‹ Description des environs de Paris, considérés sous les rapports topographique, historique et monumental;Chapitre 35 sur 63 · PA5SY. — AUTEUIL · texte numérisé non relu

PA5SY. — AUTEUIL

La contrée située au coucliant dePaiis, est plus variée et^non moins intéressante que celles que nous venons de parcourir. La Seine , accrue des eaux de la Marne, acquiert une largeur et une profondeur plus considérables. Sans se resserrer, la vallée se borde de coteaux plus élevés, et qui, au-delà de Mantes , prennent un caractère de sévérité qu’on n’a pas encore rencontré sur les bords de la Seine , depuis qu’elle est parvenue aux plaines de la Champagne. Les longs détours du fleuve qui forment autant [de péninsules ou larges promontoires, dont les contours sont chaînés de villes, de boui^s , de villages populeux ; ses îles nombreuses , riches de culture, ou couvertes de grands arbres dont le sommet, mollement balancé par les vents, se réfléchit dans les eaux ; les forêts qui ombragent Iss sommités des principaux plateaux qui l’envi-

Ql’ATniFME IT.OMTNADE.

miincnt, et duut lu» pentes sont couvertes devignobles; enfin, tout ce ipic la nature, aidée de l’art, peut ofl’rir' de plus agréable, semble être réuni , comme à dessein , |)Our .orner les rives d»^ la 3tinc et les rendre célèbres. ^

Ce llenve semble n’avoir pas encore quitté les quais magnifiqiies de la Capitale, lorsqu’il coule an pied de celui de Passy, dont les beaux jardins et les maisons de plaisance s’élèvent en amphitliéâtre sur la |>ente du coteau. Ce village , peu ancien , a pris un rapide et considérable accroissement , qu’il doit à sa belle position. C’est à Passy , connu par ses deux sources minérales, découvertes ' en 1 658 et 1719» qu’liabilalt Franklin , lorsque fut signé le traité de reconnaissance des Etals-l'nis.

Le cliàleau de Passy, bàlien 1678, doit une par- , tic de sa belle apjvarence à sa situatiou , en amphithéâtre, sur la route de Versailles; les jardins en sont grands et remarquables par leur belle distri- Lulion. Pa%>y compte deux mille habitants.

A l’extrémité du village, au Ranelagh , lieu voisin du bois de Boulogne, s’assemble tous les soirs, dans la belle saison, la plus brillante et la meilleure société , que des danses , des comédien» ambulans , le site le plus champêtre et le plu» pittoresque, y attire de Pans et des environs depuis nombre d’années.

Auteuil, sur le même coteau, renferme, comme

rASSY, — AUTlît;iI.. .

Passy , un g»and noniljre de jolies uiaisons de cam- |«iÇne, dont l’agi émeut est augmenië par la proximité dubois de Boulogne, de Paris, de Saint-Cloud et de Vei-sailleS. Plusieurs personnages célèbres ont baliité ce village. Boileau , Molière , Cliapellé , Condorcet, flelvétiuj, Hondou , Calianis, Rumforl y avaient lèurs maisons; on montre encore avec respect celîe du législateur du Parnasse. L’ancienne habitation de Molière ne conserve plus de trace de ce qu’elle cla^t alors; tout y annonce, anjourd bui, le goût d’uri de nos peintres 4es pluâ agréabl^. L’eglise d^’Auteuil fut construite vers le dix-septîème siècle, mais la façade et la tour, dont la flèche est en pierre et de forme oçfogorie, sont un ouvrage du douzième siècle; le vestibule qui précède celle façade est d’une construction nioderne. On voit, dans çeftê église , le. lonil»eau d’Antoine Nicolas deNicolaî, premier président de la chambre des comptes, mort en lySï; et, sur la place pnblif|uc, un .obélisque en marbre,'élevé à la nfémoirc du (^ancclier d’Aguesseau, mort éh xySo.

sèvRES. BELUrVLE.

Sèi’res , su^ la rive gauche de la Seine, est un des plus anciens et des plus èonsidcrables bourgs des environs de Paris. C’est le siège d’une justice

QUATiflÈJll fBOXKlIAOE.

il6u

de paix ; l’on y compte plus detrois mille liabilant^ 11 est question de ce lieu, dès l’an 56o, à l’oocasion de la guérisoil miraculeuse, opérée par saint Germain, évêque de Paris, d’une fille possédée, nommée INLigna Flédc , qui se lit ensuite reli^euse.

Sèvres, par sa position dans un vallon aboutissant à la Seine, oSre une iiiliuité de sites agréables. Ony remarque plusicu^}oliesfhaisons de campagne. I9ne des plus reinarq iiables esl celle nommée la bul^ de Coaslin la façade,. dû côté de la

campagne qu’elle dornii^, présente une rotonde décorée d’un ordre corinibien.

Li’ église de Sèvres est .vin bâtiment gothique du treizième siècle, construit à phisicurs reprises et sur plusieurs axes , comme sont presque tous les éditées relij^cux^ dp même temps. (

Ou doi^ s’êlonncg que ^sur une route aussi fréquentée que celle de Versailles, où résidait la cour, ont ait pu laisser subsister^ pendant plus d’un siècle, un pont de bois'dé la plus mesquine constructioh *et d’une dégradation effrayante. Quoique Perrault ^avait proposé à Louis XIV de remplacer ce pont , alors déjà vieux , par un autre également en bols , ‘ mais d’upe seule arche* de trente toises d’ouverture; et que plus tard, en 1786^ l’ingénieur Lamblarderie ait présenté le projet d’un autre pont en charpente ilc trois travées, la révolution vint avant qu’on se fût occupé d’une chose

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IVïnl dr Scvrci».

«Èvnis. — BEIXKTtF. s6t

aussi importante, et ca ne fut qu’en 1808 rpift fut commencé 'le pont dont nous donnons les plan, coupe et élévation. dans la planclîc 52.

Ce pont, construit par M. Vigoureux, ingénieur, est bâti en pierre de taille^ il a neuf grandes arches eu plein cintre, et dau»>petilcs, pour le hallage , qui sont percées dans les nrufesils des culées. Les grande^ arches , égales qutre plies, ont chacune cinquante-cinq pieds et demi d’ouverture, leur courbe iireiid naissance au-des^is du Socle des avant et arrière-becs. La longueur totale du pont, •. entre les avarttvcorps des culées, est do cinq cent quatre-vingt-quatorze pieds', et sa largeur de quarante; sa hauteur totale, y compris les parapets, est de q^uarante et un pieds; il est de rîivean dans toute sa longueur, et dééoré de voussoirs en relief, de traits d’appareil et d’une corniche à luodillons.

Les fondations du pont de service, ont été laites par eucaisscpients, sans batardeaux ni épuisément, tel qu’on a vu construire à Paris le» quatrç nouveaux ponts. Ce procédé est favorable à la célérité de la construction, puisqu’il jicrniet «l’entreprendre à la fols toutes les piles , sans mettre obstacle à la uavigatlcfn ; mais ils exige que le recepage des pilotis soit fait sous l’eau.

Ce pont, qui fut termméèn i8ai , n’oITre sans «ioute pas cette légèreté qu’on remarqiie dans ceux dont les arches surbaissées sont des courbes à

262 QDATKIÉME PROMENADE.

plusieurs ceulres ; mais il présente uàe bien plus grande solidité apparente et réelle» En cela il a nu grand avantage sur ceux de LouTs XVI , de Ncuilly, de .Sîunte-Maxcnce, construits p;»r l’etYonnet. Celui-ci , comme les ponts des anciens, satisfait par un aS{>cct de stabilité qili rassnre le voyageur; ceuxlà* étonnent paj* la hardiesse de leur coupe et la légèreté de leur coiistrnctiou , niais laissent dans l’esprit quelque c^so^de pj^iible. — Eo eOi^ lorsqu’ou voit ces ii^ssi s énormes, suspendue^ en l’air |>ar la seule force des culées , et par quelques piles légères, que les glaces paraissent devoir emporter, il est difficile de se défendre d’un mopvrSitbcnt d’olTroi, surtout lorsque l’on sait que le moindre accident, qu’une seule pierrg qui fléchit peut p>'écipiler tout l'édifice à la fois dans le fleuve.

La longue ligne sur laquelle sc développe le pont de Sèvres fait paraître ses arches un peu petites; ce défaut lient aux localités. Ponr augmeu-ter leur ouverture il eût fallu , néccssalrenjent^ leur donner plus de bailleur, et déjà l’on a été obligé de faire des reralilais considérables pour former les abords. L’axe de ce pont et celui de la route qui conduit à Paris, sont dirigés sur le dorae des Invalides. ' . • •*

G’esl à sa manufacture de porcelaine, que Sèvres doit une partie .de son importaiKC et sa grande célébrité.' '

siyaiifi. — BELIETtE. j63

Ce bel etabliâsciucDt avait ruiné le marquis de Fulvy , qui C’avait furmé au cliùteau de Vinccnnca, en lySS , et qui, aidé des frères Dulwis et de Henri Bulidon , sculpteur, était cependant parvenu a fabriquer une porcelaine , qui pouvait déjà rivaliser avec celle du JajKui.

Eu lySo, les fermiers-généraux ayant acliclé 1 établissement de Fulvy , firent élever l’immense bâtiment cpi’on voit à Sèvres, à gauche de la route de \ cisailles, et y transférèrent, en iy55, leur manufacture. Ils en confièrent la direction à Boileau, qui avait été sous-directeur de celle de \ incennes. Sollicite par madame de Pompadour j Louis XV fit, eu 1769, l’acquisition de La manufacture de Sèvres J depi^ cette époque, elle a toujours fait partie^ du domaine de la couronne.

Pendant la révolution, ce bel établissement courut plus dune fuis le danger d’étre supprimé; en 1800, il eveilla enfin 1 attention du gouverncmeul, et M. Broiigiiiai t, savant distingué par ses connais-r sances en minéralogie et eu géologie, en fut nommé le dircctem*. Sous son administration, la manufacture de Sèvres, rendue à sa splendeur première, devint la pins célèbre de l’Europe par la beauté des matières, la pureté du dessin , l’clégance des formes et la richesse des ornements de ses produits. On n en sera point etoiuie si l’ou se rappelle que les Isabey , les Sweback, les Parens, les Jacotot sont

264 ' qiatrièui peomenade.

les peintres et les dessinateurs attachës à cet éta" blissement. •

Ce n est que depuis l8oo , qu’il se fabrique à Sèvres ce qu’on appelle vulgairement porcelaine dure. Le kaolin , qui en est la matière première, se tire des environs de Limoges, dans le département de la haute Vienne.

On voit, dans cette manufacture, une espèce de musée qui renferme une collection complète de toutes les porcelaines étrangères, et des matières première qui servent à leurfabrication;uneautre collection de toutes les porcelaines, faïences et poteries de France , et des ferres qui entrent dans leur composition y enfin, une collection des modèles de vases, d’ornements,' de services, défigurés, de stables, etc. qui ont été faits dans la manufacture depuis sa création. Ces différents modèles ou échantillons sont rangés par ordre, et forment un coup d’œil extrêmement cnrieux.

• Le bâtiment de la manufàcfure est vaste et régulier , mais d’une décoration fort simple ; il a trentehuit toises de face, sur dix-huit de profondeur. Sa situation en amphithéâtre sur des jardins et dominée par un liosquet, est infiniment pittoresque J ses dépendances occupent une surface considérable.

Sèvres, qui compte encore une manufacture de' faïence de couleur, une autre d^émaux, est un lieu

SÈTRES. — BELtITÜE.-» ’ a65

lrès-commerçai]|t. D’anciennes et vastes carrières souterraines^ forment des caves qui ont une ré- % putalÿon particulière pour fàire^ acquérir aux vins une qualité supérieure. On^ remarque entre autre^ la cave du roi , divisée "en trente parties par d’immenses galeries , dont s^t aboutissent à un point central j elle peut cotftenîr rpiinze mille pièces^de vin. Les carrières de Sèvres sont' très -importantes, et ses nombreuses blanchisseries sont éü

vogue. - ' ' . • • •

La verrerie, dite'. de Sèvres, placée primitivement dans un bâtiment transformé aujourd’hui en caserne, est maihtenant établie près de la SeineJ au Val, territoire de Meudon. Elle jouit d’une grande réputation pour les belles bouteilles qu’on y fabrique. • ' • » ■'

Entre Sèvres et la’ verrerie , on trouve Brimborion , jolie maison de plaisance , sur le bord de la Seine, que itiouis XV a souvent habitée avec madame de Pompadour.

BELIiEVUE. — MEUDON. — CHAVII.UE.- VIROFUA V.

Le château de Bellevüe, doul une partieexiste encore , occu|iait le sommet du coteau , et ses jardins descemliient jusqu’à Brimborion. Cette charmante maison de plaisance avait été bâtie, en 1748, pour madame de Pompadour , par Lassurance.

i»66 :r:’ QüATMiuE frominade.

Jlien n’cst plus magnifique que le tableau qui s’ofTre au s[)ectateur placé sur ses terrasses ; son œil eml)rasse une campagne immense, et se promène ^ sur les bourgs , les villages, les bois , les coteaux qui bornent l’horkon. Au pied de la montagne , la Seine que l’on voit s’approcher, disparaître, serpenter pour sc perdre encoxe, semble, dans ses immenses contours , vouloir retourner arrbser la grande cité. qu’elle parait quitter à regret.

*Ce vaste château devait sa célébrité , bien plus encore â son agréable situation, à une assez bella . disposition et à la richesse de son ameublement , qu’à sa beauté architecturale ; on retrouvait dans toutes las parties de cet édifice, ce style incorrect et nuniéré , ces licences de mauvais goût , ce caractère petit et mesquin qui étendirent de si fortes racines sous le règne de Louis XV. Il était enrichi de statues et de peintures estimées ; Coustou , Sale, Falconel, Adam l’aîné, Pigal, Lagrenéc , Fragonard , Brunetti, Boucher avaient été appelés à l’embellir de leurs chefs-d’œuvres ; mais tout a été dévasté , et le corps-de-logis principal démoli. Le sol craïeux , sec et aride de Bellevue , avait cédé aux travaux de d’Islc ,• et les jardins qu’il avait dessinés, étaient fort agréables; il n’en existe plus que les terrasses. Sur lés restes de ce châtean,on élève présentement des maisons

MELDON. — GHAVILLÈ. — VJROFLAT. 267 » • € '

d agrément d’où l’on jouira de cette magnifique vue qui fit les délices de l’habitaütm royale. ^ .

Sans suivre les antiquaires dans leurs savantes ” recherches sur' l’étymologie celtique^u nom de Meudouy qu’ils ont trouvé signifier Pousdère de la Montagne ou Montw06 de laPouiàèrf^ nous remarquerons seulençiem que la termituisoa (Je ce nom, n'appartient qu’à oeux des lieux sUaq^^ur itne hauteur, et telle est eSactivement la pésitiipn * du bourg de |lleudqn, et principalenaent de son château.

Dans le sixième siècle, ce lieu fut donné par Childebcrt à l’^bbaye de Saint-Vincent , aujourd'hui Saint-Gernpin-dcs-Prés. Une longue suite de seigueurs^ dont les noms obscurs sqpaiont ici sans intérêt, se succédèrent à Meudon pendant trois siècles, dans une. suite non intcrrouipue, jusqu’à Antoine Sanguin, qiiifut évêque d’Orléans, ensnite cai-din^ , et qu’on appela cardinal de Meudon. Il abwdonna ce domaine à sanièco Anne de Piselcù,. ê[>ouse de Jean de Bi^eLagi^e, duc d’Ëtainpcs, et, comme nous avons déjà eu occasion de le (Kre, toute puissante' à la cour par ses liaisops avec François 1". La belle duchesse obtint, en l546 , la permission de former uu parc à l’eutour de l’aur tique manoir seigneurial de. Meudon. Bieolôt., dégoûtée sans doute de cette terre , elle la céda à Qiarles , cardinal de Lorraine., qui voulant s’y

a68 ' QCATBIÈ^ FItOMENADk

créer une babil ation digne du rang qu'il tcrtait à la cour , y fit bâtir , par Philibert de Lorme , un château magnifique , aujourd’hui démoli.

Dubreuil dit que, de 'son temps, les restes du manoir qui avait précédé le château bâti par le cardinal de Lorraine , consistaient en plusieurs ruines de thermes ou bains qui se voyaient encore en 1^9. U Y avait aussi, dans ce vieux château , les touîi de Mayenne et de Ron^rd; ces "di£Fér eûtes ruines ont elles-mêmes disparu par la suite des temps. Après la mort du cardinal de Lorraine , arrivée en’ 1674, Meudon passa à son neveu Hehri duc'de Guise, assassiné au château de Blois ; son petit-ûls le vendit, en i654, au surintendant des finances AbelS^ vien , qui le fit ériger en baronnie. Louvois aclieta , en i6do, le château de Meudon; sa veuve, le vendit, en i6gi, â Louis XüV, qui le céda au grand Dauphin en échange de Choisi.

Meudon, devenu ainsi maison royale, s^^t des changements considérables et reçut des embellissemeiits que la main d’un prince pouvait seule opérer. A l’ancien château bâti par Philibert de Lorme, lé Dauphin en joignit un autre, qu’il fit élever sur l’emplacement de la magnifique grotte que le duc de Guise avait fait construire. Les jardins, agraudLs, furent plantés par Lenùtrc , qui , surmontant les difficultés qu’opposait l’irrégularité du terrain , en (it un chef-d’œuvre. Les grandes et majestueuses

KEÜDON. — CHAVULB. — TIROmT. â6g

allées y ctaieM prodiguées; elles ont presque toùles été abattues dans le courant delà révolution. L’on a particulièremcDt regretté une superbe avenue de hêtres qui bordaient la grande terrasse , et que l’on regardait, par la l>eauté des arbres, comme nnique en France dans son genre. A cette époque la convention multipliait les moyens de défense sur tous les points de la république, menacée par la coalition européenne; et en même temps qif elle étahKssait à Grenelle une immense fabrique do poudre , elle créait à Meudon , par un arrêté du comité de salut puWic du 20 octobre 1793, un établissement national pour diverses épreuves de machines de guerre. C’est de là que sortirent ces aérostats propres à observer , dans les camps , les forces ennemies , et à l’application desquels nous dûmes en partie la célèbre victoire de Fleuras. Pour soustraira aux yeux du public les expériences que l’on tentait'à Meudon , une espèce de camp retranché fut établi autour du vieux château , et subsista jusqu’à ce que le feu y ayant pris, le 16 mars 1795^, les bâtiments furent en grande partie détruits : on ordonna plus tard leur entière démolition.

Lorsque Napoléon monta sui^c trône, Meudon fut rendu à sa première destination ; cependant il nefut habité que pendant les années 1812 et i8i3.

L’ancien château de Mendon consistait «n on

|>rinû|iiil curjis de I):\lluieiit, el Jeux afles en retour du côté de l’eutrée , réunies par cinq pavillons ilanqiuis de tourelles. Ce bâtiment du fond était décoré, au rez-de-cliaussée>, d’un pürli(pie d’ordre dorique d’un bon style. L’ensemble de l’éditice, ses comldes élevés, l’emploi des ordres grecs dans les ajustements et sur un petit module, tout rappelait cette époque de la rcnnaissancc -desj arts, où, sans vouloir encore al>andomicr eulièfcment la disposition des anciens châteaux-forts, oii les cniicliissait de tous les ornements dci’arcliitectüre • antique, que nos artistes all.aient étudier en Italie. L’intérieur avait clé décoré de peintures par Coypcl, .louvcnct, Audran, La Fosse et autres artistes du premier mérite.

Ce (pii , sans doute, n’csl pas le moins rémarquable à Mciidon, c’est la grande terrasse qqj servait d’avarit-cour au château et qui domine le i)oui {|.

Elle a cent trente toises de longueur, soixante de largeur et plus de dix de hauteur^ c’est Abel Ser- . vicn, premier baron ilc Meudon, qui la fit établir.

Il est impossible do calculer ce que conterait au- ^ jourd’huvun |>arcil ouvrage, fait alors [lar un simple particulier. Maüsard en fuî l’architixîlc , ainsi que des fossés, dft grilles et des derniers embellissements du vieux château.

Le nouveau château de Meudon ( V. pl. 53) , élevé, en iGyq, sur les dt;ssins de Mansard, est

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ITECDON. — CHATIILB. — TIROPLAY. 27 1-

situe à droite de l’ancien; il fut bâti, comme nous l’avons dit , en f>lace de cette célèbre grotte construite par Philibert de Lorme, et sur l’entrée d» laquelle on lisait cette inscription ;

Quieti et Musir

• Henrici II Gallicc , PR. PPSl

Il ne reste plus, de celte magnifique grotte, dont heureusement la gravure nous a conservé le souvenir, que la grande terrasse en briques avec scs rampes ; elle soutient le parterre qui est au devant de c« nouvel édifice. Ce château, bien moins considérable quèl’ancien, lui est aussi bien inférieuf sous les rapports de l’art. Il ne présente qu’un grand corps de bâtiment, assez semblable à une simple caserne, et dont la solidité fait le mérite principal. Des colonnes doriques ornent son avant-corp du côté de l’entrée. Au haut de l’escalier, (pi est clair et commode, est placé, dans le vestibule, unesujKybe statue en bronze, faite par Jean de Bologne, représentant Esculape.Le second étage du château, con)municpie de plain-pied avec le jardin haut.

Le bourg de Meudon, qui compte phi.s de dixhuit cents habitants, s’étend sur la pente du côfeau au pied de la grande terrasse. Ses rues sont escarpées et sinueuses: il n’a guère de remarquable que son église, bâtie en 1 57o.Les environs sont ornés de

QUATklélfE PSOlfBNADC*''

jolies maisons de plaisance, parmi lesquelles on re> marque, dans le bas du bourg, celle bâlie par M. Leclerc, pour M. Viilard; et, dans le liameau appelé le Bas-Meudon , la maison bâtie par M.Huvé , dont l’escalier, à double rampe, conduit à lui joli salon couvert d’une coupole décorée de caissons et de rosaces.

L’ancien couvent des capucins de Meudon , fut le premier que ces moines aient eu en France , où ils furent amenés par le cardinal de Lorraine,

' apres la tenue du concile de Trente. Les bâtiments forment aujourdliui une agréable maison d« campagne.

. Le territoire de Meudon contient des carrières de pierre à bâtir et des carrières do craie; c’est des premières que fut tiré, en i66G , un bloc qui, taillé , est resté de cinquante-quatre pieds de long sur Luit de large et plus de trois d’épaisseur. Scié en deux, il ibrme^<scul, la cimaise rampante du grand fronton de la colonnade du Louvre. Les carrièresde craie entremêlée de silex en rognons, sont d’une immense étendue, et à plusieurs centaines de pieds au-dessous du sommet delà montagne de Meudon ; clics sont soutenues de distance en distance, par d’énormes piliers en .craie d’une blanclieur éblouissante , qui, à la lueur des Hambeaux, font un effet assez pittoresque. Là, sous une voiUe immense, les ouvriers manipulent la craie, et lui

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Ml-tDON. — CIIAVILLE. — VIROFLAT.

font suliir les préparations nécessitircs pour la mettre dans le conmicrcc , sous le nom de blanc d’Espagne; l’entrée de ces carrières, de plain-pied avec le sol, est près des Moulineaux.

Le village de Chaville , bâti sur la pente d’un coteau entouré de bois, appartenait, en i654, au chancelier Michel le Tcllicr qui, en 1676, fit clore de murs environ huit cents arpents de terre. C’est au milieu de ce parc que Louvois fit élever, sur les ruines de l'habitation de son pèr^, le beau château qui fut démoli à la révolution.

Sur l’emplacement de celui -ci , on vient d’en bâtir un nouveau remarquable par sa simplicité.

On trouve à Chayille d’immenses carrières abandonnées.

Viroflay est moins remarquable [>ar ses maisons de cam^ragne, que par son haras et sa situation sur la roule de Paris , et près de la ville de Versailles.

VERSAIIXKS.

Au village de Viroflay commence la magnifique avenue qui conduit à Versailles.

La première origine de celte ville n’a rien de bien précis. Son église de St.-Julien fut érigée en paroisse en io84. Alors Versailles n’était qu’un pauvre village au milieu des bois et dei^marécages , sur le penchant d’un des cgteaux qui, joignant ceux de

2^4 QUATRIÈME FB0UEKA1>£.

Salory cl tle Jardy, sôpaiall le >al de Chaville cl celui de Galle. Avaut l’étalilissemeiit du pont de Sèvres, et de la chaussée d’Auteuil , fpu garantit aujourd’hui des inondalions, autrefois fréquentes, ce Aoislnage de la Seine, la grande route de Paris à Brest , au lieu de traverser l’humble village de Versailles , passait sur le pont de Saint-Cloud , et prenait sa direction jwi- Vaucresson, Roquencourt, Villeprcuv , Moiilfort, clc.

Ln chemin du^ccond ordre, sortant de Saint- Cloud par \ ille-Davray , et se dirigeant vers les grands |>àtiuagos que renferme aujourd’hui le département de l’ürnc , était celui qu’on faisait prendre aux breufs expé<llés pour la Capitale, et dont le marché, au treizième siècle, se tenait à Choisi- aux -lheufs.

Les bois qui couvrent les collines environnant Versailles, et qui s’étendent, d’un côté, jusqu’à la forêt de Saint-Germain, de ranire, à celle de Rambouillet , oll’rcntdcs aspects variés, pittoresques, et conviennent slngidièrement à ces courses à cheval dans lesf|uclles consistent le plaisir »le la chasse à cors cl à cris, (^’est à cet altrait de la chasse que Versailles a dû l’avantage de jrosséder à son tour les rois, comme l’avaient eu précédemment , à des époques diverses , Compiègne , Saint- Germain, l'onlaiijchleau , Andtoise, Chambord,, et «'lutrcs châteaux situés aumiilieu des forêts.

YERSAIIIeS. 275

î«i liste (les seigneurs laïques et cccl^siaslirjues qui possédèrent Versailles pendant cinq (îents ans serait fastidieuse : le seul Loniénie, \icfime de la saint Barlltclemy, mérite d etre cité. C’est à sa prière que Charles IX. institua , dans ce lieu , quatrefoires et un marclié. Antoine deLoméuie, son fils, vendit Versailles à Louis XllI. Quoique le contrat ne soit (jue de l632, il paraît que dès 1627 ce piince avait commencé à y construire un rendez-vous de chasse, qui devint assez promptement un petit château, composé d’un corps-de-logis et de deux ailes terminées par quatre pavillons , et accompagné # d’un parc et d’une ménagerie.

Louis XIV, (jue les troubles de la fronde avaieflt dégoûté du séjour de Paris, contracta , dans celui de Saint-Germain , le besoin de vivre à la campagne. 11 avait amélioré le vieux château do François 1*' et celui bâti paf Henri IV. 11 eut même le projet d’élever , sur l’emplacement de ce vieux diàteau, un palais que sa magnificence, la beauté de sa situation devaient rendre digne du siècle, et l’un des plus beaux monuments de l’Europe. Mais on prétend qu’une de ces faiblesses, dont ne sont pas exempts les plus grands cœurs , détourna Louis XIV d’un projet où tout semblait concourir à l’engager. Les clochers de Saint Denis, qu’il aurait vus de ses appartements, lui auraient trop souvent rappelé qu’un jour il irait retrouver là

376 QUATRIÈME TROMESADF.

ses ancêtres, se dépouiller des gi’andcurs dn monde , et partager, a'.ec la longue suite des rois , l’obscurité et le néant de la tombe.

A cctie pensée ce [.rince, si fier pendant sa longue et brillante carrière, subjugué par les terreurs de l’imagination, renonce au hc^u site de Saint-Germain pour le tertre assez ingrat de Versailles.

Cette situation , loin de présenter les nombreux ' avantages qui distinguaient St.-Gcrmuin, n’ulTrait BU contraire qu’une vue monotone et assez bornée, un air malsain et de' mauvaises eaux : par cela même tout était à créer, et celte circonsbince fut peut-être ce qui, [dus rpic toute autre raison, déterminale jeune monarque dans son eboix. ü’alllours, son goût naturel pour la grandeur lui lit pressentir qu’à A^crsailles, où il n’existait rien , il établirait à son gré,*entre le palais (pi'il allait construire et le l)Ourg qui l’accompagnerait, uno relation de supériorité dune part et de dépeadancu de l’autre qui aurait nu caractère unique,

CHATKAU Dli \ ERSAILLliS.

Si le château de Versailles ne jouit pas du brillant horizon (jiie domine Sainl-Gci inain , il a , cejMMidant qucl([iics avantages (jui ne sont pas à dédaigner. Situé sur un tertre élevé, entouré de collines peu hautes clles-mcmcs, il ne peut jamais

ÿNAPOtll'

CHATEAt DE VERSAII.IE!».

élre apcrftn d’assez loin ponr perdre^ dans nuo vague immensilè, sou caraclèrc de grandeur, et rien rmtour de ui ne peut, en déployant la niujeslé de la nature, où nidme le p(unoir d’une giande réunion d’iioinniés, jeter parfoié l’iicurcux potentat dans de sombres retours sur sa propre faiblesse. Cet immense palais, sons aiicun appareil de défense , entre des parcà cpie' l’étettdne' de l’œil lie peut*' embrasser, ct‘ une ville populeuse, que tout annonce. n’exister que par le maître et que pour le maître, est celui qui répond le mieux à l’idéé d’une souveraineté’ aussi paisible que puissante, et qui, réprimant les ennemis extérieurs , jouit du bonheur cl dé la prosj)érité dc'scs'sujets.

Quoi qu’il en soit de ces réflexions et des divers motifs /|lbn a prèles à Louis XIV, ce qui paraît le plus probable et ce qui ressortira de' l’bistoriquc des constructions, c’est (juc ce prince,- èn commençant à bâtir, n’avait j>as de projet arreté, et qu’il ne prévoyait pas lui-même jusqu’où les cl.ioscs devaient aller.

L exposé qui va suivre des accroissements sirc-^ ccssils du cbatcau de Versadles , fera connaîire les causes du défaut d’cnsemblè qu’oii remarque dans quobjues parties de son plan , et «lu peu d’barmonie qui règne entre les dilfércntes constructions qui coraposeut sou élévation géucralo du coté do la ville.

a-S QtATBIÈME TROMENADÏ.

Cepcudanl, malgré les raisons déduites dans cét cx|)Osé, lorsque l’on considère ce cliùtcau dans sou état actuel, on ne peut s’empêcher de convenir qu’il serait difTicdc de trouver en Europe un édifice de sa nature et de son importance dont l’enseiuhle fût aussi soutenu, l’harmonie plus constante dans toutes ses parties, et qui pût làire croire, comme cehil-ci, qu’un si grand monument soit l’ouvrage d'un seul jour. L’on peut donc dire , sans exagération , et malgré les léger» disparates que nous signalerons, (ju’il n’est ps de plus beau plan d’en.semblc, mieux combiné, plus grandiose, plus magnifique, que celui' du château de "Versailles, considéré dans sa disposition générale.

Le petit château de Louis Xlll (voy.^ , pl-^**)» qui n’avait que vingt-deux toises sur cha^M<^ face, ressemblai^, comme on peut la voir, à ce que furent la plupart des édifices de ce genre depuis la renaissance de l’art en Trance, sous les règnes de I^oiiis Xll et de François I", jusqu’à la nouvelle révolution qui sc fit dans l’architecture, sous le règne de Louis XIV.

Ces monuments élevés sur des lignes symétriques et regidières, plus spacieux, mieux éclairés, un peu plus commodément distribués, et plus ornés que les vieux manoirs dont ils prenaient la place, conservaient cependant beaucoup de rapport avec ceux-ci , soit qu’ils aü'ectasseut la forme

CHATEAU DE VEBSAIILES.

concentrée du donjon flanqué de tourelles, ou celle du château lui-nième, composé de grandes lours liées ensenihle par des courtines : tel est Ecoucii , tel ébiit ^ ersiùUes, ou quatre grands pa\illons , liés par des corps de bùtiuicnts simples, foriuaieut 1 enceinte d’une cour carrée. A Versailles comme a Ecouen , l’un deccs corps de bâtiments, réservé pour l’entrée de la co»ir, n’était qu’un simple por« lif|ue en arcades , surmonté d’une galerie en terrasse, et décoré d’un frontispice; le tout s’élevait sur une fausse-braie, plus ou moins large; en-deçà étaient les fossés et le pont-levis.

Lonis XIV, qui n’avait d’abord eu que la fantaisie de làire quelques nouvelles distributions à ce rendez-vous de chasse , etde l’orner de peintures , voulut ensuite l’Iiabiter quelquefois pendant la belle saison et y tenir son consed. Ce désir nécessita un accroissement de logement. Leveau fut donc chargé d’élever sur deux lignes parallèles, en avant et à quelque disUince du clv'iteau, en-<leeà des fossés, deux corps de bâtiments qui formèrent les cotés d’une avant-cour. On fit en même temps disparaître la partie antérieure du château , et ainsi s’ouvrit la cour de mai’l)re (^'■) telle que nous la voyons. Ces premières constructions devinrent comme le noyau de toutes celles ajoutées depuis, et l’on peut dire qu’elles out décidé du sort du palais de Versailles.

a8o QUATRlÈSrt rBOMSIlADE. >

Mansard , chargé des nouveaux agrandis^ ments , ne se dissimulait pas la difficulté de se conformer aux anciens ouvrages, et quels inconvénients il y avait de saciifier à leur conservation , les beautés qu’on aurait eu droit d’attendre d’urt plan original , et conçu d’ensemble ; mais le roi le voulait ainsi , pour ne point détruire Ce que son |)ère avait fait. L’inflexibilité naissante de ce caractère , qui ne voulut jamais céder , obligea Mansard à encadrer, en quelque sorte, dans sà vaste ordonn’ancc , ce que Bassompicrre appelait le chétif château de V eraailles^ On fit d’abord , de chaque côté de cet ancien château, une addition de construction de quinze toiseS de profon-* deur qui vint rejoindre les deux corps de bâtiments deLcvcau, et, quelque temps après, on bâtit de meme, au-devant de la façade du côté des jardins, un nouveau corps -de -logis qui maSqua l’ancien. Ces dernières augmentations donnèrent la grande galerie , le salon de la guerre et les appartements d’apparat qui précèdent, depuis l’escalier des ambassadeurs, les appartements de la reine et la salle des gardes j mais les petits appartements du roi et de la reine, éclairés autrefois sur les jardins, perdirent les trois quarts de leurs jours, et n’eurent presque plus de vue que sur des petites cours. Cependant il ne vint point à la pensée de les reporter ailleurs, et Louis XIV , et scs deux successeurs.

Digitizé

CSATEAO Dî TERSAltLES.

furent constamment, et avec une patience inconcevahlc , fort mal logés dans le plus beau palais du monde , fait exprès jTOUr leur demeure. Après cette seconde métamorphose , VersaiHes occupait un parallélogramme d’environ soixante-dix sur cinquante toises.

Peu aj>rès l’aile du sud (A) fut construite , mais sans tenir au corps du château. Si les deux ailes fussent demeurées aitisi séparées , ou tout au plus liées au rez-de-chaussée par des galeries ouvertes , il en serait résulté un effet plus agréable à l’œil que celui que produit l’excessive longueur du' bâtiment sur une hauteur trop uniforme.

De l’autre côté, dans remplacement où s’élève aujourd’hui la chapelle (j), on construisit un de ces Batiments de luxe destinés k l’ornement des jardins : la fiimeuse grotte qui présentait l’étonnant s|>ectacic d’un torrent d’eau , so précipit,int du milieu des rochers artiticiels sous les voûtes de l’édifice.

Plus lard cette belle grotte fut détruite pour faire place à l’aile du nord, qui est symétrique à celle du siid dont nous venons de parler.

Chacune de ces deux ailes, où se trouvent renfermées plusieurs cours, occupe un espace do soixante-douze toises, sur trente. La chapelle (^) et le grand théâtre (k) font ^açtic de celle du côté du nord. Dans cet état les bâtiments de Ver-

S8a QCATRIÈMÏ PKOMENADE.

Bailles , doubles jjresquc partout , se développent , du côte des jardins , sur une lif^ne droite de trois ^ cents toises; et, en retour des ailes du côté de la ville, autour dq§ cours ouvertes ou fermées, sur plus de sept cents toises. Il semble que c’était assez. Cepeniknt nous voyons qu’on ajouta, pour le logement des ministres, deux grands bâtiments (bb), et cela se fit encore à deux fois, ün ne voulait d’abord que quatre pavillons isolés ; les corps qui les tiennent s’élevèrent après coup. ^ 11 faut donc attribuer au hasard le rapport assez singulier de ces deux bâtiments avec ceux que Le veau avait élevés en avant de l’ancien château.

On voit que le vœu de Louis XIV, en faveur do la demeure de son père, n’avait eu pour résultat que la conservation, non sans quelques cl^gements, des façades autour de la counsde marbre, dont le style est loin d’ètrc sans mérite , et que les * antres façades , masquées par le dout>le corps-delogis construit en avant, ne devinrent plus que des murs de refends. Si quelques-unes de leurs parties se retrouvent encore dans les petites cours qui ont été pratiquées entre les anciens et les nouveaux bâtiments, elles ont été tellement défigu- ^ rées qu elles sont aujunrd’bui méconnaissables.

Du côté de l’entrée de la cour de marbre, Mansard fit précédée le^ château d’une place immense, formant le trapèze , et de trois magnifiques avenues , entre lesquelles il plaça les écuries, et ,

CHATEAU DE TEBSAItLES. 283

derrière cclles-ci, les liabitations du grand-vonetir et du grand - maître de la maison du roi. A droite et à gauche furent tracées des rues qui 6C bâtirent rapidement; le >illage de Versailles fit |ilace a un quartier aligne qui cônserva néannioins le nom de viem Versailles , et de nombreux édifices s’élevèrent de tous côtés.

Le château de Versailles était terminé en 1672, et le monarJ^ie fastueux , en y fixant sa brillante cour, enleva à la Capitale les ministères, les administrations et les principaux étalilissements qui donnent de la prépondérance aux cités. La noblesse et le clergé, abandonnant Paris à la robe et a la bourgeoisie , s’empressèrent d’habiter la nouvelle ville ; chacun voulut y avoir un hôtel , ou au moins un pied-à-terre ; mais en même temps que Louis XrV y encourageait les constructions, l’orgiieiilcux prince défendait, dans la bâtisse des maisons , l’emploi de la pierre de taille dont l’honneur était réserve au château royal et aux églises. Les dépendances du palais étant toutes en liriques , comme l’était même ce qui restait du château de Louis Xlll , les inaisous de la ville furent assujetties à présenter, au moins par la peinture , raj)parence de cette construction.

A ersailles que Louis XIV n’avait plus quitté , jusqu’à sa mort , que pour quelques voyages , fut abandonné flendant les sept ans de minorité

aS/f QUATRIÈME PROMENADE.

de Louis XV , cl la ville était déjà bien déchue de sou importance, lorsijn’cu 1722 la cour revint s’y établir. Pendant les soixante-sept années’ qui s’écoulèrent jusqu’à l’époque oii l’infortuné Louis XVI se vit arracher de son palais par ui.e populace en furie, Versailles, ayant repris sou essor d’accroissement, devint une ville du premier ordre, par sa beauté et sa nombreuse po~ pulation. On y comptait près de cent mille anics.

Tout a changé de face à la révolution. Privé du séjour de la cour, du siège de l’assemblée nationale, qu’à cette époque Versailles aurait voulu retenir, celte ville perdit tout. Le palais, après avoir été dépouillé de la plupart de ses précieux ornements, ne présentait plus qu’une vaste solitude; la convention en fit alors une succursale de l’Hôtel des Invalides , et, pendant deux ans, ses magnifiques appartements furent exposés à tous les genres de dégradations.

Destiné trois ou quatre fois à de grands établissements publics , aussitôt oubliés que projetés, le palais de Versailles était encore en 1798 dans un état d’abandon déplorable; il fut même question de le détruire. Des soins plus importants ayant distrait l’attention du gouvernement, ce projet ne fut heureusement pas mis à exécution. Bonaparte, qui porta sa sollicitude sur tous les objets d’utilité publirpie, n’oubtîa pas le château

CHATEAü DE TEESAirXES.

asr*

de Versailles, qtii , réuni au domaine de la couronne , fut tiré de l’état d’ahandon dans lequel il était depuis long temps. Presque toutes les dépendance*^ (pii avaient été aliénées furertt rachetées, et si le* jardins ne recouvrèrent pas leur splendeur primitive , au moins cessèrent-ils de présenter aux amis des arts le spectacle de la solitude et de la dévastation. '

Les travaux de restauration, repris avec une activité extraoidinaire en i8j4 , se poursuivent aujourd’liui aveq moins de célérité, il est vrai j mai» ils ont donné déjà d’importants résultats.

Après cet exposé hislorirpie, un peu long, ruais qu’autorise l’importance du sujet, nous allons décrire d’abord le château et ses dépendances , ensuite les principaux édifices de la ville de Versailles. ^

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