LA MALMAISON
Au midi et à côté de Ruel , est situé le parc et le château de la Malmaison. En 1 244 , il n^y avait dans ce lieu qu’une grange connue sous le nom de Mala Domus , ou Mala Mansio y soit, comme disent les tins, à cause des ravages des Normands qui y débarquèrent au neuvième siècle ; soit , . suivant d’autres, à cause des marécages qui l’entourent. Après avoir été long- . temps une habitation obscure, la IVIalmaison était devenue une des plus agréables maisons de plaisance des" environs de Paris. Vendue comme
tA UALtfAISOir. '
bien nalional eu 1 792 , elle jxissa , eiA 793 , à celte Joséphine Tascher de la Pagerie , qui devait atteindre à de si hautes destinées. Scs goûts simples et purs l’engagèrent à faire embellir ces jardins qui, sous ses yeux, devinrent bientôt un véritable lieu de délices. • r
Instruite dans toutes les branches de l’iiistoire naturelle, Joséphine fit de sa retraite un vaste musée vivant, spécialement consacré à recevôif tout ce qui pouvait conti ibuer aux progrès, d’une science qu’elle aircctioiiuait ; et les savants que cette femme généreuse protégeait , qu’elle encourageait par sa munilicence, et auxquels clic fournissailles moyens de voyager, s’empressèrent à l’envi de lui envoyer , des quatre parties du monde, les objets les plus rares et les plus digues de fixer sa curiosité.
Joséphine réunit à son parc toute la plains qui est entre la route de Saint-Germain et la Côted’Or : elle y ajouta encore les bois de Saint-Cueufa. Dans la nouvelle distribution qu’elle en fit, une partie fut destinée à l’étude théorique et pratique de la science ({u’clle aimait. Par ses soins un jardin botanique , une n^cnageric et une école d’agriculture furent établis à la Malmaison'; et c’est sous ses yeux , et presque sous sa direotion ,.qne les amis de la nature venaient en ol>-* ^ server les phénomènes variés.
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4o8 CIXQCIÈME rnptfEN&DE.
Le jardin ^otanirjue de la IVIalmaison conte^ nait , soit en plein air, soit dans des sen’es chaudes , toutes les plantes les plus rares que l’art et la patience de l’homme ont pu faire végéter dans notre climat (i). La méoageiie , l’une des plus complètes de l’Europe ,, renfermait tous les animaux terrestres , aquatiques et aériens qui ' peuvent vivre dans notre atmosphère j enfin , l’école d'agriculture , établie sur le plan de celle de Rambouillet , était consacrée à d’utiles expériences.
Le petit château de la Malmaison { pl. 53 ) , restauré et décoré par M. F (Mitaine, ue présente rien de bien remarquable sous le rapport de l’architecture. On y entre par un porche, en forme de tente , servant do premier vestibule. Un second Vesübule , décoré de quatre colonnes , divise l’édifice en deux parties : d’un côté se trouve le salon , la salle de billard et la galerie ; de l’autre côté , la salle à. manger , la salle de conseil , et le cabinet. L’étage supérieur est (Kstribué en appartements. La façade est décorée de bustes , et le perron de statues. Les deux pavillons , d’ordre dorique , qui forment l’entrée du parc , ser-
' (i) On possède un ouvrage curieux de Ventenat, intitulé les Jardin» de la Malrnaison , un vol. in-folio , orné de planches.
LA MAtMAISON.
valent de corps-de-garde , et sont plus analogues, par le caractère de leur décoration, au rang de l’ancien propriétaire qu’à l’habltiitlon d’un simple particulier. Une petite fontaine , placée entre ces deux pavillons , ne contribue pas peu à l’embellissement de cette entrée.
#Les jardins de L-r Malmaison avalent été dessinés par le célèbre Morel. M. Berlbault , arcliitecte , tout en conservant ce qu’il était possible deceltc première composition, l’a étendue à toutes les nouvelles acquisitions sans la défigurer^ Ces ^dins se divisent naturellement en deux parties nlcn distinctes par le caractère du paysage. ÏJi première offre à la vue du château , la plaine , ses eaux multipliées, et le lac quitermine)e parc. Les bords de la petite rivière sont ornés de fabriques qui se dessinent sur un fond magnifique , qu’une habile disposition a comme appelé à (aire partie de ces jardins. L’aquéduc de Marly , qui se dessine avi loin sur le ciel, rappelle ceux qui couvrent la campagne de Rome, et ne laisse pas une moindre impression de grandeur. ^
La colline est couverte d’une futaie, qiic borda la longue allée de maronniers <jui &it la séparation des deux paysages. Cette allée prête son ombrage à un ruisseau limpide, qui sort d’uu réservoir régulier protégé par un massif de peupliers et de platanes. On croit voir, en ce lieu solitaire , une de
4lO fINQClèME PnOMEXADE.
ces nyniphûcs uiitiques , à laquelle il ne nianijne «jne la pierre consacrée L li cJiViu.ie ».lianipétre. l'ne petite fabrique , construite à l’origine des sources , et décorée d’un péristyle de quatre colonnes en marbre , ressemble , par sa forme et sa structure , au joli temple de Cbtumnus, an pied duquel jaillissent les sources qui arrosent Mk belles campagnes de l’Ombrie.
I-i serre chaude est construite sur un Ires-grand plan , et entretenue suivant les mêmes princi|ies que celles d« Scbœnbrunn et de hiew. Peul-^tro devrait-elle tenir au palais, ou y être ra(taclié|p par un ]x>rli(pie. Sur les flancs du coteau de nombreux arbres verts couvrent de leur ombrage deux vallons dont les agréables sinuosités conduisent au bois de Saint-Cucufa.ha bergerie s’élève au milieu d’une belle pelouse qui va se perdre an bord du lac, dont les rives agrestes et solitaires sont enrichies de la plus belle végétation. I n peu plus loin , dans un site non moins dwmpê- Ire , on trouve la vacherie^
Le D^rc de la Malmaison est distribué noblement et orné d’uno immense quantité des plus grands végétaux exotiques; il était animé par les plus belles races de quadrupèdes étrangers De^ vaches suisses, des troupeaux de mérinos paissaient sur la pelouse ; de nombreuses espèces d’oi* seaux habilaieut les volières. €ur les eaux un
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IA MAI.MAISOX.
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voyait se promener, avec les cygnes de nos contrées septentrionales, les cygnes noirs qtie Pérou envoya • de la Nonvelle-Hollandc.
Cette délicieuse habitation , ravagée en j8i5 par les Anglais , n’est plus qu’une vaste soliludé dépouillée de tous les monuments des arts que quinze ans de soins y avaient rassemblés. Ce que ces vandales n’ont pas détruit des chefs-d’a-uvres ' des Canova , des Cartellier, des Lemot, des Vernet , des Taunay , a été enlevé par les Russes 5 aujourdliui l’intérieur du palais est nu et le parc désert.
A coté du parc de la Malmaison , on trouve celui de la au(jnel lient une jolie maison
de plaisance bâtie sur le penchant de la colline, êt de laijuelle on jouit d’une magnifique vue sur L» Seine, qui en est peu éloignée, et sur la Malmalsou, qui est au pied.
BOUGIVAIi. — MACHINE HE MAHLY.
Bougifal, village dont dépend ia Jonchère, a une petite église assez belle pour lu campagne, et dont la. construction du sanctuaire , et celle du clocher en pierre, paraissent remonter au treizième siècle. A l’extrémité occidentale de l’aile droite de cette église , ou Ut celle épitaphe : '
Ci gisrnt hooorables perionnes RsTtNcquiN Sualim ,
Ji
H\à eiNQClÈUZ PROVERADK.
trul inventeur de la Machine de'Marlj , dëcédé le 39 )uillet 1708, âgé de 64 ans ; et dame Mabie Notteue , (on épouse , décédée le 4 mai 1714 « ^g^e de 84 an*.
A la Chaussée, liiuncau qui dépend aussi de Bougival et Lordc la route de Saint-Germain, on remarque un ancien château dont la construction en brique , le caractèie de la decoratiou paraissent appartenir au règne de Henri lY. Il est du noml>rc de ceui qu’on prétend avoir apjtartemis à Ga- . l>rielle d’Estrées.
La Machine de Marly a joui d’une trop grande célébrité pour que nous n’entrions pas dans quelques* détails sur ce qu’elle a été et ce qu’elle est ftujourdbin. Elle fut commencée en 1676 par Rennequin Sualcm , charpentier liégeois , qui , dit-on , ne savait pas même lire. Malgré le titre de seul inventeur de la machine, qu’on lui donne dans l’épitaphe que nous avons rapportée , il parait probable que le chevalier Deville, ingénieur de mérite , ne fut pas étranger à sa composition , pu du moins à son exécution.
Celte machine était beaucoup plus considérable qu’elle ne l’est aujourd’hui ; mais on peut juger de son importance primitive par ce qui en est resté. Elle occupait un bras de la Seine, était destinée à Caire franchir à une partie des eaux de cette rivière le coteau de Louvecienne , pour les conduire dans le parc de Marly, et de la
BOCGITAl.. — MACHINE OB MARLT. 4 ' 5 à Versailles. Quatorze roues de trente-six pieds d« diamètre, composées chacune de deux manivelles et disposées sur deux rangs , étaient mues par la Seine, et mettaient en mouvement soixante-rpiatr* pompes aspirantes et foulantes qui portaient l’eau par cinq conduits, de huit pouces et demi de diamètre, dans des puisards à mi-côte, et élevés de ' cent- cinquante pieds au-dessus de la rivière. Soixante dix-neuf pompes , mues par le moyea, de vingt tirants fixés aux manivelles des grande» roues , élevaient les eaux de ces puisards dans uia autre de cent cinquante pieds plus haut , d’où elles étaient encore tirées, pour parvenir à l’aquéduc, par soixante dix-huit pompes que vingt autre» tirages mettaient en jeu,. Ces quarante tirant» étaient soutenus par quatre mille balanciers distribués sur le penchant de la montagne. Cette effrayante complication de mécan isme, dontlemoindre défaut était de consommer sans effet une grande partie de la force prodigieuse donnée par les quatorze roues , avait pour résultat d’élever deux cent quatre-vingt-douze pouces d’eau équivalant à vingt-un mille muids par jour. La ' multiplicité des frottements , qui diminuaient l’effet de la machine, nécessitait de fréquentes et dispendieuses réparations. On estime que cetta euDstiucüoQ, qui avait coûté deux uiillions, exi-
4l4 CINQUIÈME PROMENABE.
geait en outre aiinuelleinctit quatre-vingts niille francs cl’cnlrcticn , et cependant son produit diminuait , car, au temps de Bélidor, il ii’ctait plus que de cent cirujuautc |^)Ouces, qui se réduisirent à soixante. Cet inconvénient fit rechercher des moyens plus simples pour atteindre le même but. lin 1798, l’arcliitecte hydraulique Brunet fit d’heureux essais pour monter l’eau d’un seul jet. Après beaucoup d’autres expériences et de débats entre les savants nationaux et étrangers , le bélier hydraulique de Monigolficr panit d’abord mériter la préférence, ét on s’occupa, depuis 1808 juv qu’en 1810 , des travaux préparatoires nécessaires à son établissement. Ce projet ayant ensuite été abandonné , M. Baador , ingénieur allemand , en . présenta un autre qui fut examiné en 181a par la première classe do l’institut. Dans le même temps , JVEVI. Perrier avaient proposé d’adapter à l’objet demandé le système des pompes à feu. Ce dernier projet a été définitivement adopte, et les travaux préparatoires commencés.
On sait que ces pompes, dont le mobile est dans la vapeur de l’eau bouillante , ne sont qu’une heureuse application des effets de la marmite de Papin
i Quoique leur invention remonte à peu près à la fin du. dix-septième siècle, c’est seulement de nos jours eju’ou a établi en Angleterre un grand
BOCGITAt, — UACHIt<l£ DE HARLY.
noml)re de ces machines ; et ce iic fut cju’(;n 1 778 que les frères Peirier obliureutl’auLorisatiun d’en construire à Paris ]>our l’usage public, mais aux frais d’unè compagnie d’acliunnaire^.
Cependant , comme la iiiacliine de Sualem était lout-à-fait hors de service, ,avec^| deluis on en construisit une provisoire. Celle^K, assise sur les mêmes charpentes que l’ancienne , se compose de deux roues qui font agir chacune quatre corps de pompes dont le nionv emenl est tellement combiné, que l’air , comprimé continuellement par deux de ses pompes, réagit sans intermittence sur. l’eau do la conduite. L’écoulement du fluide aqueux étant ainsi uniforme» il n’y a point de force perdue à rétablir le mouvement; elle est toute employée à le maintenir; et , bien qu’il y ait, du bas de l’aquéduc au sommet , soixante-douze pieds d’ascension verticale , l’eau y arrive d’uu seul jet, et monte ainsi à quatre cent soixante-seize pieds sur une distance de six cent cinquante toises. Cette machine fournit aujourd’hui soixante-quinze pouces d’eau à Yersailles. ,
Le bâtiment construit pour la pompe à feu présente un pavillon , ouvert sur la façade par une belle arcade, et couronné d’un entablement toscan, avec fronton. On y parvient par un perron , de chaque côté duquel des fontaines jettent, en cascade, une eau abondante, qui, un pcjA plus
4l6 CINQUIÈME PROMENADE.
loin , alimcnlu d'autres fontaines à l’usage du public. Dans les cours latérales , fermées par des ^ grilles , sont des bâtiments symétriques pour les ateliers et les tuagasbit. Cet édiOce, commencé en 1811, n’etait encore parvenu qu’au niveau du sol , lorsqu’en 4820 la première pierre en fut posée avec les cérémonies d’usage; des médmlles et toutes les monnaies de l’époque y ont été eniermées.
Cn petil canal de dérivation , qui passe sous la chaussée , amène l’eau de la Seine dans le fond du bâtiment, d’où les corps de pompes, mus par la machine à vapeur , l’élèvent au moyen de conduites inclinées d’un seul jet, jusque sur l’aquéduc. ••
Sans doute , dans la persévérante intention de faire boire aux habitants de Y crsailles l’caii do la Seine, il fallut avoir recoursaux machines hydrauliques ; mais est-ce bien de cette manière que l’on doit fournir à une grande ville, l’eau nécessaire à sa consommation ?' Convient-il d’assimiler lui pareil objet, dont la durée doit être éternelle, à une usine , à une extraclion de mine ? INous ne le pensons pas , et ce n’est point ainsi que les anciens en usaient, lorsqu’ils allaient chercher à quarante, cinquante milles, des sources abondantes, qu’ils amenaient par des canaux, tantôt souterrains, le plus souvent élevés sur des
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BOVGIVÂL.
M/iCillNE UB UARLT.
arcades à double et triple éla(>es. Quoi(|u’iIs eussent poussé très - loin la science de la mécanique, ils n’employèrent jamais de machines pour élever les eaux des fleu\es au-dessus de leur niveau et les distnbuer ensuite sur des terrains plus bas, et cependant près de sept mille pouces d’eau jaillissaient , jour et nuit , des innombrables fontaines qui décoraient la Capitale du monde.
D’ailleurs , si les machines à vapeur n’ont pas , comme les autres , l’inconvénient d’embarrasser le lit des fleuves, elles sont aussi sujettes à de fréquentes et dispendieuses réparations , et de plus, elles consomment journellement une assez grande quantité d’un combustible que sa rareté croissante rendra bientôt précieux. Revenons donc aux moyens , grands , simples et peu dispendieux d’entretien dont les Romains del’antiquité, comme ceux des temps modernes, ne se sont pas montrés avares. Revenons aux aquéducs , aux canaux dont toute la dépense est dans leur édifleation. Les Romains en bâtirent meme pour la chétive Lutèce, et la machine de Marly elle-même n’a pas dispensé de la construction d’un monument de ce genre.
L’aquéduc de Marly, semblable, mais de beaucoup supérieur en étendue à celui de Bue, est moins riche de décoration , mais dans une position' bien plus pittoresque que celui d’Arcueil, qui lui
/j I 5 CJNQCIÈME PKOMENADE.
c< (lf encore en (iteiidiie. Il a trois cent trente toises (le longueur et quinze de hauteur. 11 est formé do trente-six arcades de trente pieds d’ouverture sur solxautc-di* à soixante-onze de hauleur. 11 est termine par deux massifs, dont unsupporte le réservoir de dégorgement , et l’autre renferme les tuyaux de chute qui mènent aux réservoirs de Marly, d’où l’eau se rend dans un autre bassin construit à Versailles, au pi^d de ta butte de Picardie : fc’esl de ce dernier que les fontaines tirent leurs eaux.
Une suite de jolies maisons, aussi remar(|uablcs par leurs décorations et leurs disposidons , que par leur agréable situadon , bordent la roule de Saint-Germain , Port-Marly , village situé
sur le bord delà Seine, et dont l’église paroissiale , construite vers la lin du siècle dernier , mérite (jiielque atteudon. Le plan de <;ette église est un carré long ; une grande arcade , soutenue par deux colonnes ioniques , donne entrée au sanctuaire , de forme semi-clrctdalre , dont la voûte est décorée de caissons et de rosaces. L.a façade offre un grand avant-corps orné d’un appareil en . refends , et couronné d’un fronton ionicpie à modilion. La porte est aussi décorée d’un fronton supporté par deux colonnes ioniques ; deux niches rac<îompagucnl. Aux côtés de cette façade, deux galeries du même ordre, communiquant à l’église, se rat-
BOtlGlVAL. — MACHINF. BK StARLT. 4 >9
taclient à deux pavillons qui forment les logcmciitii du curé et du' maître d’école ou sacristain , ét terminent l’ensemble de cet édifice dont la disposition générale fait honneur à sou auteur.
M ARLY. ^ LUCIENNE. — LA CELLK-SAINT-CLOÜD.
Marly-le-Roi , aujourd’hui siège d’une justice de paix , est un bourg peuplé de i4oo habitants, connu dès 676 par deux Chartres de '1 hierry 1 , et célèbre par le palais ipie Louis XIV y fit élever dix siècles plus tard; tous les arts avaient été appelés pour embellir cette demeure qu’accompagnaient douze élégants pavillons, comme les jioètes nous représentent les douze palais du soleil que ce grand monarque avait pris pour emblème. Tous le^auteurs qui ont parlé de ces édifices, l’ont fait avec enthousiasme , et bien que leur architecture ne fût pas recommandable par la pureté du style , la magnificence, l’ensemble de la disposition , la multitude de statues , les brillants effets d’eau qui enricliissaieot ce heu, justifiaient les descriptions pompeuses qu’on en avait faites , et qui , aujourd’hui, soht plus que jamais du domaine de la poésie. Il faut relire les vers de Delille ; leur harmonie seule peut donner une idée de ce lieu «réé, embelli par le monarque qui ne cherchait
4^0 CIÎfQriÈME mOMENAnE.
que des obstacles à vaincre , que des projets à cikécuter. Maiiilciiant la cliarnie se promène sur le sol jadis occupé par les li eize palais de Louis XIV; l’cpi doré a remplacé le chêne orgueilleux qui prêta son ombrage aune cour brillante; des ruines , un lieu solitaire , au milieu duquel ce|>endant s’est formé un etablissement industriel , voilà ce qu’offre aujourd’hui l’emplacement de l’ancien palais , et des jardins de Marly dont on peut dire avec le prince des poètes :
Sfges ubi Troja fuit»
L’église paroissiale de Marly a été rebâtie en 1682. On trouve dans ce bourg, situé dans une charmante campagne , au milieu de plusieurs coteaux bien cultivés, plusieurs maisons de plaisance très-agréables. •
Lucienne , ou Louvecienne , village situé à côté de l’aquéduc de Marly , se recommande par une position débeieuse et plusieurs maisons d’agrément , au nombre desquelles on remarque , par l’étendue et le goû( de ses jardins, celle qui a appartienu à la princesse de Condé. Le château , par lui-même , est assez joli, mais ce qui en fait la principale beauté, c’est le pavillon dit de Lucienne y construit en 1772 par Ledoux, pour la fameuse Dubarry. Cet édifice , que nous donnons dans la planche (54) , est peu éloigné du château ; il est bâti sûr
A . Colr Jr ■ '
llnn d Klmtamu.dn PniUon dr I.Tricunr ■
KAItLT. — LÜCIEWNB , CtC. 4® »
une terrasse, ds^nsla plus maguîGque exposition. Sa façade, du côté de l’entrée , est ornée de refends, et présente un vestibule semi-circulaire , ouvert pr trois entre-colonnements ioniques , dont le fut des colonnes est cannelé. L’intérieur de ce péristyle est décoré de deux statues et d’un bas-relief, par Lecomte.
Le plan de ce pavillon est carré; il présente dans sa distribution une salle à manger ovale, revêtue de marbre blanc et décorée de pilastres corinthiens, avec bases et chapiteaux de bronze doré; un salon carré , orné d’une magnifique corniche composée à consoles. Les peintures de ce salon sont de Feuillet, deMeti>ier et de Fragonard; à droite est un salon de jeu , et à gauche un boudoir richement orné, dont le plafond est dû au pinceau de Briard. La façade du côté de la rivière, sur laquelle donne le grand salon, est décorée de quatre colonnes ioniques , élevées sur On stylobate ; le même entablement couronne tout l’édifice. Celte jolie habitation, qui avait beaucoup souBcrt, a été répree depuis quelques aunées; mais le génie et le goût de Ledoux , qui en fut premier architecte , n’a point inspiré le prétendu restaurateur. '
La Celle-lezSaint-Cloud , petit village, dans une charmante campgne , prés de Bougival, renferme un fort beau château , bâti sous le règne de
CINQIJIÛME rnOMENADI!.
Xioiiis XJV , pour le duc de U Rochefoucauld , ^embelli depuis parjii.idauic de Ppmpadour, et qujl apparlicut aujourd’lmi à uu agronome dlsliugué, M. Mo,rcl-de-\"indé , pair do France.
SAINT-OERMAIN-EN-I.ArE.
Saint-Gormnin-en-Laie est une tUIc des plus agréables, des mieux situées cl des plus considérables du département de Selne-el-Olse. On y compte neuf mille huit cenLs habitants ; elle est le siège d’une justice de paix. La forêt de Laie, qui lui donna originairement son nom , a pris ensuite celui de la villa, et ne s’appelle plus que forêt de Saint-Gerrnain. Cette ville doit son origine à un oratoire, cltapcllo, ou peut-être même, petite abbaye , que le roi Robert bâtit en ce lieu , eu loi o, r sous le vocable de Saint-Germain etSaint-Vincent.
• Elle n’occupe ipêiuc pas une place impor.taule dans l’hisloirc jusqu’en i3t6, époque où elle fut brûlée avec spu château royal par les Anglais , qui, en i4i9, lui Grcut^ de nouveau,. éprouver le mênieiort.
Charles IX établit en i56i , à SaintrCermain, la première manufacture de glaces que nous ayons eue en France. procédé en avait été apporte par Theseo Matia, ouvrier vénitien , que quelque oiécoutenlcoient avait forcé à s’expatrier.