‹ Description des environs de Paris, considérés sous les rapports topographique, historique et monumental;Chapitre 46 sur 63 · CHEVREUSE. — DAMPIERRE. — LES VAUX · texte numérisé non relu

CHEVREUSE. — DAMPIERRE. — LES VAUX

Chevreuse ), petite villesituoe sur la pente

d’uii coteau , dont le nom parait venir de la grande fjiiantilé de chevreuils ou peut - être de ehèvres sauvages qui |K;uplaient les bois d’ulentour, était autrefuis un des châteaux les plus forts et les plus renommés des environs de Paris. Dès le dixième siècle, ce lieu, sans doute déjà considérable, avait ses seigneurs particuliers. Milon, l’un d’entre eux, soutint plusieurs guerres contre Louls-le-Gros et les comtes de Montfort-l’Amaury. En i3oi, à 1a bataille de Mons-cn-Puellc, l’oriflamme était portée par Ansel de Chevreuse, qni, après s’être battu avec une rare intrépidité , périt de chaleur et de soif, étouIFé sous le poids de ses propres armes. Philippe>le-Bel parcourant les provinces de son royaume, accompagné do l’impératrice de Constantinople, logea à Clicvreuse en i5o6 et i3o8. Celte ville fut prise eu i4i4 par le duc do Bourgogne,à qui Tanneguy duChàtel l’enleva en i4i7, malgré la vigoureuse résistance des Bourguignons, qni, abandonnant^ ville au pillage des Armagnacs, SC retlrèren^nans le château. L’usurpateur Henri ne la posséda que jusqu’en l43l , é|K>que où elle se rendit à Charles Yll.

Louis XI confisqua Lt baronnie de Chcvreuse , parce que le seigneur avait pris part à la guerre du bien public, et le ciiâteaii fut démantelé. Celte terre, érigée en ducbé-[>airie , en i555, changea souvent de seigneurs, jusqu’en i6(j!2 que le roi la donna aux (Lames de Sainl-Cyr.

Le château deClievreuse ne présente plus maintenant qu’un monceau de ruines ; ce|>en(Lujt il en reste encore assez jmiir reconnaître qu’il était carré et environné de huit ou dix tours fort éjoisses. (V. pl.43.) ,

Chevreuse a conservé un air de ville qui i-appelle son ancienne importance. Sa position , sur la pente d’un coteau que dominent encore les ruines de l’ancien séjour des barons , lui donne un aspect pittoresque et agréable.

La vallée de Chevreuse renferme plusieurs habitations agréables , parmi lesquelles on doit rcniarquer : le château du village^ de Gif, commencé en 1766, et terminé en 1771; la maison de Courceltes, où se trouve une belle vacherie suisse ; celle de Couberlin et le château de Muuvière.

A quelque distance de Chevreuse , sur un des coteaux du midi, et au milieu du bois qui le couronne , on voit encore le^uiues d’un châteaufort, qui s’appelait Méridon.

Dampierre, au-dessus de Chevreuse j est un bourg et un vaste cliâteau que ses dépendances

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rendent un des plus importants des environs de Paris. Cet édifice, construit originairement jxir un trésorier, fut acquis vers i56o par Charles de Lorraine, cardinal et archevêque de Reims. Depuis , le duc de Luyues le fit restaurer, embellir et augmenter sur les dessins de J.-M. Maiisard. Il est construit en brique et en [liurre , comme la plus grande partie dus édifices de ce canton. Le caractère de sa décoration primitive lui donne cet aspect de sévérité qu’on retrouve dans la plupart des édifices du même genre, appelés MaisQtis- Fortes, construits vers le commeiicameut ou le milieu du seizième siècle , et qui , privés des élégants et riches ornements prodigués à tant d’autres , ne présentent que la physionomie de la force et de* la solidité. Il faut convenir cependant que sa situation au fond d’un vallon, ses * larges fossés et les eaux qui l’cnvâronnent, l'emploi ' simultané de là pierre et delà brique contribuent encore à lui donner cet air sombre et austère qu’on peut lui reprocher. Ce château est précédé par une vaste avanl-cour accompagnée de bâtiments de service. Sa situation , enfoncée dans l’endroit où le vallon se rétrécit, le prive d’une vue étendue ; mais son parc, d’une superficie considérable , est traversé par la rivière d’ivette et le ruisseau des Vaux; et les pièces d’eau y sont multipliées et fort belles3 enfin le bois.cst percé d’allées spacieuses et

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contient beaucoup de bêtes fauves. Cet ensemble de magninqucs dépendances, rendent Dampierre digne du séjour d’un prince.

Ceux qui recherchent les sites pittoresques , agrestes, sauvages même , peuvent remonter le petit vallon de Senlisse , jusqu’à l’ancienne al>bayc des V aux-de-Sairnay , après avoir passé le chà tcau de Senlisse , entouré de^ fossés et flanqué de tourelles. Les étangs , les chutes multipliées du iruisseau, et quelques moulins, embellissent singulièrement ce paysage, auquel des masses de rochers et la sombre verdure des bois donnent un caractère de sévérité très-remarquable. A la chute de l’étang des Vaux, on trouve les ruines de cette ancienne abbaye de l’ordre de Citeaux, dont la fondation remonte à l’an 1 1 a8. L’église , dont il ne reste que les quatre mUrs et les jpilicrs intérieurs, fut construite dans le même siècle, sous l’invocation de la 'sainte Vierge et de saint Jean-Baptiste. L’abbatial forme aujourdluii une jolie maison de campagne, et ce qui n’a pas été détruit des bâtiments conventuels , est divisé en habitation particulière. Dans l’une d’elles, on remarque une belle terrasse , plantée d’arl)res, qui repose sur un vaste cellier, édillco gothique percé d’arcades , et partagé dans toute sa longueur par une üle de pUiers qui supportent les retombées des voûtes en ogives. Ce monument d’urfibiteclure est remarquable jrar sa solidité, son

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état de conservation , et l’effet pittoresque que produit son intérieur.

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