NANTERRE
•iOl
(le tontes celles qui furent bâties vers lemiliéu du siècle dernier, pour loger l’infantene de la maison du roi. Cette caserne consiste, d’abord, en un grand corps de bâtiment de soixante quatre toises de face, situé au fond de la cour, et ayant deux ailes en retour. De ce côté , le bâtiment et ses deux ailes , doubles en profondeur, sont partagés dans leur longueur , par un corridor donnant entrée aux chambres, qui contiennent chacune plusieurs lits. Du côté de la terrasse trois pavillons font avant-corps sur cette façade, qui, ainsi que les autres œrps-de-logis , est élevée de deux étages au-dessus du rez de-chaussée.
Le pavillon dumûieu, décoré d’un fronton, et percé d’une grande porte en arcade', contient* un grandWestibule et un vaste escalier. Les pavillons des angles, distribués en logements d’officiers, ont aussi leur escalier. Sur les côtés de la cour, s’élèventdeux bâtimens en regard, ayant ^ aussi des pavillons à leurs extrémités , et dont la distribution est assez semblable à celle dn bâtimeut principal. ^
Le quatrième côté est fermé par un mur, contre lequel sont appuyés divers petits pavillons symétriques, à l’usage du concierge, du corps-degardc , des cuisines , etc. Cette vaste cour , formant à peu près la croix , est ombragée de plusieurs rangs d'arbres, son étendue de cent toises
/ljo2 eiNQDIÉMK FROHENADC.
de Ion" sur autiint de large, la rend propre aut manœuvres. Aude là des deux bâtiments latéraux sont des cours servant d’entrées particulières. Derrière le bâtiment principal est une belle terrasse, de dix toises d« large, aussi plantée d’arbres, ( et dont la vue étendue est très-agréable; sur les côtés de ces bâtiments sont des jardins à l’usage des officiers.
La disposition générale de ce plan présente une distribution commode, et surtout bien appropriée à son usage; sa >astc cour, scs plantations, ses jardins , et sa terrasse en font un Heu riant et agréable , avantage epû n’est, pas indifférent dans une caserne militaire. Les élévations , quoique d.ans la manière incorrecte du temps, ne présentent cependant pas cette foule de détails de mauvais goût qu’on’ retrouve communément dans les édifices construits vers le milieu du dernier siècle ; l’aspect général de cetto caserne est assez satisfaisant, et le caractère de la décoration n’est pas. très-éloigué de celui qui convient à la destination du bâtiment.
C’est à travers les vignes, et les champs plantés de rosiers qui couvrent la Initie de Chante- Coq, ramification du Mont-Valéricn , qu’on descend dans le bourg de 'Nanterre. , qui est trèsjicuplé, et l’iui des plus considérables des environs de Paris, Sa situation , entre cette ville et cell«
COUHBF.VOI*. — KANTEBRE. 4*^3
tïe Saint-GermaiD-en-Laye , sur la route de Rouen, le voisinage de ses carrières à pierres, et surtout les anciens pcleiinages à la chapelle de Sainte- Geneviève, epi naquit en ce lieu, lui ont depuis ' très-long-lemps acquis une grande célébrité; il est d’ailleurs un des plus anciens bourgs des environs delà Capitale. Sa chapelle , dont une partie paraissait dater de la fin du onzième siècle, est présentement démolie, et le pèlerinage transféré à l’église paroissiale , qui est un édifice construit en diflëreuts temps, et dont la làçade , assez bien décorée , de deux ordres en pilastres, fut bâtie en i658. Nanterre , situé dans une grande plaine , à peu de distance de la Seine, est fermé de inurailles, et eutouréde jilantations qui procurent à scs habitants une agréable promenade. ‘
L n peu plus loin, sur la Seine , bn trouve le pont de Chatou , construit depuis peu d’années, et le village qui lui a donné son nom , et dont la situation, sur la rive gauche de ce lleuve, est trèsagréable. L’ancien piont avait été construit en 1700 , au frais d’un particulier. On voit , dans les jardins du château , une terrasse et une grotte, qui sont l’ouvrage de Sonlhot. Plusieurs autres maisons de plaisance embellissent encore ce village.
Le viUage de Croliay ii’cst pas moins agréablement situé que celui de Chatpu. Dans sou
4«)'j aNQt’liMB FROMEIfADE.
église, qui' est très-ancieiHic, on rcmarqu lih Christ de Sioioii Vouet. L’ahhé de Vertot fut, en 1689, curé à Croissy : il y composa ses révolutions de Portugal : celui de ses ouvragcsqu’on estime le plus.
En suivant la rive ganche de la Seine, les villages se pressent les uns sur les autres au pied ou dans les vallons d’un riche coteau.
Ruel est un gros bourg qui compte trois raille habitants , et qui doit son accroissement an long séjour qu’y fit le cardinal de Richelieu. Ce ministre y avait acheté un château^ bâti pour un g nommé Moisset , riche bourgeois de Paris. Cetto habitation devint bientôt magnifique. SimonVouet l’enrichit de ses ouvrages. C’est là que , dans une espèce de donjon , le vindicatif cardinal tenait ceux que menaçait sa haine, et qu’il fit pratiquer, dit-on, ce cabinet des oubliettes , 06 il entassait, sons un secret impénétrable , les victimes de son insatiable ambition. Pendant la minorité de Louis XIV, la cour, menacée par la fronde, se retira ' à Ruel eu l648. A|)rès avoir changé plusieurs fois de propriétaire, ce château appartint au prince d’Esling , qui le rendit à son* ancienne splendeur. Mais, en i8l5, tandis que les Anglais dévastaient la Mal maison , les Prussiens «pillaient 1^ château de Rïiel, brisaient ce qu’ils ne pouvaient emporter, saccageaient le parc, et se vengeaient
ft Jj
^enois»ï — ntKt. 4”'”»
ainsi , sur les ouvrages des arts , de la renommés , de celui - là même que, dans leur enlliousiasnie, ils avaient surnommé l’enfant gâté de la vicioire. ,
L’église paroissiale de Rucl a été reconstruit» ën grande partie en 1 584. La première pierre en fut posée par Antoine I" , roi de Portugal , connu . dans l’histoire sous lenoih dé -Prieur de CratOy et pr ses deux, fils^j^^manucl et Cliristophe ^ circonstaneequi a lait’^ sculpter leurs armes dans les ornements de l’égUs^4^ édifice , assez bien bâti, et décoré danslqgoâti|it 8eizième8iècle,estdiviséea trois, nefs pr deux côlonnes. Le [>ortail,
dont nous doaiions 1» plan rélévation (pl. 5a ,) estdûà lamiunfioeooe du cardinal de Riclielieu, qui le fit bfttir lsa i6S6, par Jacques Le Mercier, son arcliiteo|e< 11 est orné des ordres dorique et ionique en piastres. Cetté décollation , en bas-reliefs, a’ofire pas, il est de lumière ; mats
«es pnéfilà sont oocreotpet pars ses portes^et ses oichessontléendistrUMséeaÿ el Fémenablc produit un bon efet. Devant ècrportaal est une assez belle place carrée. Le clocher, reste .de l’ancienne église, porté sur quatre piliers , entre la grande nef et le sanotuaire, est construit en pierres. 11 est de forme octogone et pyramidale, comme la plupart de ceux, qui furent construits vers les onzième et douzième siècles.
4o6 CIXQCliME rnOMENAM. •
Les sLtluesde saint Pierre ctde saint Paul qn’on voit dans Véylisc de Riiel, dont ils sont les pa- Jrons, passent pour être du 'sculpteur Sarrazin.
Il y a à Ruel , coiiinie nous l’avons déjà dit , tme belle caserne bâtie vers le milieu du siècle dei-nier; elle est précéilée d’ijne vaste cour, fermée d’une belle gnlle et piécéJce de plantations. Elle se compose de trois corps de bàtinieuls réunis, dont le principal fait face à la route de Rouen ; les deux autres sont en retour du côté du bourg. Ruel est situé au bas d’une colline, dans une position très-avantageuse. On y trouve un grand nombre de sources aliondantcs, qui ont permis aux Iiabitants d’avoir de l’eau dans presque tous leurs jardins. ' ‘