‹ Description des environs de Paris, considérés sous les rapports topographique, historique et monumental;Chapitre 36 sur 63 · FAÇADE DU PALAIS DU CÔTÉ DE LA VILLE · texte numérisé non relu

FAÇADE DU PALAIS DU CÔTÉ DE LA VILLE

Le style de la décoration du château de Louis XIII n’était pas SHSCcpjihle de s’appliquer aux vastes édifices ordonn^ par Louis XIV, et Mansard sut , en habile homme, ne le conserver que dans les parties qui, se rattachant aux restes de cet ancien château, devaient se juger du mémo coup d’œil avec elles; mais pour les façades du côté des jardins, et pour les parties qu’ou n’aper-

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QUATRIÈMK PROMENAÜE.

çoit pas, du cote des cours, eu mêinc temps (pie le centre , il suivit sou propre génie.

Du côté de Ja ville le cliàteau s’annonce, sur la place d’armes , par une vaste avant-cour [a) , que la pente du terrain a obligé de lerininer en terrtisse; de chaque côté elle est fermée sur les flancs par les J)àtiments des ministres (bb), au-devant desquels règne la môme terrasse. Une belle grille (c) de soixante toises de long, enrichie d’ornements dorés , et terminée par deux pavillons formant soubassement à des statues de la Yietoire, ferme

cette cour du côté de la place.

La cour royale (</) qui vient ensuite était fermée par une grille qu’on a détruite pendant la révolution. Des deux bâtiments neufs qui l’accompagnent, celui de droite (e) , commencé en 1772, sur les dessins de Ga^iel (Jacques-Ange) n’a été terminé que depuis quelques années, et à l’époque où fut commencé celui do gauche (J') qui s’achève. Ces deux bâtiments rciiqdaccnt ceux construits par Leveau, et sont le commencement d’un projet de resfauration , (pu tend à faire disparaître les ressauts A ce côté du château, et a concilier sa décoration extéii<Mire avec la disliibution grandiose de son intérieur.

Ces deux nouveaux bâtiments sont en généial d’un style ass(iz médiocre ; l’ajustement des colonnes d’angles, et celui des avant-corps qui fout

CnATt.VO !)E VERîAILLEâ. 287

lace a Lt cour des imiiistres, sont dcfccliicux ; les 4 details sont lourds et tonrinenfcs, et l’on peut dire tjno cette décoration ne présentera jamais un efict bien satisfaisant.

Mais ce qui ne suqirendra pas ceux qui ont médité sur la versatilité des projets relatifs aux travaux du château de Versailles , c’est qu’après avoir détruit, pour faire des logements, le rnagniflquo escalier , dit des ambassadeurs , construit par Mansard, on ait destiué le premier de ces bâtiments neufs, à en contenir un autre ; et que, loiis *

de suivre un projet aussi raisonnable, on se soit

empresséde nouveau, en 1784, dedétruire jusqu’à

la naissance des voûtes qui devaient le porter pour

construire à sa place une salle de spectacle, alors

regardée comme provisoire , mais qui subsiste encore. Le plan de cette salle est circulaire et d’une coupe assez heureuse j les peintures en arabesques qui La décorent ont été exécutées par •

Deleuze sur les dessins de Lagrenée. Aujourd’hui •

il est question d’établir l’escalier d’honneur clans * l’autre bâtiment. Au fond de la cour royale etenlre les trois faces, restes modiliés du j>remier châleau *’■ de Louis XIII , on trouve la cour de marbre (g) dont le sol est cxluiussé de quelques marches. Cette cour, qui doit son nom a son |.avé en marbre, est '

la partie la plus élevée du château. Son niviau est à quatre cent soixante-six pieds au-dessus

QUATRIÈMI’. MOJIENADK.

de celui de la mer , et de trois cent qualre*viii}’lquiiize plus haut rpie les eaux de la Seine à Sèvres.

Les princes, les courtisans, a^idcs d’étendre leurs logements ou de s’en créer de nouveaux , avaient successivement envahi les vestibules, et principalement celui (|ul, placé au centre de l’édifice , cuire la cour de marbre et les jardins, servait d« communication aux deux principales parties du château, et produisait un elTct admirable, en ]irocuiant à la vue l’aspect charmant du parc et de la campagne qui lui sert de fond. 11 ne restait qu’une seule issue potir passer des cours dans le jardin ; à gauche de la chapelle , on en a ouvert une autre (wi) qui fait symétrie à la premier#, et une troisième (A) au milieu de l’aile du midi. Chacun de ces vcstüjulcs est percé de trois arcades , et forme un péristyle de quarante-cinq pieds do long sur trente-huit de profondeur. Leurs voûtes sont soutenues par quatre groupes isolés de deux colonnes qui correspondent à d’antres colonnes engagées dans les picd-diolls.

FAÇADE SUR LE JARUlJi.

La Façade sur les jardins se compose , dans toute son étendue , d’un soubassement en arcades appareillées en refends, d’une ordonnance ionitjue en pilastres, que surmonte un attique couronné

* •CHàTEAO me VERSAILLES. ' oSg

tl'une Lalustrade. corps priiici'pal die l’édifiCe , dont toutes les baies sont en «r«ades , et les deux ailes ainsi que les faces en retour i«nt décorées clia'^ cune par trois avant-corps uniforménent ornés de Colonnesaccouplées , à l’exception de celui du milieu de la façade, dont les colonnes 'ont un même espacement. Des statue&dc treize pieds de hauteur, placées sur ces avant-corps, enrichissent cette composition , donnent du mouvement à ses longues lignes, et contribuent à diminuer ^ du moins en apparence , la trop grande hauteur de l’attique. Ces statues représentent les Mois de l’année , les Saisons , les Arts, etc. ; elles sont de Marsy, LeComte, Jouvénet, Tuby , Desjardins , Erard , Mazeline et autres sculpteurs. Autrefois les stylobates de la iMliretrade portaient des trophées et des torchères : l’état de vétusté de ces amortissements lésa fait abattre; et, quoiqu’ils contribuassent à donner un peu plus d’élévation à l’ensemble , et à masquer la grande hauteur des combles , il est prolâble qu’on ne les rétablira pas.

Nous avons dit quels obstacles, à l’exécution de ses projets Mansard trouva dans la volonté du roi : ce serait donc à tort qu’on lui reprocherait le peu d’élévation de cette façade relativement à sa longueur. Ce défaut est devenu bien plus sensible depuis l’addition des deux ailes qui triplent son développenient, et, surtout, depuis la destruc-

QUATRIÈME EROMEIfADZ. ' *

tioii des trophées et tôrchères placés, sur Ja balustrade. Quc (|b’î1 en soit, en cousidéra'ijt l’inimeusité de cettcikçade, son bel ens^ible, l’ui^té parâite qui rèt'ue entre toutes ses parties, I4 magnificence et la richesse des ordres d’architecture et des nombreuses statues qui la décorent , enfin lia beauté et la solidité de sa construction^ op peut, et avec raison, la classer au nombre des belles pr^uo lions de l’art en France, et convenir même qu’elle a peu d’égale en Eiiirope, et peut-être en Italie. Honneur en soit rendu au génie de J.-H. Marjj^ sard, et à l’amour de. la . véritable gloire, don Louis XIY était inspiré.

Son assiette , élevée en amphithéâtre sur différentes terrasses qui s’abaissent insensiblement , contribue puissamment à l’effet majestueux , piquant et iiiéme prigiual qu’elle présente â une cerL'iine distance ; et le mouvement produit par le corps de bâtiment principal , dont la* perspective développe avantageusement la liche décoration, détruit victorieusement sa monotonie, et procure ces effets pittoresques et variés qui enrichissent les aspects du petit parc , et qne son élévation , dessinée géométriquement , ne ]Kiraît pas devoir donner (1). 4

(1) Le grand développement de cette façade n’ayant pat permit d’en faire une élévation générale tur une

CnmAD DC I^SAHiLES. • SQI.

Le temps considérable pendant lequel Ife château de Versailles avait été abandonné , avait’nécessité d’urgente* rc^arations; les fomlations et le cor|)s de l’édifice éfaieiit bons, mais les entablements menaçaient ruine, et les parois des façade» étaient fort délabrés. 11 semblait que cette restauration dût exiger le déplacement des colomics : M. Dufour, archilcete du château, chargé^e ce» importants travaux, imagina un appareil au hioyea duquel on les restaura sur place ainsi que les statues. Les entablements etl’atlique furent réparés, et la balustrade refaite entièrement.

Les constructions antérieures des ailes sur la rue delà Surintendance (n) et des Réservoirs (o), peu liées, sans doute à dessein, avee le corps principal dont elles ne suivent pas l’ordonnance , n’ont rien d’un caractère propre à un palais : on les prendrait plutôt pour de vastes hôtels; mais en pénétrant plus avant on trouve, au fond des cours (/>) qu’elles, renferment, des prirtie.» de façade du plus grand caractère. Ces façades , composées de deux étages de portiques en arcades surmontés d’un attique,

échelle convenue , nous donnons seulement un dessin du principal corps de bâtiment , avec les aiTachements des deux ailes , et un dessin de l’aile méridionale. L’aile du c&té du nord ne diffère de celle-ci que par la forme des combles de la chapelle et du théâtre.

af)2 ^ * QÜ^XRl^e PR0MEN4US. *

npparHemicnt aii\ corps de.bâlinicnts qui régnent sur -les jardins ÿ elles sont de la plus solide construction.,» *

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