent une agréable fraîcheur. On y volt une belle collection d’arbres exotiques. •

Le château de Fleury d’Argouges, dans un petit village à peu de distance du précédent, fut bâti , sous le régne de Henri II , pour Côme Closse ,

TBOISIÉHE PROMENADE.

graiul-ntaîtrc des ean\ et forêts. Le cardinal de Riclielieu, qui le posséda ensuite, y prépara la journée des Eperons. Ce château est précédé d’une avant-cour séparée, de la cour du château par des fossés remplis d’eau ; le principal corps de h^ titneot fait face à l’entrée de cette cour : il a été presque entièrement rebâti par le marquis d’Argonges. Dans un bâtiment , en aile à droite , ou voit , au premier étage , une galerie oi née , par le Primatice, de peintures à fresque, présentement en très-mauvais état.

On descend du vestibule par un bel escalier en fer à cheval, sur une large terrasse, et de là dans le parc, dont les eaux sont li ès-bellos ; ce parc et les eaux sont à présent fort négligés. On y voit entre autres un canal de quatre cents toises de long; sur un marbre placé au-dessus <le la source qui alimente ce canal , on Ht une Insci Iption composée par Rollin.

Les villages de Villiers- en-Bierre et la Rochette ont des châteaux dont le dernier est remarquable par sa belle terrasse sur la Seine.

FONTAINEBLEAU. (PI. 24, u5 et 261)

hitorêt de Fontamebleau, qui portait jadis le nom de forêt de Bierre, a une étendue de trentedeux mille huit oent soixante-dix-sept arpents.

Plan General. do Château de Fontainebleau.

DIgilized hy f

tiigirizedt)y Coegle

*t FONTAINEBUAO. IQ)

Elle est percée d’une raullitude de belles routes, et peuplée de bêtes fauves ; c’est un des lieux les plus agréables pour la chasse , en même temps qu’un des plus pittoresques par sa belle végétation et le désordre qu’a produit la nature dans les mouvements du terrain. Les énormes bancs de grès qui le composent , soulevés par une épouvantable révolution, ont été brisés, et couvrent de leurs restes ce sol tourmenté. Ces rochers grisâtres donnent un aspect sauvage aux profondes anfractuosités qui sillonnent la forêt , et qu’ombragent les pins beaux chênes qu’on puisse voir. Indépendamment de ces grands végétaux qui atteignent en ce lieu un degré de force extraordiaaire, cette forêt nourrit beaucoup de bouleaux, arbre qui se plaît dans les grès, et un grand nombre de' plantes qui lui sont particulières, et dont plusieurs même ne se trouvent que dans les Alpes.

Fontainebleau, célèbre par son château royal, est le siège d’une sous-préfecture du departement de Seine-et-Mame. Cette ville , qui , avant la révolution, ne comptait que cinq mille habitants, en a aujourd'hui près de neuf mille; mais elle contient des bâtiments pour une population bien plus .nombreuse.

Les rues de Fontainebleau sont généralement étroites et irrégulières , mais les maisons sont assez

igs TBoisaiis »&oiaifÂDc. «

bieji bâties j les plus remarquables d’entre elles sont l’hôtel d’Armagnac , celui des gardes-du>corps , les petites écuries et les écuries d’Artois; dans ces trois dernières est casernée la cavaleiie de la garde royale, le château d’Eau , petit édifice construit en 1608 avec un réservoir destiné à recueillir les ^ eaux d’une source dite la mare aux Pelleux.

La chancellerie est un vaste et bel hôtel que fit construire le cardinal chancelier Duprat , et que François I" acheta de lui, pour y loger les chanceliers de France; c’est dans cet hôtel que fut commencée, en 1661 l’instruction du procès du surintendant Fouquet.

L’église paroissiale a été bâtie par Louis XIII » en l6a4. Des deux hospices celui de la Charité a été fondé par Anne d’Autriche en i646, et l’autre* appelé Mont-Perreux, fut bâti par la célèbre Montespan. Dans la chapelle de cc dernier un monument en marbre rappelle la mémoire de l’abbé Guénée, auteur des Lettres de quelques Juifs portugais.

La principale occupation de la classe ouvrière dans cette ville, est l’exploitation des bois et l’extraction du grès employé a paver les routes et à bâtir. Ou apporte annuellement de la forêt à Paris environ huit mille cordes de bois, et huit cents milliers de pavés. Le raisin exquis que fournit le territoire de Fontainebleau , est presque le seul

.Digilizcc by

FONTAINEBLEAU

commerce de cette ville, dont les liablttiiits n’ont de ressource que dans la présence de la cour et les travaux ordonnes par le souverain.

Le plus ancien bâtiment , dont il soit fait mention autheutiijue à Fontainebleau, est une cbapelle fondée en iifiq par Louis Ml, Ct quMut dédiée à la Vierge et à Saint - Saturnin , |Kir||Piümas Beket, connu sous le nom de Saint-1 bofiias de Cantorbérv. Cependant il devait y avoir tic quoi s’v loger, j)uisqiie l’Iiilippe-AugusIe vint s’établir dans le cliàleau en 1191.

Saint Louis, et tous scs successeurs, augmentèrent à l’envi cet agréiible séjour , mais plusieurs des premiers bàtlflfcnls étant tombés en ruines, François F' les fit reconstruire et décorer presque entièrement par les plus bablles artistes, qu’il appela d’Italie , principalement par S. Serlio,\ ignole, le Prlmalicc et ÎNicolo. Henri II, Cliarles IX, et i^lcurllll y ajoulèrculquelijucs constructions nouvelles; mais Henri IV en fit de plus considérables encore, et y dépensa, en dix-huit ans, la somme énorme, pour ce temps là; de 2,44o,85o livres. Ce prince appelait Fontainebleau ses Déserts. Louis Xlll et Louis XIV n»irent la dernière main à ce château magnifique. Ce dernier seul ^ dé- |)ensa plus de cinq millions. * ,

Sous le règne de Louis XV on y exécuta aussi quelques grands travaux.

TROISIÈME PROMENAPE.

Si l oti eu e>:ce|>te la Itizairtrie (jue présente cet enscmlile de conslniclions faites à des époques si clüij;nécs, et si diirérentes les unes des autres , sous les rapports du goût et des usages , cette habitation colossale est vraiment digne des plus grau(k ’ inouanjucs 5 mais elle a beaucoup soulFert durant nos troubles civils : plusieurs des bâtiments qui en dépendaient, ont été vendus et démolis; peu même s’en est tillu que la masse entière n’éprouvât le même sort. Le château fut dépouillé de tout ce qu’il renfermait de plus précieux. Une école militaire fut établie dans les bâtiments, et ne contribua pas peu à leur dégradation, jusqu’à ce que Bonaparte, voulant faire de Fontainebleau l’une 4c scs habitations , y fit exécuter de grands travaux de restauration et d’embeUissement. w

Le château de Fontainebleau ( pl. a4.), qu’uJ»’ anglais nommait assjiz plaisamment un JRendezvôus de châteaux , se compose de six cours, dont les bâtiments qui les entourent n’ont entre eux aucun rapport d’ordonnance , ni de symétrie. Le défaut d’ensemble , et de façade principale, nepei^ mettant pas d’en décrire autrement tontes les parties qu’en parcourant successivement ces diverses cours , nous allons suivre cette marche et signaler les vaiiétés , et les époques de construction ou de réédification de chacune de ces parties ,en particulier^

' Digittzea

FO^TAINKBLEAL'.

ig5

La priuci|>ale entrée de ce chAlcau (a) est sur Ja place de Ferrare, ainsi nommée d’un hôtel bâti par la duchesse de ce nom , tille de Louis XII, et dont nous avons déjà eu l’occasion de |>ar- 1er. Cette entrée est, depuis 1810, ornée d’une belle grille de ciiMpiante-deux toises et demie longueur, qui s’appuie aux deux pavillons , terminant les ailes de la cour (i). Cette cour, dite du Cheval-Blanc ^ à cause d’une copie en plâtre du cheval de Marc-Aui èle , moulée à Rome |iar Vignole,en i56o, et qui fut placée au milieu, conserve encore ce nom, quoique le cheval, qui fut brisé par accident, en eût été retiré en i6a6. Le terrain de celle cour fut acquis des Mathurins, en iSag, jiar François 1", qui lit construire tous les bâtiments qui l’entouraient.

L’aile neuve (c) a été reconstruite sousLouis XV et adievée sous Louis XVI sur l’emplacement de la fameuse galerie dite d’i lysse, qui avait été décorée, sous François 1*', Henri 11, Charles IX et Henri IV , par maître Roux , le Primatice et Nicülo. Cette galerie a été détruite vers i74o. Son ornement principal, et qui sera toujours regretté, consistait èn cinquante -huit tableaux à fresque représentant les travaux d’idysse. L’aile neuve, dégradée tour-à-tour par le temps et les élèves des écoles centrale et militaire, a été ré|>ai'ée ea partie j, on y a disposé des appartements de

1(j(i TROISllhlE J’KOMliNADE.

|M uiccs. Il esl à désirer que riiulrc partie soit à son tour restaurée. Cette aile est décorée, comme celle qui lui fait face, de deux, ordonnances de pU lastres doricpies , dont la partie supérieure resseml)le , par scs courtes propoi lions, à un attique. ** , A rexlréuiité occidentale de l’aile neuve se voient encore des restes de la grotte du jardin des Pins (r/), monument des amours de François 1*' et d’Anne de Pissclcu , ducliesse d'Etanipes. L’appartcBicnt de celle fa\orite était au-dessus. Celte grotte, qui , dégénérant de plus en plus de son premier usage, renferma des bains sons Henri IV, ne sci'l plus maintenant que d’écurie. Que de métamorplioscs s’opèrent a\ec le temps!

L’aile de bàlimenl (e),à ga\iclie, ne présente rien de remarquable; sa construction primitive date du règne de François 1", dont quelques cheminées portent encore le cliiirre; c’est lîi que logent ordinairement les ministres, d’où elle a pns le nom iVAiîe des ministres.

La façade intérieure, «lout nous donnons l’élévation (pl.‘25.), est précrklée d’un gi’and escalier découvert en fer à chc^al {f) construit, en iG54, par Jacques Leiuercler , premier architecte de 'Louis XIII.

Cet escalier d’honneur donne entrée aux appartements, dont le dessus de la porte principale était orné d’un buste de Louis XIll , parGermaiii

OigUtzecS-

FONTAljfEBLEAD.

Pilon. Les ilenx fontaines qu’mon voit devant ci't^ cscaliôr, étaient stfrmontees jadis de deux slalucs antiques en raarl)re hlanc.

Cette élmation, dont l’etiseniMc de la di^cora- / tion porte l’eniprciiile de l’époque de la construction primitive, paraît être un ouvrage de S. Serlio. Elle est conq>oséedccinq pavillons en îivaul-corps, réunis, au rez-de-cliaussée , par une' galerie en arcade , au-dessus de laquelle est une terrasse découverte. Le corps de hàtirnent principal, en retraite^ sxu* les pavillons , est élevé d’un étage au-dessus du soubassement, et terminé par un comble fort liant dans le«]ucl est pratiqué un second étage. X<es cinq pavillons, élevés d’un étage de plu», sont terminés par des combles semiilables : le soubassement de cette façade est décoré d’un

ordre toscan nistlqire; Ifes étages supérieurs sont ausd décorés de pilastres corintliiens et de leur entablement. Gétte décoration ayant éprouvé dç fréf|uents changements, nous avons pensé qu’il serait plus convenable <l’cd rétablir la composition, première dans le dessin que nous en donnons; c’est la seule- licence de oette nature que nous nous soyons permise dans le cours de cet ouvrage. ^ Le pavillon à gauche (g] du côté» de l’horloge , s’appelait le Pavillon des armes ^ parce que François I*' y avait rassemblé des armes anciennes et d’autres curiosités militaires. C’est là que fut en-

igS TUOISIKMK PROMENADE.

fermé le maréchal de Biron , lorsque Henri IV le fit arrêter le 5 juin ï6oa. *

Au milieu de la façade est le pavillon des peintures, ainsi nommé parce qu’on y*avait réuni beaucoup de lulileaux des plus grands maîtres; ceux qu’on y voit aujourdliui ne font pas partie de la primitive collection. Sur le fronton de la^ porte de ce pavillon , on lisait autrefois cette inscription :

Karoliut Dei graiûi Francorum rex.

■ Anno Dont. M. D. LXV.

Au pied du pavillon des afmes est un jeu de paume, qui a été rétabli dans ces derniers temps d’upe manière plus réguKcre et plus commode.

Par la chaussée qui passe sous l’escalier en fer à cheval, ou se rend à la chapelle’ de la Trinité (/) construite eu 152g, à la place d’une plus ancienne que saint Loui9 avait fait bâtir en ia54. Elle a été desservie jusqu’à la suppression des ordres monastiques en France , par les relig^ux connus sous le nom de IVlathurins. Henri lY y' ^ Louis XIll et Anne d^Autriche, l’ont Ëùt décorer et orner de peintures par Martin Fréminet. . • Le f^nci|<al autel, exécuté sur les dessins de Bourdon!, architecte, est d’une composition aussi

FOSTAINEULEAU.

noble que majestueuse; il est décoré d’une ordonnance de quatre colonnes corinthiennes, d’un marbre rare , avec leurs bases et chapiteaui, en bronze doré, et couronné d’un riche entablement. Quatre anges , grands comme nature , aussi en bronze doré, sont placés au-dessus des colonnes. Les statues en marbre blanc , de Charlemagne et de saint Louis, par Germain Pilon, décorent les deux niches pratiquées entre les colonnes. Le nouveau tabernacle n’est pas si précieux, sous le rapport de l’art, que l’ancîea, dont les bas-reliefs en bronze doré étaii-nt du célèbre Girardon.. Une descente de Croix , sur toile , par Jean Dubois , orne le rétable de l’autel.

Le pavé de la chapelle est k compartiments de marbre précieux. En lace de l’autel est la • tribune du roi, élevée à la hauteur des appartements, sur dix colonnes d’ordre corinthien. X.’une des huits chapelles latérales , la quatrième, à gauche en entrant, avait été oinée par les ordres de- Diane de Poitiers; mais Louis XIll la lit rétablir comme les autres. Aujourd’hui ces chapelles ne laissent voir que la nudité des murs. La nouvelle horloge fait le plus grand honneur au talent de M.Le Pautre neveu; le cadran en émail a six pieds de diamètre d’un seul morceau. Cette pièce capitale est placée, comme l’ancienne , au haut d’une espèce de tour carrée , entre la cliapeUe et le pa- >

Villon (les firmes , anjoiircrinii du grand aumônier/ Elle a coûte environ 25,ooo fr. . >

IjO cour de la Fontaine ( t) est la plus agréable de ce cliâieaii par son exposition et ses points de vue au midi ; elle eu est aussi la mieux décorée. La fontaine (jui lui donne son nom a changé trois fois de forme et de place avant d’être où on la voit aujourd’hui. L’ne statue de Persée, en marbre blanc, et des dauphins en bronze, Ornaient celle qui fut construite sous Louis^XlV ; celle-ci a été restaurée sons le dernier gouvernement. Au milieu d’un bassin s’élève un piédestal en marbre blanc; sur les <»jtés, quatre mascarons de bronze versent de l’eau.

Tout le premier étage de l’aile droite (/) de celte cour formait l’ancien appartement des relnesnièresi C’est là que fut logé l’empereur Charles- Qulnt J lorsqu’il vint à Fontainebleau en i5">9;et que se tint une assemidée de notables, le l5 août i56o , au sujet de la conjuration d’Amboise. *

Ce même ap^rtement fut occupé par le pape Pie V 11, lorsqu’il vint en France à la fin de l8o4; ü Y fut retenu captif depuis le 20 juin 181 2 , jusqu’au 2Ô janvier i8i4. Enfin, c’est dans ce même lieu que fut logé , pendant quelcpie temps , Charles IV , roi d’Espagne , dépouillé de ses états.

En avant du bâtiment du fond de cette cour ,

Digitizeb

FONTAISEBLEAÜ.

ao*

s’élève 'une terrasse (m) au-dessus d’une galerie voûtée et pereée de sept arcades, entre lesquelles sont des niches à jour : cette construclion est de 1 5g4.

Le rez-de-chaussée de ce corps de bâtiment , qui servit d’abord aux bains , étuves et autres commodités du châloau , fut converti en appartements, en 1697. La dernière pièce , au lc\uiil, fut appelée salle de la Conférence , depuis celle qni eut lieu, le 4 mai j6o3, entre l’évéqued’Evreux, depuis le cardinal Duperroii, et Duplossis-Moruay.

Au premier étage, cl au fond de cette cour, est la galerie de François 1''. C’est aussi dans les pièces de l’étage supérieur, qu’était placée cette bibliothèque formée par ce prince et augmentée desjivres que scs prédécesseurs avaient rassemblés dans la tour de la librairie du Louvre. On sait que cette bibliothèque, alors confiée à la garde du célèbre Guillaume Budéc , fut traus|>orlée à Paris en iSqS, et devint le commencement de la bibliothèque dite du Roi , aujourd’hui la plus con- , sidérable du monde. Jusqti’à l’époque de la révolution française, il n’y eut plus de bibliothèque dans ce château.

Le bâtiment (n) de l’aile gauche , remarquable par son double escalier , le bel effet produit par la disposition du plan , son ensemble gracieux , son ordonnance pure et riche , est une^ des parties

if.

soa TnoisiÉuE promenade. ''

de ce château attribuées à S. Serlio : nous en donnons une élévation (pl. a6). 11 contient la salle de spectaclt;, qui, depuis 1725 qu’elle fut reconstruite, n’a éprouvé d’autre changement que l’addition d’une grande loge d’honneur, en face du théâtre , avec un petit salon derrière, à l’imitation des loges d’Italie. Cette salle a trois rangs de loges; les ornements eu relief et or, et les peintures ont été exécutés sur les dessins de Claude Audi-an , neveu.

La jiorte dorée ( o ) , ainsi nommée de ses anciens ornements , donne entrée dans une cour (p) qu’on appelle Cour du Donjon, parce qu’elle est la. plus ancienne du cliàtcau, et Cour ovale, à cause de la forme qu’elle reçut en 1 5a8 , et qui fut altérée depuis par lés constructions faites sous Henri IV.. Les deux tiers des bâtiments qui l’environnent communiquent en dehors par un balcon (çç) que supportent quarante-cinq colonnes de grès, dont tous les chapiteaux sont composés et sculptés sur des dessins dilTérents, dans le style du seizième* siècle. Ce balcon fut fait sons le règne de Henri IV.

A côté de la porte dorée, à droite en eulrant, est encore un escalier (r) remarquable , en ce que ses cent trente-une marches, d’envirou six pieds et demi de long , forment chacune leur noyau, et que son entrée compose un jjetit monument d’assez bou goût. Les deux pilastres qui le décorent, ont des cliapiteaux composés, dont les volutes sout

Oin

yONTAINEBLEAC.

ao3

formées |»r des masques du caractère le plus mâlô. Les trois pilastres qui partagent la porte eu deux, ne sont jas moins précieux , bien <}ue mutilés comme les premiers. Deux petites statues, posées sur des consoles et une table saillante que su()porteat des cariatides, méritent également l’attention des artistes. Le buste de François 1" et la Salamau- dre , corps de la devise de ce prince , eu ont été enlevés durant nos troubles civils.

La ^oûle et les murs de la cliapelle bassets), édifiée par François 1*' sur les fondations de celle de Louis Vil, n’ont été décorés qu’en iSSg; mais le principal autel l’avait été précédemment , et portait les cbilTres de Henri II et de Diane de Poitiers. Ces derniers ornements ont lUsparu , tandis que les premiers, encore d’une grande fraîcheur^ font désirer que cet édifice soit rendu à sa première destination.

La porte Dauphine (#), par laquelle on communi(|iic de la cour ovale à celle des cuisines , sur les anciens fossés (u^) , est décorée, du côté de cette dernière, de quatre colonnes toscanes rustiques , et de deux masques antiques de marbre blanc. Le côté de la cour ovale est décoré de pilastres corintliiens enrichis de deux bustes antiques en bronze. Le dessus de cette porte s’élève en dôme carré avec son lantemon j il est soutenu par deux arcades ornées de tiossages et couron-

nées ^d’un fronton. Si cette espèce de coupole , inalgrc*sa forme tourmentée, jjilaît à l’œil par sa légèreté, l’ordre inférieur, ou l’ordonnance qui décore le côté du fossé , satisfait par sa belle proportion et son caractère mâle et sévère, qui con\ient bien au monument. Cette porte fut construite en 1601, à l’occasion de la naissance du Dauphin , depuis Louis XllI.

I.«i galerie des Cent Suisses (v) autrement appelée la Salle de bal , fut construite sous le règne de François 1". C’est sans contredit, sous le rapport de l’art, le monument le plus inléi'cssanl du cli.à- * teau de Fontainebleau. 11 démontre, mieux que tout autre,, que le goût dominant du seizième siècle avait introduit des changements considérables dans tous les arts du dessin, et que la France clicrchait à cette époque à rivaliser avec Florence et Rome par la magnificence et ta beauté de ses palais. •’

Sébastien Serllo, architecte non moins recommandable par ses rares talents que par sa modestie , donna les dessins de cette belle galerie qui devait être ouverte, comme on en volt de nombreux exemples dans les palais d’Italie ; mais ce projet fut aliandonné, cl les arcades de la galerie furent vitrées.

L>» belle dispo^tion de cette, vaste salle , la

ÏONTAINEBIEAIT.

2oa

Ijcaulc dfis proporlions de scs criflcrcntcs parties, et pai liciilièrcmcnl la riclicsse et la correction du dessin de son ina”niri(|ue plal'ond, sa tribune des musiciens , sa chcn)iiice , enfin sa belle situation entre une conr et le parc rpie l’ouverture de scs arcades laissent apercevoir , eu feront toujours un objet digne de l’attention des curieux. Les pt'intiires, aujourd’bui bien dégradées, sont dues au pinceau du Primatice, de Nicolo et de Toussaint Diibreuil^ elles n’ont été laites que sous le règne de Henri 11. ^

Cette galerie communique à la chapelle liante , bâtie aussi par François I" en a 546, au-dessus de la chapelle basse (s) , dont il a été fait mention ci-dessus. On doit à Henri IV tous les ornements de cette belle nef, à l’exception de la tribune qui date du règne de Henri II. La voûte construite en grès, et décorée de caissons ornes alternativement de chérubins , de rosaces et des ^chiffres en or de Henri IV et de Marie de Mcdicis, a toujours été admirée des artistes. Il n’est entré ni fer , ni bols dans cette construction , qui est par conséquent tout eu grès. On jirétend que Serlio fut si étonné lui même dé la iiardiesse de son ouvrage , qu’il n’osa pas rester sur les lieux lorsf|u’oii enleva les éoliafauds qui avaient servi à la construction. On regrette la laiilcriie qui était au milieu de cette voûte, à cause de sa décoratioç

206 TIîOlSlÈMB PROMENADE.

et du beau - jour qu’elle derait donner à l’édi- , üce.

C’est dans cette chapelle qu’est placé la bibb'o- , tlièqiie la pins liche et le plus nombreuse qui soit dans les maisons royales.

Les grands appartements occupent le premier étage sur la cour ovale et l’orangerie (x), depuis la porte dorée , jusqu’au portique où sc trouvait autrefois le grand escalier , et qui n’offre plus qu’un vestibule soutenu par quatre colonnes doriques.

Ils se rattachent, d’un côté, à la galerie, de Diane {y) qui règne entre l’orangerie et la cour des princes(2), et de l’autre à la salle de spectacle {j) et à la bibliothèque. L’entrée principale est par le grand escalier en fer à cheval, et la galerie (i) de François l“.

Cette galerie fut construite en i656, par le prince dont elle porte le nom ; on n’y voit plus que de faibles traces des magnifiques peintures à fresque de maître Roue et du Primatice , qu’aocompagnaient les sculptures de Paul Pqnce. Saïuson , Michel, Louis Dubrcuil , ont exécuté différents sujets d’après les dessins des deux premiers maîtres.

Derrière çette galerie, et en regard de l’orange^ rie , règne un corps de bâtiment commencé sous Lotus XV, et terminé sons Louis XVI , mais dont les appartements n’ont été meublés avec la plus rare magniücence qu’en 1810. On y rc-

> FONTAINEBLEAU

marque particulièrement la grande chambre à coucher et un petit salon garni et décoré avec beaucoup de recherche. C’est là , jqu’en i8i4, Bonaparte^ signa son abdication sur une petite table ronde en bois d’acajou, la même qu’on y voit encore aujourd’hui , et qu’on n’oublie pas de montrer aux curieux.

’ Dans la partie qui communique à la galerie de Diane (^) , on remarque la salle du trône. C’est Louis XIII qui, vers i64a, fit orner cette pièce; Louis XIV, en 171 5 , la fit agrandir d’environ un tiers, ce qui se distingue également à l’inspection du parquet et du plafond qui est composé de deux corps de menuiserie , dorés eu plein sur un fond gris-blanc, et qu’on peut regarder comme un des plus beaux ouvrages qui existent en ce genre. Ce n’est point un modèle de goût , mais il faut se reporter au temps de ^ construction.

En continuant à traverser les appartements de )a reine , dont la chambre à coucher est enrichie d’un plafond qui ne le cède en magnificence qu’à celui de la salle du trône , on arrive à la galerie de Diane (y) , ainsi nommée de l’histoire de celte déesse, que, dans des compositions charmantes. Dubois avait retracé snr la voûte. Lors de la démolition de cette voûte, impérieusement commandée pr la mauvaise construction de la cliarpente du comble et du mur de face sur le jardin de

2o8 ^troisième promemade. ,

rorangerie, ou a été assez heureux pour. enlever qucl(|ues fragments tle ces jolies peintures cpie l’oir conserve au château, l^a véédiücation de cette galerie a été faite , avec iiilinitucnt d’intelligence et dégoût, par M. llcurtault, nieiubrede l’académie des hoaux-arls. ^ , > '

‘ Quoique circouscrit dans des limites que les localités ne lui permettaient pas de franchir, cet architecte a su trouver le moyen de déguiser l’extrême longueur de cette pièce, en plaçant, à ses extrémités , un vestibule et un salon séparés de la galerie par des colonnes accouplées d’ordre dorique, en stuc, supjiortant des arcs-doubleaux. Du vestibule , l’on monte .à l.i galerie proprement dite, par sept degrés’ en marbre blanc veiné, qui occupent toute sa largeur. Huit pilastres du même ordre que les colonnes, marquent le milieu de la galerie , et rappellent très-Jicurcuscmcnt l’ordonnance des doux extrémités. C’est surtout par sa riche décoration que se distingue cette galerie. Pour donner en apparence plus de lumière à la pièce qui n’est éclairée que d’un coté, .et pour obtenir une plus grande régularité d’ordonnance , l’architecte a répété toutes Ics croisées , hors celle du milieu, par des portes à glaces qui réfléchissent la lumière.

En face de la croisée du milieu est une magnifique pendule , dont les ornements doivent ac-

FONTAINEBLEAU

ao9

compagncr un portrait équestre de Heui i IV ; plusieurs tableaux, que le public a déjà pu voir eu i8j 9, doivent euricbir celte galerie. Les compartimeuts de la voussure seront occupés par dès sujets tirés de i histoire de Diane cbasser&«se. il serait à désirer que CCS tableaux fussent exécutés |>ar une même main j c est le seul moyen d’obtenir l’unité de composition , niarmouie du faire et de la couleur, sans laquelle l’effet général serait toutrà-fait manqué J ce vœu est justifié par l'examen des tableaux faits pour décorer les deux côtés de la galerie. Ces tableaux, vus séparément, sont cerlaiuemenP d’un Ires-graud mérité ; mais il est à craindre que , réunis et placés à des jours différents , Us n’offrent pas entre eux cette harmonie si nécessaire en pareille circonstance.

Le salon (1) comme nous l’avons dit, est au bout de la galerie 5 sa décoration uc cède en richesse à aucune^ autre pièce du palais ; il est éclairé sur le fossé, du côté de la ville, par une grande croisée cintrée avec un beau bal^n en pierre, dans le style qui caractérise l’architecture de l’époque de la renaissance des arts.

Les quatre trumeaux de cliaque côté des portes, sont revêtus de stuc, et sur un fond fiianc. Dans le milieu seront peints des sujets relatifs à 1 histoire de Diane , considérée comme déesse de la chasteté.

TROtSlillE PnOMENADk.

Des têtes cliarniaiites, imitant le camée, s’ajustent dans ces ornements ; elles sont comme un jeu d»i pinceau d’un de nos peintres d’histoire, M. Blondel, l^a voussure est en compartiments peints en blanc , rehaussés d’or ; les panneaux seront remplis par des peintures aussi empruntées de l’histoire de EKauc.

En revenant le long de la coui' ovale ^ les diverses pièces offrent quelques bonnes peintures. Les petits appartements , meublés avec une recherche et une élégance peu commune, occupent, sur le jardin de l’orangerie, le rez-de-chaussée de ceux que nous venons de décrire.

,Les bâtiments qui achèvent d’entourer la cour des princes , furent élevés par Louis XIV et Louis XV ; celui qui règne entre l’ancien fossé et le jardin de l’orangerie , contenait jadis les galeries des chevreuils ( a) et des cerfs (5), dont il ne reste que les murs. Elles avaient été bâties en 1 6oo , et décorées , par Dubreuil , de tableaux de cliassft et de vues des maisons royales.

C’est dans la seconde de ces galeries que , le lo novembre iSSy, fut égorgé le marquis Jean Alonaldeschi , grand écuyer de la reine Christine de Suède , par l’ordre même de cette princesse , et presque sous ses yeux. Cette femme qui se parait d’une vaine philosopliie , se crut reine encore,

FONTAINEBLEAU

lorsque rattachement du malheureux Monaldeschi devait lui rappeler qu’elle ne l’était plus. Cet horrible assassinat fut moins la satisfaction de la vengeance, que le fruit de l'inconstance de cette femme perfide et dissolue.

Le jardin de l’orangerie doit son nom à un édifice qui fut, en 170a et 17^8, la proie des Oamlues, et dont il ne reste que des ruines. Replanté en 1811 , ce jardin fut décoré, par M. Heurtault, d’une fontaine enrichie d’une Diane chasseresse , eu brome, moulée et fondue sur l’antique. Ou y trouve encore deux statues en marbre blanc, un Mercure et un Amour constant : celte dernière fut laite en 1811 , par un sculpteur suisse, nommé Egeuswiller , ancien pensionnaire de l’académie ^ de France à Paris.

Au-delà du fossé, vis-à-vis la porte Dauphine, règne un vaste bâtiment (4), composé de trois corps, entourant une cour dite des Cumnes{b), Ce fut Henri IV qui les lit élever en 1G09, sur les dessins de François Jaïuiu. La principale entrée (6J du côté de la ville, est sur la place d’armes, par un beau portail de soixante-quatorze pieds de haut, sur quarante-deux de large. Sur nue table de marbre noir,, on y lit cette inscription eu lettres d’or :

Henricut Quartua, Francia et Navarrœ Rex chriatianiaaimua , ballator fortisaimua , victor chmentia-

i 1 a TttOISIÉME PRDMKÎIAOB.

timus , râbiu ad majeetalU et publicte atUulis Jtr/namentum composili* , hanfi rtgiam auspicato rtstauravit , imtnensum auxii , magnijicentiiïs exomavit. Anna

M. DC. JX.

On remarquera les deux Mercures, de dimeusion colossale , en grès et d’un travail aussi beau que difficile , qui aecompagnent la cour des cuisines, du côté de l'ancien fossé (7) , en face de la porte Dau[ bine.

Les petits jardins qui semblent comprendre l’étang, ont été plantés en 1811. A la même époque , on restaura le pavillon de l’étang , bâti ori-^ gînaireraent par Henri 11. Dans ce jardin se trouve cette fontaine de Bleau qui a donné son nom au palais et à la ville.

Le parten e a été décoré en 1817 , dans le bassin carré d’une fontaine pyramidale d’u n très-bon style. '

An bas du prterre , et dans l’axe du canal , se trouvait la cascade construite sous Louis XIV, et qui devait produire un grand effet , si l’on s’en ' rapporte au dessin gravé par Israël Sylvestre , en 1678. Peu de temps après la mort de ce prince on en détruisit toute la prtie hydraulique, avec le projet de la refaire mieux , sans doute; mais on n’y songea plus. Ce n’est qu’en 1812 qu’on a entrepris de la rétablir sur un dessin plus correct et de rae'illeur goût. ...

FONTAINKBLSIU.

rOMAINKBLBlU. BlJ

C’est Henri IV qui acheta le terrain du parc , le fit planter , entourer de ninis et orner d’un beau canal j ce canal , bordé de chaque coté do belles allées et de lapis de gazon, a environ huit cents toises de longncnr. Près du château , à rime des portes du parc , on voit encore les rentes de l’ancien chenil. Ce petit édifice, construit en briques, est digne, par la disposition de son plan et le caractère de sa décoration, de la réputation de S. Serlio qui en fiit l’architecte.

Fontainebleau oflie, hors de ses murs, de tous les côtés et quelque soit le temps et la saison, d’agréables promenades j mais la plus'fréquentée de toutes , surtout les jours de fêles , est l’allée de Maintenon , au bout de laquelle est la montagne dite le Mail de Henri IV , parce que ce prince allait jouer à ce jeu sur son sommet. Cette montagne, jusqu’alors très-escarpée, a été adoucie dans CCS derniers temps , élargie et plantée d’un rang d’arbres de chaque côté, de manière qu’elle offre un plus beau point de vue au ch.àleau : à droite et à gauclie est une longue chaîne de tochers, dont l’aspect devait être bien triste jusqu’au ^ règne de Louis XVI , que l’idée henrcusiî vint au . premier médecin de ce monarque d’y faire semer des pins de Bordeaux et d’Ecosse, qui ont merveilleusement réussi. , <

, i V* ri* --I

5 1 4 TKOISIÈMB MOMBNADE.

Les routes d’Orléans , de Montargis et de Morel aboutissent à Fontainebleau sur une place circulaire décorée d’un obélisque, élevé en' 1786, et rétabli récemment.

AVON. — VALVIN. — MORET. (Plancfie 37.)

Le village d’yî/ von , qui s’éteud presque depuis le parc jusqu’à la Seine, était déjà connu alors que Fontainebleau n’existait point encore. Le cbàteau fut même long-temps dans la conscription de la paroisse d’Avon. On voit, en entrant dans sa modeste église, à droite, près du bénitier, la pierre ‘tu molaire du mallieureux Mo- , naldcschi; elle est d’environ dix-huit pouces de long , sur quinze de large, avec ces mots ; Ci gît Monadcl. XI Ils n’ont été gravés que long-temps après l’inhumation , puisqu’il n’y avait encore aucune inscription en 1731. Celle-ci a même altéré le nom, car tous les historiens se sont accordés pour Monaldeschi. D’autres monuments rap^ pellent la rnénmire du peintre Ambroise Dubois , • mort en l6i5, qui travailla beaucoup à Fonlaineblt&u; dû médecin Edinc-Louis Daubenton , mort et 1 785 , et du mathématicien Etienne Bezout , né à Nemours le 3i mars i73o, et mort à Avon le 37 septembre 1785.

Digltlzed by Cpo^c

VuT Se 1a Porte Se la Ville de Morel, du côte de Kontamebleau •

ATON. — TAITIN. — MOHET. âÔ

Au port Vcdvin on a commencé , depuis plusieurs années , un pont en charpente sur piles et Culées en pierre. Il a cinq arches de soixante deux pieds d’ouverture ; sa longueur totale est de trois cent quarante-quatre pieds.

Au bout de la forêt de Fontainebleau , sur la route d’Italie, on trouve la petite ville de Moret, dont le Loîng baigné les murs : elle est très-ancienne , et dès 85o il s’y tint un concile au nom duquel, Loup’, abbé de Ferrière, écrivit sa cent quinnème lettre. Henri IV donna Moret à son amie Jacqueline de Beuil , qui le porta dans la maison de Tardes. Cette ville n’a de remarquable^ que son église gothique assw bien bâtie, cl les ruines pittoresques de son vieux château , couvert en terrasse , et de ses portes , de l’une desquelles nous donnons une vue (pl 37). C’est la porte dit côté de Fontainebleati.

De l’autre côté du Loing , ün Cmbourg s’étend jusqu’au canal ouvert en 1730, parallèlement à celte rivière qui avait cessé d’être navigable. Ce canal forme , depuis Montargis, la continuation de celui de Briare, terminé en i64s, et qui, dans treize lieues de cours, de Briare à Montargis, est soutenu par quarante- une écluses. A Mdntargis vient également aboutir le canal d’Orléans qui, à deux lieues de cette ville, joint la Loire. Celui-ci,

TROIMÈm! PHOUENADE. ‘

riiii en 1692 , a dix-huit lieues de cours et trente écluses. Ces trois canaux ctabiissent nn système complet de communication entre la Seine et 1& Loire.

MÛBÉVIIXE. — CHAMPMOTTEUX.

Les limites marquées des environs de Paris , et le plan que nous avons adopté, nous retiennent dans un cercle qu’il ne nous est pas permis de franchir. Cependant , puisque nous avons déjà décrit Moret, lieu situé hors de notre sphère , nous croyons devoir parler un instant de MérévUle qui, semblable à l’Oasis du désert , présente , au milieu des plaines tristes él découvertes de b Beauce, tous les avantages de la nature la plus pittoresque..

Le parc de Méréville , sans clôture ap|l>arente, ne semble séparé du reste de la campagne que par la ces.sation insensible de cette belle végétation qui le distingue. C’est donc presque sans s’en apercevoir qu’on se trouve transporté au milieu de ce site enchanteur. Le château de Méréville n’était , en 1782 , loreqiie Labordc, célèbre par ses richesses et sa bienfaisance , en fit l’acquisition , qu’un vieux donjon gothique flanqué de quatre tours. Son nouveau propriétaire le restaura et l’agran- ’

MÉRÉnUE.

dit de deux ailes patiuiteruent en harmonie avec les anciennes constructions auxquelles, en leur donnant l’air de splendeur que doit avoir une importante maison de plaisance, elles n’ont pas ôlé cette teinte chevaleresque inséparable du souvenir de nos aïeux j c’est ainsi qu’en Angleterre on a , sans rien leur faire perdre de leur caractère, tiré parti de ces imposantes constructions d’abbayes et de monastères, qui font aujourd’hui' les plus beaux châteaux du royaume. Au reste , les jardins de MércvUle, créés par les mêmes mains qui ont réparé le château , surpassent en beauté tout ce que la France peut offrir dans ce' genre,

La rivière de Juiue qui prend sa source à Autruy, département du Loiret, est déjà assez forte à Méréville pour porter bateau. Divisée en deux branches, elle arrose avec les eaux de l’une la vallée et ses promenades ,et fait tourner des moulins; l’autre branche , que reçoit un aqueduc souterrain de trois quarts de Ueue de long , vient former une cascade dans la laiterie du parc. Cet élégant édifice, dont le plan présente un carré long, est décoré iFun péristyle composé de six colonnes ioniques. L’intérieur, totalement revêtu de marbre, se termine en une grotte au haut de laquelle vient surgir ce bras de la Juine. Cette ingénieuse création, rappelle ces habitations orientales, ces palais de

SI 8 nioisiiiot 'pHOVlNADE.

Gr«nad« où des naj^pes d’eau décorent l’intérieur des appartements ; mais dans lesquelles on ne trouve pas, pour tempérer l’ardeur d’un climat brûlant, les verts ombrages qui décorent Méréville. Vis-à-vis la laiterie , dans un lac que des plantations, adroitement disposées, font paraître fort grand, s’élève, au milieu d’unetle, une colonne en marbre bleu turquin , de trente-sii pieds de hauteur ; les rostres qui la décorent, et la boule qui la surmonte , sont en bronze. Ce monument, qu’entourent des arbres des régions australes et la pâle et triste épine de mer, est consacré à la mémoire des deux frères qui , rassasiés des dons de la fortune , mais avides de gloire , périrent victimes de leur courage et de leur ilévouement. On y lit celte inscription :

Ed'”’ J.-J. de la Borde de Marchainville , né à Pari* le aS juin 176a , lieutenant de vaiueau , aux ordres de M. delà Peyrouse, a péri le i3 juillet 1786,. ' aux c6tes de la Californie.

Ant* - Aug. - P*' de la Borde de Boutervillers , né à Paris ,

le 7 juillet 1766, lieutenant de vaisseau aux ordres de M. de la Peyrouse , a péri le 18 juillet 1786 , aux c6tes de la Californie.

Saül et Jonathan amabUes et decori in vità tud , in atorU quoque non sunt divisi. Reg. l. Il y cap. I , v. x3.

La grande cascade de Méréville est une parfinle.

■iVETItU .'-i-V 319

imibiHon de la nature. Son site sauvage et solitaire rappelle bien ces accidents moiitagneiis , et l’on y ' éprouve une sorte d’émotion qui se dissipe en suivant le cours du torrent devenu un paisible ruisseau, ^et qui va baigner, les bords d'un bocage solitaire. Là un monument fixe l’attention : c’est un sarcophage de marbre bleu surmonté d’une urne et place sous une coupole que soutiennent quatre colonnes d’ordre dorique ^ec. Ce cénotaphe, ouvrage de Pajou,^st élevé à la mémoire de Cook , ce voyageur à ^a fois si humain et si hardi, et qui a tant augmenté nos connaissances géographiques. .

Ailleurs, sur un monticule , s’élève une rotonde périptère. Cette copie du temple de la Sil)vlle est construite avec beaucoup de soin. Les pierres ont été taillées à Paris par d’habiles ouvriers 5 le soffite en stuc est ce qu’il y a de plus parfait. Elle avait été d’abord bâtie près de la rivière; mais comme le sol en était peu solide , on l’a rebâtie sur la montagne, où elle rappelle le templè rond de Tivoli.

Enfin le moulin mérite aussi d’ètre vu : moins beau que celui de Savigny, sous le rapport de l’architecture, il est comme lui un objet d’utilité.

Le botirg de Méréville, chef-lieu de canton, est co'nsidérable ; il s’y tient un marché impor-

TROISIÈHE PIOUNUIK

tant pour l’approvisonnenoent de Paris. On y compte mille six cents habitants.

Page 1