COURBEVOIE. — NANTERRE
En quittant le pont de Neiiilly, à droite, ou entre dans le village de Courbevoie, qui s’élève sur la pente du coteau. Entre un grand nonibre de maisons de plaisance, on en remarque une d’une décoration gracieuse, bâtie, en J 797, par M. Bien -Aimé, pour des négociants; la frise en est richement ornée. Du côté du jardin , deux grands perrons conduisent aux pavillons en ailes, qui sont décorés chacun d’un péristyle d’ordre doiique couronné d’un fronton.
L’église paroissiale de celte commune n’était originairement qu’une chapelle dépendanlé de la paroisse de Colombe ; elle fut reconstruite presque en entier en J 789, §ur les dessins , et sous^ la direction de M. Le Masson , ingénieur des ponls-et-chaussées et architecte. Reserré entre les deinières maisons de la rue, à rextiémité de laipielle cet édifice est élevé, et les constructions de l’ancieime chapelle qu’il fallait conserver, l’architecte prit le parti ingénieux d’en disposer le plan de manière à gagner sur la largeur du sol, ce qu’il était inqiossible do trouver
CIKQDIÈirE PnOHENADE.
sur sa profondeur; en conséquence, 11 donna à la nef princi [talc la forme d’une ellipse, dont il établit le grand axe (d’environ soixante-dix pieds), sur la largeur du terrain. Il fit précéder cette rotonde elliptique d’un petit péristyle de (piatre colonnes, fitisantface à la rue, et donnant entrée à l’égllse.^^ En re^rd de cette entrée , et sur le petit axe i« plaça le sanctuaire, déformé rectangulaire et ses collateraux, séparés par des arcades portant sur des piédroits ; il éclaira cette partie de l’édifice par des croisées ouvertes eu face des arcades. Une grande porte bien ajustée, et correspondant à celle du péristyle , décore le fonddu sauctuaire , et donne entrée à la. sacristie placée derrière i’égjise.
Le chœur ou sanctuaire , et ses collatéraux sont pn-r' verts en arcades sur la rotonde, et font pénétratio4 dans sa . voûte sphéiâque ; ces trois arcs reposent sur la corniche dorique qui couronne le mur lisse de la rotondedans sonpoiirtour intérieur, et reçxtit ^la retombé de la voûte en calotte. L’extrémité supérieure de cette voûte est ouverte par un œil, qui donne à cette partie de l’i'-glise un jour tranquille très-convenable au recueillement. Deux grandes niches, pratiquées aux extrémités du grand axe, sont destinées aux cha|>eiles. des fonts et des matriages. D’autres .niches moins grindes correspondent aux collatéraux, et accéiupagueut la porta ” " d’entrée, v- ^ ./• -i jq ÿ- ■
COCBBEVOIE.
KAKTERRE.
Les deux belles portes, la coriiiclic dorique , d’un bon style, les uiclies et l’ail de la coupole font la seule décoration de l’Intérieur de cet édiGce , qui doit toute sa beauté à la disposition ingénieuse de son plan,ctà la sagacité avec Iaqi||^llc l’arJiitcctc ^fit l’application des parties décora live's, et distribua les effets de lumière.
L’extérieur se compose du corps peu élevé de la rotonde, sur lequel se dessine, en avant-corps, un petit péristyle de quatre colonnes lisses , d’un ordre grec pœslumien , qui est élevé de quelques marches sur le sol de la rue , et que couronne un fronton triangulaire, dont la corniche de l’entablement d’ordre toscan V règne dans tout le pourtour extérieur delà rotonde. Une I>elle porte, composéè d’un chambranle et d’une corniche , décore l’in^ téricur du péristyle, dont le mur est orné de bossages ; au-dessus de la corniche s’élèvent trois gradins, qui, faisant amortissement,' lient la coupole à la partie inférieure dte l’édiBce. ‘•Le , caractère de l’ensemble de cette élévation,, le style sévère de sa décoration, et les belles proportions du péristyle , peuvent faire considérer cet édifice comme un exemple des bonnes productions de l’art, vers la fin du dix-huitième siècle; et comme un nouveau modèle du caractère à donner aux édifices religieux dans les campagnes.
' La voûte de cette rotonde est construite en po-
400 CINQtIÈUE rROUENADE.
lcrie, asseiubli'ïe sur une armature en fer. et rei'ouverte par un eoilult en plâtre , sur lerpiel élail fixée l’artloise qui fut rcnij)lacéc par une couverture en j)loml) , qu’il fallut substituer par suite <Ie l'abandon dans lequel cet édifice resta si long-temps , et pendant lequel tous les enduits de lu voûte SC détériorèrent. Depuis quelqties années, les ingénieurs, chargés des réparations de cette église, firent à sa décoration extérieure et intérieure des mutilations notables, qui font déplorer aux amis des arts l’inconvénient «l’abandonner les monuments de l’architecture à des boinmes qui sont étrangers à cette science. Aujourd’hui l’;idminislration , éclairée enfin sur un abus qui dura trop long - terajis , vient de rendre ces édifices à leur mère naturelle: quatre architectes de mérite (i) sont actuellement chargés , soit , des travaux de construction des nouvelles églises, soit de l’enlrctieu «les anciennes, dans toute l’étendue du déjwrtementde la Seine , extra muras.
Si la caserne deCourbevoie, dont nous^onnons (dans la planche 5l) le plan général et l’élévation du principal corps-dc-logls, est la plus consl«lérable des environs de Paris, elle est aussi, quant à sa disposition et à sa décoration, le type
(i) MM. Protain, Vallol, Chatillon et Gueuepin.